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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:23

 


« Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace »   Alexandra David-Neel.

 

 

Nous avons complété l’album picasa « Dakar » avec quelques photos illustrant le problème de l’insalubrité due en grande partie au plastique sous toutes ses formes, à l’abandon sur la plage du poisson qui ne sera pas vendu mais pas perdu pour tout le monde car chats, chiens et vautours se les disputent allègrement. C’est un problème qui touche toute l’Afrique et début décembre, un « sommet » des états de l’Afrique de l’Ouest était organisé sur ce thème.

Une petite vidéo vous donne aussi l’ambiance festive des marchés (remarquez la créativité dans les chapeaux en arrière-plan…)                                                                                                                                      

Comme vous le savez, nous avons quitté Dakar le jeudi 5 décembre à 11h. Au départ, un peu de vent puis plus rien et risée « Perkins « jusqu’à minuit. Enfin le vent se lève et ne nous quittera plus : il est juste bien : NE 10 à 18 nœuds. Nous naviguons quasi vent arrière et nous finissons au travers car le vent refuse.

Notre veille est active entre tous les chalutiers éclairés, les nombreuses pirogues de pêche plus grandes que Manéa (certaines font 22m) sans feux de navigation mais se signalant à nous par de grands coups de torche et les filets heureusement bien éclairés, eux. Les eaux sont très sablonneuses et il y a très peu de fonds (45 m maximum) même à 40M des côtes.

Nous avions calculé notre départ en fonction de la distance à parcourir pour  arriver de jour à l’entrée du chenal de la Casamance et à la marée montante car alors celle-ci nous pousse. Le balisage dans la passe qui a entre 5 et 8m de fonds est franc. Nous avons eu de bonnes conditions pour y entrer car peu de mer mais notre fatigue était bien présente avec nos 24h de navigation. Les déferlantes sur les bancs de sable sont assez impressionnantes quand même.DSC04437

Avant de vous présenter nos découvertes, quelques mots de la Casamance.

La situation de la Casamance ne peut s’expliquer sans une prise en compte de son isolement géographique, héritage des découpages coloniaux. Si vous prenez votre atlas vous découvrez que c’est une région enclavée entre un petit pays anglophone : la Gambie et un pays lusophone, la Guinée-Bissau. C’est de fait une région isolée du reste du Sénégal. A cet enclavement, s’ajoutent de grandes difficultés de communication : un seul bateau relie Ziguinchor au nord (Dakar 2x/semaine)

La Casamance c’est un fleuve long de 350 km qui se ramifie en d’innombrables bras (les bolongs). La mer remonte jusqu’à plus de 100km dans les terres. La riziculture traditionnelle en zone de mangrove reste essentiellement de subsistance comme la pêche. Cela ne suffit pas pour faire vivre la région qui connaît un fort exode rural vers la capitale. Ici pas de savane aride à perte de vue mais des espaces arborés, verts, verts de mangrove et de riz.

Ici, les particularismes culturels régionaux sont forts et dans les discours, perce souvent un mépris des gens « du nord ». Ainsi ayant pris un taxi-brousse pour aller à Oussoye et discutant le prix, je me suis entendu dire que « tu discutes comme une Wolof, toi » (Wolof étant l’ethnie essentiellement présente à Dakar).

Cette région est traditionnellement appelée « le grenier du Sénégal ». C’est là en effet qu’on trouve le plus d’arbres fruitiers et de rizières, la pluviométrie y étant nettement plus importante que dans le reste du pays. Nous nous sommes « limités » à la basse et moyenne Casamance, région de l’estuaire et autour de Ziguinchor où nous avons surtout rencontré des Diolas qui tentent à tout prix de maintenir leurs coutumes contre les influences du Nord. Ici la population est d’abord animiste et puis chrétienne quoiqu’il y ait quelques communautés musulmanes. Tous vivent en parfaite harmonie. Ainsi, comme il n’y a pas d’électricité dans les villages, certains possèdent quand même un groupe électrogène et à Karabane par exemple, celui-ci sert pour l’école, le dispensaire, l’église et la mosquée…Bel exemple de cohabitation…

Armée ? rebelles ? Enlèvements ? Que des bruits « kikour ». La Casamance vit maintenant dans la paix et ses habitants regrettent toutes ces rumeurs qui créent beaucoup de tort au tourisme. Ils soupçonnent d’ailleurs le Nord de les laisser courir, voire de les amplifier pour garder les touristes potentiels…

Notre première escale est Elinkine.DSC04366

Nous y sommes frappés par le calme, l’atmosphère paisible de ce petit village même s'il est grouillant de vie. Village de pêcheurs et donc nombreux départs et arrivées de pirogues. Nous sommes entourés d’oiseaux et leur chant nous réjouit. Ainsi, le matin, les hirondelles de Guinée s’alignent sur Manéa et nous réveillent. Dès que le soir tombe, les djembés entrent en action jusqu’à ce qu’il fasse nuit noire.

