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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 19:05


Samedi 4 juillet : les grands préparatifs.

Enervés par la perspective du grand départ et du rêve qui est à la veille de se concrétiser nous   nous sommes levés tôt. Nous avions encore tellement à préparer!! Pourtant depuis +ou-3 mois   Michel a organisé et planifié peu à peu notre départ, dès qu’il pensait à un poste il l’organisait,   et depuis une semaine la maison commence à ressembler à 1 chantier avec des caisses           s’accumulant un peu partout....Michel est quand même le champion des rangements car dans toutes ces caisses une mouche égarée  serait morte d’asphyxie!!!

Fin de journée direction Tournai pour effectuer les dernières courses : pour Michel un oreiller et échanger les barres de toit achetées la veille et dans lesquelles il manquait un sabot, pour moi “quelques” livres , dire au revoir à bon-papa et bonne-maman et aller chercher nos co-équipiers Pierre et Jacqueline au Mont Saint Aubert pour qu’ils dorment à Dour car dimanche matin lever et départ à l’aube!!

Michel et Pierre ont chargé la voiture, chapeau car dans celle-ci aussi on n’aurait pas pu ajouter un petit pois!!! Utilisation de tous les espaces possibles : sur et sous les sièges, sous et dans le coffre, sur 1 des sièges passagers arrière et surtout sur le toit les 2 grandes caisses du moteur et de l’annexe emballées “cadeau”dans une belle bâche verte joliment précédées de 3 grands jerrycans, le tout accompagné d’1 échelle...... Ensuite dodo pour tout le monde.......

 

Dimanche 5 juillet : le départ

Levés à l’aube (5h1/2); tout le monde est + ou – prêt assez rapidement et le départ s’effectue vers 7h40 après les dernières vérifications d’usage....Routes dégagées jusqu’à Lyon, à croire que la France entière est déjà en vacances!

A l’arrière Pierre et Jacqueline ont bien du mérite “collés” l’un à l’autre par leur sueur car il fait chaud!!!

A Vienne tout se corse : la France entière semble s’être donné cet endroit comme point de ralliement et la circulation se ralentit fortement et bouchonne jusqu’à Orange . C’est là que nous nous disons que c’était pas vraiment vert comme jour de circulation contrairement à ce que Bison Fûté annonçait : 3h1/2 de route pour + ou-150 kms! Régulièrement, nous croisons des voitures aussi chargées que la nôtre mais qui visiblement partent pour le nord de l’Afrique, en tout cas ce qui est sûr c’est que notre échelle intrigue pas mal de monde!!

Après la bifurcation des autoroutes, nous roulons à nouveau + ou-tranquillement à croire que toutes ces voitures se dirigeaient vers l’Espagne, pour nous directionToulon et là cela roule bien mais nous arrivons au port à sec de Pin Rolland à 22h3O, fatigués mais pas question de nous écrouler dans un bon lit car où se trouve notre bateau? Jeu de nuit donc, qui consiste à rechercher le gardien de nuit qui a normalement les clés du bateau.....1ère frayeur : il nous dit ne pas être informé : panique à bord : où allons-nous dormir? Ouf, finalement il les retrouve mais la 2ème épreuve : chercher notre voilier dans la nuit parmi les 400 du port mais l’instinct de Michel le guide vers celui-ci et la recherche se termine assez rapidement ...... Nous aurons de quoi dormir!!1ère nuit à bord!entre ciel et terre!

 

Lundi 6 juillet : le grand nettoyage et les découvertes.

Cette fois, nous ne nous levons plus aux aurores et nous vivrons toute cette journée en horaire décalé...Grand soleil et grand vent nous accompagneront tout le jour.                                    Pour les dames ce sera le nettoyage intérieur du bateau (et cela n’a pas été triste, heureusement aucune de nous n’est allergique à la poussière!!!) et puis rangement de la vaisselle, de l’avitaillement, des vêtements de chacun....Incroyable ce que l’on peut caser dans les coffres et équipets. Tout cela sous 1 soleil de plomb (+ ou -35°) et sans frigo car celui-ci ne fonctionne pas et nous attendons impatiemment le frigoriste.

