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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:07

L’AVENTURE RECOMMENCE!!!

Jeudi 8 octobre: la route

De bon matin (5h et demie! trop tôt pour des quasi pré-retraités, reconnaissez-le) nous nous levons, prêts à embarquer tous nos bagages et surtout notre envie de retrouver Manéa et de commencer les visites progammées pour trouver LE BATEAU, celui qui nous permettra, espérons-le de réaliser au moins une partie de nos rêves!

Depuis le 22 août, date de notre retour en Belgique, Michel s’est tout de suite mis à la recherche de ce bateau. Il en a passé des heures à en visiter virtuellement  plusieurs dizaines, probablement plus d’une centaine en tenant compte des critères qui nous semblent incontournables : grande capacité de rangements et de stockage, d’accueil pour nos nombreux enfants, manoeuvrable par un équipage réduit, qualité générale du bateau et équipement, sans oublier l’esthétique qui est aussi importante. De cette recherche,  il a finalement retenu ce qui correspondait le plus à nos attentes, a pris des contacts et donc nous roulerons probablement beaucoup sur les routes de la Côte d’Azur pour LE dénicher.

La route s’effectue sans problème et nous nous relayons au volant.  Sur l’autoroute, la circulation est très fluide, plus de camions que de voitures. Lorsque nous nous arrêtons sur l’un ou l’autre parking pour un arrêt pipi ou pour manger, nous sommes chaque fois frappés par l’âge moyen des touristes : des personnes souvent âgées, nous oublions que nous entrons dans cette catégorie mais heureusement nous savons qu’âgés n’est pas synonyme de vieux, Gilou et Esther, papy et mamy en sont des exemples vivants. Partis à 7h1/4, nous arrivons à Toulon à +ou- 18h45, Manéa nous attend fidèlement sur le ponton, rien n’a bougé depuis notre départ.

Fatigués mais heureux des retrouvailles, nous dégustons le délicieux ragoût d’agneau que nous avons préparé hier.

Vendredi 9 octobre : la visite.

Le lendemain, nous partons pour Hyères où nous avons rendez-vous pour visiter un bateau qui nous plait beaucoup, en fait une sorte de mythe, de rêve qu’on ose à peine faire tellement cela parait inaccessible : un Centurion 42 fabriqué par Wauquiez à Mouvaux près de Lille. C’est probablement le seul constructeur français avec peut-être Amel dont la qualité de construction peut rivaliser avec les productions scandinaves, Hallberg Rassy, X-yacht et autres Najad. Des bateaux dont la robustesse et la finition n’ont rien à voir avec la production de série, avec pour le Centurion une touche performance certaine en plus qui ne nous laisse pas indifférents mais qui nous pose question quand même : serons-nous capables  de le mener à deux facilement?

Nous arrivons plus tôt que prévu et attendons impatiemment le courtier qui arrive enfin avec un bon quart d’heure de retard pour cause de crevaison. Il nous conduit à Port Gapeau, un port à sec à quelques kilomètres d’Hyères, où la “ bête” (12,90m) nous apparaît enfin : il est magnifique, en tout cas dehorsDSC01182. Pont en teck, accastillage à profusion, mât immense avec 2 barres de flèche, le tout en très bon état pour un bateau de 21 ans. DSC01186Vient ensuite le moment de descendre : il est dans un état proche du neuf : manifestement, ou il n’a pas beaucoup navigué, ou les propriétaires étaient très soigneuxDSC00215. En fait, les deux à la fois : l’horamètre indique 1472 h moteur et nous apprendrons par la suite que le propriétaire actuel depuis 2005 n’a pas fait 100 heures!

La cabine avant est claire et somptueuse avec un grand lit sur tribord et un cabinet de toilette particulier plus évidemment une penderie et des rangements à profusion. Le carré est immense avec une grande table décalée et en face une grande cuisine et une table à carte format grand aigle.centurion007 1614 La cabine arrière est grande également et possède aussi son cabinet de toilette particulier. Reste la question de le maitriser. Le propriétaire actuel a 65 ans et nous rassure :  c’est, selon lui,  un “ bateau facile “. D’ailleurs, il n’a pas l’air spécialement costaud et il le manoeuvrait tout seul la plupart du temps.

L’intérieur du bateau est beau et clair et le bois lui confère une grande chaleur, nous nous y sentons bien. Partout, sous le plancher “en teck de Birmanie”(une des seules phrases que le courtier connaissait de sa leçon!) une multitude de coffres....et donc de quoi pouvoir stocker pour nos voyages au long cours si nous l’acquérons.

Ce bateau s’appelle “Le Petit Prince” et son 1er propriétaire était un ostéopathe anversois. Ce nom est pour moi de bon augure car depuis toujours “Le Petit Prince” est un de mes livres favoris, espérons que nous saurons nous apprivoiser réciproquement même si c’est sûr, il changera de nom et s’appellera lui aussi Manéa.

