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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 16:53

 

AVRIL 2010

 

Que faisons-nous durant ces mois d'hiver et de printemps où nous descendons vers le Sud , vous demandez-vous peut-être...

Simplement nous prenons le temps d'apprivoiser et de préparer notre bateau...

Pendant que Michel démonte les winchs, le bas-étai, vide les coffres du cockpit et les inventorie en triant, en sort le moteur de l'annexe, le démonte et essaye de le remonter, tente de comprendre le fonctionnement de  la barre à roue de secours, prend des contacts avec les différents corps de métier devant intervenir techniquement sur le bateau, pendant ce temps donc je gonfle l'annexe (qui n'a aucune fuite!), dévisse et nettoie les dorades (= les manches à air dans lesquelles saute Milou dans Tintin au Congo mais en plus petit!), je cuisine, remplis avec joie les coffres et soutes des provisions préparées durant cet hiver (blanquette, navarin d'agneau, osso-bucco, sauce bolo stérilisés et nos différentes confitures maison), en dresse l'inventaire sur l'ordi...

Pendant ce temps les jours passent à toute vitesse...

Voici par exemple le contenu de notre journée d'hier 14 avril.

Après notre petit déjeuner, comme nous n'avons plus de pain et que le mécanicien vient travailler sur le moteur du bateau (entretien et vérification que tout est ok), je pars à pieds aux Salins chez le boulanger. Balade tonique sous le soleil et le ciel bleu. Elle débute dans le port "forêt de mâts",DSC00277 zigzague parmi les engins déjà à l'oeuvre pour sortir ou mettre à l'eau l'un ou l'autre bateau. Sortie, je longe la mer. Au loin je peux admirer les "îles d'Or": devant moi Port Cros, à l'ouest Porquerolles et à l'est l'île du Levant...

Puis retour et continuation de la balade vers Ayguade car aujourd'hui c'est jour de marché. J'aime l'ambiance des marchés du sud, tous mes sens y sont en alerte: l'odorat avec le parfum des différents produits, la vue avec tous ces étals rivalisant de couleurs, l'ouïe avec l'accent chantant des maraîchers qui ont toujours quelque chose à vous dire, le goût avec toutes les bonnes choses offertes à déguster, le toucher avec la caresse du vent et du soleil sur ma peau...

Matinée qui sent le printemps qui arrive : sur le chemin respiration de l'odeur poivrée des glycines qui couvrent les clôtures, observé haut dans le ciel le vol haut d'un martinet (=oiseau de la même famille que l'hirondelle mais plus gros que celle-ci) de retour de sa migration vers l'Afrique, admiré 3 jolis papillons blancs folâtrant dans les arbres, entendu et puis vu une cane suivie de ses 11 canetons . Et puis au pied d'un banal poteau électrique, perdu entre cailloux et poussières mais bien droit et déjà fleuri un coquelicot, une de mes fleurs préférées qui symbolise pour moi l'humilité et la simplicité (2 des valeurs de vie que je partage avec Michel). Fleur qui me renvoie à l'adolescence, à la période des examens de juin, au trajet en tram entre Frameries et Cuesmes durant lequel je pouvais admirer un énorme champ de blé dans lequel fleurissaient tant de coquelicots...Et chaque fois que j'en vois un, c'est d'abord ce souvenir qui me vient à l'esprit, une de mes "madeleines"...

Arrivée à Ayguade : les terrasses sont pleines, au marché gourmand  les étals débordent de tomates, asperges et fraises et joie de choisir "la tomate" qui parmi toutes celles- ci nous régalera ce midi.

Et il est quasi midi, c'est déjà la route du retour, le sac est plus lourd mais le chemin tout aussi agréable, je rentre au bateau et le mécanicien nous quitte pour aller dîner.

Pour nous ce sera une tomate coeur de boeuf (celle choisie au marché avec amour) semblable à celles de papa mais quand même pas comme celles de papa ( il y manque l'amour généreux avec lequel il les cultive) , une coeur de boeuf tranchée et garnie de mozzarella bufflonne arrosée d'un filet d'huile d'olive ail et basilic du Partegal et vinaigre balsamique et parsemée de quelques brisures de basilic. Un régal avec le pain au levain acheté ce matin, accompagné par des radis et du "broussin" de chèvre.

Régal pour les yeux et pour le palais...

Oui, ça y est :le printemps est là, il y a du vent mais il fait beau...

Ensuite, préparation de la soupe de courgettes: joie de les laver, de sentir leur peau lisse, nettoyage du persil offert ce matin par le maraîcher:" non, ma bonne dame, le persil je le vends pas, j'en offre un peu à chaque client, je sais je suis perdant mais bon on se refait pas", nettoyage de la botte de radis achetée :" et avec les fanes...commence le maraîcher et moi de continuer "je fais de la soupe", lui "je vois que j'ai affaire à une connaisseuse..mes respects..." Tout cela, avec un accent succulent!

Ensuite en attendant le retour du mécanicien nous sommes sur le pont, Michel place des "protège" sur les haubans tandis que je dégonfle l'annexe et l'inonde de questions relatives aux voiles. En effet les jours passent et pour moi approche le jour J, celui du stage de voile où je me suis inscrite. Comment va-t-il se dérouler?  L'angoisse monte en moi même si je ne la montre pas . N'ai-je pas été trop présomptueuse? Sera-ce intéressant? N'aurai-je pas peur? Serons-nous nombreux? Apprendrai-je plus que tout ce que Michel m'a si patiemment enseigné? Que de questions!!! Comme j'admire sa connaissance , sa facilité de langage dans tout ce vocabulaire spécifique. Par contre je crois que j'oserai davantage avec un bateau qui n'est pas le nôtre, j'aurai moins peur de faire des " bêtises" par des manoeuvres inadéquates...

Retour du mécanicien, travail pour lui et Michel en bas, exil sur le pont pour moi avec un chouette bouquin, et puis c'est déjà le soir, la préparation du souper: ce soir: entrecôtes sauce au poivre vert, purée au céleri rave et salade. Une fois de plus, un régal!!

Voilà, une fois de plus la journée est déjà passée.

Comme vous voyez, nous ne nous ennuyons pas...

 

 

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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…