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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 12:34
 Nous vous avions laissés à Majorque en août dernier et depuis, plus rien... Un peu de paresse  (l’effet du « sud » sans doute déjà), quelques péripéties expliquent (mais ne justifient pas, nous savons...) ce silence.

Nous avons traversé vers Ibiza où bizarrement, (peut-être était-ce dû  à la fin du mois d’août) il y avait nettement moins de monde. Nous y avons retrouvé (en tout cas pour moi, car Françoise ne connaissait pas ...) de très beaux mouillages -Espalmador,  cala Portinax,...- , rencontré des gens sympas , les Zéphirs (www.catazephyr.net), d’autres moins avenants (un bateau battant pavillon belge avec un lion des Flandres cousu au milieu : totalement illégal !) puis vers le 10 septembre, nous avons traversé vers le continent, Oliva, petit port  près du cap de la Nao, où nous devions laisser Manéa pour un retour éclair en Belgique pour assister et participer au  mariage d’Emeline (une des filleuls de Françoise) et de Xavier. Ce fut aussi l’occasion de retrouvailles « éclair » avec nos familles quittées depuis trois mois. La leçon que nous en tirons, c’est que rentrer pour une si courte période n’est pas à refaire car cela génère un sentiment d’insatisfaction  et de frustration des deux côtés : nos familles nous ont perçus comme des éclairs, nous n’avons pas pu voir tout le monde et quand nous nous sommes rencontrés, c’était en « coup de vent » et puis beaucoup travaillaient et donc il n’y avait de libre que soirées et we ...Donc à éviter...

Retour le 21 en compagnie d’Anne-Marie, une de nos amies de Petit-Dour, embarquement de Jacqueline et Pierre qui « hivernent » chaque année au camping d’Oliva, pour quinze jours de croisière à Ibiza.DSC01108

Beaucoup de découvertes pour Anne-Marie, de souvenirs pour Pierre et Jacqueline qui connaissaient déjà Ibiza (voyage de noces, découverte début des année 90 avec Hiva OA et leur propre bateau Eos, puis redécouverte avec Manéa deuxième du nom –Kelt 9m- en 95 et 96 ). Espalmador, où Pierre se fait piquer par une vive (Peix arena) Peix aranaet en gardera un pied gonflé et douloureux pendant près de deux mois, découverte en bus de la ville d’Ibiza, et retour début octobre à Oliva pour l’avion d’Anne-Marie, et notre retour prévu à Hyères.

Mais ce beau programme souffrira de quelques aléas.Portinax Nous allons attendre prés de trois semaines en vain une fenêtre météo favorable pour remonter. Il faut dire qu’ « on «  ne nous a pas facilité la tâche : vents de secteur Nord ou Est constants et costauds (et donc dans le pif !), nous avons d’ailleurs vécu une belle tempête dans le port avec des vents atteignant 52 noeuds), météo France en grève (et donc pas de prévisions à 7 jours ni même parfois pas de prévison du tout !)  et pour finir, ma maman qui ne va pas bien  du tout et qui réclame notre présence là-haut.Tempête d'est...

Tout cela, et la possibilité de laisser le bateau à Oliva dans des conditions financières acceptables (mais à l’eau, hélas : je n ‘aime pas du tout ça...) fera que nous reprendrons l’avion fin octobre, en laissant Manéa aux bons soins des marineros.DSC01223

Nous redescendrons un première fois fin janvier pour vérifier la bonne santé de notre bébé : à part une amarre explosée et deux défenses crevées, pas de bobo. Nous en profiterons pour faire de chouettes promenades dans l’arrière-pays (impossible à faire en été : trop chaud !) et un voyage à Grenade en car.Randonnée dans l'arrière-pays

