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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 19:08

 

EPILOGUE DE NOS SEPT MOIS DE VAGABONDAGE.

 

Nous vous avions quitté au départ de La Palma.

Notre traversée de 48 h au largue s’est bien déroulée avec un vent de nord, parfois même trop faible puisque nous avons dû faire appel à mister Perkins durant quelques heures. Nous n’avons donc pas battu de record de vitesse mais nous avons bien profité de l’océan, du soleil en journée, du ciel constellé d’étoiles et de madame la lune la nuit et puis chaque jour, nous avons reçu la longue visite des dauphins, parfois même dès le lever du soleil. Que demander, souhaiter de plus?

Dans un premier temps nous avons rejoint Puerto Calero sur l’île de Lanzarote pour y faire effectuer une série de travaux par des professionnels apparemment consciencieux : entre autre essayer de trouver une solution définitive pour les goupilles buissonnières de l’enrouleur de génois, réparer la voile de trinquette qui a déjà souffert...Et comme souvent, un travail en amène un autre...

Et puis ce vendredi 13, nous avons rejoint Gran Tarajal, port de l’île de Fuerteventura où nous laisserons Manéa durant les cinq mois de notre retour en Belgique. Dernière belle navigation de notre périple et retrouvailles avec nos amis de Tavéac, qui laisseront aussi ici leur voilier durant printemps et été. Là, suite de la préparation technique de notre complice ( désarmer, nettoyer, ranger, protéger, inventorier...) et psychologique de l’équipage : après sept mois de vie au grand air, pourrons-nous nous réhabituer sans peine à vivre en espace clos, supporterons-nous facilement des chaussures fermées et puis il paraît qu’il ne fait pas très beau au pays ...alors...??

Mais que retiendrons-nous de ces sept mois d’errances? De vagabondages?

Nous avons été séduits par chacune de nos escales mais certaines nous ont touchées plus que d’autres.                                         

D’abord notre passage au Maroc. Premier contact avec l’Afrique et choc culturel assuré. Pays vaste, beau, au peuple fier de ses racines, chaleureux, généreux et accueillant. Ainsi, lorsque nous voyons un étranger à l’arrêt du bus en Belgique, le saluons-nous? Lui souhaitons-nous la bienvenue au pays comme cela a été le cas pour nous là-bas? Terre où il y a encore beaucoup à faire mais où nous avons senti l’espoir de la jeunesse, ses courage et aspiration pour construire un monde nouveau...Sentiments que l’on ne ressent parfois plus chez nous où les jeunes sont parfois si désabusés, amers... devant les perspectives d’avenir que leur proposent nos responsables politiques avec notre complicité “passive” puisque nous les élisons.

Et puis nos quatre mois de découverte des îles Canaries. Elles sont toutes belles, chacune à sa personnalité propre et mérite d’être découverte même si nos coups de coeur vont à Lanzarote pour son côté minéral, brut, aride et pour le mariage heureux qu’il y a entre nature et culture. En deuxième lieu viennent  La Gomera et La Palma pour leur côté intact et où la nature est préservée ( luxuriante et généreuse pour La Palma), la vie douce, hors du temps et sans stress. Bref, si vous avez l’occasion d’y venir, prenez votre temps, elles valent toutes ( même les tant décriées Ténérife et Gran Canaria...) le coup d’être visitées.

Pour ce qui est de la navigation dans ces îles, c’est plus mitigé car il y a peu de mouillages, et ceux qui sont fréquentables, sont souvent un peu rouleurs et ne  permettent pas de débarquer sur la plage pour pouvoir découvrir l’intérieur du pays, car la pente y est souvent forte et fait déferler les vagues. Il faut donc aller à la marina et ce n’est pas cela que nous recherchions. Pas de possibilités de vagabondages de cala en cala comme dans les Baléares pour ceux qui connaissent ni de lézarder le long des côtes à la voile car la direction à peu près constante des vents ainsi que leur force d’ailleurs, ne permet de naviguer ( confortablement du moins et encore!) que dans un  sens : celui du vent. En revanche, les “surprises” météo sont quasiment inexistantes : sur les quatre mois, à part les dernières trois semaines, les vents ont toujours été de secteur nord-est à nord. Le problème des accélérations du vent entre les îles (effet venturi) est lui aussi à prendre en compte : 35 noeuds ne se négocient pas comme 15 ou 20. Or, c’est assez fréquent ( encore plus l’été, aux dires des habitués). Cela crée un peu de  stress qu’il faut apprendre à gérer, et on a beau être prévenu : ça décoiffe!

Nous avions le temps et nous les avons visitées mais nous comprenons ceux qui en ayant moins ne font qu’y passer pour toutes les raisons énoncées précédemment.

La navigation en Atlantique est totalement différente et bien plus agréable que celle de la Méditerranée : houle plus longue, vent plus constant, pas de problème de place dans les marinas et surtout prix beaucoup plus réalistes que sur la Côte d’Azur, la Costa Brava ou encore les Baléares où on atteint des sommets! Est-il normal, alors qu’on amène son lit, ses draps et ses serviettes, d’y payer plus que le prix d’une chambre dans un cinq étoiles?

Durant cette saison nous avons parcouru 2.700 milles. (1 mille=1852m) et donc 2.700 milles =?

Mais ce que nous retenons encore plus que les beautés de dame nature sur mer et sur terre, c’est la richesse des rencontres simples et authentiques faites dans les différents pays et îles visités au gré des pontons et des mouillages, des balades et du hasard, la diversité des manières de voyager et de vivre, la qualité de l’hospitalité, la solidarité des “voileux”, la simplicité de notre mode de vie respectueux le plus possible de l’environnement, les découvertes gustatives et épicées, la complicité et complémentarité de l’équipage que nous formons, les questions et échanges philosophiques et politiques que tous ces éléments ont fait naître et puis la chance que nous avons de vivre dans un pays tel que la Belgique même si tout n’y est pas parfait....

A vos agendas donc si vous souhaitez nous rencontrer car nous rentrons le 25 avril et quelques dates sont déjà prises...

Amitiés et à bientôt!


Epilogue

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…