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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 15:02

Ca y est, le 23 septembre à 16 h, nous avons enfin largué les amarres ! Enfin, nous voilà sur l’eau ! Après les mois de préparation intensive et tous nos changements de vie, nous espérons pouvoir profiter un peu… 

En route pour la grande aventure qui commence enfin réellement, cap sur les Baléares et plus particulièrement l’îlot d’Espalmador devant la petite  île de Formentera, la plus petite île des Baléares . Nous sommes trois à bord : le capitaine, Framboise, son moussaillon préféré et Pierre un ami de longue date du capitaine qui a déjà bourlingué pas mal avec lui. Comme une de nos escales sera Madère et qu’il en rêve, il nous accompagne jusque là.

Le vent est malicieux, il nous accompagne durant la traversée de la rade d’Hyères, nous y déroulons avec bonheur le génois (foc d’avant) mais une fois que nous avons dépassé l’île de Porquerolles, il tombe et nous devons appeler mister Perkins à notre secours pour avancer. Il est dommage que nous n’ayons pas de canne à pêche car nous voyons des bancs de thon, le souper était tout trouvé !

Le moussaillon Framboise prend le 1er quart jusqu’à 24h, croise quelques cargos et ferries (essentiellement vers la Corse), la nuit est belle et douce, le ciel magique piqueté de milliers d’étoiles et la mer quasi d’huile. Le capitaine la relève et profite à son tour de la douceur nocturne. Dans le livre de bord, il note : » RAS » càd rien à signaler, c’est dire combien nous avons pu profiter de la paix nocturne et laisser vagabonder nos esprits. C’est Pierre qui assure le dernier quart et verra donc madame la lune se lever à 3h45 (dernier quartier et donc pour elle sans doute grasse nuit).

A 6h, enfin Eole se réveille et nous pouvons stopper le moteur jusqu’à 12h15, où il nous laisse tomber comme l’anémomètre (instrument permettant de mesurer la vitesse du vent et donc très précieux lorsqu’on navigue à la voile). Celui-ci, installé l’an dernier en mai, n’a donc été utilisé que durant nos cinq mois de navigation de l’an dernier, il est encore normalement sous garantie. Mais nous sommes loin de l’installateur… Et comme dit le capitaine qui n’est pas superstitieux pour deux sous : « croisière commencée un vendredi, bonjour les soucis » .

La preuve : quelques minutes plus tard, il commence à pleuvoir ! Un peu plus tard, le temps tourne à l’orage, nombreux éclairs au loin. Les nuages ont vraiment la forme d’une enclume, le cumulo-nimbus typique ! Nous sommes obligés de rester enfermés dans le carré, il fait chaud, et le moussaillon ne se sent pas très bien….

Voulant expérimenter les cartes électroniques et le GPS, nous constatons que une fiche est dessertie : plus de GPS, du moins celui qui est dédié au logiciel de nav… Ca continue …

Durant le premier quart que Michel assume, de nombreux grains et de fortes averses assailleront Manéa. Il aura l’occasion de remarquer que ceux-ci se repèrent  très bien au radar. Le problème est : voit-on aussi les cargos dans ces grains ? IL pense que non…

Vers 3 h du matin, comme annoncé, le ciel se dégage et on peut faire une petite heure de voile. Mais cela sera de courte durée : jusqu’à Espalmador, nous n’aurons pas beaucoup d’occasions de «  voiler « !

Arrivés devant Santa Eulalia (ville d’Ibiza sur la côte Est),  nous manquons de nous faire piéger par la Llosa,  un haut-fonds (1,60m d’eau seulement) mal balisé : la bouée signalant ce danger isolé est mouillée au milieu de la sèche et celle-ci s’étend sur 3 ou 400m au large. Si vous la rasez, vous touchez ! Le cap’tain se souvient de la même mésaventure l’année dernière : la couleur de l’eau change et il faut virer en grand pour contourner l’obstacle. Ouf, passés !

