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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 17:03

 L’Archipel de Madère.

 

 Cet archipel appartient au Portugal et est composé de 3 grands  ensembles d’îles:

Il   Ilhas Selvagens

 Constituées par 2 groupes d’îles: Selvagem Grande (la plus grande comme  son nom l’indique: 2,5 km2) et Selvagem Pequena.

 Ilhas Selvagens se situent à 155M au sud de Madeira sur la route des  Canaries

Il   Ilhas Desertas

 A 10M au sud-est de Madeira, ces 3 îles, Ilha Deserta Grande, Ilhéu  Bugio et Ilhéu Chao sont très petites.

 Nous n’irons pas visiter ces îles, non parce qu’il n’y a personne mais parce  que ces deux ensembles sont en fait des réserves naturelles, interdites  d’accès sans autorisation. Un ou deux gardiens de phare sur Selvagens en  sont les seuls occupants.


Il   Ilha de Madeira ou Madeira Grande

 

 Cette île principale de l’archipel mesure 57km de long sur 22 de large,  pour une superficie de 741 km2. Son point culminant est le Pico Ruivo de Santana à 1860m

 

E   Ilha Porto Santo où nous avons séjourné du 17/10 au 21/10/2011.

 

 A 25M au nord-est de Madeira, Porto Santo n’est pas bien grande. Elle  mesure 11km de long sur 6 de large avec une superficie de 41km2.

 L’unique ville est Porto Santo (si l’on se réfère aux cartes, elle se nomme  en fait Vila Baleira).

L    La caractéristique de cette île est son immense plage de sable blanc  (7km de long), seule plage digne de ce nom sur tout l’archipel puisque  celui-ci est d’origine volcanique . Nous sommes amarrés au ponton sur  catway. Les catway, pontons flottant sur l’eau permettent de s’amarrer  sans tenir compte de la marée. Seuls les ports de l’Atlantique en sont  donc équipés. La manoeuvre d’accostage y est donc bien plus aisée qu’avec  les pendilles qu’il faut attraper et tirer à l’autre bout du bateau avant de  foncer sur le quai.

 Après nous être reposés, fait les formalités  douanières et d’admission au  port, nous partons à la découverte de la petite ville de Porto Santo. Elle  se trouve à 20 à 25 minutes de marche du port, la route longe l’océan et  nous permet de découvrir la conduite plus que sportive des portugais,  police y compris.

 Les petits espaces verts, les jolies places et la charmante église font de  Porto Santo un petit havre de paix.Pierre Madère 058

 Scoop : nous pensons avoir découvert la banque où le Vatican semble  planquer son argent!! N’étant sans doute pas en odeur de sainteté, nous  n’avons pas pu y effectuer de retrait. Cherchez bien parmi les photos de  Porto Santo...

 

 Et au port quoi de neuf?

 La majorité des équipages est francophone ou nordique, la langue n’est  pas une barrière. Tout le monde discute sur les pontons, se rend service,  échange des infos météo, prête main forte à l’arrivée d’un nouveau.

 Nous rencontrons enfin d’autres “gens du voyage”. Solidarité et  complicité se ressentent, nous savourons la simplicité de ces contacts.

 Le capitaine s’occupe de démonter le verrin de son pilote, Pierre qui est à  la fête car il peut “tatcher” à son aise rencontre un mécano au travail sur  un autre bateau et celui-ci prête gentiment à Michel l’outil nécessaire,  propose son atelier....

 Dans ce port, il y a une particularité: chaque bateau qui y a fait escale  laisse la trace de son passage en peignant un dessin et surtout en  inscrivant le nom de l’embarcation et l’année de l’escale.

 Une fresque géante décore ainsi le mur de la digue et commence même à  orner la rampe d’escalier, certains n’hésitent pas à prendre beaucoup de  place.DSC01891

 Malgré des dons artistiques, en matière de peinture, tout à fait  inexistants sur Manéa, nous ne pourrons pas nous soustraire à la  coutume, alors grande réflexion dans le carré et le cockpit: inventaire  des couleurs à notre disposition...Alors...on a un peu de bleu anti-fouling à  notre disposition, une bombe de blanc et ...rien d’autre. Pas terrible, mais  faudra faire avec! Quant aux pinceaux, le plus fin fait ½ cmde large,  alors pour l’écriture faudra pas être trop exigeant. Après avoir consulté  son équipage, le capitaine réalise son oeuvre pendant que la moussaillonne  tient en mains la palette ( le mousse est au service du capitaine non?).  Qu’en pensez-vous? 