Et le 29 mars c'est notre dernier retour vers l'Espagne, avec pour objectif de remonter le bateau vers la Côte d'Azur pour pouvoir le tirer au sec, le caréner, faire vérifier nos voiles, entretenir le moteur et y faire les travaux indispensables pour notre vrai départ fixé à la mi-septembre. Durant notre galop d'essai, nous avons pu mieux calculer nos consommations d'eau et d'énergie, et donc nous pouvons maintenant mieux évaluer ce qui nous est indispensable pour vivre en autonomie.  Pour l'eau, nous consommons en moyenne entre 1O et 12 l à nous deux quotidiennement( toilette, vaisselle, préparation des repas...) et donc avec nos 3 réservoirs de 25Ol, nous avons de quoi tenir au moins 50 jours. Un coûteux et fragile  dessalinisateur ne s'avère pas indispensable. Cette utilisation réfléchie de l'eau douce, nous pose question face au "gaspillage" de l'eau que nos sociétés pratiquent en créant une série de «  besoins » inutiles selon nous : ainsi par exemple est-il vraiment nécessaire de prendre un bain ou une douche chaque jour ?. Cette utilisation peut vous sembler " spartiate" et pourtant nous ne sommes pas en manque, nous avons plutôt le sentiment de revenir aux valeurs essentielles et d'être davantage en harmonie avec la même conception respectueuse de l'eau que celle des habitants des pays que nous visiterons et où elle est parfois si rare et donc si précieuse( ex: les îles du Cap Vert)

Pour l'énergie, nous avons besoin d'environ 75Ah /jour (frigo, instruments de navigations... et donc cet été, l'électricien installera des panneaux solaires de 300w afin de compenser notre consommation quotidienne sans avoir recours nécessairement au moteur pour produire ce courant. De plus, comme nous allons vers des pays où le soleil sera normalement très présent, nos panneaux seront, nous l'espérons, le meilleur moyen d'arriver à nos fins. Nous n'envisageons pas pour l'instant l'éolienne, à cause du bruit qu'elle génère souvent, sa relative fragilité et surtout, son inefficacité aux allures portantes où la vitesse du bateau réduit sensiblement le vent apparent. Espérons que nous ne le regretterons pas.

Lors de nos différents A/R vers Valencia, nous avons volé avec Ryanair et sur ces quelques mois, nous avons pu observer des changements importants, notamment dans la vérification des dimensions et poids des bagages à main : ainsi maintenant, ceux-ci doivent obligatoirement être tous pesés entre la sécurité et l'embarquement et attention, cela ne rigole pas ! C'est quasi au gramme près !

Le mardi 29 mars a donc été pour nous une fois de plus, une journée marathon avec l'utilisation de tous les transports en commun : train jusqu'à Charleroi Sud, bus de la gare à l'aéroport, avion, métro de l'aéroport à la gare de Valencia, train jusqu'à Gandia, bus jusqu'à Oliva et enfin « pedibus » jusqu'au port… où nous retrouvons un bateau accueillant avec son carré tout neuf(nous avons fait recouvrir les coussins du carré et changer les rideaux pendant l’hiver). Nous nous empressons de prendre la météo car nous voulons remonter au plus vite dès que les conditions nous le permettront. Nous appareillerons le samedi 2 avril à 11h35, cap sur les Baléares. Mercredi et jeudi nous faisons l'avitaillement pour notre traversée, mettons à poste génois et trinquette, vérifions le moteur, faisons le plein d'eau…Pas de quoi s'ennuyer donc. Quant à partir ( débuter une croisière) le vendredi, tous les marins savent que cela porte malheur…Superstitieux le capitaine ? Non, non…Je ne lui connais que deux exemples où cela s'applique : interdiction de parler de « longues oreilles » à bord et de prendre le départ d'une croisière un vendredi !DSC01492 Lors de notre départ, nos amis Pierre et Jacqueline qui ont mis à l'eau leur bateau à moteur EOS nous accompagnent durant les premiers milles. Merci à eux pour tous les moments partagés : repas, balades…DSC01254

