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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 12:42

 

Visite de notre petit mousse et de deux de nos grands soleils.

 

Ce samedi 7 août, branle-bas de combat sur le pont et dans le carré : c’est aujourd’hui qu’arrivent nos Belges. Le moussaillon que je suis, est gâtée par ce très  beau cadeau d’anniversaire. 

Préparation de leur cabine, du repas ( soupe de courgettes, une quiche lorraine et une au chèvre (merci pour ta délicieuse recette Anne-Marie) accompagnées de salade verte) et les voilà déjà qui annoncent leur arrivée par gsm! Ils sont même en avance sur l’horaire prévu!DSC00751

Hier, nous avions demandé une place de port pour faciliter leur adaptation au bateau (il y bouge moins qu’au mouillage), et pour le transport des bagages (poussette, lit pliant...) mais business oblige, c’est le jour de rentrée  et de départ des bateaux de location et donc prorité à eux, nous devons donc rester au mouillage.

Nous allons les accueillir en annexe et nous nous retrouvons avec joie : deux mois et demi que nous nous sommes vus! Mathias n’a pas tellement grandi en taille mais bien au niveau de son langage (ses phrases sont complètes, il transforme la fin des mots pour le plaisir des sons) et de sa motricité, et nous le trouvons donc changé, il commence même à faire des blagues.DSC00759 Il enfile avec plaisir son gilet de sauvetage pour aller “dans le petit bateau” qui le conduira sur le grand. Il ne bouge pas, assis au fond de l’annexe. Une fois monté sur “le grand bateau”, il est inquiet car cela bouge mais comme ses parents, il s’habituera vite et la perspective de l’apéro et surtout de ses accompagnements le rassure. Comme toujours, il mange avec appétit et me dit “ Framboise, la soupe de toi, elle est bonne”.DSC00756  Découverte de notre intérieur, premières consignes (ne pas monter ou descendre seul l’échelle de la descente s'il n’y a pas d’adulte dans le cockpit ou dans le carré, descendre à l’envers, ne pas toucher à la barre à roue quand nous sommes en navigation ...) Joie des nouvelles à se raconter et à échanger en ayant tout son temps et c’est déjà pour notre petit mousse, le temps de la sieste qu’il fera sans problème dans la cabine de ses parents comme tous les autres jours de son séjour. 

Fin d’après-midi, une place de port s’est libérée (enfin pas vraiment: un titulaire est parti et le port reloue sa place; il n’y a pas de petit profit!) et nous nous amarrons à quai. C’est une grande première pour nous car depuis notre départ nous n’y sommes pas encore allés! Manoeuvre réussie, même si la pendille est un peu courte. Après avoir transbordé les bagages, pour les quelques jours du séjour, déplacement de la voiture dans le parking du ship (magasin de matériel et articles pour bateaux) où elle sera plus sécurisée qu’en pleine ville et où de plus c’est gratuit.

Nous terminons la journée en allant nous promener sur le port, manger au resto ( Mathias y est sage come une image) et déguster une glace (péché mignon du capitaine). 

Le mousse s’endort sans aucun problème dans son petit lit déplié dans le carré.

La météo annonce à nouveau un vent fort et nous resterons aussi au port ce dimanche, il vaut mieux y aller doucement... Mais. les activités ne manquent pas: petit déjeuner à l’aise, marché, repas de midi, sieste, découverte de la plage et puis l’incontournable glace et la journée est déjà terminée!

Lundi, après le petit déjeuner, Eole nous étant favorable, nous larguons les amarres: direction le Cap Nègre et la baie de la Cavalière. Matthieu qui n’a jamais navigué découvre le fonctionnement ( compas, anémomètre, speedo, grand-voile, génois...), les plaisirs de la voile et de ses côtés apaisants: “je me sens vraiment en vacances” et nous dit mieux comprendre notre plaisir à vivre de cette manière.DSC00775 Découverte aussi des contraintes : vannes, utilisation de l’eau...Il a acheté une canne à pêche avec entre autre une ligne de traîne qu’il inaugure...et  nous n’avons pas le temps de voir arriver un bateau à moteur qui file à plein régime en passant très près derrière nous et qui emporte sa ligne. Incroyable comme certains de ces bateaux sont peu respectueux des autres plaisanciers. Quant à Barbara, elle a déjà pratiqué la voile dans son enfance et adolescence et c’est avec plaisir qu’elle retrouve les sensations de ces époques.

Pour la première fois, Mathias fait sa sieste durant la navigation et cela sans problème, malgré les mouvements du bateau. Nous mouillons et puis en annexe, gagnons la jolie plage où dans l’eau le sable scintille (particules de mica?) et chacun s’adonne à ses activités préférées : tentative de remplir la mer avec du sable pour Mathias qui se fait vite une copine (activité récurrente chez tous les petits enfants depuis la nuit des temps...), farniente et baignade pour ses parents et nous. A un moment donné, à côté de nous, ceux que nous pensions être de simples vacanciers se dorant au soleil, nous révèlent leur véritable identité. Devinez?  Un indice: nous sommes au pied de la propriété de la famille de Carla Bruni. Que peuvent donc faire de simples vacanciers sortant soudain de leurs sacs à dos des appareils photos munis de pieds et téléobjectifs énormes si ce n’est traquer le scoop de leur vie, par exemple Nicolas roulant une pelle à un de ses gardes du corps...(Pourquoi pas?) Pour notre part, nous n’avons rien vu, mais peut-être qu’à l’occasion d’une séance chez le coiffeur et y lisant entre 2 soins “ Points de Vue” ou “Gala”, l ’une ou l’autre pourra nous dire ce que nous avons raté. 