Avant notre visite, le propriétaire actuel l’avait fait fait visiter à un autre amateur que nous avons croisé  sans y prendre garde.

Le courtier nous déconcerte, il est en retrait, c’est le vendeur qui parle (il nous dit même que le courtier n’y connaît rien!), sentiment que j’ai éprouvé au 1er contact : ce type, je ne le sens pas, ai-je dit à Michel, il n’est pas net! Probablement qu’inconsciemment je le compare à Mr Darey, courtier qui nous a vendu notre petit Manéa, et qui est un gars sérieux, qui connaît son job, est professionnel et qui plus est plein de charme, je l’avoue! 

Durant l’ échange sur des questions techniques entre Michel et Mr Genevois (le propriétaire), j’observe ce bateau et je m’y sens comme “un poisson dans l’eau” . Le propriétaire est manifestement affecté de vendre et naïvement,  je lui demande s’il compte arrêter la croisière. Il me répond qu’il devra racheter un autre bateau, plus petit (“ pour aller mouiller à Porquerolles...”) et c’est là que je lui dis que nous avons un Attalia à vendre et que peut-être, il lui conviendrait. Il répond de façon évasive que ça pourrait s’envisager, j’enchaine sur le un ton mi-plaisantin mi-sérieux ( pourquoi pas?) qu’on pourrait faire un échange et voilà-t-il pas que cet and... de courtier embraye à cent à l’heure avec en plus les violons : deux rêves qui se rencontrent, c’est magnifique, et patati et patata sous le regard vaguement attentif du vendeur. Celui-ci précise quand même qu’il faudrait voir l’Attalia mais, il est vrai, ne refuse pas catégoriquement le deal.(d’ailleurs il viendra voir le bateau quelques jours plus tard)

Le prix est correct, le bateau en état, nous achetons. Le courtier nous demande de le laisser seul avec le proprio. Quelques minutes plus tard, il redescend et nous propose un resto, pour finaliser l’opération.

Après avoir refusé d’en dire plus sur sa discussion avec le propriétaire avant la fin du repas, il nous apprend que l’Attalia est dans l’échange . Après les cafés, nous partons le voir  à Toulon, où après une visite sommaire, on rédige le compromis de vente. Michel s’inquiète quand même du fait que l’on puisse vendre un bateau contre une somme d’argent et un bateau qu’on n’a jamais vu! Il demande au courtier s’il a bien été mandaté pour agir dans ce sens par le propriétaire du Centurion. Réponse : yes! Bon, ok.

 

Samedi 10 octobre : “le salaire de la peur.”

S’en suivra un imbroglio digne des meilleurs épisodes de “Plus belle la vie”, où il s’avère que le proprio n’était pas d’accord du tout, qu’il n’avait pas mandaté le courtier pour négocier seul (celui-ci dira par après, qu’il avait été mandaté “moralement “ !), que le lendemain, nous recevions un coup de téléphone du vendeur vers 12h30 nous disant qu’il attendait un chèque de réservation vers 14h30 du gars que nous avions croisé en arrivant la veille et que si nous ne le prenions pas de vitesse, eh bien, c’est lui qui enlèverait l’affaire. Or, nous ne sommes pas à Toulon, le carnet  de chèques de Michel est dans le bateau, il faut donc passer le prendre,  donc revenir au port et ensuite se rendre chez le vendeur soit plus ou moins 60km tout cela dans les embouteillages de Toulon pour ceux qui connaissent. Course contre la montre que nous gagnerons d’une courte tête : un petit quart d’heure.

La semaine suivante : démarches et déménagements.

Elle se passe à transférer les fonds par internet ( logiciel grincheux : n’accepte pas certains caractères! Par exemple : °) Donc si vous indiquez ...N°2, il refuse. Mais sans vous dire pourquoi! Bref, prise de tête que notre correspondante à la banque en Belgique nous aide à résoudre, heureusement.

Nous effectuons aussi l’inventaire complet de tout ce qu’il y a à bord, ainsi que des rangements un peu plus rationnels(hum!) et, suprême plaisir, nous passons nos premières nuits à bord.DSC01173

Nous contactons une société d’électronique et un spécialiste du grément car nous savons que le bateau ne sera pas assuré tous risques sans contrôle de celui-ci. Or il s’avère que le contrôle n’est pas possible ou plutôt qu’il coûterait aussi cher que le remplacement complet. La société d’électonique ne peut rien faire au sec car ils ne peuvent grimper au mât pour des questions d’assurance. Donc obligation de demâter. Nous décidons de faire faire les travaux et de profiter ainsi d’un moment de creux dans le planning des deux intervenants. N’ayant plus grand’chose à faire sur place, nous décidons de remonter fin du mois. En attendant, nous avons repéré à l’office du tourisme que c’est la semaine de la randonnée varoise et donc nous allons en profiter pour découvrir de la terre ce coin de la Côte d’Azur.

