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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:40

 

 

6ème SEMAINE.


Nous vous avons quitté le 1er juillet, premier jour de vacances ou presque pour de nombreux ami(e)s ou membres de la famille qui sont enseignants ou ont des enfants, alors à tous et toutes, profs nouveaux (Sandrine par ex), profs exercant ailleurs (Laura), profs étant en vacances à vie (Bruno, Jacqueline, Pierre, Albert...)  nous souhaitons d’excellentes vacances reposantes et revigorantes pour affronter avec un dynamisme renouvelé la rentrée de septembre. A tous les autres aussi, d’excellentes vacances !!!

Ce jeudi 1er juillet, il n’était pas nécessaire de quitter Manéa pour avoir du spectacle dans la baie de Calvi : le matin, trois Canadairs sont venus s’entraîner sur le plan d’eau : vol de reconnaissance à basse altitude et puis piqué sur l’eau en la rasant pour l’écoper dans les réservoirs et décollage à nouveau en piqué et puis larguage de celle-ci sur la baie sans arroser aucun des bateaux présents et rebelotte pour un exercice. Les pilotes sont époustouflants d’adresse et d’audace avec ces appareils qui semblent très maniables. L’après-midi, ce sont les paras de la Légion qui s’entraînaient: d’abord un vol de reconnaissance du transport de troupes et puis parachutage du chef : un parachute rouge, vol autour de la baie et puis trois parachutages successifs de quinze légionnaires (parachutes bruns ou beige). Très joli spectacle que toutes ces corolles qui s’ouvrent et descendent doucement vers le sol...

Mais ce qui nous a surtout occupé les deux jours suivants, c’est notre saga de l’été, à savoir l’épisode trois de Perkins & cie. En effet, Michel a remarqué après notre arrivée à Calvi que, si il n’y avait plus de fuite d’huile ou d’eau, la couleur de l’huile prélevée sur la jauge n ‘était pas très catho, donc problème-moteur et dans ces cas-là, à qui téléphone-t-il? Devinez? A Denis, son technicien préféré, qui est lui, sur le continent. Je gage que dès qu’il voit apparaître le numéro de Michel sur son téléphone, il se demande ce qu’il va encore lui arriver comme question ou problème à résoudre à distance!!! En tout cas avant notre départ, il avait dit au capitaine qu’à son retour il devait connaître son moteur par coeur et les yeux fermés, c’est sûr, ce sera fait!

En réalité, (du moins à ce qu’il apparait à l’heure où nous écrivons), de l’eau de mer s’est introduite dans le moteur par syphonnage, soit par absence de mise à l’air du système de refroidissement ( celui-ci semblait bouché effectivement lors du démontage) soit par le système d’échappement qui ne se serait pas vidé complètement lors d’une marche arrière “ musclée” par Françoise, et donc là aussi, possibilité pour l’eau de mer d’atteindre le moteur par syphonnage. Quelle est la véritable raison, mystère. En tout cas, depuis, plus d’eau dans l’huile (je touche du bois, la tête de Françoise!) et profitant de la vidange obligatoire, j’ai ajouté un produit sensé combattre les fuites d’huile (fabriqué en Belgique d’ailleurs) et celles-ci ont fortement diminué, persiste juste un petit suintement au joint de l’arbre à cames, (rien à voir avec une quelconque denrée illicite, pour les connaisseurs...) qui entraîne la pompe à eau de mer.

Relaté et apparemment solutionné, tout ceci paraît simple, mais il faut vous imaginer tout ce qu’il faut déménager et démonter avant d’atteindre le moteur: sur un bateau en effet tout l’espace est rationnalisé et occupé au max.

Enfin tout est bien qui finit bien...et nous avons terminé ces deux jours de travaux par l’avitaillement de notre bateau, ce qui l’air de rien nous a pris une demi- journée.DSC00559

Le dimanche 4 juillet, le vent nous étant contraire (nous souhaitons descendre la côte occidentale et le vent est d’ouest/ sud-ouest force 5 à 6 càd pour nous de face avec une mer houleuse et donc très désagréable), nous décidons de faire une excursion : aller en train de Calvi à Bastia (côte est) et donc traverser l’île de part en part (retenez bien 73 kms!!!). Toute une expédition qui sera colorée toute la journée par le rythme corse! 

