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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 17:26

Récit d’une traversée où il se vérifie que croisière commencée un vendredi, bonjour les ennuis...


Mercredi 12 octobre, 6h30, branle-bas de combat, aujourd’hui nous levons l’ancre et partons vers notre plus longue traversée jusqu’à présent avec d’abord le passage du mythique détroit de Gibraltar. Nous n’avons pas trop bien dormi, probablement curieux et énervés. Nous devons tenir compte des marées car selon qu’elle est montante ou descendante dans l’Atlantique il y a un à deux noeuds de courant favorable ou défavorable dans le détroit (l’eau de l’Atlantique vient se mélanger à l’eau de la Méditérrannée). Il vaut donc mieux partir dans les temps. Après un copieux petit-déjeuner, le capitaine prépare ses cartes de navigation et évidemment dans un premier temps ne trouve pas les cartes adéquates, mais bon un peu de zénitude et tout rentre dans l’ordre. Mais avant cela complément du plein de gasoil à la pompe du port qui ouvre paraît-il à 8h...

Encouragés par nos voisins américains et australiens nous larguons les amarres et allons attendre devant la pompe : le ponton est très haut et avec mes petites jambes, très très difficile d’accès, aucune prise, que du béton lisse...Nous parvenons à nous amarrer et l’attente commence...La tension monte car si nous ne pouvons pas partir avec cette marée il nous faudra attendre 12h et donc traverser le détroit de nuit, ce qui ne sera probablement pas facile avec le rail des cargos. Un voilier suisse arrive lui aussi pour le carburant et puis un voilier participant au rallye de l’ARC. Finalement vers 8h45, un marinero, nonchalant apparaît. Pierre qui est un peu, beaucoup énervé et qui parle couramment l’espagnol, lui adresse la parole et celui-ci  (peut-être s’est-il disputé avec sa femme le matin, un de ses enfants a-il pleuré toute la nuit ou...) est manifestement de TRES mauvaise composition, le ton monte et il rentre dans son bâtiment, menace d’appeler la police, dit qu’il a été menacé (nous ne comprenons pas tout mais l’intonation est suffisamment explicite...) et il ne veut pas nous servir. Le capitaine tente de calmer le jeu et finalement nous serons servis vers 9h30. Trop tard pour partir, nous irons donc mouiller 2h devant le port et puis enfin nous levons enfin l’ancre à 12h20. Slalom entre les cargos en attente dans la baie d’Algésiras, entrée dans le détroit, envoi du génois, dépassement de deux voiliers dont un jaune battant pavillon français et navigation dans ce fameux détroit avec un courant favorable de 1,5 noeuds.Pierre Madère 007 Nos yeux ne nous suffisent pas pour observer, nous sommes entre Europe et Afrique et comme toujours (effet venturi) le vent monte. D’ailleurs à la hauteur de Tarifa, nous obervons une forêt d’éoliennes, le plus grand parc d’Europe paraît-il... Dans le ciel, derrière nous apparaissent deux bandes jaunes, probablement du sable en provenance d’Afrique. Spectaculaire! Fin d’après-midi la mer est courte et agitée, sans doute cela rest-il dû au courant contraire qui nous affecte (+ ou-1,5N). Durant notre traversée notre cap variera entre 250° et 270°, c’est le capitaine qui effectue le 1er quart. Il observe de nombreux cargos et pêcheurs (nous longeons les côtes du Maroc et il s’agit d’être vigilants car ils ne sont pas toujours éclairés). Il sera relayé par sa moussaillonne préférée, le courant est toujours portant (il le sera jusqu’à Porto Santo). Celle-ci observe que la route de Manéa croise avant la date prévue un sapin de Noël flottant. Probablement un bateau: “la croisière s’amuse”. Le vent joue à cache-cache et il faut donc rouler, dérouler, rerouler, redérouler le génois..de quoi, s’occuper durant le quart de veille et puis au petit matin, il mollit. Le brouillard se lève jusqu’en milieu de matinée et paradoxalement le vent aussi. Nous naviguons au grand largue, le soleil tente une percée. En 24h nous avons parcouru 131M. Au loin nous entendons une corne de brume qui se rapproche, sur l’écran de l’AIS apparaît le nom d’un cargo que nous ne verrons pas. Depuis que nous naviguons et que nous pouvons voir via l’AIS la description des bateaux croisés nous nous sommes rendus compte que beaucoup d’entre eux transportent des matières dites dangereuses. Le brouillard se lève et le soleil apparaît mais Eole lui disparaît. Sans doute a-t-il rendez-vous avec Pierre pour la sacro-sainte sieste. Nous appelons donc Mister Perkins à la rescousse et début de soirée  le vent nous revient. Il nous amène même un passager clandestin, un joli “bird-people” qui a besoin de se reposer et qui le fait sur la balancine de grand-voile. (voir photo). Nous nous interrogeons sur la force de vol de ce petit oiseau, seul au milieu de nulle part à au moins 100M de la terre la plus proche (le Maroc) et puis une bande de joyeux dauphins vient “cabrioler” à la proue du bateau, sans doute pour souhaiter bon courage à la moussaillonne qui ce soir assure le premier quart. Le courant nous est toujours favorable et nous avançons à 6 noeuds et demi de moyenne.

Incroyables les sensations du capitaine, vers 23h15, avant son temps de quart il se lève car il a  “senti” une différence dans la façon dont nous voguons!! Effectivement Eole souffle plus fort et un quart d’heure plus tard nous naviguons plus vite! RAS durant notre nuit.