Nous avons tous, pour des raisons diverses (pour Pierre, un peu piquantes…) une attirance pour Espalmador, îlot au nord de Formentera, sable fin et blanc, bleu du ciel et de la mer qui se confondent, eau cristalline, roche ocre, pas d’habitat, bref un cadre somptueux dont nous ne nous lassons pas. Nous décidons d’y terminer notre traversée car il y a des bouées de mouillage : plus facile. Erreur : plus de bouées, nous mouillons donc. Nous apprendrons plus tard que les budgets n’ont pas été votés et donc que les bouées sont restées au «  garage «. Pauvres posidonies…(c’est justement pour éviter de les arracher en mouillant que l’on installe des corps morts). Nous avons donc parcouru 354 M en 74h dont 58h au moteur…DSC01696

Le lendemain, direction Cala Sabina, à Formentera pour l’appoint en avitaillement et petite balade sur l’île. Demain, nous y louerons des scooters pour la découvrir. Cela nous permettra de ne pas avoir trop chaud (30° mais vent) et de pouvoir emprunter d’autres chemins que les routes classiques. Aujourd’hui, premières découvertes..

Lors de notre escapade en scooter, nous serons les témoins d’une séance de photos de mode sur le site du phare de La Mola à la pointe Codolar . Pour un peu, Michel aurait pensé que son ami Fernand avait repris du service ! Formentera, la Pitiusa menor, est la plus petite des îles des Baléares. Elle mesure 23 kms de longueur sur 17 de largeur. A certains endroits, l’île n’est large que de 2 ou 3 km. Sa population, qui compte à peine 9150 habitants vit essentiellement de l’agriculture et du tourisme. Le climat est doux en hiver, sec et chaud en été avec une température moyenne de 18,6°C. C’est une île à la nature préservée et d’une manière générale restée « sauvage » et nous y avons goûté la quiétude du littoral baigné d’une eau pure, le calme des petits bourgs ensoleillés, vu les maisons en pierres au toit plat et aux façades souvent peintes à la chaux et où volets et fenêtres sont souvent bleu vif et ont un toit plat,  

Il y a trois types de paysages : en arrivant à la Savina, c’est d’abord une région de salines, plate par définition. Sur l’étroite bande qui va en direction de La Mola, le pays tout en restant plat devient agricole et enfin sur le plateau de La Mola(192m) et du cap de Barbaria (107m), des murets de pierres quadrillent l’espace des champs énormes et arides et lui donnent un aspect particulier. Dans ceux-ci, nous voyons souvent un seul figuier à la couronne soutenue par des bouts de bois  sous lequel se reposent chèvres ou moutons aux pattes entravées pour les empêcher de fuir ou de manger l’écorce.

En fin de journée, après avoir parcouru une centaine de kilomètres, fatigués et heureux de nos découvertes, nous rendons nos destriers  et regagnons Manéa en annexe. Décision est prise de partir demain jeudi vers le continent espagnol, mais pas vers Oliva comme prévu initialement, car le port est en train d’être dragué et il n’y a pas de place pour nous. Nous pensons aller vers Carthagène où nous espérons trouver un certain nombre de choses et notamment, cette fameuse fiche pour l’ordi que nous n’avons pas trouvé à Formentera. Mais avant, nous avons besoin de gasoil, car les quelques 50 heures de moteur pour venir ont taillé une belle brèche dans nos réserves. Direction donc la pompe. Zut, au lieu de regarder et de relever le mouillage ensuite, nous faisons l’inverse et  évidemment, il y a foule. Pas grave : quelques petits ronds dans l’eau et le tour est joué ! Nous en sommes à une demi-heure de ronds, quand une alarme, que nous n’identifions pas tout de suite, se déclenche. On est à quelques dizaines de mètres du mouillage, dans l’entrée du port : pas question de rester là ! Nous mouillons en catastrophe après trois longues ( peut-être seulement deux…) minutes de sifflement : la température moteur est à 120° !

