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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 16:23

Tout va bien pour nous.

Lors de notre retour à Gran Tarajal (Fuerteventura) nous avons passé la 1ère semaine à préparer le bateau : d’abord le nettoyer (le sable avait envahi le pont, les amarres, les haubans…)mais bon, nous avions été prévoyants et l’avions donc bien protégé (voiles enlevées, écoutes enfermées dans des sacs poubelles, dorades (=prises d’air) bouchées…) et donc à l’intérieur tout était nickel. Ensuite nous avons réarmé Manéa pour la navigation en remettant entre autre les voiles à poste. Il a fait chaud, entre 25 et 30° et pour le capitaine la sieste était la bienvenue.

Le dimanche 7, nous avons vécu notre dernière soirée avec l’équipage de Taveac, nos amis bretons, car nos routes se séparent ici. Nos programmes sont différents : après avoir navigué à nouveau un peu dans les Canaries en attendant l’installation des alizés, ils mettront le cap directement sur les Caraïbes début novembre alors que nous viserons d’abord le Sénégal, puis le Cap Vert et enfin le Brésil. Mais c’est sûr un jour nous les retrouverons dans un mouillage

Le lundi 8 c’est donc avec beaucoup d’émotion que nous avons largué leurs amarres. Il est toujours difficile de quitter des personnes avec qui on partage de nombreux centres d’intérêt, hors bateau et avec qui on s’entend bien. 

Comme cette saison nos navigations seront plus longues et que de plus nous quitterons l’Europe, le capitaine veut absolument résoudre tous les soucis qu’il a avec le téléphone satellite et donc il s’y attelle et après 2 jours de recherche, essais, tâtonnements, coup de fil via skype à la centrale il maîtrise et il peut franchement aller postuler un emploi de technicien spécialiste chez Pochon à Hyères ou proposer un recyclage au technicien qui était venu installer l’iridium sur le bateau avant notre départ car si ce gars- là était connaisseur… ;Pendant ce temps je m’occupe de l’avitaillement et prépare déjà quelques repas en prévision de notre départ.

C’est avec facilité que le 10 nous quittons le port au lever du jour. Pourtant après 5 mois d’arrêt une certaine angoisse nous habite, plus honnêtement m’habite. Après cette période vécue à terre retrouverai-je les bons réflexes ? D’ailleurs lorsque le capitaine hisse la grand-voile et que je dois me mettre bout au vent, je crois ne plus savoir comment faire mais son « bordel, je t’ai dit bout au vent !! » remet tout de suite les pendules à l’heure et je retrouve les réflexes de la manœuvre. L’addition de ces 2 stress plus le fait de reprendre la mer fait que comme à chaque fois après une longue période à terre je suis malade et offre généreusement aux poissons mon petit déjeuner. Mais hop, un Mercalm et un petit dodo et je suis à nouveau opérationnelle. Après 5h de voile au près, le vent tombe et nous terminerons  notre remontée de 52 milles vers Lanzarote au moteur. Nous mouillerons quelques jours au sud de cette belle île devant les plages de Papagayo. C’est vraiment un très bel endroit et à nouveau nous  y « savourons » les levers et couchers du soleil.DSC04012

Et puis le dimanche 14 nous levons l’ancre direction la marina de Puerto Calero où Manéa doit être tiré au sec pour une série de travaux de maintenance. D’abord le carénage mais surtout vérifier si les bagues du safran (=gouvernail) ne sont pas usées. Michel a le sentiment que la barre décroche au portant. Nous serons tirés au sec mercredi et non lundi comme prévu. Nous sommes déjà bien au sud et «  hoy » (= aujourd’hui) devient très souvent manana (= demain).