Arrivés à la gare de Calvi vers 8h30 pour prendre notre billet, comme d’autres voyageurs, nous la trouvons encore fermée. Normalement, elle ouvre à 8h15, mais ce n’est qu’à 8h42 que nous verrons s’ouvrir les portes...Hé, pas trop vite le matin, hein...Il n’y a qu’un train pour Bastia à 9h le matin et beaucoup d’amateurs mais tout le monde trouvera place pour un voyage folklorique. D’abord train, puis à l’Ile Rousse, tout le monde est débarqué et doit embarquer dans un bus pour cause de travaux sur la voie entre cette ville et Ponte-Leccia, mais bon y aura-t-il suffisamment de places pour tous ? Pas  sûr...L’accompagnateur de train–bus compte les places restantes et quelques candidat(e)s au voyage depuis cette gare resteront sur le carreau! Départ et traversée de l’intérieur des terres, beaux paysages, route sinueuse et chauffeur habitué...mais arrivée à Ponte-Leccia avec ½ h de retard mais pas de souci, notre train nous attend puisqu’il n’y en a qu’un!! Finalement, c’est à midi que nous arriverons à Bastia...avec 40 minutes de retard...Trois heures de train et de bus pour effectuer...kms .Combien? Vous vous souvenez?

Après avoir pique-niqué sur la place Saint-Nicolas, en compagnie de la statue de Napoléon déguisé en empereur romain (à peine mégalo!), c’est en flânant par rues et ruelles que nous visiterons la ville, qui a des côtés italiens plus marqués encore que le reste de l’île (linge séchant aux balcons Bastia, ruelles étroites avec de nombreux escaliers, accent chantant, façades hautes et austères souvent décrépitesBastia et avec peu d’ouvertures, églises baroques où des fidèles allument des bougies...)Bastia Nous commençons par la vieille ville (Terra Vecchia) et le vieux port pour atteindre la citadelle et le quartier de Terra Nova. Tout est calme et nous sommes étonnés par le peu de monde présent, même si c’est dimanche mais peut-être justement sont-ils tous à la plage...

C’est une jolie ville qui a été la capitale de la Corse, jusqu’à ce que Napoléon transfère cet honneur à Ajaccio. Perdant son prestige et ses privilèges, elle a aussi petit à petit perdu son importance commerciale et industrielle. Elle a eu le triste privilège d’être la seule ville de Corse à être bombardée durant la seconde guerre mondiale. Actuellement grâce au développement de l’agriculture, dans les plaines et à l’essor du tourisme, elle retrouve un peu de sa prospérité passée.Bastia

Le seul et unique train pour notre retour était à 18h17, mais c’est à 18h22, après avoir fumé sa clope et terminé de bavarder avec son pote, que le machiniste nous a rejoints pour nous emmener dans un voyage pas triste. Pourquoi se presser et respecter les horaires? D’ailleurs, il est bien précisé sur les horaires que “ les correspondances avec les bateaux et avions ne sont pas garanties” et ce en français, anglais, allemand et italien, quatre précautions valent mieux qu’une. 

