Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:46


Première partie : Sal et Sao Nicolau.


Au Cap Vert, on a bien quitté l’Europe mais on n’est pas encore en Afrique.

Dès notre arrivée, la gentillesse des habitants nous entraîne à nous glisser dans le rythme local, nonchalant et chaleureux. Ici personne ne court.

Encore un archipel volcanique. Celui-ci est tropical et se compose de 10 îles, toutes différentes et disposées en « fer à cheval » sur l’océan. Sa superficie est de 4.033 km2 (15% de la Belgique). Ancienne colonie portugaise, il est indépendant depuis le 05 juillet 1975 et est probablement un des seuls pays d’Afrique de l’Ouest qui soit réellement démocratique (élection présidentielle tous les 5 ans). « Si il n’a pas fait pas du bon travail, on change « nous dit Aurélien, rencontré à Tarrafal de Sao Nicolau lorsque nous discutons avec lui du gouvernement de son pays…

Il est habité par + ou - 400.000 habitants répartis très inégalement : sur Santiago, la plus grande île de l’archipel : 125.000 à Praïa, la capitale, et 55.000 à Assomada. 70.000 à Mindelo sur Sao Vicente et le reste sur les autres îles ou dans des petits villages. La diaspora capverdienne, elle, est estimée entre 700.000 et un million d’expatriés, vivant principalement aux USA, Portugal, Hollande, Italie et France.DSC04580

 Le climat y est agréable toute l’année (25 à 30°) et l’eau est bonne (24°). C’est un archipel du vent. Il souffle généralement de NE et est un peu plus fort en hiver (20 à 25 noeuds). Entre les îles, il se renforce par effet venturi. Les courants de marée peuvent y être assez forts. (jusqu’ à 4 noeuds). Les îles offrent des spots remarquables. Kite-surf, surf, planche à voile y sont donc les activités sportives reines.

Ici le coût de la vie est assez élevé quand on le compare à celui des pays voisins de l’Afrique continentale notamment en ce qui concerne l’alimentation. En effet, beaucoup de biens de consommation courante sont importés soit des autres îles plus vertes ou du Brésil, du Portugal, de l’Espagne ou encore des Pays-Bas (depuis notre départ dans tous les pays visités nous avons trouvé du gouda !) . Seuls les délicieux poissons et fruits de mer sont très bon marché.

Nous projetons de visiter quatre îles parmi les « Barlovento » c'est à dire celles du nord de l’archipel, les îles au vent (voir carte sur album picasa).

La première : Sal. Nous y faisons nos formalités d’entrée : immigration et douane le 25 décembre. Le premier cap verdien que nous rencontrons en mettant le pied à terre s’appelle Joseph…Oui, oui…Nous sommes bien le 25 décembre ! Les douaniers sont souriants, attentionnés : 10 minutes en tout… Cela nous change de Dakar !

C’est une île plate, aride et très ventée de 216 km2 qui s’est naturellement tournée vers le tourisme balnéaire (plage de sable blanc de 8kms au sud) et les sports nautiques. Elle est la seule à posséder un aéroport international.

C’est donc ici que nous accueillerons Barbara, Matthieu et Mathias qui viennent nous rendre visite et vivre une semaine avec nous pour les fêtes de fin d’année. Ce sera une semaine de retrouvailles,  bref que du bonheur !

Sal présente peu d’intérêt si ce n’est le village de Palmeira (port de l’île où les voiliers peuvent se mettre au mouillage en dehors du chenal). C’est un village authentique avec la vie d’un village du bord de mer : cargos, ferry, retour des pêcheurs, vente du poisson, raccommodage des filets, bars, enfants jouant sur la plage ou sur les filets….Les maisons sont colorées et cubiques, avec un toit plat sur lequel pose la citerne d’eau. Ici pas d’eau courante dans toutes les habitations. L’eau est une denrée rare et provient de l’usine de désalinisation. On fait la queue à la « fontana » pour s’en procurer et elle coûte 1 escudo/l càd 10€ le m3. Durant leur semaine avec nous, notre famille résinoise a donc vécu à la spartiate et a fait l’expérience de la rareté de l’eau et de sa valeur.

Les salines (le sel a d’ailleurs donné son nom à l’île) de Pedra de Lume sont un autre centre d’intérêt. Elles ont été exploitées à partir du 18ème et reprises  par les Salins du Midi de 1831 jusqu’ en 1984.DSC04584 Aujourd’hui encore rien ne semble avoir changé : le tunnel, les entrepôts, les chariots, le téléphérique et les baraquements : tout est là avec les salines au creux du cratère d’un volcan et le tout offre un paysage étrange et a des allures de mine abandonnée comme dans le Far-West décrit dans les films de notre enfance….

Le site de Buracona est une autre curiosité avec une piscine naturelle dans laquelle la mer s’engouffre. Matthieu et Mathias y ont nagé.