 Lorsque nous avons fait notre premier avitaillement nous avons découvert  que le portugais ce n’est pas facile. Ses consonances nous font plutôt  penser à une langue slave et excepté “bom dia”’bonjour), “bom tarde” (bon  après-midi), “obrigado ou obrigada”(merci) nous ne reconnaissons pas  beaucoup de mots. Heureusement pour nous, beaucoup parlent le français  qui est souvent la 2ème langue apprise à l’école.

 

 Et cette visite de l’île?

 Comme nous sommes peut-être fainéants et que l’île est toute petite,  nous prenons le bus touristique en faisant le tour en 2 heures. Je  rappelle que Porto Santo mesure 11km sur 6, ça devrait donc aller!

 

 Et puis, le soir, histoire de me bercer ou de me jouer la sérénade, le  capitaine joue de la guitare. 

 Et vendredi 21, nous mettons le cap sur Madeira où il est impossible de  mouiller car les fonds y sont très profonds. Nous irons donc à la marina  “Quinta do Lorde” pour notre séjour. C’est une nouvelle marina construite  entre autres avec les fonds européens, elle est opérationnelle, le  personnel y est super gentil mais la wi-fi y est très capricieuse. La  particularité de cette marina c’est qu’en arrivant on croit arriver dans un  petit hameau. Et bien, c’est une erreur car ils construisent depuis 6 ans,  les bâtiments semblent terminés, il y a même déjà une église et des  espaces verts mais rien n’est habité. Qu’attendent-ils? Mystère...Même  pas de panneaux “A vendre”

 

 

 

Il  Ilha de Madeira.

 Avant de commencer la visite, voici quelques informations d’ordre général  glanées ça et là dans les guides :

 Politique : Madère est une région autonome rattachée au Portugal. Depuis  1978, le même président est élu à plus de 90%  des voix, ses détracteurs  l’apparente donc à une dictature toute démocratie gardée.

 Depuis quelques années, les problèmes de pauvreté ont laissé place à des  problèmes de “pays riches” (pollution, grand réseau routier ne s’intégrant  pas forcément dans le paysage...Ainsi l’île a été dotée d’un réseau  autoroutier ultra rapide qui a transformé son sous-sol en gruyère et qui  nous semble être disproportionné par rapport à l’économie du pays) et  cela en grande partie grâce aux aides européennes. Sur beaucoup de  projets un peu pharaoniques figurent la mention bien connue chez nous:  “co-financé par l’Europe.

 Météo : de latitude subtropicale, Madère jouit d’un climat tempéré de  type océanique. Mais l’archipel bénéficie aussi de l’influence des Alizés  (vents réguliers du N et du N-E) chargés d’humidité. Le contraste est  donc bien marqué entre les 2 côtes (3 à 4° d’écart).

 En fonction de l’altitude, on observe 3 zones climatiques sur l’île:

u   un climat subtropical en dessous de 300m

u   un climat méditerranéen entre 300 et 750m

u   une zone tempérée à tendance froide au-delà.

 Il fait donc presque toujours beau sur la côte sud mais la côte nord est  souvent dans les nuages et les pluies y sont fréquentes. L’intérieur est,  lui, souvent plongé dans la brume.


 Principales ressources :

 L’agriculture occupe une faible part dans la production de l’île. La banane  a pris le relais de la canne à sucre autrefois plantée massivement (mais  encore plantée aujourd’hui pour le rhum), connaît un ralentissement suite  à la baisse des cours. C’est donc ici que nous goûterons notre premier  ponch préparé de main de maître dans un bistrot “typique” où nous étions  les attractions...Non, non, le capitaine n’y a pas succombé, il reste  toujours fidèle à l’eau.

