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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 09:53


 

Sao Vicente et Santo Antao.

 

 

Petit rappel : pour les « moins bons en géo », la carte de ce minuscule pays se trouve sur notre premier album picasa du Cap Vert.

 

Progressant, toujours plus à l’ouest ce samedi 12 janvier, nous levons l’ancre et partons vers l’île de Sao Vicente. C’est une navigation surprenante (courant déportant vers la côte de 3 nœuds aux abords du canal entre Santa Luzia et Sao Vicente ). Vers 16h30 nous arrivons dans la baie mythique de Porto Grande, plus précisément devant la ville de Mindelo. « La plus belle rade de l’archipel » dit-on et donc escale appréciée sur la route des Amériques.DSC04668

Nous sommes dans une marina, la seule de l’archipel et il y règne une atmosphère différente d’ailleurs, chaque équipage s’affairant à préparer son bateau pour LA traversée. Chaque jour des équipages larguent les amarres. Il y a des bateaux de tous  genres : du plus grand (3 mâts) au plus petit. Ceux qui partent comme ceux qui sont encore au port sont habités par le même sentiment car pour la plupart d’entre nous, c’est la première traversée. Bien sûr chacun a déjà vécu au moins une semaine de traversée mais ici ce sera une traversée océanique d’au moins 14 jours qu’il faudra accomplir. Ici nous sommes au pied du mur. Ici c’est la concrétisation du rêve.

Mindelo, capitale culturelle du Cap Vert est une ville animée : artistes, musiciens…C’est une petite cité aux maisons colorées et aux rues vivantes surtout le matin : marché au poisson, vendeuses dans les rues, marché aux légumes…C’est ici que vivait Cesaria Evora, décédée le 17 décembre 2011. Nous apprécions beaucoup ses mornas et coladeras et sommes allés au cimetière rendre hommage à la diva aux pieds nus.

L’île de Sao Vicente est très aride, 2% seulement de terres cultivables et ici aussi l’eau est un problème. Cependant le gouvernement y remédie peu à peu en créant un réseau de distribution d’eau potable provenant de l’usine de désalinisation. C’est l’île voisine de Santo Antao qui est le producteur agricole.

Manéa étant en sécurité, nous sommes partis 3 jours à la découverte de Santo Antao. La marina est idéalement située pour se rendre par ferry sur la plus occidentale des 10 îles du Cap Vert.  Elle se situe à 9 milles de Sao Vicente et la traversée est souvent houleuse si bien que les ferries ont gagné le surnom de « bateau vomi ». Pour preuve, dès que la traversée débute, les employés de la compagnie distribuent à tous les passagers des sacs plastique et ils sont certainement bien utiles vus les bruits entendus lors de notre retour.

Avec ses 779 km2, sa superficie en fait la 2ème plus grande île de l’archipel. Sa longueur maximale est de 43km contre 24 km de large.  Ile très montagneuse avec 3 pics culminant à plus de 1800m et la séparant en 2 versants. Ile surprenante par son contraste, mélange de végétation et de terres arides. Le nord, partie  au vent de l’île, reçoit les pluies, concentre les plantations et les cultures, et est donc la zone verte tandis que le sud reste très sec. Quant au centre il y fait très frais puisque situé sur les hauteurs. Les plages y sont rares car la côte est rocheuse et montagneuse. Plus terrestre que maritime, c’est l’île de l’eau, des terrasses cultivées, du grogue parfumé et des vallées inaccessibles.

Débarqués à Porto Novo, nous partons en aluguer vers Ribeira Grande. Nous traversons l’île par une route pavée de 35km, tortueuse, construite à la main, pierre par pierre durant 13 ans à travers la montagne. C’était la seule voie d’accès pour les différentes vallées. On l’appelle « l’Estrada Corda », la route de la corde, car elle traverse l’île telle une corde jetée dans la nature, passant dans la montagne à plus de 1.000m d’altitude, d’un bout à l’autre de Santo Antao. Route grandiose, paysages époustouflants, nous sommes déjà séduits…

Nous avons pris un guide dont le prénom à lui seul est déjà tout un programme : Jésus Bonaventure, appelé familièrement Bau. Avec beaucoup d’humour, de délicatesse et d’attentions il nous fera découvrir SON île.

