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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 11:27

 Mercredi 15 juillet.

 Nous sommes donc sur l’île de Porquerolles.

 Les cigales chantent à tue-tête, le soleil est de plomb et l’île est envahie par des cohortes de  touristes qui descendent en rangs serrés des ferrys les amenant du continent. Impressionnant  cette transhumance....cela nous rappelle les navetteurs...comme quoi en vacances ou au travail  ce sont les mêmes attitudes qui sont de mise...

 1ère découverte superficielle : grand-rue, place, poste (où faillit être muté Gad Elmaleh,  rappelez-vous vos classiques). Demain nous nous aventurerons un peu plus loin.

 Michel est inquiet car autour de nous nous entendons qu’un nouveau coup de vent fort  s’annonce. Il est aussi assez dégoûté : en effet étant branché sur la vhf nous découvrons  qu’apparemment certains ports privilégient la rentrée d’argent en occupant toutes les places à  quai par des bateaux ayant une place à l’année plutôt que de garder des places libres pour  abriter les bateaux en cas de coup de vent comme annoncé pour les prochains jours. Les  tempêtes sont dites exceptionnelles en été en Méditérranée, alors soit que nous sommes dans  la mauvaise année soit que le climat se détraque drôlement.

 Il m’a tellement dit et répété qu’en voilier c’est la mer qui commande que je suis “conditionnée”  tandis que pour lui c’est dur car depuis tout ce temps que nous en rêvions, préparions (surtout  lui)... Le rêve se confronte à la réalité...

 Pour fêter notre 1ère escale c’est douche sur le pont pour certains, l’eau n’est même pas froide  mais plutôt rafraîchissante et nous soupons à la Calanque... Menu très sympa et délicieux...

 Sur cette île les gens sont très accueillants : dès notre arrivée dans le chenal un gars de la  capitainerie nous demande où nous allons. Nous ne sommes pas encore à quai, cherchant notre  place D 36 que déjà 2 gars sont prêts à prendre nos amarres.

 Je commence à bien retenir l’ordre des différentes manoeuvres et à anticiper pour celles-ci.  Pour les noeuds, cela vient aussi.

 

 

 

 Jeudi 16 juillet : cap sur Hyères.

 Nos provisions diminuent, sur l’île c’est hors de prix, et nous avons la grande chance de pouvoir  rester ici à quai pour les prochains jours de grand vent. Aussi nous décidons de partir vers le  continent pour nous ravitailler et surtout trouver une connexion wifi qui fonctionne. Je barre  quasiment toute la traversée et moussaillon Framboise commence à bien s’en sortir mais il faut  encore progresser.

 Nous en découvrons une “chez Sax” à l’entrée du port et nous pouvons enfin réaliser toutes nos  opérations et envois : découverte de la magie du monde wifi et de nos difficultés pour en  réaliser certaines... Cela nous prendra 2 bonnes heures!

 Dans ce port aussi le personnel est très gentil, ce qui n’est pas le cas de la caissière gérante du  “Huit à huit” où nous nous approvisionnons. Nous avons rarement rencontré une commerçante  aussi peu agréable dans une région touristique : un modèle du genre!! A se demander comment  son commerce tient...

 Fin d’après-midi nous rentrons sagement à Porquerolles et je “rebarre”.

 Comme tous les soirs nous écoutons la météo marine : le coup de grand vent annoncé se  précise. Nous avons de la chance car :

 1) nous avons une place au port,

 2) le vent fort est aussi sur la façade Atlantique mais là en plus il pleut, alors que nous, nous    avons toujours du soleil....

 

 Vendredi 17 juillet : découverte un peu plus approfondie de l’île.DSC01080

 Le vent souffle toujours autant, alors nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur et partons  découvrir l’île : direction plage de la Courtade, là où nous avons mouillé 2 nuits. Ici, tout est  très bien balisé, pas de voitures mais uniquement des piétons et des cyclistes. Pour tous les  enfants que nous croisons c’est donc le paradis, ils peuvent courir en toute liberté les parents  c’est zen attitude, pas de stress dû aux voitures. En chemin, nous humons le parfum des  eucalyptus, des pins... Admirons les couleurs vives des bougainvillées, des lauriers roses...  Beaucoup de familles pique-niquent sur la plage et les goélands, très opportunistes, sont prêts  à leur ôter le pain de la bouche.

 Quant à nous, sagement, nous revenons dîner au bateau et après une sieste bien méritée nous  partons à la découverte cette fois de la plage d’Argent, plage de sable blanc couvert par une  multitude de petits galets de même couleur. Nous nous baignons ( oui,oui, même moi!) et l’eau  est très salée.DSC01072

 

 Samedi 18 juillet: l’exploration continue.

 Ce matin, l’île est très calme car vu les mauvaises conditions météo, il n’y a pas de liaison avec  le continent. Accepter consciemment de perdre de l’argent sans effectuer celle-ci c’est dire si la  mer est mauvaise !!! Pierre et Jacqueline découvrent le petit jardin botanique où sont  conservées beaucoup d’espèces et de graines. Michel fait du rangement et paresseusement je  lis sur le pont.