Pour les hommes mise en ordre extérieure du bateau et là aussi les découvertes sont pas tristes notamment au niveau de l’électricité et des bricolages de l’ancien proprio....Trouvaille aussi d’un petit canot pneumatique (qui bientôt fera le bonheur de Mathias et rappellera à son papa les vacances à Audierne) et de 3 paires de rames (rien que ça pour un si petit canot). Malgré le mistral la chaleur est accablante, les hommes montent donc le taud et les fantômes pour donner un maximum d’air à l’intérieur du carré et des cabines. La journée passe à toute allure et nous sommes déjà le soir. Nous préparons notre 1er vrai repas complet depuis 2 jours: une ratatouille niçoise et des côtes de porc.Le frigoriste arrive à point nommé après celui-ci et après son diagnostic assez pessimiste: le frigo est quasi mort,les batteries sont nases, il se délecte de nos restes.....2ème nuit entre ciel et terre.....

 

Mardi 7 juillet :Le baptême de Manéa et sa mise à l'eau.

 

                      DSC01053

Levés à l’aube pour accueillir notre frigoriste car de lui entre autre dépend notre départ Jacqueline part à la découverte du coin pour nous trouver du pain. Elle nous ramène des baguettes chaudes et croustillantes à souhait! La matinée se déroule à toute allure. Le frigoriste installe une nouvelle carte électronique et le frigo démarre....Ouf!!!....Michel revient de la capitainerie avec une bonne nouvelle : le bateau sera mis à l’eau cet après-midi à 15h. L’activité décuple car il faut aussi baptiser Manéa, ce que Michel fait quasi entre 2 bouchées. A l’heure dite, les grutiers viennent le chercher et le conduisent vers la darse de mise à l’eau. Moments intenses et émouvants au point que nous en oublons les photos. La mise à l’eau se passe sans problème, nous restons à quai sous la grue car demain celle-ci sera nécessaire pour la pose de l’anémomètre en haut du mât, aujourd’hui le vent est trop violent. Douches pour tous et puis départ pour le village voisin : Saint Mandrier où Jacqueline dégustera des moules au roquefort, Pierre des moules au pastis (pas pour rien que nous sommes près de l’île de Paul Ricard :l’île des Embiez ), Michel lui les préfère toujours nature càd marinières. Pour ma part, je dégusterai 1 cassolette de fruits de mer. Retour au bateau et 1ère nuit sur l’eau....  Nous n’oublierons pas la date anniversaire de la mise à l’eau de Manéa car aujourd’hui Barbara a eu 30 ans !!

 

Mercredi 8 juillet : pose de l’anémomètre.

1ère nuit sur l’eau, sans avoir entendu ni le vent ni le sifflement des drisses. A nouveau lever à l’aube car le grutier pose l’anémomètre à 8h. Impressionnant de le voir monter dans le mât avec sa chaise de calfat dans le grand vent, problème de câbles qui cassent dans le mât, finalement au bout de + ou – 4h celui-ci est posé et le capitaine du port nous conduira à notre emplacement C 32 sur le ponton. En effet le vent est de force 7 rafales à 8. Après-midi de travail encore et d’attente de l’électricien pour la pose des nouvelles batteries car les nôtres sont trop âgées et donc insécurisantes. Finalement, il passera juste vérifier qu’il peut les poser dans l’espace prévu et nous donne rendez-vous demain matin à 8h1/2. Nous prenons la direction de La Seyne /Mer où il y a 1 magasin Auchan pour nos grosses courses en prévision du départ. Vu le vent violent celui-ci devient de + en + hypothétique mais de toute façon nous devons attendre le passage des différents ouvriers. De retour, Michel nous prépare des ailes de raie au beurre et aux câpres. Toutes ces découvertes de “vices cachés” le pertubent et l’inquiètent car cela semble être un enchaînement sans fin.......2ème nuit sur l’eau.....

