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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 10:28


 Le 5 novembre.

 Après avoir réglé la note (douloureuse), les deux marineros, l’un en          zodiac, l’autre sur le catway, nous aident à dégager : la place n’a pas très  grande et dans ce cirque, le vent, faible certes, tourbillonne quand même,  et aurait tôt fait de nous déporter d’un côté ou de l’autre. Départ sans  gloire donc, mais c’est mieux que de se payer une coque ou un balcon.  Tout se passe bien, nous ne touchons rien, et ce sans l’aide de nos anges  gardiens.

 12h30 : dès la sortie du port, nous hissons la grand-voile avec un ris de  précaution et déroulons le génois, le vent étant dévié par la pointe Sao  Lourenzo.

 14h : nous avons dépassé la pointe et le vent n’est pas suffisant pour  garder le ris ; nous larguons et la vitesse s’établit à environ 5,8Nds, vent  entre 8 et 13 Nds, houle de N-E de 2m.DSC02013

 15h : nous longeons (pour un bout de temps, elles sont orientées SE/NW,  pratiquement notre cap…) les Iles Désertas, inhabitées où on ne peut  débarquer que moyennant une autorisation et dans des conditions de  précarité telles que nous préférons éviter. Soudain, des dauphins  arrivent. Ils ne restent pas longtemps mais nous gratifient de sauts  périlleux plusieurs fois. Tu vois Marie, il suffit de demander et ils sont là.  Nous leur avons transmis tes bisous.

 17h : le vent est toujours de NNE avec des variations vers l’est de 10 à  15° et de 5nds en force soit entre 8 et 13Nds de vent apparent, celui-ci  se renforçant quand le vent réel refuse. Pour les non-initiés, le vent  apparent est une composante du vent réel et de la vitesse du bateau. Il  est plus faible que le vent réel quand celui-ci souffle de l’arrière, mais se  renforce au fur et à mesure qu’il passe du travers vers l’avant du bateau,  pour atteindre le maximum de différence au plus près, c’est-à-dire  à  environ 45° de la route du bateau. On dit que le vent refuse quand sa  direction se rapproche du cap que fait le bateau. Nous marchons en ce  moment au 120 et le vent est au mieux au 30 soit NNE mais il a tendance  au passer au 40 et même 45 soit NE dans ses variations, ce qui explique  en partie aussi l’augmentation du vent apparent. La mer reste agitée et  cuisiner dans ces conditions est acrobatique : nous nous contenterons  donc de finir le poulet et le taboulé préparé pour la traversée.

 19h30 : pris un ris, le vent apparent monte à 18nds. La vitesse ne tombe  pas (7,3nds) mais l’allure est plus confortable, le bateau gîte moins, et la  barre est moins dure. La houle de NNE est toujours bien présente et  contraint Trevor ( le pilote…) à travailler beaucoup dans les coups de  gîte. Mais nous avançons bien, la mer n’est pas trop agressive et la nuit se  déroule sans changement majeur, pour une fois : habitués à la  Méditerranée, nous avons remarqué qu’au contraire de ce qui s’y passe, le  vent a tendance à se renforcer en Atlantique la nuit. Vers minuit, nous  apercevons notre premier cargo, route au NW.

 Le 6 novembre : deuxième jour.

 8h : le vent refuse et passe progressivement à l’Est Nord-Est et nous  nous retrouvons au bon plein (environ 60° du vent). L’allure devient moins  confortable, la gîte s’accentue et se déplacer dans le bateau beaucoup  plus difficile. Ce n’est pas hélas le meilleur scénario, ni celui annoncé par  les fichiers météo qui prévoyaient du NNE de 10 à 15Nds. Or, il avoisine  les 18 avec des pointes à 20/22. Si ça continue, on est bon pour le  deuxième ris.

 10h : je prends le deuxième ris et quelques tours de génois pour réduire  les efforts du pilote et rendre la vie à bord un peu moins dure. La vitesse  se stabilise à +ou- 7nds mais la mer se creuse davantage sous l’effet du  vent avec naissance d’une houle secondaire d’ENE (générée par le vent  donc) qui vient se superposer à la principale de NNE, ce qui nous donne  une houle croisée et une mer assez désagréable. A 11h3O, 24 heures  après le départ, nous avons parcouru 157milles ce qui compte tenu des  trois ou quatre premières heures où nous nous sommes trainés à 4nds,  nous fait quand même, une belle moyenne de 6,5 nds.

