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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 12:34
 Nous vous avions laissés à Majorque en août dernier et depuis, plus rien... Un peu de paresse  (l’effet du « sud » sans doute déjà), quelques péripéties expliquent (mais ne justifient pas, nous savons...) ce silence.

Nous avons traversé vers Ibiza où bizarrement, (peut-être était-ce dû  à la fin du mois d’août) il y avait nettement moins de monde. Nous y avons retrouvé (en tout cas pour moi, car Françoise ne connaissait pas ...) de très beaux mouillages -Espalmador,  cala Portinax,...- , rencontré des gens sympas , les Zéphirs (www.catazephyr.net), d’autres moins avenants (un bateau battant pavillon belge avec un lion des Flandres cousu au milieu : totalement illégal !) puis vers le 10 septembre, nous avons traversé vers le continent, Oliva, petit port  près du cap de la Nao, où nous devions laisser Manéa pour un retour éclair en Belgique pour assister et participer au  mariage d’Emeline (une des filleuls de Françoise) et de Xavier. Ce fut aussi l’occasion de retrouvailles « éclair » avec nos familles quittées depuis trois mois. La leçon que nous en tirons, c’est que rentrer pour une si courte période n’est pas à refaire car cela génère un sentiment d’insatisfaction  et de frustration des deux côtés : nos familles nous ont perçus comme des éclairs, nous n’avons pas pu voir tout le monde et quand nous nous sommes rencontrés, c’était en « coup de vent » et puis beaucoup travaillaient et donc il n’y avait de libre que soirées et we ...Donc à éviter...

Retour le 21 en compagnie d’Anne-Marie, une de nos amies de Petit-Dour, embarquement de Jacqueline et Pierre qui « hivernent » chaque année au camping d’Oliva, pour quinze jours de croisière à Ibiza.DSC01108

Beaucoup de découvertes pour Anne-Marie, de souvenirs pour Pierre et Jacqueline qui connaissaient déjà Ibiza (voyage de noces, découverte début des année 90 avec Hiva OA et leur propre bateau Eos, puis redécouverte avec Manéa deuxième du nom –Kelt 9m- en 95 et 96 ). Espalmador, où Pierre se fait piquer par une vive (Peix arena) Peix aranaet en gardera un pied gonflé et douloureux pendant près de deux mois, découverte en bus de la ville d’Ibiza, et retour début octobre à Oliva pour l’avion d’Anne-Marie, et notre retour prévu à Hyères.

Mais ce beau programme souffrira de quelques aléas.Portinax Nous allons attendre prés de trois semaines en vain une fenêtre météo favorable pour remonter. Il faut dire qu’ « on «  ne nous a pas facilité la tâche : vents de secteur Nord ou Est constants et costauds (et donc dans le pif !), nous avons d’ailleurs vécu une belle tempête dans le port avec des vents atteignant 52 noeuds), météo France en grève (et donc pas de prévisions à 7 jours ni même parfois pas de prévison du tout !)  et pour finir, ma maman qui ne va pas bien  du tout et qui réclame notre présence là-haut.Tempête d'est...

Tout cela, et la possibilité de laisser le bateau à Oliva dans des conditions financières acceptables (mais à l’eau, hélas : je n ‘aime pas du tout ça...) fera que nous reprendrons l’avion fin octobre, en laissant Manéa aux bons soins des marineros.DSC01223

Nous redescendrons un première fois fin janvier pour vérifier la bonne santé de notre bébé : à part une amarre explosée et deux défenses crevées, pas de bobo. Nous en profiterons pour faire de chouettes promenades dans l’arrière-pays (impossible à faire en été : trop chaud !) et un voyage à Grenade en car.Randonnée dans l'arrière-pays