Au début de notre croisière, le vent est variable et nous « jouons » plusieurs fois avec le génois : déroulé bâbord, roulé, redéroulé tribord, reroulé…Après 3h de ce petit jeu, c'est la risée Perkins qui prend le relais. Après une demie heure de ce rythme, Eole se vexe et commence à souffler : il ira jusqu'à 23 N et la mer est agitée. Nous naviguons au près bon plein, le bateau gîte et le moussaillon ne se sent pas bien, même pas intéressé par le spectacle de deux globicéphales très près de Manéa et les paroles du capitaine se vérifient : manger des jolies choses pour les revoir jolies lorsqu'elles font le chemin du retour. En fait, il y a longtemps que nous avons navigué et il faut donc le temps de s'amariner ; après deux « Mercalm » et du repos, le moussaillon pourra reprendre son poste et assumera son quart de nuit. A 4h20, le vent forcissant nous prendrons un ris dans la grand-voile : exercice réalisé sans problèmes malgré le vent et la gîte. Nous nous coordonnons de mieux en mieux. Dimanche matin, le vent mollit et tombe complètement et nous rappelons mister Perkins à la rescousse. Début d'après-midi à notre arrivée sur Majorque (Puerto Soller), une bande de joyeux dauphins vient à notre rencontre : spectacle toujours magique que de les voir accourir au loin à la rencontre du bateau en jouant, sautant et puis cabriolant autour de l'étrave du bateau pour nous souhaiter la bienvenue. A 16h15, nous mouillons à Puerto Soller après avoir parcouru 150 Milles. Nous y resterons jusqu'au mardi 5 avril car du vent assez fort et surtout contraire(N F4à6) est annoncé. Il est bien là à l'extérieur de la baie , nous voyons des moutons (= écume) sur la mer mais à l'intérieur, rien sinon quelques rafales à 16N sachant que nous sommes à l'abri. Nous nous reposons et profitons de ce bel endroit très différent de la vision que nous en avions eu l'été dernier : 3 bateaux seulement au mouillage : un anglais, un suédois et un belge !

Le mardi 5 à 8h40, la météo est bonne et nous quittons Puerto Soller, direction Hyères. Le vent est très capricieux, variable et après plusieurs essais avec les voiles, ce sera dès le début de l'après-midi, le moteur qui prendra la relève car Eole nous boude. La mer est » d'huile », nous nous organisons pour notre veille, croisons très peu de cargos, admirons les spectacles du coucher de soleil et les cieux super étoilés, lisons, dormons, préparons les repas. Nous avons vu aussi beaucoup de débris de bois et à nouveau, nos amis les dauphins sont venus plusieurs fois nous faire coucou. Là, au milieu de la mer, sur cette immense étendue d'eau, nous ressentons de manière beaucoup plus aigüe que sur terre l'infiniment petit et l'infiniment grand : petitesse de l'homme face à la force des éléments, fragilité de l'équilibre de la nature, beauté de tous les spectacles offerts : il est difficile de décrire les tonalités offertes par les couchers de soleil, quotidiens mais chaque jour majestueux et magiques : une boule de feu orange descend peu à peu dans le ciel et plonge dans l'eau qui s'irradie à son tour, le ciel passe au rose, à la gamme des mauves tandis qu'à l'est, ce sont des gris de plus en plus foncés qui l'envahissent. Sentiment de solitude et en même temps complicité, confiance en l'autre quand, surtout la nuit, il est de quart et veille pendant que l'autre se repose. Temps de réflexion et de plénitude. Simplicité de la vie à bord.

Le jeudi 7 au matin, Eole sort de sa retraite et nous pouvons enfin couper le moteur. En vue de Porquerolles, il faudra même prendre deux ris dans la grand-voile et quelques tours au génois. A 16h, à l'approche de la petite passe entre Porquerolles et le Grand Ribaud, on amène la grand-voile au portant et ce sera assez sportif. Le vent n'est plus paresseux (25N) et l'arrivée dans la rade est musclée, nous gîtons et prenons de la vitesse. Finalement, c'est à 17h50 que nous mouillerons devant le port d'Hyères après avoir parcouru 255M depuis Puerto Soller. En tout notre trajet retour aura été de 405M depuis Oliva.DSC01533

Durant ce galop d'essai avec Manéa, quatrième du nom, nous avons parcouru en tout 2132M, nous nous le sommes appropriés, avons mieux cerné ce que nous devons améliorer pour notre autonomie et notre fonctionnement d'équipage. Nous avons aussi reçu une multitude de cadeaux de dame nature qui ont éveillé tous nos sens : caresse ou brûlure du vent et ou du soleil sur notre peau, éclaboussure des embruns, chant de la mer contre la coque et du vent dans les voiles et les cordages, spectacles multiples : levers et couchers de soleil, ciels étoilés, dauphins et baleines, odeurs et parfums divers….Nous rentrons comblés et avec un profond sentiment de paix et d'harmonie.