 13h : le vente refuse encore et la dérive plus le courant général qui nous  déporte vers le sud nous oblige à modifier le cap légèrement vers le  nord : 110° et nous nous retrouvons… au près ! L’allure est très  inconfortable, se tenir dans le cockpit pas simple ( le cap’tain, ça va ; il a  de longues jambes, mais le moussaillon…) je ne vous parle pas du carré où  il faut s’agripper aux mains courantes et à tout ce qui vous tombe sous la  main et les pieds ! Françoise réalise combien les « jolies » fargues qui  entourent la cuisine et la table à cartes sont aussi très …pratiques ! Le  repas de midi sera remplacé par un bout de pain, un peu de charcuterie  et un verre d’eau. Et il y en a qui croient qu’on s’amuse !

 16h : un cargo pourtant pas en route convergente (il passait largement    derrière nous) se déroute pour nous laisser passer : il fait carrément un  360° ! Y en a sans doute qui ont du temps à perdre… Enfin, c’est toujours  mieux que de ne pas se dérouter d’un iota comme c’est assez souvent le  cas. En haute mer, un voilier est en principe prioritaire,  sauf sur un  pêcheur (s’il est en pêche…). Mais il faut pour cela qu’il y ait quelqu’un qui  veille sur le cargo et apparemment ce n’est pas toujours le cas, vu les  nombreux récits de navigateurs contraints de manœuvrer dans l’urgence  alors que la visibilité est bonne, que les feux sont bien visibles… Alors,  nous, on part du principe qu’ils ne nous voient pas et c’est nous qui  bougeons (c’est d’ailleurs plus facile la plupart du temps…) Heureusement  aujourd’hui, l’AIS ( automatic indentification system) nous aide bien : on  repère souvent avant qu’on ne les voie, les cargos, qui sont obligés    d’émettre un signal détecté par un récepteur qui ne coûte plus très cher  (+ou- 200€ …) Ce n’est cependant pas une garantie tout risque car j’ai vu  au moins deux fois, des cargos alors qu’il n’y avait aucun signal : VHF  coupée ou panne du système ? Donc prudence et veille surtout dans les  zones où l’on risque de rencontrer du passage.(les routes « classiques »  sont renseignées sur des cartes spéciales car les cargos n’ont aucune  raison de ne pas emprunter le chemin le plus court : donc tous ceux qui  vont de Gibraltar à New-York par exemple empruntent tous la même  route)

 18h : le vent monte à 22nds, la mer est très agitée à forte, la houle  croisée et les rappels de plus en plus brutaux : je décide de prendre le  troisième ris, de rouler le génois et de dérouler la trinquette. La vitesse  tombe un peu, mais c’est plus confortable. Dans les surventes, elle monte,  malgré le peu de toile, à 7,5nds.

 19h : le vent monte encore d’un cran : 25nds en permanence avec des  pointes à 27. Lassés d’être secoués, nous décidons de prendre la cape (  pour ceux qui ont la mémoire courte voir sa définition dans le récit de la  traversée de Gibraltar  à Porto Santo : arrivée devant Porto Santo) pour  dormir un peu : la nuit dernière, ce ne fut pas fameux, alors zut, un peu  de tranquillité. Instantanément le bateau se stabilise, le roulis cesse et  nous pouvons enfin nous déplacer quasiment normalement. Nous mangeons  enfin chaud et décidons d’aller nous coucher pour récupérer non sans  avoir programmé les tours de veille, rendus beaucoup plus simples par le  fait que le bateau ne bouge quasi pas ( en fait, il dérive sous le vent à  +ou- 1/1,5nds à environ 50/60° du vent, ce qui fait que quand nous  remettrons en route demain, nous aurons reculé de près de 15milles) et  que nous pouvons contrôler la présence de cargos à l’AIS et au radar.  Mais nous sommes en dehors des lignes de cargos et nous ne verrons  personne.

 Le 7 novembre : troisième jour.

 8h : on largue le troisième ris, le vent est tombé à 15nds et a adonné  pendant la nuit : il est NE. Nous repartons frais et dispos, lestés en plus  d’un petit déjeuner pantagruélique.