Nous convoyons notre Attalia  du port de Toulon vers la Seyne/Mer où il sera hiverné au sec et mis en vente. Gros coup de blues pour moi car sur ce bateau, j’ai vraiment été heureuse  et puisque Manéa signifie “bien dans sa tête” avec moi, il a bien illustré son nom.  Avant cela, il nous faut le vider, déménager dans le Centurion son contenu, et incroyable, comment  avons-nous pu y stocker tant de choses? Il  nous faudra plusieurs trajets en voiture .

La semaine se déroule rapidement et nous arrivons à la semaine de la randonnée.

Ouf, nous pourrons un peu profiter de notre congé, et dire qu’en Belgique notre entourage nous imagine les doigts de pied en éventail!

 

La semaine de la randonnée varoise :du 17 au 24 octobre

 

Nous avons de la chance, il fait beau depuis le début de ce mois.

Je ne connais pas Saint-Trop et Michel souhaite me le faire découvrir. Nous partons donc par l’arrière–pays, traversons le massif des Maures composé de forêts de pins parasols  et comme les routes sont très sinueuses et  escarpées, le sommet de ceux-ci  nous fait penser à des touffes de gros bouquets de brocolis. Etrange de voir de la terre ce que nous avons découvert cet été de la mer (ex : la plage de Pampelonne)

A Saint-Tropez,  pas trop de monde, nous admirons quelques yachts mais surtout des superbes voiliers avec tout leur équipage occupé à astiquer le pont et les cuivres.

L’après-midi touche à sa fin et nous décidons de rentrer : une seule route pour sortir de la ville, ça bouchonne et pas un peu, des habitués nous dépassent à vélo.

Qu’est-ce que cela doit donner en été!!!

Ce jeudi nous nous sommes inscrits à Toulon pour une visite guidée de la ville. Au point de rendez-vous, nous ne pouvons nous empêcher d’être encore et toujours étonnés par tous ces hommes et femmes aux cheveux gris ou blancs ayant eu la même idée que nous. Rien à faire, sentiment que nous ne voyons qu’une partie de la population, nous oublions que les autres travaillent pour payer notre retraite.

Visite très intéréssante à la découverte des différentes fontaines, attention attirée sur les particularités des immeubles (verrières au sommets des immeubles pour y apporter davantage de lumière, ouvertures au-dessus des portes pour l’air...) explication de la signification du nom des rues...

Le samedi 25 ce sont les salins d’Hyères que nous allons visiter et découvrir et plus particulièrement “ la levée St Nicolas”.

Nous sommes en pleine nature et admirons les colonies de flamants roses, les hérons qui soit picorent la vase à la recherche de nourriture (pour les flamants des petites crevettes qui vont leur donner leur couleur ) soit qui décollent et volent en groupe ce qui donne lieu à de superbes chorégraphies.DSC01159DSC01165

Le guide nous explique l’histoire, l’intérêt et le rôle des salins, leur fonctionnement et les dangers qui les guettent. Nous ne voyons pas la matinée passer et nous ramenons de superbes photos .DSC01163

Ce dimanche c’est dans l’arrière-pays au moulin du Partégal (www.moulindupartegal@wanadoo.fr)  que nous nous rendons. C’est la période de la récolte des olives et nous assistons à l’arrivée de particuliers apportant leur récolte afin d’en obtenir de l’huile. Nous en goûtons différentes  et découvrons toutes les nuances  subtiles de celle-ci : fruitée, amère, douce...   Tout autour de ce moulin une splendide oliveraie avec des arbres sans doute centenaires ayant des troncs nous faisant penser à des personnages de contes de fée ou de BD.DSC01190

La région d’Hyères est caractérisée par l’importance de la culture des fleurs (le long des routes des pépinières, des serres et des champs de fleurs, en bordure de l’autoroute un marché aux fleurs pour les grossistes) et celle des fruits et légumes : beaucoup de fermes ont un magasin en bord de route et c’est ainsi que Michel fera une cure de figues violettes durant tout ce mois (1 euro le kilo et cueillies mûres à point, pas de celles qui mûrissent durant le transport!)   Nous terminerons donc notre journée en découvrant Solliès-Pont,  ville où la figue a son A.O.C.

Après quelques derniers rangements, nous décidons de rentrer en Belgique en prenant le chemin des écoliers, à savoir par la route Napoléon via Gap et Grenoble. L’automne pare de toutes ses couleurs les arbres qui couvrent les massifs montagneux que nous traversons. Nous connaissons cette saison en Belgique mais c’est la première fois que nous en profitons hors de chez nous : nous  n’avons pas assez de nos yeux pour admirer les jaunes, oranges, rouilles, bruns, lie-de-vin qui habillent les arbres! Et tout ça sous un superbe ciel bleu!

Michel me fait d’ailleurs remarquer que je le distrais copieusement par mes exclamations enthousiastes : la sortie de route nous guette! L’intention est louable mais le danger réel. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à la maison des couleurs plein la tête...

 

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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…