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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 18:51

 

LA PALMA: DERNIERE DECOUVERTE DE NOTRE PERIPLE 2011-2012.


Nous avons bien profité de La Gomera, de ses mouillages hors du temps et si nous voulons découvrir la dernière des îles des Canaries “visitables” en bateau : l’isla de La Palma, appelée aussi Isla Bonita (l’île jolie) ou encore l’île verte, nous devons quitter “ l’île ronde”.  El Hierro est en effet interdite à la navigation de plaisance sur son pourtour pour cause de volcan naissant dans la mer (actuellement tout y semble calme et la navigation de plaisance y serait à nouveau autorisée) .

Le jeudi 15 mars, au petit jour, nous levons donc l’ancre et mettons le cap sur La Palma.

C ‘est au moteur que nous quittons Valle Gran Rey et c’est grâce à l’aide de mister Perkins que nous avançons durant 3/4h.

Une fois quitté l’abri du sud de La Gomera, le vent se lève et nous envoyons le génois. Très vite, le vent forcit et nous décidons de le rouler pour envoyer la trinquette, plus petite. Il y a déjà 20/22nds établis avec des rafales. Nous estimons que nous sommes un peu sous-toilés et nous envoyons en plus un demi-génois. Notre allure augmente alors à 6/6,5 nds.

Plus nous approchons de la pointe sud de La Palma plus le vent forçit. Nous voyons l’anémomètre grimper petit à petit mais de manière continue. Régulièrement dans les rafales, l’anémomètre est à 35 noeuds ( 65km/h) et nos copains de Tavéac qui lofent davantage ( se rapprochent du lit du vent) auront eux des pointes à 45 noeuds (80km/h).  Nous sommes à 70° du lit du vent, au petit largue, la mer est formée , blanche et régulièrement des déferlantes nous “rincent” de la tête aux pieds. Parfois nous voyons la mer “fumer” (des embruns volent) et des arcs-en-ciel se dessinent dans l’écume des vagues. Spectaculaire!

Nous avions pourtant pris la météo la veille de notre départ et rien n’annonçait ces conditions sportives de navigation. Sans doute avons-nous négligé l’importance des effets “venturi” ( accélération du vent ) entre les îles. Ceux-ci sont connus mais jusqu’à présent nous ne les avions pas encore vraiment “côtoyés”, sauf peut-être en descendant sur Gran Tarajal à Fuerteventura. Voilà, ça y est, nous les avons expérimentés. Et Manéa tient bien la route.

La pointe sud franchie, c’est l’étonnement complet: plus un souffle de vent et la mer est plate. Tous les moutons sont rentrés à la bergerie!!! C’est donc au moteur que nous atteindrons le mouillage devant le port de Tazacorte. Durant la fin de notre trajet, nous pouvons à loisir contempler les bananeraies qui occupent le moindre espace cultivable disponible sur l’île (80% de la richesse de La Palma provient de cette culture qui produit des fruits délicieux).

Durant cette traversée “sportive”, le cap’tain a voulu barrer pour reposer “Trevor” (le pilote automatique) et là il découvre que la barre est dure, impossible à manoeuvrer dans un sens mais pas dans l’autre. La seule alternative possible est alors de désolidariser Trevor de la barre... Que se passe-t-il?

Nous attendons le docteur “és pilote” pour connaître son diagnostic....

Diagnostic : le moteur est mort.

Nous en avons donc commandé un nouveau mais devons attendre sa livraison (il vient du continent et il y a des formalités douanières à accomplir car ici, même si c’est aussi l’Espagne, c’est une zone franche et les taxes sont différentes). Gros trou dans la caisse de bord en perspective! Mais nous pourrions être plus mal lotis en étant dans un endroit plus moche. Nous allons donc mettre à profit cette attente pour visiter l’île verte.

“Davantage encore que le reste de l’archipel, La Palma (de son vrai nom San Miguel de La Palma) permet de découvrir une nature authentique et préservée : forêt pluviale luxuriante au nord, paysages volcaniques tourmentés au sud, paisibles pinèdes du Parque Nacional de la Caldera de Taburiente. Des précipitations et des sources abondantes font de ce territoire le plus vert des Canaries. Vergers, vignobles et forêts forment un contraste saisissant avec les rudes escarpements rocheux et les cratères qui descendent du centre.

L’activité volcanique responsable de ce relief très accidenté  (l’île est la plus escarpée au monde, s’élevant à 2426m  (Roque de los Muchachos) au-dessus du niveau de la mer en à peine plus de 10km) s’est manifestée pour la dernière fois en 1971 à Fuencaliente et reste forte. Destination rêvée donc pour un séjour de randonnées....

Le tourisme de masse n’a heureusement pas encore touché celle qu’on surnomme la Isla Bonita (l’”île jolie”) car l’absence de plages de sable doré tient à distance le gros des vacanciers.

