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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 11:41

 

Lanzarote.

 

Depuis le 12 décembre nous sommes dans l'archipel des Canaries.

Durant quelques mois, nous allons les découvrir les unes après les autres.

Il y a les Grandes Canaries et les Petites Canaries, petites îles au N de l'archipel: Alegranza, Montana Clara et Graciosa.DSC02774

Arrivant d'Agadir, c'est devant l'île de Graciosa que nous avons mouillé durant 6 jours à la Playa Francesca. Nous y avons même été seuls au monde 24h avant d'y être rejoint pour les jours suivants par "Tavéac" un voilier breton. Il faut savoir qu'à certaines périodes de l'année il y a parfois plus de 35 bateaux au mouillage!

C'est une petite île de 27 km2 de garrigue aride, plate et sablonneuse et dominée par 5 cônes de scories alignés du Nord au Sud.

A environ 40 minutes de marche du village de Caleta del Sebo,  s'étend la ravissante plage de Playa Francesca.

A mille lieues du tourisme de masse, le village ne possède aucune route goudronnée et il semble être le fruit du croisement entre un village marocain et un avant-poste du Far-West.

 

La première grande île que nous découvrirons est Lanzarote. Pour une fois, la plume est prise par Elsa et Antoine qui nous  y ont rejoints une semaine.

 

" voilà un résumé à ma sauce ...(façon Elsa…)

 

Nous voici enfin le mardi 20 décembre 2011!!! Après avoir pris les précautions "d'usage", Antoine et moi-même partons pour les îles Canaries.

Une visite express chez Arnaud et Coco et celle-ci (et notre futur neveu ) nous conduisent déjà à l'aéroport ....

 

Après 4h de (long) vol, pas très confortable (merci Ryanair) il est minuit 30 quand nous atterrissons. Premier étonnement... ici les bagages arrivent vite (par comparaison avec la Crète où nous sommes allés en voyage de noces... les Crétois étant beaucoup plus zen (lents?)

Nous voici arrivés et vient le temps des retrouvailles avec nos matelots (en tee-shirt et short), partis depuis bien trop longtemps pour Elsa....

Direction Puerto Calero et sa marina où nous allons enfin découvrir celui qui fait tant parler de lui depuis quelques temps : Manéa, et il est vrai qu'arrivés au port, nous pouvons dire qu'il est quand même impressionnant. Nous le trouvons beau et grand !

 

Première difficulté : monter sur le bateau avec quelques kilos sur le dos !

 

Nous en découvrons ensuite l'intérieur, tout de bois, avec quelques touches féminines de la part de maman et ses mini couchettes!

Antoine et moi-même qui ne sommes pas toujours regardants sur le rangement, découvrons vite que nous allons devoir apprendre à ranger systématiquement (je vous rassure et peux déjà vous affirmer que nous n'avons pas perdu notre habitude de bordel pendant ce périple ...).

 

Première soirée tardive (couchés à 3h30 heure belge) sous le signe de la papotte avec à notre grande surprise, des crêpes à déguster avec une merveilleuse confiture de mangues tous deux préparés par notre notre chef cuistot préférée!  Ah maman, toujours mère poule !!

 

Lors de notre séjour, nous avons parcouru l'île chaque jour, y découvrant chaque fois  des lieux étonnants (naturels ou aménagés par l'homme).DSC02755

Le meilleur exemple en est la maison de César Manrique (architecte, peintre et sculpteur). Il a acquis une ancienne coulée de lave (il avait sûrement les moyens) et y a aménagé sa maison (1800m2 de superficie habitable), bel exemple d'une architecture moderne cherchant à se fondre dans l'environnement, à gommer la frontière entre espace intérieur et espace extérieur. Les salons s'intègrent dans des bulles volcaniques naturelles éclairées par des puits de lumière. Le basalte et le blanc immaculé des murs rappellent les tonalités des maisons traditionnelles de l'île. Le résultat est superbe! Il souhaitait que son île soit protégée du danger d'un développement anarchique du tourisme et son opiniâtreté a été payante: l'île est classée « d'intérêt touristique spécial". Ainsi les maisons ne sont pas très hautes, toutes sont blanches avec des portes vertes.

 Il a également aménagé avec talent Los Jameos del Agua : grottes appartenant à un réseau volcanique souterrain. L'océan, en s'engouffrant dans une fissure a rencontré la lave en fusion; un bouchon de vapeur s'est alors formé et a fait "sauter" la couverture de la poche, créant deux cavités à ciel ouvert. Le clou du site est le lac souterrain où vivent de minuscules crabes blancs aveugles.

 

Tout au long du séjour, nous serons tous les 4 étonnés et abasourdis par ces paysages si noirs, chaotiques, désertiques mais oh combien , majestueux.

L'île nous semble partagée en différents secteurs : un côté est plus agricole (et encore ! car il ne pleut quasi jamais), un autre est destiné à faire pousser la vigne (région de la Géria), un autre encore est complètement désertique (parc de Timanfaya ), ...DSC02877

 

Antoine et moi tombons amoureux de cette île si magique façonnée par la mer, le vent et le feu.

