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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:09

 

Semaines 7, 8 et 9.

Lors de notre dernier envoi, nous étions dans la baie d’Ajaccio et nous avions l’intention de descendre davantage vers le sud. Pourtant, comme vous le lirez, nous avons navigué de manière “errante” durant ces jours car Eole a été très capricieux et ne l’oublions pas, c’est le premier membre de notre équipage! Nous avons imité la procession d’Echternach, c'est à dire trois pas en avant, deux pas en arrière...et donc pour nous trois milles en avant, deux milles en arr!ère...

Après avoir quitté l’anse Sainte-Barbe le dimanche 11 juillet, nous irons jusqu’à Porto-Pollo, petite station balnéaire familiale où nous passerons deux chouettes journées, y faisant nos courses et trouvant un cyber-café pour l’envoi du mail 6. Le lundi soir, nous aurons même droit à un autre concert de polyphonies corses car un resto sur la plage a invité un groupe et le vent porte sur le mouillage.Porto Pollo

Mardi, nous mettons le cap sur Senetosa, et nous mouillerons dans la baie de Mortoli...mouillage superbe, dans une mer calme, en bordure d’une longue plage quasi déserte car peu accessible par la terre, l’eau est chaude (28°) et cela entraîne l’apparition des méduses. Michel porte encore sur le bras la trace du contact avec une représentante de l’espèce la plus urticante. Nous y vivrons une superbe nuit, sous un ciel parfaitement étoilé et non pollué par les lumières de la civilisation. Au petit-déjeuner, en regardant vers le large, je suis étonnée par le fait que pas mal de bateaux “dansent”, alors que nous sommes sur une eau parfaitement plate. Une fois que nous aurons levé l’ancre et quitté la baie, je comprendrai vite : nous descendons et sommes quasi dans les Bouches de Bonifacio et celles-ci ont tendance à canaliser et renforcer la force des vents de telle sorte qu’un force 4 sympathique sur la côte corse ou sarde se transforme en un désagréable force 5 ou 6. C’est ce que nous vivrons et surtout ce qui est désagréable, c’est la mer hachée, courte et qui se creuse très vite. Nous irons jusqu’aux îlots rocheux “Les Moines” et puis nous ferons demi-tour : direction Campomoro : cela nous permettra d’admirer une fois encore cette côte sauvage et déchiquetée où alternent criques et pointes rocheuses. C’est une toute petite bourgade qui a su préserver un caractère familial et pittoresque : peu de constructions, pas de marina, pas de béton...juste une mer émeraude, quelques barques et un important mouillage au pied de la tour génoise.

Le lendemain jeudi, nous remettons le cap sur Porto-Pollo pour y faire l’avitaillement car à Campomoro,il n'y a rien ou quasiment rien...et puis les glaces y sont si bonnes: mandarine, limoncello....

Comme nous avons tous deux été séduits par le Cap Corse qui, de tout ce séjour, restera notre coup de coeur, que les vents sont forts ou contraires vers le sud, nous décidons de remonter et nous faisons route vers Calvi : ce seront deux jours de navigation superbe, bercé par la mer et le vent dans les voiles, avec le cadeau de la vue des falaises de Piana, des rochers de Scandola et de l’île de Gargallo.Scandola

A Calvi, nous mouillons dans la baie de la Revellata, endroit que nous commençons à connaître mais où nous ne nous lassons pas d’admirer le coucher du soleil. Là, Eole nous joue encore un tour et il nous y bloque, mais bon, il y a plus moche comme environnement! Et puis, dans un mouillage, il y a toujours à voir : ainsi, par exemple, nous observons les yachts voisins où pour 6 personnes à bord (4 adultes et 2 enfants), il y a 4 membres d’équipage, 1 cuisinier et 2 nurses... L'équipage frotte et astique, le cuisinier attend et doit sans doute réchauffer souvent car la table est mise, les proprios à côté et puis, plouf de nouveau un petit plongeon et donc douche, séchage. Idem pour les enfants, qui sont en pyjama et qui replongent...Nous resterons “bloqués “3 jours (vents de 4 à 6 et parfois  7 sur la Balagne et le Cap) et le lundi, Eole change de direction (Est)et nous devons dégager en catastrophe. Peu avant cela, nous avons encore eu droit à un exercice impressionnant des Canadairs qui passent carrément dans le mouillage et donc parmi les voiliers, pour écoper. Au passage de la Revellata, comme nous redescendons vers le Sud et prenons la mer de travers, une déferlante nous rince des pieds à la tête, mais bon, le capitaine avait prévenu, j’ai ri et pas crié (progrès!). Comme il fait bon, cela rafraîchit! Nous allons nous abriter dans la baie de Cravoni et au passage, nous pouvons réadmirer Scandola et Gargallo: semblables et différents à chaque fois, car vus à différents moments de la journée et donc éclairés différemment.Baie de Cravoni Sans ce coup de vent, probablement nous ne nous serions jamais arrêtés à Cravoni et pourtant quel bel endroit sauvage : une belle plage de galets, où sur les doigts d’une main, se comptent les vacanciers, derrière une plaine et dans le fond, les montagnes. 

