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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:47

 

 

10ème semaine....

Nous vous avons quitté après notre retour à “ la civilisation “ et la reprise des activités communes à tous : lessive, coiffeur, courses...Cela peut sembler incroyable, mais toutes ces activités via les transports en commun prennent du temps...

Ce dimanche 1er août, nous levons l’ancre et mettons le cap sur l’île des Embiez ( île de Paul Ricard face à Sanary et Six-Fours-Les Plages ), nous  mouillons face à celle-ci en milieu d’après-midi et partons en annexe en repérage pour trouver le meilleur endroit où l’amarrer et voir les heures de navette pour la terre ferme. Pourquoi l’île des Embiez?

Les acheteurs de l’Attalia ont une place de port sur celle-ci et ont donc demandé que celui-ci soit ramené le 2 août de La Seyne Sur Mer où il était au port à sec. Nous partons donc de l’île avec eux, le courtier nous prend en voiture à l’arrivée de la navette et nous conduit à la Seyne Sur Mer où le bateau sera remis à l’eau et puis skippé par nous jusqu’aux Embiez. Cette traversée servira en même temps d’essai en mer et leur permettra de prendre le bateau en main en notre compagnie et donc d’entrevoir les différentes subtilités de maniement du bateau, et nous pourrons repartir de là.

Tout au long de la journée, il y aura des couacs....Cela a commencé la nuit avec le vent qui s’est levé violemment par deux fois (les rafales sont montées jusqu’à 27 Nds) et donc beaucoup d’animation dans le mouillage, car un certain nombre de bateaux mal mouillés et donc chassant, ont démémagé en catastrophe, dans la nuit, le vent, la mer agitée...Nous montons donc la garde sur le pont pour éviter les abordages, ce qui raccourcit notre temps de sommeil.

Levés tôt, nous nous présentons au guichet pour l’achat de notre ticket de traversée et nous nous prenons déjà la tête avec la vendeuse car il n’y a que des tickets A/R, or nous n’avons besoin que d’un aller puisque nous repartons en bateau et de plus ce n’est pas donné: 12,5€ pour cinq minutes de traversée...Finalement nous arriverons à un arrangement avec le “contrôleur” de la navette qui nous prendra un A/R pour deux, ce que nous avions proposé à miss futt-futt. D’ailleurs, est-il légal de vendre exclusivement des tickets A/R? La navette ne respecte pas l’horaire prévu (normalement 9h10, nous sommes là à 8h50 et la voyons filer sous notre nez ) mais à quelque chose malheur est bon puisque cela nous permet de faire connaissance avec les acheteurs de l’Attalia qui ont la même surprise que nous à propos du respect des horaires. Ce sont des personnes sympas et de plus, la dame est née à Anvaing en Belgique, elle est donc presque “pays” avec le captain...Quelques minutes après, nous sommes récupérés par notre “chauffeur “ et amenés à La Seyne où évidemment le bateau sera mis à l’eau avec une heure et demie de retard. Michel commence à stresser car la météo annoncée n’est pas bonne au delà du Cap Sicié (les gens du coin l’appellent le Cap Horn de la Méditérranée mais chacun connaît le talent des gens du sud pour enjoliver les choses...) et nous devons après le convoyage, rentrer sur Hyères (23M et demi). Nous avons le vent de face et le trajet se fait au moteur mais tout se déroule sans problème.

Arrivés aux Embiez, nous nous mettons même à couple du Centurion pour aller chercher un pavillon belge aux nouveaux proprios, afin qu’ils ne soient pas pris en défaut par les douanes françaises puisque la lettre de pavillon n’a pas encore été radiée. Il est 15h et le mouillage est bien rempli. Nous rentrons dans le port et le capitaine amène l’Attalia “ à bon port”. Mission accomplie, reste à terminer les formalités de la vente avec le courtier. Celles-ci se déroulent sans problème et après le verre de l’amitié, bu en vitesse car le temps change, nous repartons en annexe vers le mouillage où il ne reste que notre bateau !!

Il est 17h, la mer est déjà houleuse et le grain est sur nous. Nous relevons l’ancre par 20N et plus, et repartons vers Hyères endossant pour la première fois, nos vestes de quart. DSC00750Oui, il pleut...Une fois sortis de la baie et l’île contournée, la mer se calme un peu, la pluie s’arrête et nous repartons vers notre mouillage d’Hyères où nous arrivons juste à la tombée de la nuit (21h30) après avoir parcouru 23M et demi et avoir eu des pointes de 8,25N dans la rade d’Hyères sous génois seul. Cette sensation de vitesse dans le vent est grisante. Nous sommes fatigués mais contents. Et là, horreur, le capitaine regarde son chèque de banque et se rend compte qu’il y a deux fautes d’orthographe dans son nom et donc que probablement, il ne pourra pas l’encaisser. Même s'il avait découvert ces fautes lors de la signature, cela n’aurait rien changé car c’est un chèque bancaire certifié et seule la banque  émettrice peut le modifier, or elle se trouve à Louvres (Paris). La France prepétue un  système bancaire quelque peu archaïque car les virements bancaires,  ils ne connaissent pas....

Le lendemain matin, cela se vérifie et cela va nous entraîner dans des coups de fil, des déplacements en ville pour nous rendre à l’agence du Crédit Agricole, puis à la poste, de là à la papeterie, car la poste n’accepte que des enveloppes rectangulaires pour envoyer les recommandés (tout cela bien sûr après de longues minutes d’attente : d’abord pour avoir le document à compléter, ensuite pour le rendre complété et l’envoyer). J’ai rarement vu le capitaine s’énerver mais là je crois bien qu’il était prêt à employer un langage quelque peu "imagé"! En fait, il faut d’abord renvoyer le chèque bancaire certifié à la banque émettrice, et puis seulement l’argent sera versé sur compte.Hyères

Enfin, ce sont de petits ennuis et de toute façon, nous n’aurions pas pu naviguer car il y a de nouveau des vents forts et le Cross Med demande aux plaisanciers d’être très prudents vu les conditions météo. C’est la première fois que nous entendons cela, cette saison.

Rien de plus pour cette semaine où nous arrivent samedi Matthieu, Barbara et notre petit Mathias qui vont vivre avec nous quelques jours et surtout nous sommes impatients de les retrouver et de découvrir les réactions de Mathias sur le bateau. Peut-être de futurs moussaillons?

 

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…