Nous avons la chance de découvrir le parc naturel de Timanfaya le jour de Noël et il y a peu de monde. C'est une zone apocalyptique: coulées figées, crevasses, étendues de cendres, cratères... de + ou - 5000années, sortis du chaos au 18ème siècle. Cette éruption est un des phénomènes volcaniques les plus impressionnants de l'histoire. Chaque jour, durant 6 ans, 48 millions de m3 de lave ont jailli et coulé tandis que des pluies de roches en fusion s'abattaient sur la campagne et la mer. Univers de silence et de mort où la faune et la flore n'ont pas encore repris leurs droits et qui a servi de décor pour tourner certaines scènes de la Planète des Singes. Les couleurs y sont magnifiques et mes mots ne pourraient décrire la beauté des paysages....De plus, les gardiens du parc, réalisent différentes expériences prouvant  que les volcans sont bien là, endormis à quelques mètres sous nos pas, mais pour combien de temps ??

 

Emotion indescriptible, il faut y aller pour comprendre ce que nous avons ressenti, sensation que l'on est bien petits face aux forces de la nature, que notre terre est belle et que nous l'oublions bien trop souvent.

 

Découverte aussi de la vie en bateau, nous partons mouiller au sud de l'île : à Papagayo. Pendant le trajet jusqu'au mouillage, Antoine et moi n'étions pas très en forme et au mouillage non plus. Or, selon Michel et maman, pourtant, le bateau ne bouge pas !! Antoine avait proposé de préparer le repas mais son état ne le lui permet pas !! Il est mieux dehors, dans le cockpit que dedans, à l'intérieur du carré. Le soleil se couche déjà et nous avons l'impression qu'il ne se couche que pour nous 4 !DSC02796

Dodo juste après le repas tellement nous avions la nausée, nous nous endormons avec le bruit des poissons perroquets qui "grattent" la coque du bateau.

A mon réveil, Antoine qui a ressorti la canne à pêche laissée par Matthieu l'été dernier est déjà en train de titiller le poisson. Bonheur de contempler le lever de soleil sur cette ile qui parait si paisible alors que le feu gronde sous terre.

 

Nous pêchons le repas du soir (une dorade royale pour Elsa et un sars pour Antoine) avant de rejoindre la plage en annexe. Evidemment,  nous tombons sur une plage de nudistes , fous rires devant certains attributs passant sous notre nez  !!

Nous avons peur d'être encore malades et de passer une mauvaise soirée donc nous repartons au port mais nous nous sentons mieux suite à cette bonne nuit de sommeil.

 

Nous nous sentons de mieux en mieux sur le bateau, mais le fait d'être en vacances  n'en est pas la seule cause : être en débardeur/t-shirt en décembre, nous remonte le moral, la lumière et la chaleur du soleil sur notre peau, fêter Noël avec les matelots (avec quelques denrées ramenées de Belgique), voir la famille via skype, déguster de bons fruits tropicaux, prendre le temps, voir les merveilles de notre terre ...se satisfaire des petits bonheurs du quotidien ! Durant cette semaine, nous nous sommes réellement ressourcés !

 

Semaine de bonne humeur,  de découverte de la vie de Michel et maman sur leur bateau, leur vie, la fierté et l' étonnement de voir maman se débrouiller comme un chef sur Manéa, et voir surtout leur bonheur à tous les 2.

Cela fait du bien de voir qu'ils sont heureux sur leur bateau, heureux du choix de leur vie même si pour nous il est parfois difficile de les savoir loin de nous.

 

Nous nous sommes sentis un peu Père Noël dans l'âme avec nos victuailles de Belgique demandées par les matelots, les cadeaux donnés par la famille, les galettes de Mamy, les lettres, le dessin de Mathias pour son Papychel et sa Framboise, la première photo du 2ème futur petit Lemiez à venir (chez Arnaud et Coco ) ,etc ....

 

Nous repartons heureux, un peu tristes de les laisser derrière nous, mais heureux de les voir si bien! Nos sacs sont remplis de quelques denrées (dont les mangues qui feront que nous sonnerons plusieurs fois au portique de sécurité!) Dernier fou rire avec Antoine avant de monter dans l'avion quand un enquêteur du ministère nous demande où nous dormions et que notre réponse fut "sur un bateau " .... !Quel étonnement!

 

Nous repartons vers notre Belgique, à nous de ne pas déprimer et de garder le positif emmagasiné lors de cette semaine alors que nous allons reprendre le travail (enfin  dès le 28 pour Elsa mais pas avant le 3 janvier pour Antoine), retrouver les tracas de l'hiver, etc.

 

Merci à nos 2 matelots de nous avoir fait partager leur simplicité et leur vie pendant une merveilleuse semaine, mais on nous reverrons dans 4 mois ...et ça ira vite! Et c'est sûr nous reviendrons sur Manéa  !!!

Je suis fière  de toi maman !

Bravo pour ta patience Michel ;-)

Merci à vous 2 pour votre gentillesse !  "

 

Les sous-doués de la navigation.

 

Graciosa

 

Lanzarote

 

 

 

 

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…