Enfin, le 20, Eole accepte enfin de cesser ses caprices et de faire partie de notre équipage et après une semaine d’aller-retour, nous pouvons enfin réaliser nos envies, et mettre le cap sur le “doigt “ de la Corse. Ce sera une journée magnifique : peu après notre départ de Cravoni, à peine à un demi- mille des côtes, un superbe dauphin solitaire (? Car normalement ils vivent en groupe), d’au moins 2 m de long, vient nous faire son numéro à la proue du voilier : il passe de tribord à babord, plonge, saute, recommence maintes et maintes fois et puis, sans raison apparente, nous abandonne, mais quel superbe cadeau! La navigation est agréable, le vent nous pousse et la mer est calme. Et après avoir parcouru en 12 h, les 51,78M qui nous séparaient de Centuri, nous y mouillons enfin, heureux de retrouver cette marine de poupée.Centuri Le lendemain, nous nous reposons, flânons dans ce joli port et puis coup de théâtre: l’Attalia ayant trouvé acquéreur (ce qui est rare en cette période de crise), nous apprenons par le courtier que la transaction doit se faire le 2 août, mais sur le continent, des documents doivent s’échanger et dans cette très belle région, pas de cyber-café, donc nous devons rentrer. La météo annonçant un gros coup de vent sur le Golfe du Lion et puis sur la Corse et donc le Cap, nous choisissons de traverser le lendemain jeudi. La traversée sera belle, sans vent (!!) avec à bonne distance de Manéa, le spectacle d’un groupe de baleines nous faisant le cadeau d’un ballet de queues et de geysers en fin d’après-midi : impressionnant!! La nuit, lorsque je suis de quart, j’entends pas loin du bateau, à plusieurs reprises, de forts ptchou, ptchou... et je vois la mer se soulever et une masse sombre arrondie en sortir et puis jaillit un superbe geyser!! Magique sous la clarté argentée de la pleine lune mais je l’avoue flippant!! J’assiste, fascinée quatre fois à ce spectacle d’une baleine respirant et puis, même si il n’y a rien à faire, je vais éveiller Michel qui, avec son bon sens me dit: “ que veux-tu que je fasse avec ma tapette à mouches? “. Et puis, la baleine nous quitte et donc, c’est bien vrai ce que nous entendons régulièrement sur Radio Monaco, qui nous donne la météo marine en commençant par le code de bonne conduite des plaisanciers en présence de cétacés. Juste avant le coup de vent et la mer agitée, nous arrivons en milieu de matinée dans la baie d’Agay (à côté de St Raphaël), où nous savons que se trouve Fernand, un ami et ancien collègue du capitaine. Nous passerons de bons moments avec lui et Annette durant deux jours, et ils nous emmèneront au marché de Fréjus et au supermarché où nous ferons pas mal de provisions. Ce qui peut vous paraître banal, nous avons apprécié à sa juste valeur de faire des courses en voiture. Merci Annette et Fernand!

Le vent soufflant toujours fort sur l’ouest de Provence (apparemment c’est la quinzaine du mistral!), le dimanche 25, nous mettons le cap sur les îles de Lérins face à Cannes. L’an dernier, déjà, nous y avions mouillé et avions été séduits par leur cadre enchanteur.Iles de Lérins Nous avons à nouveau visité l’île de St Honorat où se trouve un des plus anciens monastères du monde chrétien (Ivème S), et où règne un calme étonnant et une grande sérénité même en plein été. Ainsi, nous pourrons voir se balader sans crainte une perdrix et ses perdreaux, entendre les cigales, le vent.Moines travailleurs

Allant d’île en île, le mardi nous mettons le cap sur Porquerolles où nous mouillerons dans la baie d’Alycastre après avoir essayé pour la première fois l’envoi de la trinquette (2ème voile d’avant) qui nous fera gagner un peu de vitesse (1/2 noeud) ce qui n’est pas négligeable sur un parcours de 44,86M.

Ce mercredi, nous rentrons à Hyères, effectuons les différentes démarches pour la vente de l’Attalia et redécouvrons la “civilisation” et donc lessives, coiffeur, cyber-café...Alycastres

Voilà, ce 7ème épisode vous raconte en fait nos trois dernières semaines de croisière. Nous sommes désolés d’avoir attendu si longtemps mais bon, le rythme corse s’attrape vite... En fait, c’est ce qu’on raconte, mais nous n’avons aucune preuve de cela!

Au terme de ces 7 semaines de croisière je conclurai en disant:

J’aime quand Eole est avec nous, que Michel hisse la grand-voile pendant que je mets et garde Manéa bout au vent.

J’aime quand nous mouillons et que j’énonce la profondeur de l’eau :9m, 8,8m,7,5m..et qu’il mouille l’ancre tandis que je suis à la manoeuvre en suivant ses consignes.

J’aime cette complémentarité et nouvelle complicité qui s’installe entre nous dans les manoeuvres.

J’aime quand il m’appelle pour admirer à ses côtés le show de “ Flipper” et tous les autres cadeaux que la nature nous a faits.

J’aime quand nous naviguons à la voile et que seuls les bruits du vent dans les voiles et de la mer nous entourent.

J’aime cette vie de simplicité où il est impossible de tricher avec soi et avec les autres.

J’aime quand le soir tombe, que nous regardons le coucher du soleil, semblable tous les jours et pourtant chaque jour différent puisque dans des endroits autres, que nous attendons l’apparition de la lune, que c’est au premier de nous deux qui apercevra Vénus, et que nous cherchons les étoiles et galaxies dans le ciel.

J’aime le soir quand la brise de terre se lève et qu’elle nous apporte ses parfums (jasmin, chèvrefeuille, pin, romarin...) et ses bruits (cigales...) 

J’aime la vie en bateau...

 

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…