Nous ne nous imposons pas, demandons à rencontrer le chef du village. Cela commence toujours par « kassoumaye » (ça va ?) auquel on répond « kassoumaye kep » (ça va bien) et puis : Et la  ? Et le travail ? Ces préliminaires terminés, les adultes tout en nous accompagnant discutent de tout et de rien. Les enfants se groupent autour de nous, nous donnent la main et sont fiers de se promener à nos côtés. Chacun de nous pourrait ainsi voir ses dix doigts « occupés ». Ils nous réclament de les prendre en photos et éclatent de rire quand nous les leur montrons. Ils ne nous demandent rien et leurs parents n’éprouvent aucune inquiétude. Nous sommes à 1000 lieues des peurs européennes…

DSC04525Nous étions partis avec du petit matériel scolaire (on ne se refait pas !!!) : bics, gommes, taille-crayons, crayons de couleur, craies, sacs à dos…et avons donc avec le chef du village rencontré Assane Sambou, le directeur de l’école élémentaire (400 élèves uniquement en primaire pour 2000 habitants…Cela vous donne une idée du nombre d’enfants…) à qui nous avons donné une partie de notre cargaison avec pour lui mission de les donner, distribuer à qui en aura le plus besoin. Il était très reconnaissant pour ce don mais en même temps ennuyé car sa mission de distribution s’avèrera difficile. Les conditions de travail pour les enseignants ne sont pas faciles : classes surpeuplées et à degrés par manque d’enseignants, mobilier « rustique », matériel quasi inexistant…Ainsi avec beaucoup d’humour, nous faisant visiter son école, il ouvre une porte nous disant : « le bureau du directeur. Mais peut-on parler de bureau quand la pièce est vide et qu’il n’y a même pas de table ? » Salaire basique quand il est payé (nous avons entendu à la radio sénégalaise mi-décembre que les militaires et les enseignants allaient faire grève car ils attendaient toujours leurs salaires d’octobre et de novembre…) Et nous qui nous plaignons quand le nôtre est payé avec un jour de retard…

Quelques petits travaux d’entretien pour Manéa : nettoyage de la coque pour la moussaillonne, réparation des coutures décousues à la capote pour le capitaine et encore une révision pour le moteur de l’annexe qui n’en fait qu’à sa tête depuis le début de notre saison c’est-à-dire ne pas démarrer et cela malgré 2 révisions paraît-il bien faites aux Canaries et pas gratos…Aussi ici, cherchons-nous Modou, le mécano du village. Il est paraît-il, le spécialiste des moteurs pour les grosses pirogues mais ne connaît pas les petits et pourtant lui, parviendra à le faire démarrer. Il est heureux de ne avoir rendu ce service et quand nous lui demandons son prix il nous répond : « c’est toi qui voit. Donne ce que tu veux » et il est très heureux avec ce que nous lui donnons : 3000cfa (l’équivalent de 4,5€, ce qui rassurez-vous, était très correct)

Au village, les femmes font sécher le poisson et nous sommes étonnés de n’y voir aucune mouche malgré la chaleur.

Nous nous octroyons une excursion : au pied du fromager,DSC04415 nous prenons un taxi-brousse direction M’Lomp, petit village à une dizaine de kms avec encore un habitat traditionnel (cases à étage en « banko »= argile rouge), un musée de la vie diola, baobab sacré…C’est Léon, qui s’improvise notre guide et ses explications sont très intéressantes. Nous découvrons une pirogue en construction au pied d’un fromager abattu cette année. Nous sommes étonnés par la légèreté de ce bois qui est déjà sec.

Ensuite direction Oussoye, avec pour projet de saluer le roi mais pas de chance, ce dimanche a été décrété par celui-ci jour sans femme dans la ville. De fait il n’y a que des hommes et donc pour nous pas question de le saluer. Le rôle du roi est important : il est le représentant de Dieu (les Sénégalais sont d’abord animistes avant d’être chrétiens ou musulmans) et c’est lui qui règle les conflits de personnes (un peu comme le juge de paix chez nous), vient en aide aux démunis… tandis que le chef du village lui est le représentant du pouvoir politique.