 L’île produit également des fruits et notamment des fruits tropicaux  (mangues, goyaves, fruits de la passion (= fruit de la passiflore),  cyphomandre bétacé ou tomate inglès, ananas-banane qui est le fruit du  philodendron) mais par tradition ceux-ci étaient destinés aux familles  aisées et donc maintenant ils sont surtout destinés aux hôtels, restos ou  vendus aux touristes . La plupart des gens se “contentent” des  différentes variétés de bananes (plantain, de Madère ou même pour  diabétiques car moins sucrée) et les ayant goûtées à la suite les unes des  autres nous pouvons vous assurer que l’on sent bien les différentes  saveurs et aussi des pommes, cerises, raisins,prunes, poires, oranges,  clémentines, citrons.... Il y a peu de viande car toutes les cultures se  font en terrasses et donc il est très difficile d’y élever un troupeau.  Nous croiserons bien quelques vaches sur les plateaux, mais un  “campones” n’en possède qu’une, rarement deux.

 Cette agriculture produit beaucoup de légumes (choux, carottes, salade,  igname, patate douce...) d’un rendement maximum grâce à la richesse du  sol (c’est une île volcanique) et à l’utilisation des engrais.

 N’oublions évidemment pas la vigne qui produit le célèbre vin de Madère  que nous avons coutume d’utiliser dans nos sauces et qui est pourtant bon  à boire seul. N’avez-vous jamais mangé de langue sauce Madère?

 La campagne nourrit tous ses habitants (chacun cultive sa ou ses  terrasses) et plus du tiers des madériens entassés dans la capitale  Funchal.

 

 La pêche restée tout à fait traditionnelle apporte sa petite part: nous y  avons ainsi fait une cure de poissons délicieux et peu chers, entre autres  le délicieux “espada” (= poisson épée) ressemblant à une longue anguille  noire.

 

 L’industrie est peu développée..

 

 Le tourisme : l’avenir de Madère est intimement liés au tourisme dont la  part dans l’économie locale est très importante.

 Le tourisme de cure du 18ème siècle a fait place à un tourisme de grand  luxe. Durant notre visite, nous pourrons en effet constater la présence  de nombreux et très luxueux hôtels dénués de tout caractère  d’authenticité.

 IL y a de nombreux édifices publics ultra modernes ainsi que quantité de  terrains de football qui feraient pâlir d’envie certains footballeurs belges  connus (Arnaud, François, David,...) mais n’oublions pas que le célèbre  Ronaldo est originaire de Madère!

 Tout ceci est financé par l’Union Européenne, mais lorsque l’on apprend  que 11% du budget national du Portugal relève des fonds européens, on  comprend mieux. (?)

 

 Quant à la flore, grande richesse de cette “île aux fleurs”, elle est en  effet très importante et se développe sans soin, à l’état sauvage. Nous  vous avons concocté un petit album rien que pour cela. Le long des routes,  les hortensias, les oiseaux de paradis, les aloès et les agapanthes  “pulullent” tandis que bougainvillées, fuschias, hibiscus...les dominent.  Malgré la période tardive, Madère mérite toujours son nom d’île aux  fleurs. Au printemps l’explosion de couleurs doit être magique!

 En conclusion, nous dirons que l’île est difficile à décrire tant le paysage  y est diversifié et grandiose : tantôt brut et minéral, tantôt luxuriant  par la débauche de végétation, fleurs et eau.

 Au menu de notre semaine de découverte à pieds, en bus ou en voiture de  location : d’abord des randonnées le long des falaises plongeant à pic dans  l’océan et d’autres le long des “levadas” (= canaux d’irrigation qui partent  du nord de l’île arrosé abondamment par les pluies, parcourent de  nombreux kms pour rejoindre et irriguer les terrasses et plantations du  sud plus ensoleillé) et puis celles dans la forêt primaire et laurifère.  DSC01965

 Ensuite, nous sommes partis à la découverte de villages nichés au creux  des vallées et bordés par des côtes déchiquetées avec parfois des plages  minuscules mais toutes avec du sable couleur “charbon”.