Incompréhension de notre part car nous avions vérifié (mais mal sans doute…) les niveaux à Espalmador. Téléphone à Denis, le mécanicien moteur, qui ne comprend pas non plus. Après moultes investigations et interrogations, joint de culasse, faisceau refroidissement crevé, etc., nous trouvons dans les fonds ( mais pas sous la gate du moteur, c’est ça qui nous a trompé…) du liquide verdâtre, couleur bien connue du liquide de refroidissement. Nous constatons ensuite qu’il en manque dans le système, et nous en rajouterons près de 4 litres et demi. Nous aurions donc «  largué » tout ça en une petite heure ( d’Espalmador à Cala Sabina) : difficile à croire !

Coup de fil à Denis qui nous oriente vers le chauffe-eau : il en a remplacé les durites, et nous demande de vérifier. Plus aucun doute, ça vient de là : le liquide s’écoule goutte à goutte à l’arrêt, mais  »pisse » assez fort moteur tournant pour expliquer les 4,5 l. J’avais déjà remarqué que Denis avait tendance à ne pas trop serrer ses durites, j’aurais dû y penser…Plus de peur que de mal donc et belle frayeur… Depuis, mais il faut le dire tout bas pour ne pas risquer ses colères, Mr Perkins ne fait plus parler de lui…

On  dégage le 30 septembre à midi (tiens, encore un vendredi…) La météo a l’air bonne, est à nord-est 4 à 5, mais assez vite, la mer se creuse. Nous prenons un ris, et la vitesse se stabilise à 5,5N, grand largue. Le bateau roule beaucoup, il y a plus de mer que de vent et c’est très inconfortable. La nuit, nous voyons de nombreux orages derrière nous, mais aucun ne nous atteindra, le vent monte et notre vitesse augmente : nous ferons des pointes à 8 voire 9 nœuds : Manéa ne vogue plus, il vole !

Vers le matin, le vent monte à 6 (estimé vu anémomètre HS) et pour Carthagène, va falloir empanner. Nous avions avant de partir, gréé le frein de bôme et il nous a bien aidé même si trois tours se sont avérés trop : deux suffisent. Empannage en douceur et nous repartons sur l’autre amure. Accessoirement, l’allure est plus confortable, les voiles ne battent plus. Néanmoins, tout cela fait que nous n’avons pas beaucoup ( pour ne pas dire pas du tout…) dormi. Entrée à la « Real Club Regatas » de Carthagène et amarrage délicat : vent dans le c…, nous prenons le ponton nickel, mais les pendilles des voisins ( celui sous le vent bien sûr…) sont très écartées, franchement presque latérales, et évidemment le safran la prend au passage, coup d’arrêt, le bateau pivote et vlan, l’ancre dans le liston de l’autre et une belle griffe, une ! Heureusement, il est très sympa, nous deviendrons même copains, et ça s’arrangera avec les assurances. Nous avons parcouru 150,5M en 23h.DSC01709

Première découverte rapide de la ville (c’est samedi et les magasins ferment à 14h)  et surtout trouvaille dans un magasin d’électronique des fameuses fiches qui relient l’AIS à l’ordi. Nous en sommes très heureux car cela nous soulage durant nos quarts.  Nous resterons 3 nuits dans ce port fondé par les Carthaginois, occupé ensuite par les Romains ( découverte en 1987 d’un théâtre du 1er S avant J-C,  dont une armée d’archéologues continue encore à dégager les gradins) et qui est aujourd’hui une base navale importante.

Et puis sieste pour récupérer de la nuit sportive…

Attendant des vents plus calmes, les jours suivants nous arpentons la Calle Mayor et ses rues adjacentes admirant les nombreuses et belles façades d’anciens hôtels particuliers, restaurés ou en passe de l’être,  avec leurs élégants bow-windows, corniches et dentelles architecturales. Ici pas de vie trépidante mais au contraire le calme, ainsi de nombreux bancs et même des sculptures incitent au repos. 

Une fois de plus, nous sommes frappés par le fait que les gens se baladent en famille et surtout que l’on promène beaucoup les personnes âgées et ou handicapées. Il faut dire que tout est adapté pour cela : rues piétonnes  au dallage plat, pas ou très peu de bordures…

La réparation des goupilles du génois (une des pièces maîtresses en navigation) n’ayant pas tenu, nous le désendraillons, le capitaine montera lui-même au mât, même si il n’aime pas trop cela et tentera de les bloquer à nouveau avec du silicone. Par sécurité, nous décidons que lors de nos prochaines navigations nous ne le déroulerons plus à fond et garderons quelques tours.