 

Jeudi 9 juillet : l’apprentissage de la patience  continue!!

Après un bon petit déjeuner constitué de petits pains aux fruits secs, je pars chercher nos pilules de clonazone car la vache à eau(= réservoir) ne nous semble pas très catholique et nous préférons l’assainir pour ne pas courir le risque de la “tourista”. Vent violent, drisses qui sifflent toujours avec autant d’ardeur, ballet des mâts, joli spectacle vu de la terre car le soleil cogne toujours mais autre regard quand ce vent nous empêche de partir vagabonder sur l’eau. Pendant ce temps notre électricien installe les nouvelles batteries. Mais horreur, après cette nouvelle installation (hasard ou coïncidence étrange?) notre frigo s’arrête....Nous voilà repartis pour 1 nouvelle attente : celle du passage de notre frigoriste préféré!!!Ce sera paraît-il pour demain....Après-midi passée à ranger les mouillages, les cordages et à continuer l’inspection....et puis direction Sanary, joli village où nous flânons et regardons l’entraînement pour les joutes maritimes...Sport assez violent ....3ème nuit sur l’eau mais toujours au port.

 

Vendredi 10 juillet: attendre encore et toujours.

Notre frigoriste n’est toujours pas là et il est 13h22...Toujours avis de coup de vent...Tout le temps donc de rédiger ce petit journal tandis que ce matin les hommes ont fait le plein d’essence du moteur de l’annexe et puis la vidange du moteur du bateau, constat: ils ont le petit doigt très souple vu les difficultés pour localiser la jauge à huile et victoire c’est terminé!!! Cet après-midi au programme : nettoyage du pont.

Victoire!!Voilà notre frigoriste et rien qu’à le voir notre frigo démarre. Nous lui proposons donc d’accrocher sa photo, à côté de celui-ci et ainsi plus de problème. Décision est prise d’attendre lundi avant de commander les pièces qui pourraient être défectueuses et surtout DEMAIN nous prenons la mer!!!

Le capitaine du port demande de déplacer le bateau car les propriétaires de celle-ci y viennent le soir et donc pour la 1ère fois Michel prend en mains Manéa. Petit trajet sans encombre....Il a toujours la main....Nous partons ensuite refaire des courses pour être fin prêts pour le départ prévu demain.4ème nuit sur l’eau mais encore et toujours au port.

Leçons à retirer de cette semaine de travaux et réparations techniques:

1)    1. Même en téléphonant, envoyant des mails rien ne se fait tant que l’on n’est pas là.....

2)    2.Lors de l’achat d’un futur bateau bien vérifier les batteries (date), le circuit électrique et tester le frigo un petit temps ainsi que la position de la vache à eau.

 

Samedi 11 juillet : enfin la mer!!!DSC01083

Ce matin lever, nettoyage du pont, démontage et puis remplissage de la vache à eau, stock d’eau potable dans les jerrycans et puis larguage des amarres....Enfin, Manéa va voguer. Le départ se fait en douceur mais au retour le vent forçit et nous gîtons quelques fois, je n’ai pas peur, apprends les rudiments de la barre et ne suis pas malade. Ces 4 h de balade sont passées très vite!

Pour fêter cette 1ère sortie, nous mangeons des steaks sauce roquefort, salade verte et pdt en chemise. Michel est content du bateau qui se manoeuvre bien et a du répondant. 5ème nuit au port.

 

Dimanche 12 juillet : cap sur Porquerolles.

Comme nous ne pouvons pas faire confiance à notre frigo, nous revoyons nos ambitions et la Corse ce sera pour une prochaine fois. De toute façon, autour de nous beaucoup de belles choses à découvrir. Nous choisissons Porquerolles comme 1ère destination : 15 miles de port Pin Rolland (1 mille= 1852.m).