DSC04676L’essentiel des randonnées « spectaculaires » se concentrent vers le nord, là où les cultures abondent occupant tous les espaces où il est possible à l’homme de grimper et c’est haut ! C’est là que nous vivrons nos 3 jours de découverte.

« Faut compter +ou-3h, ça monte de + ou- 150m «, nous dit Bau au départ de notre 1ère balade….Evidemment lui est né ici, a parcouru des dénivelés incroyables sur des kms pour se rendre à l’école dans sa douce jeunesse. C’est sûr, nous n’avons pas les mêmes capacités de résistance ni la même façon d’additionner les dénivelés si bien qu’au terme de nos randos (plus longues que 3h !), nous sommes souvent arrivés fatigués mais subjugués par le grandiose des paysages, les panoramas vertigineux sur les vallées mais plus encore par le travail et le courage des générations de paysans qui ont créé et entretiennent ces mosaïques de terrasses aux cultures de manioc, canne à sucre, bananiers, caféiers, choux, ignames, maïs, patates douces…Les pentes sont raides, très raides et nos arrêts nombreux l’ont été autant pour contempler le paysage que pour récupérer…Les habitants de Santo Antao sont des marcheurs et doivent sans doute posséder des tendons d’Achille plus longs que les autres car le pied est tellement cambré quand on monte!DSC04801

Sur les hauteurs, le centre de l’ile est très boisé (eucalyptus, acacias, pins…) et comporte une « cova » (cratère) dont le fond est occupé par fermes et cultures et les flancs par des terrasses. C’est de là que débutera notre 2ème rando. Après avoir grimpé 150m pour atteindre le col, nous découvrons la ribeira (rivière et par extension vallée) de Paül plongeant vers l’océan et c’est par un sentier muletier pavé partant de 1157m que nous descendrons vers la vallée (nous nous arrêterons à 400m). Versants rocheux vertigineux, pics déchiquetés, crêtes minérales ciselées en dentelles et dans le moindre espace accessible à l’homme (nous nous demandons souvent comment !!!) des cultures en terrasse parfois à 2 étages pour tirer parti du moindre m2, système d’irrigation très ingénieux, maisons perchées au-dessus du vide, sentiers de « chèvre » parcourus inlassablement par hommes et femmes souriants, ….Nous n’avons pas assez de nos yeux pour découvrir et admirer cette nature généreuse à la fois préservée, respectée et domptée par l’homme. 

Avec Bau nous avons suivi des petits chemins, nous nous sommes « perdus » entre les plantations en terrasse de canne à sucre, nous avons observé les femmes et les plus âgés écossant les petits pois, mettant à sécher le café, triant les haricots, s’arrêtant pour nous regarder passer et parler un peu avec nous, nous proposant à boire tandis que les plus jeunes galopent pieds nus sur les pavés et nous demandent une photo et que d’autres portent de lourdes charges sur la tête ou travaillent dans les terrasses très soignées…,Incroyable ce que l’homme a pu monter comme murs et aligner comme pavés au fil des siècles.DSC04815 Travail titanesque lorsque l’on voit les déclivités. Nous avons fait plus que randonner dans la nature, Bau nous a permis de « sentir » le quotidien, l’âme des Cap Verdiens. Merci à lui qui nous a fait découvrir et aimer son île, son petit pays, comme on dit ici et tout cela dans la bonne humeur, le rire et les nombreux échanges à partir de nos questions curieuses (mais ne suis-je pas femme ?)