Ici la culture de la banane représente toujours 80% de l’économie locale.”

                                                          Canaries, Lonely Planet, p209

 

Location d’une voiture avec nos copains de Tavéac pour découvrir tout cela et cette fois, ce sera la Bretagne au volant.

Nous commencerons par le sud où bananeraies à perte de vue, vignobles, pinèdes, paysages volcaniques et côte déchiquetée forment le décor.                     Tazacorte,  petite ville dont dépend le puerto où nous sommes amarrés, nous a étonnés par ses maisons colorées disposées en amphithéâtre devant une marée de bananiers et par son église traditionnelle, sans doute trop petite agrandie par une aile ultramoderne; mariage réussi.  

                                                                                                                            A Fuencaliente, les plus jeunes volcans de l’archipel (dernière éruption en 1971)  dessinent un paysage désolé, et c’est sous un vent fort que nous avons parcouru le sentier qui fait à demi le tour du cratère béant du volcan San Antonio tout en admirant la beauté de ses parois teintées de rouge et de jaune (dépôts de soufre) et aussi le travail de l’homme qui a immédiatement récupéré les surfaces gagnées sur la mer par les coulées de lave en y plantant bananeraies et vignobles: deux produits délicieux!  Navigation oblige, nous descendrons ensuite par une petite route spectaculaire et battue par les vents jusqu’à la “punta de Fuencaliente” où les “salinas et el faro” ne manquent pas de poésie et c’est là que nous pique-niquerons.DSC03636

Poursuivant notre route, nous nous sommes arrêtés à Mazo, paisible bourgade où il y avait un mercadillo bon enfant et sans prétention mais avec de vrais produits du terroir. Nous avons ainsi goûté un nouveau fruit : le nisperro (voir: nisperro), découvert le fromage de chèvre local : il est légèrement fumé, savouré les différents miels, confitures et “dulces” à base essentiellement d’amandes. Le cap’tain n’a pas su résister et a succombé à la tentation...Vous connaissez ses goûts sucrés...

Puis, route du retour et profitant de ce que nous sommes motorisés, arrêt avitaillement surtout pour tout ce qui est lourd (de l’eau et des sodas pour certains et du vin et des bières pour les autres...)

Le lendemain, changement de décor : nous prenons la direction de l’ouest, route pleine de courbes traversant des collines verdoyantes et des villages s’éparpillant dans la campagne, puis des forêts de pins canariens (ils résistent au feu et donc survivent aux incendies)  pour atteindre la “Caldera de Taburiente” par le nord et l’observatoire d’astrophysique. Il est implanté dans l’environnement fabuleux du “Roque de los Muchachos”, au plus près des étoiles. Inauguré en 1985, il regroupe la plus grande concentration de téléscopes de l’hémisphère nord. 60 pays ont contribué financièrement à sa création. Malheureusement, ses portes ne sont ouvertes au public que l’été. C’est l’un des meilleurs sites du globe pour observer le ciel nocturne. Située au milieu de l’Atlantique, loin de la pollution lumineuse des grands centres urbains, La Palma constitue l’endroit idéal pour regarder les étoiles. D’ailleurs, il est demandé de ne pas allumer ses phares lorsqu’on y roule la nuit pour ne pas déranger les astronomes!DSC03625

C’est dans ce fabuleux décor de pics rocheux que nous pique-niquerons et puis balade digestive pour admirer l’à-pic d’un des dénivelés les plus importants du monde. Dans un silence impressionnant, la vue y est à couper le souffle. Nous avons eu de la chance car les nuages n’avaient pas envahi comme souvent le coeur de la caldeira. Et c’est déjà la route du retour ....

Un appel via skype à notre petit loulou qui nous demande : “encore combien de dodos avant que vous reveniez?” Et là, nous sommes sidérés car à notre réponse : 40, il commence à compter sans se tromper. C’est à ce genre de chose que nous comprenons que nous avons allons retrouver un petit loup bien grandi!

Lundi visite du doctor es pilote et attente de son verdict, mardi activités habituelles d’un bateau au port: lessive, courrier, épissures, ...bref de quoi nous occuper en attendant mercredi où, en bus, nous allons visiter Santa Cruz de la Palma, capitale de l’île.                                                                        

 Avec le déclin des activités portuaires et la fermeture des chantiers navals, elle a perdu une part importante de ses ressources et vit désormais essentiellement du tourisme. A peine descendus du bus, c’est au port et à la marina que nous nous rendons et là nous constatons avec étonnement que le ressac des bateaux amarrés est important, même si à l’extérieur il n’y a pas ou peu de houle, les amarres doivent souffrir...