La traversée se déroule sans aucun problème, nous dînons en mer et arrivons dans la baie du LangoustierDSC01081 à + ou – 16h30, nous n’avons pas vu le temps passer. D’autres que nous ont choisi ce beau site pour mouiller, les hommes fanfaronnent et se jettent à l’eau mais ils remontent assez vite, elle est quand même froide.

Pour souper nous dégustons une salade de haricots verts aux harengs fumés:un régal.Ensuite, après avoir contemplé  tout ce qui nous entoure, nous allons dormir fatigués. Hé oui, le vent cela crève! 1ère nuit en mer, bercés....

 

Lundi  13 juillet : tour de Porquerolles.

Après le petit déjeuner nous partons pour découvrir les autres côtés de Porquerolles, le vent mollit et nous naviguons au moteur ce qui permet de recharger nos batteries.

C’est une très belle île ,verte et préservée de constructions, nous mouillons à la plage de Courtade près du port de Porquerolles. Une fois de plus, le spectacle est magique,les lumières et couleurs changeantes....DSC01133

Il y a avis de vent forçissant, nous entendons au loin les flonflons du bal du 14 juillet et nous allons nous coucher car nous sommes fatigués....Sans doute le grand air. Soudain, vers 22H50, nous sommes réveillés par les bruits d’un bateau qui semble cogner le nôtre, nous entendons des voix, nous pensons que ce sont des fêtards qui nous ont cogné avec leur zodiac,  branle-bas de combat donc. Nous surgissons sur le pont et nous trouvons nez à nez avec les propriétaires du voilier voisin sur qui nous avons “chassé”. Juste le temps d’apercevoir “oh, le belle bleue, oh, la belle rouge” , c’est tout ce que nous aurons l’occasion de voir du feu d’artifice d’Hyères (ville du continent en face de l’île) tiré pour le 14 juillet. De nuit, donc ce sont les grandes manoeuvres. Après avoir remonté l’ancre, nous repartons mouiller plus loin et Michel met beaucoup plus de chaîne et une 2ème ancre. Tout cela se fait dans l’obscurité, Michel à la proue avec sa lampe de poche entre les dents donne ses ordres, nous essayons de les traduire à Pierre qui est au moteur et à la barre.....Finalement, tout se termine bien, mais notre nuit sera courte car nous ne dormons (surtout notre capitaine!) que d’un oeil car le vent a forçi. 2ème nuit en mer....bien différente de la 1ère..En tout cas ce qui est sûr c’est qu’on ne s’embête pas!!

 

Mardi 14 juillet : la quinzaine des vents forts continue.

Après un réveil pénible, nous déjeunons  avec du pain perdu (le nôtre commence à être rassis). Cela réconforte les troupes et puis c’est clair aujourd’hui encore nous ne mettrons pas pied à terre car le vent souffle en rafales qui atteignent parfois 25 noeuds. Mais nous ne nous embêtons pas pour autant car il y a du spectacle : une eau très bleue, d’autres voiliers qui chassent, dérapent dans d’autres et là pas de souci : la solidarité des marins s’organise : des hollandais viennent secourir un corse, un voilier a enroulé une écoute dans son hélice et de suite un gars plonge et vient la lui couper...tant et si bien qu’à 14 h Pierre nous demande si aujourd’hui c’est jour de jeûne. Nous n’avons pas vu le temps passer. Nous dînons avec du taboulé et le reste des charcuteries, ce soir nous ferons notre 1er repas “boîte”...

Les hommes font la sieste et nous veillons sur le pont, prêtes à chasser le voilier importun qui viendrait mouiller trop près de nous....

Le repas boîte a été délicieux : canard aux cèpes avec des pdt rissolées à l’ail....

Nuit beaucoup plus calme car Eole s’est calmé....

 

Mercredi 15 juillet: escale à l’île de Porquerolles.

Depuis 2 jours que nous sommes face à l’île, nous mourons d’envie de la visiter: ce sera pour aujourd’hui....

La suite la prochaine fois car ici il y a 1 connection wi-fi......   

 

 


 

 

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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…