Et enfin nous  passerons beaucoup de temps au sud, sur la plage « touristique » de Santa Maria : Mathias y a parcouru des kms de la plage à l’océan, et retour…Pour y aller, nous découvrons que le centre de l’île que nous traversons, est un désert aride avec de petits monticules sans quasi aucune végétation.

 Pour circuler, pas de bus,  on prend des « aluguer » ( ce qui veut dire à louer, pour les sièges bien sûr). Ce sont soit des minibus (12 ou 15 places) ou des pick-up avec des bancs à l’arrière et à l’air libre bien sûr : ici, il ne pleut pas !  Leur prix est très bas. Ils sont en bon état et très contrôlés, intéressants si on souhaite se déplacer d’un point à un autre. C’est aussi une manière de côtoyer la population locale qui est très gentille. Nous n’avons jamais attendu.           

 Au contraire des autres îles visitées (les Canaries par ex), au Cap Vert,  les eaux sont toujours nourricières et nous nous sommes évidemment laissé tenter par poissons, poulpes, langoustes… tout cela pour des prix plus que démocratiques.

Lorsque nous revenions de l’aéroport où nous avions conduit notre petite famille pour son retour, nous avions un peu le blues mais celui-ci a été atténué par nos retrouvailles avec Philippe et Ingrid et leur bateau Iris, un bateau copain rencontré à Dakar. Ils nous ont suivi en Casamance et ont été aussi séduits par cette belle région.  Ce n’est donc que le lundi 7 que nous mettrons le cap plus à l’ouest vers l’île de Sao Nicolau découverte, (qui l’eut cru ?) le 6 décembre, et qui est plus verte. Longue de 50km sur 25 km de large, elle compte 13.500 habitants.

Après 18h de navigation sur une mer houleuse et un vent tellement chargé de poussières ( l’harmattan) que nous n’avons aperçu l’île qu’à un mille et demi ( vive le GPS !), nous avons mouillé devant le paisible village de Tarrafal et son port.

Pas de doute, c’est une île montagneuse. Le mouillage est situé face à une falaise dans laquelle se découpe une vallée très encaissée qui joue le rôle d’accélérateur transformant le vent en rafales très soutenues.DSC04605 Impressionnant. Après nous être reposés, nous allons faire nos papiers d’entrée dans l’île (formalité très rapide), des gamins se précipitent pour être « gardien » de notre annexe et nous partons à la découverte de ce petit village tranquille.

Ici, comme dans les autres îles, les écoles sont surchargées. Une moitié des élèves va donc en classe le matin de 8h30 à 12h30 et l’autre l’après-midi de 13h à 17h. Il y a beaucoup moins de vacances que chez nous et il y a cours le samedi. Les classes primaires sont très peuplées (entre 35 et 45 élèves) mais les classes maternelles que nous avons visitées,  comptent assez peu d’enfants (scolarité non obligatoire) et sont bien encadrées. Les élèves du primaire portent tous un tablier bleu et ceux du secondaire ont un uniforme de couleur différente selon les îles. L’école est obligatoire jusqu’à 15 ans et le Cap Vert est le pays d’Afrique qui a le taux d’alphabétisation le plus élevé (85%).  La connaissance des langues étrangères est une priorité dans l’éducation et dès l’entrée du secondaire les élèves doivent  apprendre le français et l’anglais en plus du portugais qui est la langue nationale, le créole étant la langue véhiculaire. Ici déjà, le courage des Cap Verdiens se vérifie. Nous avons découvert que si l’école leur impose l’apprentissage des langues (par la grammaire surtout nous ont confié certains jeunes) ils poursuivent celui-ci par tous les moyens imaginables (étude autodidacte du dictionnaire pour le vocabulaire ou découverte du français à partir des livres « Martine » par exemple). Et cela donne des bons résultats.

La santé publique semble être aussi un souci des dirigeants au Cap Vert : ici le port de lunettes est courant, la dentition semble soignée, les hôpitaux fonctionnent et ne sont pas des bâtiments vides, cette année verra la 1ère campagne de médecine scolaire…Pas de détritus ni de sacs plastiques dans les rues mais des poubelles et des rues propres…   

 La nature n’a pas gâté les Capverdiens comme les Sénégalais par exemple. Ils ne sont indépendants que depuis 1975,  pourtant ils sont plus «  développés » tout en bénéficiant probablement de moins de «  générosités « notamment européennes que le Sénégal (pas d’ONG au cap Vert…). Les aides connues se font sur le mode de la coopération en mettant « le pied à l’étrier » aux Cap Verdiens qui se prennent ensuite en mains.