Et le 29 mars c'est notre dernier retour vers l'Espagne, avec pour objectif de remonter le bateau vers la Côte d'Azur pour pouvoir le tirer au sec, le caréner, faire vérifier nos voiles, entretenir le moteur et y faire les travaux indispensables pour notre vrai départ fixé à la mi-septembre. Durant notre galop d'essai, nous avons pu mieux calculer nos consommations d'eau et d'énergie, et donc nous pouvons maintenant mieux évaluer ce qui nous est indispensable pour vivre en autonomie.  Pour l'eau, nous consommons en moyenne entre 1O et 12 l à nous deux quotidiennement( toilette, vaisselle, préparation des repas...) et donc avec nos 3 réservoirs de 25Ol, nous avons de quoi tenir au moins 50 jours. Un coûteux et fragile  dessalinisateur ne s'avère pas indispensable. Cette utilisation réfléchie de l'eau douce, nous pose question face au "gaspillage" de l'eau que nos sociétés pratiquent en créant une série de «  besoins » inutiles selon nous : ainsi par exemple est-il vraiment nécessaire de prendre un bain ou une douche chaque jour ?. Cette utilisation peut vous sembler " spartiate" et pourtant nous ne sommes pas en manque, nous avons plutôt le sentiment de revenir aux valeurs essentielles et d'être davantage en harmonie avec la même conception respectueuse de l'eau que celle des habitants des pays que nous visiterons et où elle est parfois si rare et donc si précieuse( ex: les îles du Cap Vert)

Pour l'énergie, nous avons besoin d'environ 75Ah /jour (frigo, instruments de navigations... et donc cet été, l'électricien installera des panneaux solaires de 300w afin de compenser notre consommation quotidienne sans avoir recours nécessairement au moteur pour produire ce courant. De plus, comme nous allons vers des pays où le soleil sera normalement très présent, nos panneaux seront, nous l'espérons, le meilleur moyen d'arriver à nos fins. Nous n'envisageons pas pour l'instant l'éolienne, à cause du bruit qu'elle génère souvent, sa relative fragilité et surtout, son inefficacité aux allures portantes où la vitesse du bateau réduit sensiblement le vent apparent. Espérons que nous ne le regretterons pas.

Lors de nos différents A/R vers Valencia, nous avons volé avec Ryanair et sur ces quelques mois, nous avons pu observer des changements importants, notamment dans la vérification des dimensions et poids des bagages à main : ainsi maintenant, ceux-ci doivent obligatoirement être tous pesés entre la sécurité et l'embarquement et attention, cela ne rigole pas ! C'est quasi au gramme près !

Le mardi 29 mars a donc été pour nous une fois de plus, une journée marathon avec l'utilisation de tous les transports en commun : train jusqu'à Charleroi Sud, bus de la gare à l'aéroport, avion, métro de l'aéroport à la gare de Valencia, train jusqu'à Gandia, bus jusqu'à Oliva et enfin « pedibus » jusqu'au port… où nous retrouvons un bateau accueillant avec son carré tout neuf(nous avons fait recouvrir les coussins du carré et changer les rideaux pendant l’hiver). Nous nous empressons de prendre la météo car nous voulons remonter au plus vite dès que les conditions nous le permettront. Nous appareillerons le samedi 2 avril à 11h35, cap sur les Baléares. Mercredi et jeudi nous faisons l'avitaillement pour notre traversée, mettons à poste génois et trinquette, vérifions le moteur, faisons le plein d'eau…Pas de quoi s'ennuyer donc. Quant à partir ( débuter une croisière) le vendredi, tous les marins savent que cela porte malheur…Superstitieux le capitaine ? Non, non…Je ne lui connais que deux exemples où cela s'applique : interdiction de parler de « longues oreilles » à bord et de prendre le départ d'une croisière un vendredi !DSC01492 Lors de notre départ, nos amis Pierre et Jacqueline qui ont mis à l'eau leur bateau à moteur EOS nous accompagnent durant les premiers milles. Merci à eux pour tous les moments partagés : repas, balades…DSC01254