 L’ après-midi, direction la baie du Langoustier (où nous avons mouillé la 1ère nuit). La  promenade est superbe, ombragée dans les bois, même si un certain nombre de sentiers sont  fermés à cause des vents violents et de la sécheresse pour prévenir les incendies. Quasiment  au bout de la promenade, Pierre part en exploration et nous ne le revoyons pas revenir, ce qui  nous inquiète mais il a préféré prendre le chemin des chèvres (les rochers) et c’est ainsi qu’il  atteindra seul le fort alors que nous revenons sur nos pas pensant qu’il a rebroussé chemin.  Lorsqu’il rentrera 1h1/2 plus tard il est heureux que le souper soit prêt... De cette jolie balade  j’ai ramené une jolie pomme de pin encore toute collante de sève!

 

 Dimanche 19 juillet.

 Le mistral souffle toujours et alors qu’à terre nous l’apprécions car il nous rafraîchit d'un soleil  de plomb, il nous empêche de naviguer et cela commence à faire long. DSC01078Des bulletins de météo  spéciaux sont encore émis et il est vivement déconseillé de prendre la mer.

 Nous partons donc ce matin à la découverte du phare, belle balade où nous découvrons le cap  d’Armes balayé par les vents et les falaises à pic battues par les vagues.

 Pour l’instant, nous adoptons le rythme du Midi c’est à dire que tout le monde fait la sieste...

 La découverte se poursuit au rythme dicté par l’île : en prenant son temps.

 

 Lundi 20 juillet : Eole se calme... Pas pour longtemps !

 Enfin,le vent se calme et dans le port on ressent l’effervescence : les bateaux peuvent repartir.  Derniers préparatifs : vérification du plein d’eau potable, débranchement de l’alimentation  électrique et nous voilà partis normalement vers l' île des Embiez mais dans les parages du Cap  Sicié le vent se renforce à nouveau, passe à 22 noeuds apparents nous obligeant à tirer des  bords dans une mer courte et de plus en plus agitée. Après avoir roulé un peu de génois et de  grand-voile, le capitaine se rend compte que nous n’avançons pas suffisamment pour atteindre  le mouillage à 1 heure normale. De plus, la météo prévoit un renversement du vent pour  demain. Cette perspective ne nous enchante guère et nous décidons de virer de bord et de  retourner mouiller dans la baie du Langoustier. C’est ce qui s’appelle revenir à la case départ!

 De retour dans cette jolie baie le spectacle continue : dans l’eau transparente un petit banc de  jolis “sars” nous entoure (quelques pelures de patates tombées à l’eau après l’épluchage les  attirent), dans le ciel c’est un hélicoptère, qui vient déposer un “client” au Mas du Langoustier,  établissement chic et luxueux, qui retient notre attention.

 

 Mardi 21 juillet : enfin...

 Cette fois Eole semble nous être favorable et après le petit déjeuner nous levons l’ancre pour  rejoindre Port Pin Rolland où notre frigo sera remplacé demain. Il ne nous a pas encore  vraiment lâché, mais régulièrement il s’arrête pour redémarrer après le coup de manivelle que  Michel lui assène. Il n’est donc pas fiable et vu la température (30° facilement tous les jours) il  est plus qu’indispensable.

 Notre route est bonne, nous mouillons pour dîner dand la baie de Giens et repartons pour  arriver à 18h au port et préparer à Pierre le cassoulet qu’il réclame depuis le matin.

 

 Mercredi 22 juillet : marché à Sanary.

 Ce matin, nous allons au marché de Sanary mais nous ne sommes pas les seuls à avoir eu  cette idée : trouver un emplacement de parking relève de l’exploit. Après l’avoir réalisé, nous  déambulons et respirons tous les parfums qui s’offrent à nous, faisons provision de tomates,  cerises, melons et autres fruits de saison qui colorent à profusion différents étals. Comment  résister ? Michel en profite pour enrichir sa garde-robe de 2 shorts, d’un tee-shirt et d’une  marinière. Pierre, lui, ne peut pas résister aux effluves de la paëlla, des calamars et des  poulpes et tentateur il nous incite à en acheter pour le repas de midi. Comme nous passons  commande à la fin du marché, la vendeuse se montre très généreuse et nous ferons 2 repas  avec tout ce qu’elle a servi. Pour ma part je préférerai une fougasse ...

 Pierre et Jacqueline rentrent demain en Belgique avec la voiture. Nous en profitons donc pour  faire les courses facilement une dernière fois et nous faisons le plein de tout ce qui est lourd:  eaux (minimun 2l par jour /personne, cela en fait du poids), conserves... Pendant ce temps,  Fred, notre frigoriste préféré nous installe une petite merveille silencieuse et plus économe au  niveau énergie.

 

 

 Jeudi 23 juillet : journée de transition.

 Nos coéquipiers nous quittent et emmènent avec eux quelques petites douceurs pour nos  proches.

 La journée est consacrée aux différents rangements, inventaires, réalisation d’étagères sous  l’évier avec la scie de son couteau suisse pour Michel, lessives, séchage sur les filières,  rangements des équipets, épluchage des légumes pour moi.

 Journée de transition donc, demain Hugo arrive à la gare de Toulon en TGV et nous irons l’y  accueillir en prenant la navette maritime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…