 

 

 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 19:04

Tout d’abord des nouvelles rassurantes du doigt du capitaine : il est maintenant guéri mais hélas il ne pourra plus jouer de la guitare durant un certain temps ,ce qui est vous en conviendrez est dommage lorsque l’on se trouve au pays de la guitare mais bon, sans son index gauche, il ne peut plus faire ses accords.

Ce mercredi 25 août au soir, nous sommes arrivés à Majorque et plus précisément à Pollençia. La baie est très grande et il y a peu de bateaux au mouillage comparé à Minorque.

Le lendemain, nous nous reposons et partons à la découverte de Port Pollençia qui est dirons-nous, un gros bourg. La nationalité la plus représentée ici ce sont les allemands. Lorsque, comme tous les soirs, nous écoutons la météo marine sur France Inter le vent annoncé n’est pas bon pour nous et donc le lendemain nous décidons de partir, ce que nous faisons de très bon matin. Mais là, au moment de relever l’ancre, problème, elle est en fait coincée par une chaîne cassée qui traînait sur les fonds. A force de manoeuvres soit par l’avant avec l’aide du guindeau pour le capitaine et à l’arrière pour le moussaillon à la barre (marche arrière, marche avant...),elle se décroche et nous pouvons partir. Ouf, l’adrénaline était montée! Le fusible du guindeau a disjoncté, il faut le réenclancher, ce sera le seul problème.

Nous mettons le cap sur Porto Soller, qui se trouve à la moitié de la côte ouest de l’île. Pour l’atteindre, nous parcourerons 35 nautiques. Le vent est avec nous dès le départ mais, peu après le cap Formentor,DSC00904 il nous abandonne pour revenir à 15 milles de l’ arrivée mais dans le nez, ce qui ne nous arrange pas car en plus la mer s’agite. Tout au long de notre navigation, nous n’avons pas assez de nos yeux pour contempler la Tramuntana, chaîne de montagne qui se jette parfois de manière spectaculaire dans la mer en nous révèlant des paysages rocheux variés et spectaculaires et en dissimulant des petites criques plus belles les unes que les autres. Nous sommes loin de la monotonie du relief de Minorque. Ce petit port de 1000 habitants se situe au fond d’une baie semi-circulaire,DSC00942 très protégée de tous les vents mais pas de la houle et cela, nous l’avons bien vérifié les deux nuits suivantes !! C’est l’une des plus anciennes stations balnéaires de l’île et il en reste des constructions un peu vieillottes et une ambiance très familiale. Près de nous mouillent des allemands et des anglais. Ce soir ce sera à une plaisancière anglaise que nous remettrons la palme du divertissement : en effet, en top less, elle “fait le samedi de son bateau“(même si nous sommes vendredi) mais le clou du spectacle, c’est qu’elle a mis de longs gants de caoutchouc verts et des bottes vertes. Je vous laisse imaginer le tableau car je n’ai pas osé la photographier d’autant que, très régulièrement, elle nous lançait des “hellos”....

Samedi matin, le temps est calme et nous pouvons sans crainte abandonner Manéa. Nous décidons de jouer les touristes et d’aller visiter Palma d’abord en rejoignant Soller par le vieux tramwayVers Palma qui relie Port Soller à celle-ci, et puis par le vieux train, qui traverse la Tramuntana à travers des paysages magnifiques de champs d’oliviers en terrasse et d’orangers. Le parcours est très agréable.

A notre arrivée à Palma nous sommes de suite séduits par son côté humain , il est agréable de se promener et de flâner dans les ruelles de la vieille ville, la ville reflète sa richesse à travers ses nombreuses constructions.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 17:59


Virée aux Baléares.