Si à l’aller, nous avions fait le trajet depuis Ponte-Leccia jusqu’à Bastia en train, au retour, l’inverse aurait été trop monotone, aussi sans crier gare(hi, hi, hi!) nous avons été débarqués à Casamozza pour embarquer dans un bus, mais lequel? Il y en a plusieurs sur le parking...Une anglaise, partie aux toilettes a failli être oubliée, elle courait derrière le bus! Direction Ponte-Leccia où, à nouveau arrêt, descente du chauffeur et de l’accompagnateur de train-bus, sans aucune explication. Et les passagers? Ils attendent...Et lorsque je demande ce qui se passe, il m’est répondu, “ rien, si on ne vous dit rien, c’est qu’il n’y a rien à vous dire”...En fait, ils attendent le train venant d’Ajaccio, (qui lui aussi a du retard) pour assurer l’unique correspondance à ses passagers. Ceux-ci sont souvent des randonneurs avec de gros sacs à dos, et la montée de certains dans le bus n’est pas triste! Il est vite plein comme un oeuf! Nous repartons vers Ile Rousse et là en pleine montagne sur une route sinueuse, sans aucun avertissement le chauffeur se range sur le côté, descend avec l’accompagnateur, et ils attendent. Quoi? Qui ? Mystère...Pas d’explication aux simples passagers que nous sommes, et les minutes passent. En fait, après plus ou moins huit minutes, arrive en trombe une moto, qui leur donne un colis que l’on a omis de leur remettre à Ponte-Leccia et l’accompagnateur de dire  “En tout cas, si il a oublié son cerveau dans le sable, il le retrouvera demain”. Et nous repartons avec déjà un certain retard sur l’horaire pour ne pas dire un retard certain et sans aucune excuse jusqu’à Ile Rousse, où nous retrouvons le train et c’est à un peu plus de 21 h que nous arriverons au terminus du voyage. Comme vous le constatez, nous en avons eu largement pour notre argent, même si le prix du billet n’est pas donné et à l’issue de celui-ci plusieurs observations : premièrement,le métier d’accompagnateur de train est facile: une seule voie ferrée, juste contrôler les billets, un aller-retour Bastia-Calvi et la journée est faite. Ensuite, les touristes ou et passagers doivent être conscients de l’honneur qui leur est fait en pouvant emprunter les Chemins de Fer Corse. Troisièmement, nous n’avons pas la même notion de la ponctualité ni du respect de l’horaire (il est là est juste pour donner un cadre)         et enfin, le prix du billet n’était pas pareil pour tous : nous, c’était tarif touristique avec -25% et d’autres passagers faisant le même trajet, ont payé le prix plein, je précise que je n’avais pas demandé de réduction et que certains ayant payé prix plein, étaient anglais, donc au moins autant touristes que nous. (C'est peut-être pour ça, me dit Michel...)

Après cette journée fatigante, nous dormons comme des bébés et c’est tôt, lundi matin que nous levons l’ancre pour mettre le cap sur Girolata.Girolata La mer est encore houleuse et le vent toujours pas avec nous et c’est donc essentiellement au moteur que nous longeons Marine d’Elbo, la réserve naturelle de Scandola, presqu’île désertique réputée pour ses décors montagneux sauvages et classée au patrimoine mondial de l’Unesco : falaises déchiquetées, flancs érodés, magie des couleurs avec de curieux trous appelés “tafoni” qui restent encore mystérieux. Nos yeux ne se lassant pas de contempler ces cadeaux de la nature même si parfois ils sont “embrumés” par la brume de chaleur montant de la mer et stagnant sur la terre à cause de la différence de température entre celle-ci et l’eau. C’est dans l’anse de Tuara que nous mouillerons, juste à côté de Girolata. C’est un endroit très sauvage où la plage appartient d’abord aux vaches qui ici regardent passer les bateaux à défaut de train et aux cochons-sangliers qui sont très familiers.DSC00591

Notre nuit sera difficile car nous sommes soumis à la houle et nous “roulons” beaucoup, aussi nous nous octroyons une journée de repos dans ce cadre enchanteur et sauvage.