DSC04038Pour enlever le safran, des opérations préliminaires sont nécessaires : vider les coffres, déconnecter le pilote automatique, enlever le secteur de barre … Quelques heures de travaux  dans les coffres qui nécessiteront souplesse et contorsion. Une fois le safran enlevé, Michel et Jean-Michel (un mécano français) éprouvent beaucoup de difficultés pour démonter ces fameuses bagues, qui, effectivement sont bien abîmées. Le tube de la jaumière est lui aussi usé par endroits et il va falloir le restratifier. Il faut donc tourner de nouvelles bagues dans de l’ertacetal, une sorte de plastique blanc très dur .L’ennui avec celles qui sont usées c’est qu’il n’est pas facile d’en prendre les cotes exactes ce qui fait que la 1ère fois,  les nouvelles  refusent de rentrer dans le tube : 5/10 de mm de diamètre en trop. Elles retournent donc à l’atelier pour subir une très légère cure d’amaigrissement.  Nos deux hommes découvrent aussi que l’arbre de l’hélice et l’hélice (nettoyée avec amour par la moussaillonne) doivent aussi être « retravaillés » : l’arbre n’est plus aligné dans l’axe et la bague hydraulube  (oui, encore une) de l’hélice est usée. ( Remarquez : 3 bagues pour un seul homme…et même pas au doigt ! ). Ils s’y attaquent donc. Ensuite ce seront la courroie de l’alternateur et les pales de la pompe à eau du moteur qui seront changées.  Pendant ce temps, j’endosse ma tenue de peintre et je mets la 1ère couche de primaire sur la coque et puis les 2 couches d’anti-fouling à matrice dure  ( =peinture anti-salissures et donc contre l’accrochage des algues et coquillages  sur la coque) . Alors que le capitaine se consacre à tout ce qui est plus technique, je change souvent d’occupation : peintre,  coiffeuse , cuisinière, rédactrice en chef et organisatrice de nos futurs séjours. Comme nous avons la wi-fi je m’empresse de rechercher toutes les infos intéressantes pour notre escale au Sénégal.

Et les jours passent…Les travaux s’enchaînent et les rencontrent se multiplient.  Neuf jours déjà que nous sommes au « varadero » (= chantier).DSC03994

Sur celui-ci nous ne sommes pas les seuls. Autour de crêpes et de bières belges nous faisons la connaissance de Christine et Serge, un couple de vendéens ayant déjà beaucoup bourlingué et naviguant maintenant sur un catamaran. Enfin, plutôt ils naviguaient car leur cata est « désossé » et ils le remettent à neuf.

Le chantier est dans le port. Un autre soir, nous entendant parler, un autre couple de français, Dominique et Jean-François, des bretons  cette fois, nous interpellent et nous invitent à prendre l’apéro sur leur Sun Odyssey 47 . Ils viennent d’être à la retraite mais se donnent des délais : ainsi étant partis d’Arzal en août  ils doivent impérativement être en Polynésie française en août 2013 car ils l’ont promis à leur fils de 34 ans qui a pris une année sabbatique pour naviguer avec eux. Nous avons senti un certain regret dans leurs propos car ils ne profitent d’aucune de leurs escales. ( 1 mois d’arrêt au Portugal pour ennuis techniques, 3 jours à Madère, quelques jours aux Canaries et puis une escale de quelques jours  au Cap vert, la traversée vers les Antilles où ils resteront quelques semaines et puis Panama…et…. La Polynésie.

Normalement nous devons être remis à l’eau ce vendredi 26 au matin. Nous avons passé notre première nuit dans les sangles du travel- lift.   

C’est fait, nous sommes à nouveau à l’eau ! Moment toujours très émouvant que celui de la mise à l’eau.

                                                                                                                                                          C’est la saison de la « transhumance ». Selon les estimations, il y a environ 10.000 voiliers en circumnavigation  et chaque année plus ou moins 1000 bateaux traversent l’Atlantique.  Pour cela, il faut attendre l’installation des alizés début novembre. L’archipel des Canaries est le grand carrefour de la navigation hauturière et des centaines de bateaux y transitent chaque année. On y rencontre de tout : du sloop microscopique barré en solitaire  (5,5m et son capitaine était heureux d’avoir trouvé des biscuits carrés car ils prenaient moins de place que les ronds dans ses équipets)  au ketch imposant avec son équipage.  La marina est donc complète et le départ de l’ARC (Atlantic Rally Cruising) approchant,  il n’a pas été facile de nous retrouver une autre place à l’eau. De plus, une grosse dépression est annoncée et commentée par radio ponton. Vent de SW assez fort  dans les prochains jours (à cause de ce bête anticyclone des Açores remplacé pour le coup par une dépression) et donc tous les bateaux en partance vers le sud attendent.