La calle Real, artère principale de la ville, est étroite,  pavée de galets et bordée de grandes maisons coloniales en pierres ou colorées arborant en façade des doubles balcons en pin canarien ouvragés. Beaucoup d’entre elles datent du 16éme, 17ème ou 18ème siècle et sans avoir été abîmées, elles ont été souvent transformées en boutiques, restaurants., centre culturel...DSC03665

Il règne une atmosphère attachante et bon enfant dans cette ville qui en fait n’est qu’un gros village (18.260hts).

La Plaza de Espana forme ce qui est dit le plus bel ensemble Renaissance des Canaries. Place remarquablement homogène qui épouse à merveille l’irrégularité du terrain. (des escaliers montent vers la ville haute) L’église del Savador a un plafond à caissons de style mudéjar (plafond en marqueterie de bois précieux ou décoré en plâtre).

Nous nous sentons bien dans cette petite ville et nous y reviendrons, en bus toujours, le vendredi. Nous explorerons d’autres quartiers et visiterons le “mercadillo “municipal, bel ensemble architectural où nous goûterons et apprécierons le “guarapo”. Jus de la canne à sucre, qui sera pressée sous nos yeux et aromatisée avec du fruit de la passion ou maracuja. Un délice, rafraîchissant!! Une chouette découverte.

Les vents sont bons, nos copains de Tavéac nous quittent et entreprennent le retour vers Fuerteventura via le chemin des écoliers càd d’île en île, de mouillage en mouillage.

Balades, lectures, découverte d’un marché où nous verrons fabriquer des “purros”(cigares) manuellement ponctueront nos journées en attendant l’arrivée du nouveau moteur du pilote.

Ca y est, je vois la camionnette d’”El Chopo”, le mécanicien!! Il a tenu parole et il vient bien ce mardi nous apporter la pièce salvatrice...

Mais à la grandeur de la boîte le capt’ain a un doute, un mauvais pressentiment : effectivement, le moteur livré est celui avec un bras court et il nous faut celui avec un bras long.

Il jure un bon coup, exprime son mécontentement...et moi qui avait accueilli ce mécanicien en lui disant “El Salvador”...Je me fais toute petite dans un trou de souris.

Il n’est pas content non plus, il téléphone longuement à l’importateur Raymarine, cherche l’origine de l’erreur et même si nous ne comprenons pas tout en espagnol, la tonalité nous en dit long sur les noms d’oiseaux qui s’échangent...

Nous n’avons qu’une solution : attendre la livraison du bon moteur, mais ce jeudi 29 mars en Espagne, c’est “huelga general” (grève) et donc pas de transport donc un jour supplémentaire de délai. Nous voici coincés ici quelques jours de plus...Mais bon, nous pourrions être plus mal lotis ( au froid, sous la pluie par ex...) et comme après discussion, il s’avère que c’est la firme qui prendra en charge les jours de port supplémentaires (ce qui , supposons, fera accélérer l’envoi), nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur et nous en profitons pour aller découvrir le nord et nord-est de l’île que nous ne connaissions pas.

La dense forêt tropicale, les collines fertiles, le joli village très coloré de San Andrés avec ses rues pavées de galets et bordées de maisons anciennes dévalant vers la mer nous a offert un spectacle de toute beauté.DSC03684

Non loin de là, après avoir emprunté le “puente” (=pont) de Los Tilos de 353m qui enjambe le barranco et nous être enfoncés dans une végétation de plus en plus dense, nous avons atteint la forêt de Los Tilos (laurisilva). Elle doit sa luxuriance à la fraîcheur des alizés qui butent sur les hauteurs de l’île et se condensent en nuages. L’humidité presque constante et la chaleur y permettent la préservation de plusieurs espèces endémiques de fougères. Nous y randonnons une petite journée et découvrons une forêt grouillante de vie, un écosystème frais et humide ( cascades, eau ruissellant des parois). Lieu un peu magique avec des bruyères de dimensions surprenantes, des fougères arborescentes, des mousses recouvrant des lauriers géants (20 à 30m ) .DSC03706

Au retour, nous compterons pas moins de 16 tunnels en 20 km...de quoi alimenter nos réflexions politiques sur la manière dont l’Europe distribue ses subsides. Autant de tunnels sont-ils nécessaires? Quel est le gain de temps réel? Combien de voitures les empruntent-ils? Est-ce bon ou même utile d’aider ces gens à se déplacer plus vite et surtout pour faire quoi? Est-il bon de donner des facilités pour après devoir les reprendre parce que le pouvoir politique n’a pas été suffisamment prévoyant? Que de débats en perspective...


Ca y est, El Chopo est là et le moteur du pilote est remplacé...Tout fonctionne, les prévisions météo sont bonnes et donc nous partons aujourd’hui à 15 h vers Fuerteventura afin de préparer y laisser Manéa et de prendre l’avion pour vous retrouver...

A bientôt...

 

La Palma

 

 

 

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…