 Nous avons dégusté des poissons inconnus mais exquis ( espada ou poisson  épée) et des fruits tropicaux. Ne sommes –nous pas des touristes?

 Enfin, nous avons terminé par la capitale, Funchal, calme comme une  petite ville de province.

 Mais par-dessus tout ce qui nous a séduit c’est la gentillesse de ses  habitants toujours prêts à vous aider et heureux de pouvoir parler en  français. Beaucoup d’hommes madériens quittent l’île pour aller travailler  sur le continent européen où comme nous l’a dit un “campones” rencontré  lors d’une rando: on gagne mieux sa vie...  

 

 Malgré ce programme touristique chargé,  le capitaine a trouvé le temps  de contacter un technicien de la firme Raymarine et j’ai donc la grande  joie de vous annoncer que l’anémomètre est réparé (en fait remplacé car  cassé net, encore sous garantie donc ouf...) ainsi que le moteur du pilote.  Nous espérons donc ne plus avoir à barrer autant lors de notre prochaine  traversée.

 

 

 Vous l’aurez compris, nous ne chômons pas, et oui, Madère vaut bien le  détour de cette longue escale où nous en prenons plein les yeux et plein  les mollets avec le soleil en prime.DSC01914

 

 Samedi dernier (le 29/10)  Pierre qui nous avait accompagné jusqu’ici a  repris l’avion vers Bruxelles. En attendant que la dépression passe et nous  permette de partir, nous continuons à découvrir l’île et à créer des liens  avec les autres bateaux copains, à profiter de la wi-fi beaucoup moins  capricieuse pour envoyer nos mails et téléphoner via skype à nos proches  et ami(e)s.

 Et puis samedi, nous mettrons le cap sur l’Afrique et  plus particulièrement le Maroc à Agadir d’où nous rayonnerons quelque  temps.

 

 A bientôt donc.

 

 PS: nous avons créé des albums sur Picasa

 

 A bientôt donc car la traversée est d’environ 400M.

 

 

  Porto Santo.

 

 

 

 

   Madère.

 

 

 

 

 

 

  IMPRESSIONS Madère

 Aujourd’hui 26 octobre, location d’une voiture pour découvrir le N de l’île  de Madère.

 Ile aux contrastes multiples : routes vertigineuses bordées d’agapanthes  et d’hortensias dansant au rythme du vent surplombant des falaises  battues par les vagues et modernité déplacée de la multitude de tunnels  lisses et bétonnés transformant Madère en gruyère, paysages luxuriants  avec une palette de verts, montagnes sortant de terre et bande très  étroite pour cultiver, habiter, multitude d’habitations individuelles  colorées disséminées dans la montagne, terrasses, occupation du moindre  espace disponible aménagé depuis des générations par les hommes et  aspect minéral de pointe Sao Lourenço, montagnes et roches noires,  impression  aussi d’humidité , gentillesse des habitants.

 Relief tourmenté, volcanique, abrupt, escarpé, l’île est une montagne  plongeant à pic dans l’océan qui n’est jamais loin, succession de vallées  étroites où chaque versant est recouvert de végétation à profusion :  bananiers, cannes à sucre.  Paysage qui semble sauvage façonné par  l’érosion et la houle de la mer au fil des siècles.

 Nature à la fois abrupte et façonnée par l’homme (les terrasses) où la  terre volcanique produit de nombreuses cultures : cannes à sucre,  bananes, vigne, céréales, fruits exotiques.

 Partout, le long des routes, dans les jardins des maisons, c’est un bouquet  de couleurs chatoyantes où abondent : hibiscus, aloès, frangipaniers,  bougainvillées, agapanthes, hortensias, anthuriums

 Pics émergeant de cols embrumés.

 Ile est un gruyère de tunnels, projet pharaonique et démesuré  dont le  coût ne peut à l’évidence être supporté par les insulaires.

 Profusion, exubérance…

 

 

 

   La flore de Madère.

 

 

  Madère, encore et toujours...