 

Lorsque nous vous avons quitté la semaine dernière, nous étions nostalgiques, alors rien de tel que l’action pour faire passer ce coup de blues.

Notre projet est de quitter la France pour gagner les Baléares et en premier lieu Minorque : une navigation plus longue que pour aller en Corse, et c’est bien d’augmenter progressivement la difficulté.

Nous avitaillons Manéa, faisons provision de camenbert “Coeur de Lion” (la “came”  du capitaine et pub gratuite...) mais une fois de plus, Eole a décidé de nous faire progresser dans l’apprentissage de la patience et pendant quatre jours, nous serons forcés de rester au mouillage devant Hyères. Alors pour m’occuper, ayant trouvé des pêches pas chères, je nous fais des confitures. Elles remplaceront toutes celles que nous avons déjà mangées. Autre occupation : la dégustation de glaces, péché mignon du capitaine qui devient un expert et la fréquentation du cyber-café et du port pour y consulter la météo.DSC00781

Enfin, ça y est! Le 18, nous pouvons enfin partir et de bon matin nous levons l’ancre. L’île de Porquerolles au loin est ceinturée par une écharpe de brume, beau spectacle mais qui nous en prépare un autre. A peine entrés dans la petite passe entre la presqu’île de Giens et Porquerolles, nous sommes dans la purée de pois, on ne voit pas à 100m et chacun utilise la corne de brume pour se signaler. Le spectacle et l'ambiance sont assez surnaturels mais oh combien, stressants!. Après deux heures d’errance dans ce “fog”, nous redécouvrons le bleu de la Méditérranée dans le ciel et l’eau. 

La traversée s’effectue sans problème, le vent est avec nous mais faible au début. La première nuit est claire, et durant mon quart, je vois cinq étoiles filantes mais je ne vous révélerai pas mes voeux. La fin de la deuxième nuit sera moins cool, car à notre arrivée sur Minorque, le ciel est plein d’orages et le vent et la mer se lèvent. Nous n’entendons pas le tonnerre mais nous voyons une multitude d’éclairs zébrer et illuminer le ciel. Durant notre traversée, nous avons croisé deux ou trois bateaux ou ferries maximum. Celle-ci a duré 50h pour parcourir 236 Miles : pas de record de vitesse battu!

Le jour se lève et nous mettons le cap sur Ciutadella, deuxième ville de Minorque. De loin, au bord de la mer, nous croyons apercevoir des caravanes rangées les unes à côté des autres mais ce sont en fait, des maisons identiques collées les unes aux autres :  ce n’est pas du meilleur goût esthétique. Le long des côtes, il y a quelques horribles constuctions avec des grands hôtels en forme de barre qui défigurent le paysage,DSC00836 mais heureusement des réalisations urbanistiques plus récentes essayent de rattraper difficilement ces conceptions architecturales du passé . 

Minorque est l’île la plus au nord des Baléares et n’est guère élevée : en moyenne 60 à 100m, elle forme une sorte de plateau, de “table “ posée sur la mer et découpée par une multitude de petites anses appelées “calas” qui constituent des mouillages agréables : la première que nous fréquenterons à notre arrivée, est la cala “San Saura”: une baie circulaire, entourée de pins avec une eau bleue turquoise sur un fond de sable blanc, mais que de monde!!! Des voiliers, mais aussi une multitude de petits bateaux à moteur loués à la journée et qui mouillent n’importe comment et n’importe où. En moins de temps qu’il n'en faut pour le dire, nous sommes cernés! De plus, au milieu de tout cela, des vedettes de promenade viennent amener leur lot de touristes pour les faire plonger ou mieux leur faire descendre le toboggan situé à l’arrière du bateau .Tout cela évidemment très discrètement!DSC00801

Le capitaine n’en croit pas ses yeux, lui qui me présentait Minorque comme une île calme, peu fréquentée, doit revoir son opinion, qui datait il est vrai, de 1996. Nous devons sans cesse couver Manéa pour éviter les “abordages”. Mais le soir, la cala retrouve son calme. Fatigués par cette surveillance et notre traversée, nous passons une nuit excellente et le lendemain, nous mettons le cap sur la cala Macarella, qui est très sauvage, située entre deux parois de falaises, avec des pinèdes recouvrant les rives jusqu’en bordure de deux petites plages de sable au nord et à l’ouest. Mais surprise, l’entrée de la cala à l’ouest est fermée par des bouées. Peu de bateaux, mais il est tôt. Dès midi, une mutitude de petits bateaux à moteur envahissent à nouveau les lieux n’importe comment. Est-ce parce que nous sommes le week-end? Faut-il penser à naviguer hors juillet et août? 