Le soir nous logions chez l’habitant, occasion de « dégustations », de partages le tout en musique… car 7 Cap Verdiens sur 10 jouent d’un instrument…

C’est une île fantastique, d’une incroyable beauté et ici le nom de Cap Vert prend tout son sens. C’est avec un goût de trop peu que nous sommes revenus à Mindelo.

Ingrid et Philippe, nos copains du bateau Iris nous ont rejoint à la marina et ensemble nous préparons et discutons de LA traversée car eux ici vont au Brésil. Hélas, maintenant le visa touristique n’est plus accordé aux européens de l’espace Schengen que durant 90 jours sur 180 jours alors qu’auparavant nous pouvions y séjourner 180 jours consécutifs suivis par la  sortie du pays : un seul jour suffisait  (beaucoup allaient juste faire tamponner leur passeport dans la pays voisin et puis rentraient) et puis retour possible pour à nouveau 180 jours. Il nous faudra donc sortir chaque fois 90 jours de ce pays continent avant de pouvoir y retourner et cela complique beaucoup nos projets de découverte car nous devons également tenir compte des vents et des courants. Pour Manéa par contre, pas de soucis, il peut y séjourner 2 ans consécutifs.

Ce dimanche 27 janvier, le Cap Vert (les Tubaroes Azul = les requins bleus) jouait en coupe d’Afrique contre l’Angola et a gagné par 2-1. Cela a donné lieu à des scènes de liesse incroyable en ville (concert de klaxons des voitures mais aussi des ferries, foule habillée aux couleurs du pays…). Ambiance assurée !

 Notre envie de revoir encore Santo Antao nous titille et nous conduit à y retourner. Une fois encore nous en sommes revenus séduits.

Nous espérons que les photos de notre album picasa reflètent ce que nos yeux ont vu et vous séduiront à votre tour.

Tout au long de notre séjour au Cap Vert (un peu moins à Sal car île déjà plus touristique) nous avons été surpris par la gentillesse de ses habitants. A chaque service rendu, nous nous attendions à les voir tendre la main, réclamer une pièce. Et bien non, c’est juste pour faire plaisir car ils sont contents que l’on vienne visiter leur petit pays. Un grand sourire suivi d’un obrigado (a) suffit. Dur, dur de perdre nos réflexes de méfiance… 

                                                                                                                                      Petit pays mais  grand par la volonté de ses dirigeants de le sortir de son sous-développement : électricité partout, même dans les endroits éloignés, campagne pour l’installation de l’eau potable en ville, scolarité obligatoire jusqu’à 15 ans (défi relevé pour 85% des enfants), santé publique prioritaire (campagne de médecine scolaire, prévention dentaire, port de lunettes…), propreté des rues….véhicules en ordre (contrôle technique)…DSC04739

Une fois de plus nous reposons donc la question : le développement d’un pays aurait-il quelque chose à voir avec l’honnêteté et la volonté de ses dirigeants ? Le fait qu’il y ait eu des liens avec Cuba a-t-il influencé les dirigeants notamment dans leur priorité accordée à l’éducation et à la santé ?

Pays qui a aussi sa propre monnaie stable, les escudos capverdiens. (1€=110 escudos) : un réel défi pour un si petit pays.

Pays qui semble réussir le pari que si les jeunes partent pour poursuivre leurs études à l’étranger (dentiste, médecins…), ils rentrent exercer leur métier au pays et ne restent que rarement en Europe. (Le dentiste et le personnel hospitalier, tant médecins qu’infirmières,  nous l’ont démontré. Par parenthèse, une visite aux urgences coûte 100escudos ou 1€)

Petit pays qui mérite donc d’être découvert et certainement soutenu et encouragé dans ses efforts pour se sortir du cercle infernal du sous-développement, car il ne semble pas attendre lui, qu’on l’aide pour s’aider lui-même !

 

https://picasaweb.google.com/117764391907794569223/CaboVerde2SaoVicenteSantoAntao

 

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Published by manéa - dans 2012-2013
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…