Au petit matin, nous sommes réveillés par un bruit infernal venant du coffre arrière : c’est apparemment Trevor (notre pilote automatique ) qui fait la java, le capitaine le stoppe, nous attendrons la clarté du jour pour l’ausculter mais en attendant il nous faudra barrer. Pourtant en juin, Michel avait pris la précaution de le faire réviser aux ets Pochon à Hyères et selon eux tout était nickel. Alors, quid? Le capitaine nous rappelle évidemment que nous sommes partis un vendredi. Oui, oui, vérifiez, le 23 septembre était bien un vendredi et qui dit croisière commencée un vendredi dit bonjour les ennuis. (Rappelez-vous: l’anémomètre qui nous lâche, le moteur qui fuit, les goupilles de l’étai du génois...)

Après l’auscultation du matin il se vérifie que le verrin (=transmission) du pilote est bien hors service et il nous faudra donc barrer. Un planning est décidé : jour et nuit nous assurerons des quarts d’une heure et demi. Le rythme de notre croisière change donc: maximum 3h de sommeil entre les quarts desquels il faut retirer le temps à consacrer à la vie quotidienne : préparation des repas, vaisselle,... par exemple mais c’est avec bonne humeur que nous sommes prêts à relever le défi. Nous barrons, effectuons nos tâches pour la vie à bord et puis dormons. Plus question de manger ensemble mais bien à tour de rôle. La mer est belle, vent et courant sont avec nous : les conditions pour affronter ce genre de problème sont donc parmi les meilleures. Et puis, dame nature nous gâte encore : le coucher de soleil est une fois de plus magique, un thon joue même à “saute-thon” dans ces couleurs superbes sous notre premier ciel d’alizé.DSC01803 Lors du point, nous constatons que nous avançons toujours bien à un rythme de 130M par jour. RAS pour la nuit et le matin. La fatigue s’accumule, il n’y a rien à l’horizon, le vent est proche de 0,  il est midi, nous roulons donc le génois et étarquons la grand voile pour mettre Manéa en panne : bercés par l’océan, au milieu de l’immensité, nous dînons et faisons la sieste et malgré notre mise à la cape, le courant (1,5 N) nous pousse et nous avançons quand même. Nous savourons un pur moment de bonheur, difficilement descriptible . Le vent revient, nous repartons. La journée de dimanche se déroule dans les mêmes conditions : beau temps, mer belle, soleil, et vers 19h20, le capitaine qui a des yeux de lynx aperçoit la terre.Pierre Madère 040 Porto Santo est en vue! C’est une petite île de l’archipel de Madère à + ou -21M au N de Madeira. Vers 23h, nous sommes à + ou- 7M de l’île, nous ne voulons pas entrer au port de nuit et nous nous mettons à la cape (càd: le bateau n’avance plus mais dérive légèrement sous le vent). Chacun de nous assure son quart mais c’est beaucoup plus reposant que de barrer : juste surveiller les autres bateaux éventuels et notre position car il y a un courant de dérive (1,5N). Le matin, nous ne sommes plus qu’à 2M du port, nous démarrons le moteur, affalons la grand-voile et à 10h nous nous y amarrons. Nous sommes accueillis par Nelson (oui, oui, Arnaud et Coralie), le capitaine du port, très accueillant et professionnel : depuis que nous sommes ici, à l’arrivée de chaque bateau, nous l’avons vu venir accueillir, guider et aider à l’amarrage. C’est assez rare que pour être signalé. Ici, nous sommes à 16° de longitude ouest et donc nous avons changé d’heure puisque tous les 15° (360°:24=15°)  (360°= un tour complet de la terre) de longitude vers l’ouest on retire une heure puisque le soleil se lève plus tard. Quand en Belgique, il est donc 10h, ici il est 9h.

Nous sommes en Europe, au Portugal et pourtant nous avons dû aller déclarer notre entrée à la douane. Avec ses jumelles, le douanier observe régulièrement la mer et le port et toute entrée. L’ accueil est cordial et la vérification de nos papiers est pointilleuse. Que dire du local de la douane et des outils de travail du douanier? L’administration de cette île et du Portugal doit être bien pauvre pour travailler dans de telles conditions....

Nous sommes heureux de cette traversée, qui malgré notre verrin HS s’est déroulée dans de très bonnes conditions, naviguer sur l’Atlantique a été un réel plaisir (malgré des creux parfois de plus deux mètres, la houle est très longue et donc le bateau ne tape pas comme en Méditérranée où elle est courte), nous avons appris à mieux ressentir Manéa, notre complicité et solidarité s’est renforcée, bref que du bon avec en prime tous les chouettes cadeaux de dame nature.

Nous avons parcouru 550M en 108h dont 98h de voile. Depuis notre départ d’Hyères, nous avons déjà parcouru en tout 1308M...(petit rappel:1M=1852m)

Maintenant repos et puis découverte de l’île: nous sommes quand même en vacances, non?

 

PS: Vous souvenez-vous du bateau jaune canari que nous avions “doublé” dans le détroit de Gibraltar? Et bien, sachez que lundi début d’après-midi nous l’aidions à s’amarrer à Porto Santo... Il s’appelle Pincoya. C’est, nous a-t-il dit, une fée chilienne...Nous avons donc fait belle route...

 

 

 Photos traversée.

 

 

 

 

         

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…