Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:28

 

LA CORSE/ LE RETOUR (5ème SEMAINE)

Lorsque nous vous avons quitté le dimanche 20 juin, c’était après avoir mis les gaz du moteur de l’annexe à fond pour pouvoir regagner à toute allure Manéa car l’orage était tout proche. C'est sous les premières gouttes que nous sommes remontés à bord.

Le lendemain lundi, nous attendons la visite du technicien moteur, avant de repartir à nous deux vers la Corse et le soir, après avoir fait le plein de carburant, nous flânons le long des quais pour écouter les différents groupes musicaux qui se produisent: c’est la fête de la musique.

Mardi 22 juin, branle-bas sur le pont, nos vacances commencent et nous allons à nouveau traverser vers la Corse.

Composition de l’équipage: Manéa

                                         Eole

                                         Le Capitaine

                                         Et son moussaillon

Cap sur la Corse!!  Il est 12h15!

Eole vient du nord Ouest et souffle parfois jusqu’à 20 N, nous sommes sous génois seul et nous avançons bien mais la mer est agitée et remue pas mal...J’ai même un peu mal au coeur!!DSC00477  Vers 20 h30, nos amis les dauphins reviennent escorter notre voilier et “cabriolent” tant et plus, vraiment cadeau!! Le moussaillon se couche tôt (21h) car il lui faudra prendre son quart vers 2h pour relayer le capitaine et il ne s’agira pas alors de dormir!! 

La nuit est calme, peu de bateaux rencontrés, mais la mer est encore plus houleuse que durant la journée et nous recevons quelques embruns même si nous sommes bien abrités dans le cockpit.

A 5h, le capitaine prend la relève et à 8h, nous entrons dans la baie de Calvi où nous sommes amarrés sur bouée à 8h40...Cette nuit, grâce à Eole, Manéa a fait des pointes à 8 N, ce qui explique la rapidité de notre traversée par rapport à la précédente (3h de moins). Nous déjeunons et puis, fatigués mais contents de nous, nous nous reposons avant de prendre une bonne douche revigorante.

La journée se passe dans le farniente, nous sommes en Corse, non? Et le soir nous allons mouiller dans l’anse d’Alga, à côté de Calvi.

Après une bonne nuit, nous vivons de plus en plus au rythme du soleil( coucher et lever tôt), nous mettons le cap sur l’Île Rousse. La météo n’annonce que du bon, c’est donc la période idéale pour partir découvrir le Cap Corse que nous ne connaissons ni l’un ni l’autreDSC00556. C’est le doigt de la Corse, un long doigt, tel un index pointé dans le bleu de la mer, indiquant nettement la direction du nord, comme s’il voulait désigner Gênes, son ancienne puissance tutélaire. Enlever ce doigt-là à la Corse, c’est la mutiler à tout jamais. Il est formé d’une échine rocheuse de 40 km de long et large de 12 à 15 km. Les montagnes couvertes de maquis dévalent dans la grande bleue. La mer est belle, le vent variable (càd quasi nul) et nous longeons les côtes de Balagne. A 12h40, nous mouillons devant L’Île Rousse pour notre pique-nique et c’est là que horreur, il semble y avoir un gros problème mécanique: le fond du moteur baigne dans la “mayonnaise”. Le capitaine qui est de nature inquiète, arrive à peine manger tant il envisage le pire : à priori, “mayonnaise” en rapport avec un moteur = mélange huile et eau et donc, la première idée qui vient à l’esprit : joint de culasse! DSC00483 Il démonte l’enveloppe du moteur et je suis sa petite main en lui passant essuie-tout, bouteilles pour récupérer et nettoyer, mais surtout en étant présente. Depuis quelques jours en plus, nous avions repéré un liquide jaunâtre dans la gate moteur ( bac en polyester sous le moteur destiné précisément à recueillir sans en mettre partout, les “émanations” style huile, eau de mer venant du presse étoupe, etc), mais nous pensions qu’il s’agissait du trop plein du circuit de refroidissement, celui-ci ayant été contrôlé et complèté précisément par le motoriste) Après 1 coup de fil au technicien , il explore les unes après les autres les différentes pistes suggérées et trouve l’une après l’autre différentes petites fuites. Il resserre également pas mal de vis et colliers de serrage, et après un essai ça y est, plus de fuite... Quant à l’huile, mystère... Le niveau contrôlé après plusieurs heures, ne semble pas baisser et de plus aucune fuite n’est détectée... Espérons que cette mayonnaise abondante ( 1,5l quand même...) n’est que le résultat des résidus laissés dans la gate par la vidange moteur, combiné au liquide de refroidissement peut-être particulièrement “efficace” dans ce mélange. Affaire à suivre et que nous suivons de près!

Nous relevons l’ancre et mettons le cap sur le désert des Agriates, morceau de nature à l’état brut, aujourd’hui espace le mieux protégé de Corse. Il n’y a rien ou presque rien : pas de villages habités, pas de maisons, seulement des vestiges de bergeries dont quelques-unes ont été retapées, aucune route mais seulement des pistes en piteux état avant d’arriver au paradis des plages de sable fin, 40 km de côtes magnifiques et intactes. Mais ce n’est pas un désert sans vie, car il y a de l’eau et donc un maquis très dense et des animaux en pagaille dont des vaches débonnaires assoupies sur les plages. C’est au bord d’une de celles-ci que nous mouillerons pour passer la nuit.