Lundi, notre voisin de ponton, qui a loué une voiture,  nous propose de l’accompagner pour nos courses. Nous avons besoin de gaz et de frais, sa proposition tombe bien.

Finalement, les fichiers météo étant bons, mardi à 15h, nous larguons les amarres de la marina direction la pointe de l’Europe, Gibraltar ou les Colonnes d’Hercule.  Nous envoyons la grand- voile en y prenant directement un ris par précaution, le génois et coupons le moteur. Quel plaisir que de voguer ainsi au bon plein, accompagnés par le bruit du vent et de l’eau, la mer est belle, RAS…

Hélas à 20h30, Eole s’assoupit et nous devons appeler mister Perkins à la rescousse. La nuit sera belle et chacun de nous effectue son quart en rêvant sous les étoiles, admirant les lumières des villages qui s’étirent le long de la côte et forment une guirlande lumineuse à la belle bleue. Durant la matinée de mercredi, à plusieurs reprises, Framboise aperçoit des poissons volants. Une fois, même ceux-ci sont poursuivis par une dorade coryphène, magnifique poisson aux écailles bleues turquoise, moments magiques…Nous ne rencontrons personne. A plusieurs reprises, le vent se lève mais tombe quasi aussi vite. Cela nous permet de nous exercer entre autre à tangonner le génois. Nous paressons au soleil et lisons et la journée est déjà passée et nos tours de quart reprennent pour la seconde nuit où le vent est toujours aussi paresseux et cette 2ème nuit sera  belle quoique il y ait de la brume. Celle-ci nous évitera de voir la côte déformée par toutes les serres en plastique (invernaderos) et l’urbanisation à outrance peu soucieuse de la préservation des paysages et des équilibres naturels. Le comble de l’horreur est atteint à Torremolinos où les immeubles n’étant pas en front de mer ont vue sur…ceux qui le sont. Evidemment ces serres sont un formidable moteur économique puisqu’elles permettent d’exporter en quantité fruits et légumes dans toute l’Europe mais aussi de nous proposer des fraises en plein hiver par exemple. A nous de nous comporter en consommateurs responsables. Un autre inconvénient de celles-ci est leur gourmandise en eau : 55OOm3/Ha cultivé ce qui à plus ou moins long terme a un impact sur l’environnement : création de retenues d’eau dans les montagnes, désalinisation de l’eau de mer, pompage des nappes phréatiques… Mais bon, je cesse mes considérations écologiques… Le vent ne se lève pas, nous approchons de Gibraltar, la mer est d’huile, et nous sommes encore au moteur. Rien à signaler excepté que nous attendons impatiemment de voir le phare Europa, celui qui à Gibraltar signale le bout de l’Europe. Nous l’apercevons vers  16 h et slalomant entre les cargos, nous le doublons.

Nous voici enfin à l’entrée de ce détroit mythique, passage obligé entre la Mer Méditerranée et l’Océan Atlantique.

Nous choisissons la marina Alcadeisa à la Linéa de la Conception( Espagne) comme port d’attache et non la marina anglaise. Après avoir fait les documents d’entrée au port, nous nous amarrons au ponton 12 place 7 sur catway (ponton flottant auquel on s’amarre parallèlement, beaucoup plus facile que le système de pendilles, où une amarre attachée à un corps mort vous retient) ) et nous profitons d’un beau coucher de soleil après avoir parcouru 250,8M en 52h.DSC01719

Nous sommes fatigués, mais contents.

Après une bonne nuit de sommeil, c’est aujourd’hui jour de lessive. Nous profitons de la lessiveuse et du séchoir mis à notre disposition par la marina. Eole se charge du séchage . Cela n’a l’air de rien mais il nous aura fallu toute la journée pour lessiver, sécher et ranger le linge, mais bon une fois par mois, ce n’est pas exagéré.