Il fait chaud et nous mettons le taud. Le capitaine veut perforer la toile avec son opinel pour la refixer, et se tranche le bout du doigt. Heureusement pas trop grave, notre pharmacie contient des “strips” et il n’en gardera qu’une jolie cicatrice mais pas de baignade avant quelque temps! Le spectacle ne manque pas, et nous ne nous embêtons pas entre les ninos qui plongent en vrille, le phénomène nudiste pagayant sur une planche mais avec sac au dos (beaucoup plus d’hommes nus que de femmes), les gamins faisant leur numéro devant les filles et vice-versa et surtout la beauté du lieu, les poissons qui prennent la pose...DSC00821

Dimanche matin, après avoir levé l’ancre, cap sur la cala Trebalunga, où nous espérons avoir un peu plus de tranquillité mais là horreur, les bateaux viennent déposer leur horde de touristes qui, tels des fourmis, envahissent la plage.DSC00830 Dépités, nous partons vers le sud et à notre rythme, flânons le long de la côte, tout en contemplant le travail spectaculaire de la mer qui a érodé le bas des falaises en y creusant des grottes qui pourraient accueillir notre bateau excepté la hauteur du mât.DSC00873 Le soir, nous mouillons à l’abri du cap Fonts, nous y sommes enfin seuls! Dès le lever, nous mettons le cap sur Mahon, capitale de l’île, bâtie sur une falaise de 50m et qui domine l’un des ports naturels les plus sûrs de la Méditerranée. Profonde entaille du plateau côtier qui s’enfonce de trois milles dans les terres, elle a constitué un enjeu stratégique majeur pour le contrôle de la navigation depuis l’Antiquité jusqu’au début du 19ème siècle. De nombreuses calas creusent les rives nord et sud de ce vaste fjord, mais l’appât du gain les a faites fermer par des bouées payantes ou par des pontons flottants. Pas d’autre alternative que de s’amarrer à l’un ou l’autre de ces endroits payants si on veut visiter la ville, pas d’indication non plus sur le coût. Nous nous amarrons au ponton de bois flottant Cristina sur lesquels il y a eau, electricité et poubelles.DSC00899 Nous ne voyons personne et en annexe, nous gagnons la rive pour pouvoir flâner et déambuler dans la petite ville dont le coeur historique se situe dans un rayon de 300m. C’est là que l’on observe les traces des occupations successives : anglaises notamment avec des maisons basses aux bow windows (fenêtres à guillotine) verts aux murs chaulés ou avec des façades rouges. Les représentants de la "perfide Albion " sont restés peu de temps mais ont marqué la ville, en lui léguant leur goût pour le thé et leur penchant pour le gin. Celui-ci, appelé Gin Xoriguer, diffère du britannique par sa fabrication et sa présentation car on l’obtient par la distillation d’alcool éthylique d’origine agricole et de baies de genièvre et les minorquins le dégustent avec du jus de citron. C’est ce qu’ils appellent “pommada”. Lorsque nous allons nous avitailler dans un super mercado, nous sentons encore très fort cette présence anglaise dans l’approvisionnement  : tout un  rayon de beans de toutes les sortes et toutes les couleurs, idem pour le pain et le thé par exemple...et quasi rien pour les goûts français...DSC00888