Le mardi 11 décembre nous levons l’ancre et remontons le fleuve un peu plus loin et c’est à la pointe Saint Georges que nous mouillons. Juste avant notre mouillage nous avons été « arraisonnés »par le zodiac (1 des 2 boudins dégonflés) des militaires (sans uniforme…,) l’un mitraillette au poing et un second nous questionnant : d’où venez-vous ? Où allez-vous ? Combien de membres d’équipage ? Mais ni papier ni stylo pour noter…

Après avoir mouillé, nous découvrons un adorable petit village de cases. De la fumée nous  attire et là découvrons un four à pain en « banco »  et faisons la connaissance d’Ousmane, boulanger débutant : c’est seulement le 2ème jour qu’il y cuit son délicieux pain au feu de bois. Durant les 3 jours vécus dans cet endroit idyllique, nous nous sommes régalés de ce pain dont la saveur m’a rappelé les couques que Mammy confectionne avec les « restes » de sa pâte à tarte. Comme à Elinkine, ici pas d’eau courante mais des puits gardant précieusement l’eau récoltée durant l’ »hivernage »(= saison des pluies) et pas d’électricité. Aussi le soir, dès 8h, plus un bruit, chacun dort…Vie simple et saine rythmée par le lever et le coucher du soleil, le travail aux champs ou à la pêche, les œufs, poulets cochons et chèvres, les fruits et légumes de saison… Ici chacun mange à sa faim…DSC04560A la pointe Saint Georges, nous avons vécu 3 jours de bonheur…Un petit campement y propose  de délicieux repas, des jus naturels (bissap, bouye (fabriqué avec le pain de singe, fruit du baobab) le tout assaisonné de bonheur. Clara et Gilbert le transpirent. Michel, leur employé, lui nous propose des balades découvertes. Sans lui, jamais nous n’aurions osé marcher dans la mangrove et la mer avec de l’eau parfois jusqu’à la taille vers Petite Pointe, village de pêcheurs qui eux n’ont même pas de puits. C’est donc un des leurs qui en pirogue va s’approvisionner dans un village voisin, y remplit des jerrycans, les ramène et puis les vend. Ce village pourrait sembler être un décor pour le tournage d’un film évoquant la vie au début du XXème siècle en Afrique : poules, poussins, cochons et porcelets se promènent dans les allées de sable ou entrent dans les maisons, les femmes font sécher et fument le poisson tandis que les hommes se reposent de la pêche. Les enfants jouent au foot avec une boîte vide de margarine… Pourtant, non, cela n’a rien à voir avec une BD (Tintin au Congo par exemple), nous sommes dans la réalité. Ces gens vivent cela chaque jour et ils ne semblent pas malheureux. Leur accueil est chaleureux.DSC04466

Mais il n’y a pas que les villages et leurs leçons de vie qui valent le coup. La nature est là avec sa mangrove, ses oiseaux, ses poissons et ses bolongs.DSC04508 Et c’est là que Michel nous emmènera dans sa pirogue : découvrir les recoins secrets du bolong aux crocodiles. Sa viande est paraît-il excellente…Ouf…Nous n’avons vu que la peau de celui tué il y a deux semaines…Quelle paix, quelle nature luxuriante…

Et puis, vendredi 14, nous quittons avec regret cette belle pointe et mettons le cap sur Ziguinchor, plus avant dans les terres. Navigation de 3h sans problème et découverte d’une petite ville provinciale où nous pourrons faire un avitaillement plus complet surtout pour les fruits et les légumes avant notre départ pour les îles du Cap Vert, plus précisément à Sal, où nous devons être arrivés au plus tard le 29 décembre puisque c’est là que Barbara, Matthieu  et Mathias viendront nous rejoindre pour une semaine.

Le Sénégal a maintenant pour nous plusieurs visages : Fatou, Aïda, les courageuses mama lessives du CVD, Moussa et Sadjiu, les passeurs philosophes, Mola le réservé, qui a gardé Manéa durant notre escapade à Saint-Louis, Dieudonné le souriant, Diego et Moustapha les voiliers, mama bijou et mama nougat, Nancy, Léon, Ismaïlova notre guide au Djoudj, Modou le docteur hors-bord « Mac Gyver », Clara et Gilbert ainsi que Michel les rois du cocktail bonheur, Assane Sambou directeur de l’école et sa famille, Ousmane le boulanger…DSC04443Autant de visages d’hommes et de femmes, fiers de leur pays, heureux que nous nous y intéressions, astucieux et débrouillards, vivant simplement et proposant spontanément leurs aide (ainsi par exemple à Dakar, Aïda m’a accompagné au marché HLM, marché des tissus pour les africains en  se faisant un devoir de marchander pour moi les prix), joyeux, s’intéressant à notre vie et ne comprenant pas par exemple la notion de froid. Pas question de comparer avec le frigo ou le congélateur. N’ayant pas d’électricité peu en possèdent un, fonctionnant alors au gaz. Et à 20° ils mettent déjà leur polaire et bonnet à pompon…Alors pour eux la neige, c’est une notion plus qu’abstraite…

 

https://picasaweb.google.com/117764391907794569223/Casamance

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Published by manéa - dans 2012-2013
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…