 9h : on largue le deuxième ris, déroule le génois,  vent mollissant, la mer  s’apaise un peu et l’allure est beaucoup plus confortable : nous sommes  pratiquement vent de travers.

 11h30 : on largue le premier ris, le vent est tombé à 10nds et la vitesse à  4,8nds : les nez s’allongent ! Nous avons quand même parcourus 230milles  en 48h avec un stop de 12h et un recul de 15 milles.

 15h : le vent est remonté à 12nds et la vitesse augmente elle aussi :  5,5nds au largue. La mer se calme de plus en plus et le ciel est  complètement dégagé.

 18h : dans un ciel d’une limpidité exceptionnelle, le soleil descend jusqu’à  n’être plus un point sur l’horizon et soudain, pendant quelques secondes,  nous voyons le rayon vert. Spectacle magique : un rayon vert fluo  pendant cinq à six secondes. Il faut des conditions particulières,  notamment une absence d’humidité sur l’horizon pour que le vert du  spectre solaire soit visible. La plupart du temps, on ne voit que l’orangé et  le rouge au couchant car le reste du spectre (jaune, vert, bleu, indigo et  violet) est dévié vers le haut et donc invisible au niveau de la mer.  (explication empruntée à «  Rayon vert au Cap Horn » de Loïck Fougeron,  édition du Pen Duick, p150).

 20h : le vent est toujours de NNE, force 4 c’est-à-dire environ 12nds et  la vitesse de 7nds. Nous constatons toujours un courant contraire de  0,3nds.

 21h15 : comme à son habitude en Atlantique, le vent forcit en début de  nuit : 20nds mais toujours d’NNE et donc un seul ris suffit, car en plus la  mer n’est pas très agitée. Le centurion étant assez toilé, nous avons  remarqué que près du vent (du près serré jusqu’au petit largue), il vaut  mieux prendre un ris à 15nds, le deuxième à 20nds, la vitesse ne change  pas mais la gîte diminue et le bateau marche mieux. Nous dormirons à  tour de rôle, confortablement car les conditions ne changeront pas la  nuit.

 Le 8 novembre : quatrième jour.

 7h : le vent est toujours pareil ; 12nds de Nord Nord-est. La mer est  restée stable : 12nds de vent, ce n’est pas suffisant pour créer une mer  agitée. Françoise croit apercevoir la terre : nous distinguons en effet  une forme dans le lointain qui semble être un cap (mais c’est peut-être  juste un nuage…). C’est toujours un moment magique que celui où l’on  aperçoit la terre après la traversée…

 9h : aperçu un voilier en route semble-t-il, vers les Canaries : cap au SW.  Le vent mollit, la vitesse aussi, il reste 41 milles pour Agadir.

 9h30 : Nous apercevons de nouveau la terre : c’est le cap Rhir au nord  d’Agadir : cette fois-ci, aucun doute. Le vent se maintient à 12nds mais  adonne : on est maintenant à 110° du vent et la vitesse s’en ressent :  6,3nds.

 10h30 : le vent est tombé à 7nds, la vitesse à moins de 5. Nous ne  voulons pas arriver trop tard, notamment parce que nous n’avons pas de  carte de détail du coin, mais aussi en raison de la présence de nombreux  cassiers et autres filets, parfois dérivants d’ailleurs, signalée par de  nombreux plaisanciers dans les parages. Mister Perkins, voici du travail  pour vous : il reste environ 30 milles.

 16h30 : sans forcer, sans rencontrer de filets ni de casiers (quelques-uns  aux environs immédiats du port, mais bien visibles…) nous nous amarrons  aux catways d’Agadir après avoir parcouru 422,79 milles en 77h, ce qui  ne constitue pas un record de rapidité ni de lenteur. Des plaisanciers  français sont un peu étonnés de notre provenance : Madère, ce n’est pas  habituel comme port de départ pour le Maroc. Ils nous apprennent que  tout est fermé car c’est l’Aïd, la fête du mouton, et c’est sans doute la  raison pour laquelle nous n’avons rencontré aucun pêcheur ni filet  dérivant (tous les bateaux copains rencontrés ici s’en sont pris minimum  un…) en arrivant : z’étaient tous en train de faire la fête ! Celle-ci  durera d’ailleurs pratiquement jusqu’à la fin de la semaine…

 


 

 

 

 

 

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…