Retour au bateau, où notre pêcheur monte une nouvelle ligne pour pêcher du bord et étonnement : très vite, cela mord. Les poissons s’accumulent, tous plus jolis les uns que les autres (vieilles, “mini” bars, sars,...) Avant le repas, ils sont remis à l’eau et puis, pour la première fois, contemplation du coucher de soleil avec Mathias, qui est émerveillé par toutes les couleurs qui l’accompagnent et qui est surtout fasciné par l’orange qui est pour l’instant sa couleur préférée (influence paternelle?). Dorénavant chaque soir après le souper, il réclamera de le voir avant d’aller faire dodo après avoir eu “ encore 5 minutes”. Joie de l’initier aux beautés de la nature et de partager avec lui ce plaisir quotidien dont nous ne nous lassons pas. Nous nous couchons quasi en même temps que notre petit bonhomme. Barbara et Matthieu sont étonnés d’être si fatigués en n’ayant quasiment rien fait : ils oublient les mouvements incessants du bateau qu’il faut sans cesse amortir et qui mettent nos muscles en activité permanente et le fait que nous soyons perpétuellement au grand air, air du large. Première nuit au mouillage qui, comme les suivantes, se déroule sans problème pour tout notre petit monde. Nous espérons que durant leur séjour ils auront pu récupérer une partie de la fatigue accumulée durant leur vie trépidante.

Mardi matin, nous allons faire quelques courses, pendant que la petite famille pêche et puis nous mettons le cap sur l’île de Porquerolles où nous mouillons dans la baie de l’Alycastre. Durant notre petite traversée, le chapeau de soleil de Barbara s’envole et cela donne lieu à un exercice de”repêchage” par épuisette interposée. Heureusement que nous avons un pêcheur doué à bord, mais par contre malchanceux, car la ligne à la traîne qu’il avait refaite, a de nouveau été emportée par un bateau à moteur trop proche et trop rapide pour avoir le temps de la rebobiner! Joie de naviguer, d’être au coeur de la nature, de redécouvrir les petits plaisirs qu’elle nous procure par les yeux d’un enfant (le vol d’une mouette, les poissons dans l’eau, le chant des cigales, le coucher du soleil...).DSC00758 Mathias commence à bien se déplacer dans et sur le bateau, et ce qu’il préfère, c’est évidemment grimper du carré vers le cockpit ou descendre, et il a bien intégré la règle lui interdisant d’y aller seul. Ainsi, après chaque repas, il quitte la table, se dirige vers la descente et nous dit:”on peut pas monter. Y’a pe’sonne en haut mais on peut s’asseoir “et il s’assied sur la deuxième marche. Cela va vite devenir un rituel comme demander s'il peut passer derrière la barre, et la toucher dès que nous sommes mouillés, ou le coucher de soleil qu’il réclame après le repas du soir avec évidemment “encore 5 minutes”

Mercredi, après être allés jusqu’au petit port du Niel (presqu’île de Giens) nous ferons le tour de l’île à notre rythme (sous génois, le vent est faible...)DSC00766 et notre petit mousse s’occupe dans le cockpit avec les pinces à linge et puis avec un bassin rempli d’eau dans lequel il met la tête, qu’il vide et que nous remplissons rapidement. C’est fou comme il a pu s’amuser (et se fatiguer!) à transvaser l’eau avec ses deux gobelets, son bassin et ses pinces! Le vent ayant encore changé de direction, c’est à la plage de la Badine que nous mouillons et passons la nuit. 

Le lendemain matin, la petite famille va y faire un tour tandis que nous préparons le repas, et en milieu d’après-midi, nous mettons le cap sur Hyères car à nouveau, changement et renforcement du vent. Pas de place pour nous au port et donc, déception compréhensive de Barbara et Matthieu, qui souhaitaient terminer leur séjour en nous offrant un resto. Mais aller au port en annexe, c’est courir le risque d’être trempés et si c’est un moindre mal pour nous, pour le petit mousse, c’est plus embêtant. Déjà la dernière nuit à bord pour eux. 

Et c’est le moment de transférer les bagages, toujours pas de possibilité au port, même au quai d’accueil, et c’est avec le coeur gros que nous nous quittons,  car une fois installé dans son siège voiture Mathias me demande “ Framboise, tu vas bientôt revenir? ”avec un petit air triste. Nous regardons avec un petit pincement au coeur la voiture s’éloigner. Instant d’émotion, mais nous sommes riches des  moments vécus et partagés...Expérience à refaire...

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…