Samedi matin, branle-bas de combat : préparatifs pour une expédition de reconnaissance sur le territoire de la perfide Albion. Nous parcourons +ou- 500m avant d’arriver à la frontière  de cette enclave anglaise (6,5km2 seulement)  en terre andalouse. Nous devons y montrer « patte blanche », ensuite traverser…la piste d’atterrissage. Ici, vu l’exiguïté du territoire, aucun espace n’est perdu : comme sur une île, tout est importé et les avions britanniques atterrissent sur une piste minuscule au ras des eaux, située sur une langue de terre plate entre la ville et le poste frontière. Si, un avion surgit, la route est fermée et voitures et piétons attendent le temps de l’atterrissage. L’eau que boivent les habitants est produite sur place dans une usine de désalinisation d’eau de mer, financée par Londres. C’est en 1713, lors du traité d’Utrecht, que l’Espagne fait don « absolument et pour toujours » du rocher à sa Gracieuse Majesté. Vous l’avez compris, la vie ici dépend du modus vivendi imposé par Londres et Madrid et selon l’humeur du moment, les douaniers espagnols se font plus ou moins zélés. Il faut savoir que malgré le blocus imposé au rocher par Franco en 1969, ce seront finalement les espagnols qui plieront en 1985 car l’Angleterre exigeait la levée de celui-ci comme condition à l’entrée de L’Espagne dans l’Union Européenne. Ce sera chose faite le 4 février 1985 : la frontière est réouverte. Pourtant de chaque côté de celle-ci, on « sent » que chacun campe sur ses positions.  Nous n’avons plus l’habitude de passer les frontières depuis qu’existe l’Union Européenne et pourtant ici, entre deux états européens, frontière il y a bien et on le sent. La libre circulation dans l’espace Schengen, ici ce ne sont que des mots…

Autre particularité : les formalités administratives pour le mariage sont très rapides ; il suffit d’y résider depuis 48h pour pouvoir se marier. Mais 48h d’attente c’est trop long pour nous et puis c’était le week-end.

 Nous abordons la ville et sa rue principale , Main Street, où une foule compacte avance ou s’arrête au gré des vitrines rencontrées : électronique, alcool, cigarettes…Il faut savoir qu’ici ces marchandises sont fortement détaxées. Après une éreintante balade de 5h durant laquelle nous avons été dépaysés car ici tout est « so British » : paiement en livres, cabines téléphoniques rouges, relève de la Garde devant le palais du gouverneur et parade dans la grand-rue ,fish and chips…. nous atterrirons dans un pseudo pub irlandais tenu par une espagnole pour nous restaurer. Nous  rentrons ensuite au bateau , fatigués et soulagés de quelques dizaines d’euros.

Dimanche, nous continuons l’ exploration du Rocher en montant à son sommet en « cable-car ». Nous y bénéficions d’une vue superbe qui nous permet de bien mesurer toute l’importance stratégique du site. Une colonie de Macaques y vit en liberté (+ou-200) et ils sont audacieux et frondeurs : l’un d’eux s’est pris d’amitié pour Pierre et ne voulait plus le quitter.DSC01764 Le prix demandé pour la montée est exorbitant, une vraie arnaque mais bon, la vue et la partie de plaisir avec les singes adoucit quelque peu la douloureuse. Une série de chemins nous permet d’accéder à pied aux « Saint Michael’s Caves », des grottes formant un bel ensemble de vastes salles dégoulinant de draperies formées par les stalactites et les stalagmites.

Une fois redescendus, en bus , nous gagnons le phare d’Europa point, le plus méridional du Royaume-Uni. C’est pour nous une autre manière de découvrir cette petite ville qui n’est ni belle ni typique, mais où il règne une étrange atmosphère résultant de ce bout de rocher, anachronisme historique.

Lundi et mardi se passent en avitaillement, préparation du bateau pour notre prochain départ. Nous partons demain, le 12 octobre pour Madère : 5 jours et 5 nuits en mer et pour la moussaillonne, son baptême dans l’Océan Atlantique. A partir d’ici, une nouvelle composante entre en ligne : les marées.

A bientôt donc pour le récit de notre traversée.

 L'album Photo.

    

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…