Au début de notre croisière, le vent est variable et nous « jouons » plusieurs fois avec le génois : déroulé bâbord, roulé, redéroulé tribord, reroulé…Après 3h de ce petit jeu, c'est la risée Perkins qui prend le relais. Après une demie heure de ce rythme, Eole se vexe et commence à souffler : il ira jusqu'à 23 N et la mer est agitée. Nous naviguons au près bon plein, le bateau gîte et le moussaillon ne se sent pas bien, même pas intéressé par le spectacle de deux globicéphales très près de Manéa et les paroles du capitaine se vérifient : manger des jolies choses pour les revoir jolies lorsqu'elles font le chemin du retour. En fait, il y a longtemps que nous avons navigué et il faut donc le temps de s'amariner ; après deux « Mercalm » et du repos, le moussaillon pourra reprendre son poste et assumera son quart de nuit. A 4h20, le vent forcissant nous prendrons un ris dans la grand-voile : exercice réalisé sans problèmes malgré le vent et la gîte. Nous nous coordonnons de mieux en mieux. Dimanche matin, le vent mollit et tombe complètement et nous rappelons mister Perkins à la rescousse. Début d'après-midi à notre arrivée sur Majorque (Puerto Soller), une bande de joyeux dauphins vient à notre rencontre : spectacle toujours magique que de les voir accourir au loin à la rencontre du bateau en jouant, sautant et puis cabriolant autour de l'étrave du bateau pour nous souhaiter la bienvenue. A 16h15, nous mouillons à Puerto Soller après avoir parcouru 150 Milles. Nous y resterons jusqu'au mardi 5 avril car du vent assez fort et surtout contraire(N F4à6) est annoncé. Il est bien là à l'extérieur de la baie , nous voyons des moutons (= écume) sur la mer mais à l'intérieur, rien sinon quelques rafales à 16N sachant que nous sommes à l'abri. Nous nous reposons et profitons de ce bel endroit très différent de la vision que nous en avions eu l'été dernier : 3 bateaux seulement au mouillage : un anglais, un suédois et un belge !

Le mardi 5 à 8h40, la météo est bonne et nous quittons Puerto Soller, direction Hyères. Le vent est très capricieux, variable et après plusieurs essais avec les voiles, ce sera dès le début de l'après-midi, le moteur qui prendra la relève car Eole nous boude. La mer est » d'huile », nous nous organisons pour notre veille, croisons très peu de cargos, admirons les spectacles du coucher de soleil et les cieux super étoilés, lisons, dormons, préparons les repas. Nous avons vu aussi beaucoup de débris de bois et à nouveau, nos amis les dauphins sont venus plusieurs fois nous faire coucou. Là, au milieu de la mer, sur cette immense étendue d'eau, nous ressentons de manière beaucoup plus aigüe que sur terre l'infiniment petit et l'infiniment grand : petitesse de l'homme face à la force des éléments, fragilité de l'équilibre de la nature, beauté de tous les spectacles offerts : il est difficile de décrire les tonalités offertes par les couchers de soleil, quotidiens mais chaque jour majestueux et magiques : une boule de feu orange descend peu à peu dans le ciel et plonge dans l'eau qui s'irradie à son tour, le ciel passe au rose, à la gamme des mauves tandis qu'à l'est, ce sont des gris de plus en plus foncés qui l'envahissent. Sentiment de solitude et en même temps complicité, confiance en l'autre quand, surtout la nuit, il est de quart et veille pendant que l'autre se repose. Temps de réflexion et de plénitude. Simplicité de la vie à bord.

Le jeudi 7 au matin, Eole sort de sa retraite et nous pouvons enfin couper le moteur. En vue de Porquerolles, il faudra même prendre deux ris dans la grand-voile et quelques tours au génois. A 16h, à l'approche de la petite passe entre Porquerolles et le Grand Ribaud, on amène la grand-voile au portant et ce sera assez sportif. Le vent n'est plus paresseux (25N) et l'arrivée dans la rade est musclée, nous gîtons et prenons de la vitesse. Finalement, c'est à 17h50 que nous mouillerons devant le port d'Hyères après avoir parcouru 255M depuis Puerto Soller. En tout notre trajet retour aura été de 405M depuis Oliva.DSC01533

Durant ce galop d'essai avec Manéa, quatrième du nom, nous avons parcouru en tout 2132M, nous nous le sommes appropriés, avons mieux cerné ce que nous devons améliorer pour notre autonomie et notre fonctionnement d'équipage. Nous avons aussi reçu une multitude de cadeaux de dame nature qui ont éveillé tous nos sens : caresse ou brûlure du vent et ou du soleil sur notre peau, éclaboussure des embruns, chant de la mer contre la coque et du vent dans les voiles et les cordages, spectacles multiples : levers et couchers de soleil, ciels étoilés, dauphins et baleines, odeurs et parfums divers….Nous rentrons comblés et avec un profond sentiment de paix et d'harmonie.

 

 

 

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…