Le développement d’un pays aurait-il quelque à voir avec la volonté et l’honnêteté de ses dirigeants ? Le fait qu’il y ait eu des liens avec Cuba a-t-il influencé les dirigeants notamment dans leur priorité accordée à l’éducation et à la santé ? (c’était la minute philosophique…)

Au port de Tarrafal, nous rencontrons Aurélien, pêcheur parlant français qui nous propose de nous accompagner pour découvrir l’île en randonnant un peu. Après nous être mis d’accord sur le prix de la journée pour nous guider (18€) nous le retrouvons le lendemain et partons vers l’intérieur de l’île. DSC04611Un aluguer nous dépose à Cachaço (+- 1000m) d’où nous descendrons à pied vers Ribeira Brava ( à 300m et capitale de l’île) en empruntant sur 6km un sentier muletier pavé. Le paysage est magnifique avec des montagnes volcaniques déchiquetées, de profondes vallées bien vertes et des villages ou maisons accrochés à flanc de collines. Manguiers, papayers, bananiers, terrasses de culture de choux, manioc, pommes de terre, tomates, carottes, haricots et  canne à sucre se succèdent tout au long de notre descente.                                                Durant celle-ci, une odeur que nous identifierons plus tard comme celle du rhum, nous titille les narines déjà bien avant d’ ’arriver au « trapiche » (pressoir à canne à sucre). C’est en effet la saison de sa récolte  et nous aurons donc la chance d’assister au pressage des cannes pour en récolter le jus et ensuite à la distillation du grogue ou rhum blanc du Cap Vert.

 

Pour préparer le grogue on réunit sur la cour du trapiche :

-le trapiche est un pressoir actionné autrefois par des bœufs tournant autour des cylindres et remplacés aujourd’hui par un moteur.

- le Mestre de trapiche, responsable des opérations de production de « mel » (= jus de canne fermenté ) et de grogue.

-les cannes récoltées en fleur entre janvier et mai-juin et effeuillées manuellement.

-les quintos, tonneaux de 100l, qui servent à stocker et transporter le jus de canne.

-la cabane au toit de paille de canne où le jus fermente naturellement pendant quelques jours (régulièrement un ouvrier tourne à la surface pour en faire échapper le gaz)

-l’alambic, nettoyé avec de la cendre et du citron, à demi enterré dans un four en pierres sèches (volcaniques évidemment et donc gardant bien la chaleur) où brûle un feu alimenté par les feuilles et les fibres de canne broyées. Il recevra le » mel », qui sera chauffé une heure ou davantage. La vapeur distillée est refroidie par condensation dans un tuyau passant dans de l’eau fraîche.

Visite avec dégustation de ce « grogue de terra ». Il est parfumé et titre + ou -50°…Et puis, cela va de soi, achat mais pas uniquement parce que nous estimons que notre rôle social est de soutenir l’économie locale… La moussaillonne a découvert et apprécie le ponch et la caïpirinha…avant-goût du Brésil.

Après cette dégustation nous continuons notre descente et atteignons Ribeira Brava, but de notre randonnée. C’est une petite ville coquette, blottie dans la vallée. Elle tire son nom de la violence des eaux qui dévalent lors des pluies qui sont importantes l’été. Entourée de sommets, la cité répond à la nature grandiose par ses rues pavées, étroites et ses maisons colorées.

Après l’effort, pour nous requinquer nous dégustons une « cachupa » plat national et  traditionnel des îles : il est préparé de différentes façons selon les ingrédients que l’on a sous la main mais toujours avec des féculents (maïs, pommes de terre, manioc, patates douces…), de la viande  (porc, chorizo, poulet)  et des légumes (oignons, haricots, carottes, bananes plantain, fèves, chou…). Cela a l’aspect d’une grosse soupe, est délicieux et pas trop épicé.

Ici, comme sur l’île de Sal, les commerces ressemblent à d’autres maisons. Seule la porte est ouverte et tout y souvent vendu pêle-mêle : du shampoing à l’évier de cuisine en passant par la roue de brouette…

 Son église à façade blanche est la cathédrale du Cap Vert et contrairement à la plupart des autres églises du pays, son intérieur est riche.

Fatigués mais contents de notre journée de découverte nous rentrons à Tarrafal.

Après notre visite à l’école maternelle, ce vendredi nous fera le cadeau de retrouvailles avec les bateaux de Philippe et Damien qui nous proposent une autre balade, cette fois vers l’ouest de l’île où ils vont se ravitailler en grogue avant leur traversée ( Du temps de la marine en bois, il était de tradition d’arroser les départs, les arrivées, les 1ères fois où l’on aperçoit la terre…Les occasions étaient et sont toujours multiples même pour les bateaux en plastique ! ).                                                         

D’abord, d’’un côté de la route pavée,  des plages de sable noir, de l’autre un chaos caillouteux et puis la route se faufile entre des volcans, traverse le village de Praia Branca, descend vers la côte et remonte les lacets jusqu’à Fragata, village perdu au bout du monde où nos voileux s’approvisionneront en grogue. Nous n’ aurons pas assez de nos yeux pour contempler ces paysages inviolés, bruts. Malheureusement, les cahots des pavés dans l’aluguer nous ont empêché de photographier.

Mais il nous faut continuer en progressant toujours vers l’ouest : cap sur Sao Vicente.

 

https://picasaweb.google.com/117764391907794569223/CaboVerdeSalSaoNicolau

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by manéa - dans 2012-2013
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
  • Contact

Profil

  • manéa

Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…