Je terminerai par un extrait de « Latitudes vagabondes » de Daniel Drion qui décrit bien l’ambiance des pontons :

« …Je me doutais bien qu’il y avait du monde sur la route des « cocotiers ». Mais j’étais loin de m’imaginer que j’allais rencontrer plusieurs centaines de « rêveurs » comme moi. Alors lorsque l’on aime les bateaux, la mer et le voyage et que l’on se retrouve parmi cette communauté de gens qui partagent les mêmes passions du matin au soir c’est la grande « tchatche ». On échange des filons, des infos…on prête, on aide, on se fait aider……C’est le creuset d’espoirs, de rêves qui se concrétisent, de sacrifices mais aussi de déconvenues. Car les Canaries sont également, hélas, le cimetière des illusions perdues où nombre de yachtmen, secoués par l’Atlantique, voient soudain s’étioler leur belle vocation. C’est ici aussi qu’éclatent des équipages et couples « tour-du-mondistes ». Le bateau peut parfois être le fossoyeur des plus inaltérables amitiés ou le naufrageur des plus solides unions conjugales.

Cette communauté de Yoties est l’amalgame le plus étrange qu’il m’ait été donné de voir. On y trouve de tout, des plus jeunes aux plus vieux, des plus riches aux plus démunis, des manuels aux intellos. Des gauchistes, des fachos, des croyants, des athées, des prolos, des aristos…Tout ce monde disparate vit en parfaite harmonie alors qu’à terre dans des conditions de vie « normale » ils s’écraseraient ou pire s’ignoreraient mutuellement !

Sur le plan ethnique, ce n’est pas mal non plus ! Il y a les nordiques. Les Danois, les Suédois, les Norvégiens. Généralement dotés de très beaux et grands bateaux de caractère (Swan par ex) …..Les Allemands avec des bateaux robustes et sans fantaisie…Les Anglais, couples âgés très tea- time avec des bateaux bichonnés avec amour »  (longs gants en latex rose, bottes vertes et topless. Tout un spectacle !!!)… » Mais le gros de la troupe est français. Pas loin de 80% d’émules de Moitessier et d’Antoine. Et parmi eux, on trouve beaucoup de couples avec enfants….Ca bricole, ça magouille, ça se réunit pour des bouffes, bref c’est le village d’Astérix, dont la potion magique est le « cocorico » »…..

Et puis, il y a nous les VRAIS Belges.  Beaucoup d’autres nationalités naviguent sous notre pavillon car il est très peu coûteux par rapport à celui de leur pays. Alors, à chaque fois que nous allons les saluer, ils sont gênés de nous avouer leur subterfuge…mais cela nous permet de créer et garder des liens ( ainsi Martine et Patrick  et leur catamaran Marick rencontrés à Agadir    (www.reboux.fr/SiteDeMarick). Et puis nous avons aussi rencontré des belges néerlandophones avec qui nous avons parlé dans la langue de Vondel mais nous avons été déçus par leur fin de non-recevoir alors qu’avec les Hollandais, pas de soucis on se comprend… 

Alors en attendant que cette grosse dépression passe nous ne nous embêtons pas car il y a toujours à faire : bricolages, lessives, nettoyages, farniente et lectures au soleil, balades et visites de cette belle île qui nous avait déjà tant séduit l’an dernier …

Nous espérons que vous n’avez pas été lassés par la lecture de ce compte-rendu un peu technique de notre premier mois passé loin de vous. Lorsque nous prendrons la mer vous serez avertis car maintenant que l’Iridium n’a plus de secrets pour nous nous allons l’utiliser…

A bientôt. Amitiés salées et ensoleillées.

PS : nous sommes aussi attentifs à la trajectoire de Sandy car Xavier, un jeune français solitaire avec qui nous avions sympathisé l’an dernier à Madère et qui navigue sur Misaki-Xi, un Rush, nous a dit dans son dernier mail qu’il comptait descendre du Canada où il se trouvait vers Panama…(www.Misakisi.blogspot.fr). Aux dernières nouvelles il est « planqué » dans la baie d’Halifax en Nouvelle-Ecosse au Canada…

PS bis : ça y est, ici, ça souffle bien comme annoncé…déjà 30 nœuds dans le port bien abrité…

 

 

https://picasaweb.google.com/117764391907794569223/TravauxPratiquesOct2012

 

 

 

 

 

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Published by manéa - dans 2012-2013
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…