 Nous sommes restés une deuxième semaine à Madère et nous en avons  profité pour nous reposer, préparer l’envoi du journal de bord et des  photos (mine de rien, ça prend beaucoup de temps...) et ensuite pour  découvrir d’autres curiosités ou approfondir la visite de Funchal.

 A Caniçal, nous avons visité le musée consacré à la pêche à la baleine qui a  été pratiquée sur l’île jusqu’en 1981. Impressionnant !On y présente des  os de cachalot ainsi que des infos sur leur vie sous les mers et leur  extinction. Le clou de la visite  est la projection d’un film vidéo d’une  vingtaine de minutes démontrant le courage des anciens chasseurs de  cachalot à Caniçal et dans l’est de Madère il y a quelques décennies. On y  voit divers personnages du village qui, à côté de leur métier quotidien,  excellent dans la dangereuse pêche au cachalot (+ ou -20m). Quand un  banc de cétacés était repéré au large par le veilleur, une fusée était  tirée et le drapeau blanc hissé. Chacun abandonnait alors sa tâche pour  se précipiter au port et unir ses forces, pour une bataille entre l’homme  et la nature, dans l’espoir d’arrondir des fins de mois très difficiles. Ce  film permet d’apprécier les changements socio-économiques radicaux qui  se sont opérés dans l’île en 30 ans et de prendre la mesure du dénuement  matériel qui était alors la réalité d’une petite île perdue au milieu de  l’océan. La richesse apportée par les cachalots étaient à l’époque  inestimable et pas un gramme des mastodontes marins pêchés n’était  alors gâché : huile avec graisse et tête, viande, farine avec os et certains  étaient gardés pour la sculpture…

 C’est en bus que nous sommes retournés à Funchal. A lui seul le trajet  vaut le détour tant par la conduite « sportive » du chauffeur que par la  variété des paysages revus. Une fois là-bas, nous avons visité l’église du  Colegio qui fait face à la cathédrale. Autant celle-ci est sobre, toute de  pierres de lave brun rouge et murs d’un blanc immaculé avec un  plafond  de cèdre patiné qui laisse difficilement voir les scènes décrivant les  grandes découvertes qui y gravées, autant l’autre qui est l’église édifiée  par les jésuites est riche : dorures, chapelles, reliquaires en bois doré  (dont celui du martyre de Sainte Ursule et des 11000 vierges  l’accompagnant)…Il faut dire qu’elle a été construite après le retour des  grandes découvertes dont celle de l’or et que sans doute un des  buts  cachés poursuivi lors de sa construction est de démontrer qui a le pouvoir  (les jésuites ou l’évêque) et l’argent.

 Nous avons aussi observé que les Madériens, comme les Portugais, sont un  peuple très croyant et pratiquant : chaque fois que nous sommes entrés  dans un édifice religieux, petit ou grand, nous y avons vu des gens  agenouillés priant, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes. Autre  particularité aussi pour nous en tout cas : il y a toujours un prêtre  présent dans un des confessionnaux et une petite lampe rouge s’allume  chaque fois qu’un Madérien tente de racheter son âme. Et elles s’allument  souvent. Ainsi dans la cathédrale nous avons vu une maman poussant un  buggy et tenant par la main une petite fille de 4 ans, se diriger vers le  confessionnal, s’y agenouiller avec ses enfants à quelques mètres d’elle  l’attendant calmement, exemple montrant qu’ici la religion est intégrée à  la vie.  Probablement est-ce ainsi plus par les gestes que la foi se  transmet.

 Une dernière particularité observée est la manière de séquencer la  semaine : chez nous chaque jour a un nom. Ici, seuls samedi et dimanche  en ont un, le dimanche est considéré comme le premier jour de la  semaine. Les autres jours sont « numérotés » : lundi devient « segunda »  mardi « terça », mercredi « quarta », jeudi « quinta », vendredi  « sexta ». Cela donne donc lieu parfois à des confusions et la solution est  alors d’écrire… 

 Voilà, demain si la météo se confirme nous mettons le cap sur Agadir au  Maroc.

 A bientôt donc

 

 PS : certaines photos de l’album ont été prises du bus….   

 

   Supplément Gratuit

 

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…