Le lendemain, vendredi, comme nous n’avons pas mouillé à l’endroit prévu, la plage de Saleccia,DSC00502 nous mettons le cap sur celle-ci dès le petit déjeuner terminé. La navigation sera courte car 2 M à peine nous en séparent. Longue d’1 km, couverte de sable blanc, elle est bordée par des dunes ,une pinède de pins d’Alep, unique en Corse et l’eau y a les couleurs d’un lagon tropical. D’ailleurs admirez la nage stylée du capitaine dans ces eaux turquoises!DSC00491  Notre journée se déroule au rythme corse, DSC00529 quoique le capitaine montre une fois de plus qu’il a des mains d‘or : après les avoir mises hier dans le cambouis, il les plonge aujourd’hui dans la farine pour nous concocter 2 délicieux pains. Il y a peu de monde mais nous avions oublié que nous ne sommes pas très loin de l’Italie et vers 17h, un 1er voilier avec à son bord quelques phénomènes “bruyants” arrive, suivi de 4 autres avec des équipages semblables s’interpellant d’un bateau à l’autre. Ils mouillent n’importe comment car ce qui compte pour eux c’est d’être “groupir”, et ne se soucient pas des remarques des autres plaisanciers. Nous ne sommes plus en vacances mais retournés dans le Borinage profond !

Finalement, pour pouvoir dormir l’esprit tranquille, c’est nous qui lèverons l’ancre et irons mouiller 200m plus loin et là nous profiterons pleinement de la beauté des lieux et du lever de la pleine lune. DSC00502

Relativement tôt samedi, nous levons l’ancre, cap toujours plus au Nord en arrondissant notre course et laissant à notre droite le golfe de Saint –Florent et sa ville. Probablement nous y arrêterons-nous à notre retour..

Nous quittons donc le désert des Agriates et mettons le cap sur le Cap Corse, et nous n’avons pas assez de nos yeux pour contempler, admirer ces montagnes escarpées qui tombent violemment dans les eaux transparentes de la Méditerranée, ces villages perchés fièrement sur des pitons rocheux (Nonza par ex) surveillant inlassablement l’horizon, avec les pieds dans l’eau quelques maisons aux murs de schiste qui sont leurs “annexes” maritimes, appelées ici marines, une ribambelle de ports de poupée. Sur notre route pourtant, soudain le paysage jusque-là couvert de végétation se dénude brutalement pour ne montrer que de la rocaille grise et les vestiges abandonnés, depuis 1966, d’une mine d’amiante et de ses bâtiments, étrange décor de friche industrielle,DSC00512 les terrasses régulières coupées dans la roche ressemblent à un temple inca transplanté sur les pentes corses, c’est Marine d’Albo. Peut-être parmi vous, certains assidus de “Thalassa” se souviennent-ils du reportage qui lui avait été consacré . 

 

Et puis, nous arrivons à Centuri, qui est le but de notre journée. Petit port de pêche authentique, replié sur lui-même comme pour se protéger du large, avec une poignée de vieilles maisons aux toits de serpentine verte (pierre de la région).DSC00513 Nous sommes conquis par le calme, la beauté des lieux qui ne sont pas encore déformés par la société de consommation et nous mouillons devant le port de pêche exigu qui ne peut accueillir que quelques petits bateaux.DSC00521 C’est un lieu interpellant car passé et avenir s’y côtoient de manière contrastée: ainsi sur les crêtes, un ancien moulin à vent restauré et des éoliennes se font face, il faut dire qu’ici le vent souffle fort! Et puis ici, dans ce lieu de bout du monde, les habitants n’ont pour vivre que la pêche et c’est ainsi que la mini poissonnerie est un projet cofinancé par l’Europe, ils ne sont donc pas dépendants des “gros”.

Après avoir mis facilement l’annexe à l’eau (Michel a monté un système de poulies qui nous permet de descendre ou monter annexe et moteur sans difficultés),  nous partons à la découverte et nous ramenons du poisson : du denti, pêché le matin même par 45m de fond et débité en darnes pour nous le soir par l’épouse du pêcheur, le tout en direct sur le port.DSC00517 Nous passons 2 nuits et 1 jour dans ce lieu magique...Et ce denti dégusté en papillote au souper était un régal!

Lundi matin, nous levons l’ancre et mettons le cap sur l’extrême nord de la Corse: l’île de la Giraglia,DSC00533 endroit mythique pour tous les marins car des vents violents y soufflent très souvent. Pour nous par contre, peu de vent et c’est au moteur que nous redescendrons vers St Florent où nous mouillerons en fin de journée devant le port de la ville. A nouveau, petit souci mécanique car le moteur que Michel dorlote avec amour présente une fois encore des signes de perte d’huile. Après avoir appelé le technicien moteur préféré de Michel, nous ne ferons rien car ici sur le port, la personne recommandée, ne semble pas très compétente... Inutile de faire pire que mieux...

Mardi visite et découverte de cette jolie petite ville en flânant sur ses places et dans ses ruelles, de sa citadelle (XvèmeS) et de sa cathédrale (roman pisan du XII ème Siècle) DSC00542pour finir par une dégustation de délicieuses glaces.

Ce mercredi cap sur Calvi, après avoir une fois de plus, reçu nos amis les douaniers. Douaniers et douanières d’ailleurs qui sont, ma foi, très relax : papiers du bateau, identité du skipper, tout cela semble bien être une volonté de “faire du chiffre” (de contrôle...) .Le vent est peu collaborant et adopte le long rythme de la sieste corse mais bon nous y arriverons...

Arrivés vers 19h30 face à Calvi, nous mouillons dans une jolie petite anse et ce matin, nous mettons le cap sur le mouillage organisé sur corps mort ou bouée ( un peu comme la pêche aux canards mais en plus grand!) face au port car nous devons avitailler le bateau si nous voulons manger du frais et surtout trouver un cyber-café pour vous envoyer de nos nouvelles et voir si vous nous avez aussi écrit. Nous vous quittons donc et à bientôt... 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by manéa - dans Croisière 2010
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
  • Contact

Profil

  • manéa

Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…