Mercredi matin, après une nuit plus calme, nous levons l’ancre et mettons le cap sur Cargèse en longeant les calanches de Piana : à pics vertigineux de 300 m de haut de falaises de granit rougeCalanches de Piana (du porphyre) déchiquetées et ravagées par le temps, pour finir par le point le plus à l’ouest de l’île : “le Capo Rosso”, surmonté d’une tour génoise.DSC00621 Les endroits inaccessibles où celles-ci sont construites, sont à peine croyables!  Une fois encore, nous ne nous lassons pas de contempler et c’est heureux d’avoir une fois de plus été gâtés par la vision de toutes ces beautés que nous mouillons devant le petit port de Cargèse.Cargèse Le  village se trouve sur les hauteurs et sa visite se mérite : 1 km de grimpette rude, très rude même depuis le port. Il est surtout connu par ses deux églises : une catholique et une orthodoxe, comme on en trouve dans tous les villages grecs avec à l’intérieur, l’iconostase et les bougies brûlant devant les icônes.DSC00628 L’origine du village est grecque: chassés au 17ème S de leur pays par les Turcs, des Grecs ont demandé protection aux Génois et ceux-ci les ont installés en Corse, mais pas dans ce village. Comme ils ont très vite prospéré en plantant des vignes et des oliviers, ils ont excité la convoitise des Corses qui ont détruit leur village et finalement, on leur a donné Cargèse en compensation du premier village détruit. Peu à peu, les relations entre les deux communautés se sont améliorées, notamment par le biais des mariages mixtes. Actuellement, les vieilles rivalités sont oubliées, et les deux communautés vivent en harmonie : ainsi le culte est célébré en alternance dans les deux églises par le même officiant, qui est à la fois prêtre et archimandrite.

Après avoir vu apparaître Vénus comme chaque soir dans le ciel, cette fois, pour nous bercer, nous aurons droit à un concert de chants polyphoniques venant d’un petit resto face au port : moments magiques...Mouillage à CargèseC’est aussi le moment où la brise de mer disparaît et est remplacée par la brise de terre qui nous apporte différents parfums : citronnelle, jasmin,....nous embaument. Pour ma part, c’est ce qui me manque le plus en mer: les odeurs.

Autre curiosité pour nous aussi : ce n’est qu’à partir de Cargèse que nous avons entendu les cigales, auparavant, elles étaient aux abonnés absents, pourtant il faisait chaud. 

Vendredi matin, après notre petit déjeuner, nous assistons à la “chasse” puis la dérive d’un voilier qui n’était pas ancré correctement : spectaculaire. Le voilier voisin essaye de l’arrêter, Michel prévient via la VHF la capitainerie qui réagit très vite, mais ouf, les proprios arrivent et en sont quitte pour sans doute une belle frayeur! La solidarité des marins n’est donc pas un vain mot.

Nous levons l’ancre et mettons le cap sur le golfe d’Ajaccio où nous mouillons dans l’anse Sainte-BarbeAnse Ste Barbe (Ajaccio), et où nous connaîtrons une belle frayeur ce samedi midi : nous avons décidé  de lever l’ancre, à la table à cartes, je note dans le livre de bord les différents éléments qui doivent y figurer à chaque manoeuvre importante, Michel démarre le moteur et descend pour détacher la télécommande du guindeau, tout à coup il hurle et pour cause: nous sommes en train de frôler le voilier voisin. Que s’est-il passé? Mystère...Hier soir après avoir mouillé, nous avons vérifié les vitesses, le bateau était bien au point mort. Comment s’est-il mis en marche avant? L’avons-nous enclenchée par mégarde en la frôlant? Nous ne savons pas : en tout cas, plus de peur que de mal surtout pour les propriétaires de ce bateau qui ont vu arriver le nôtre très vite (il pèse 12 T) sur le leur sans pouvoir rien faire sinon crier. Mais, c’est sûr, notre bateau s’est déplacé et le davier a balafré le flanc de l’autre bateau sur un mètre. Cet incident aurait pu être un accident car peu de temps avant, la dame nageait autour de son bateau et aurait donc pu se retrouver coincée entre les deux. Erreur de notre part: personne n’était sur le pont, trois secondes d’inattention et voilà...Après un échange de coordonnées d’assurance, nous décidons de rester ici cet après-midi et ce soir, et nous commencerons par aller à la plage pour une baignade rafraîchissante (26,9° pour l’eau).

 

 

 

 

 

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…