Revenus sur Manéa, nous préparons le souper et recevons la visite du messager des “ladrones”(= les voleurs), à savoir l’employé chargé de récolter le paiement de l’emplacement. Dès le départ, nous le sentons un  peu tendu, il demande la longueur et la largeur du bateau et nous donne un document à compléter concernant l’identité du bateau et de ses passagers. Nous lui demandons s’il faut le remplir tout de suite (il commmence à faire noir...), et il nous fait comprendre d’attendre d’abord le prix. Nous sommes vaguement inquiets car certains ports espagnols n’ont pas la réputation d’être bon marché! Après quelques minutes de calculs à la lueur de sa lampe frontale (on n’arrête pas le progrès!), le verdict tombe : 154,8O€ pour une nuit!!! Il est visiblement gêné et sans doute, changeons-nous de couleur, car il nous demande tout suite si nous restons. Mais où aller alors que la nuit est déjà tombée et que tout est payant? Il nous détaille ensuite la douloureuse : en fait, plus ou moins 85€ qui comprennent l’amarrage de Manéa, plus l’électricité, plus l’eau et enfin l’annexe (mais comment se déplacer d’un ponton flottant vers la rive sans celle-ci?) Le tout saucé par 18% de TVA et le reste, soit pratiquement 70€, est une taxe votée par le gouvernement espagnol le premier juin 2010, dite taxe de signalisation maritime, et qui normalement, est valable 10 jours. Après, faut repayer! La mort dans l’âme, nous vidons notre porte-mannaie, précisément rempli juste quelques minutes auparavant. Notre repas a un goût bizarre, celui que l’on ressent après une arnaque.DSC00890

Le lendemain matin, son collègue qui parle parfaitement français, nous explique d’abord qu’il y a une erreur en notre faveur dans notre facture (on nous rendra presque 25€, une fortune!) et que cette taxe est une honte, qu’elle va faire fuir les clients, qu’il comprend notre émotion et que certaines communautés refusent de l’appliquer. Mais ici à Mahon, eux ne peuvent rien faire car c’est un port commercial qui dépend du gouvernement central . N’empêche, OK pour la taxe, mais 85€ pour un ponton  flottant, où l’utilisation d’une annexe est donc indispensable, sans sanitaires, c’est du grand luxe! Enfin, c’est surtout le PRIX du grand luxe mais sans aucun de ses services . A titre de comparaison, à Hyères, une nuit coûte 47€ avec wifi et accès aux sanitaires, et on trouve cela déjà pas donné! Pour nous soulager, sur la fiche de renseignements, nous écrirons en grand LADRONES ce qui veut dire en espagnol, voleurs, bandits, etc...Il nous conseille de protester par écrit et de le faire savoir aux autres plaisanciers. En effet, ce type d’information ne se trouve nulle part, lorsqu’on appelle au port, ils ne répondent pas et les tarifs sont introuvables sur internet. Et puis, cette taxe ouvre la porte à de nombreuses questions : est-elle applicable à tous les plaisanciers ou seulement aux non espagnols? Alors est-ce légal dans le cadre de l’Europe? Combien de fois par an les espagnols vont-ils la payer? Que se passe-t-il si on va un jour au port et neuf jours au mouillage et puis que l’on retourne au port? Tout cela nous semble flou et dès notre retour nous nous pencherons sur ce problème....DSC00904

Sur ce, nous larguons les amarres et ne restons pas une minute de plus. Nous retournons au cap Fonts, et mercredi matin sans regret, nous quittons Minorque pour Majorque où nous arrivons en début de soirée à Pollenca après avoir parcouru 51 miles. Espérons qu’ici il n’y aura pas de surprise!

P.S. Connaissez-vous l’origine du mot mayonnaise? Et bien, il s’agit tout simplement de mahonnaise, sauce qui existait à Mahon , que Richelieu a sans doute appréciée et qu’il a ramenée en France dans ses bagages vers 1756 quand Minorque fut française pour une courte période (1756-1763). Après les “rosbeefs” l’ont reprise.

P.S.bis : bonne reprise à tous ceux et celles que nous connaissons et qui reprennent le chemin de l’école et en particulier à Margaux et Alexandre qui rentrent “ à la grande école” pour minimum 12 ans de bagne (sans réduction de peine!), à Simon qui rejoint l’école des grands et à Sandrine qui va entamer une carrière de “bourreau”.

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 12:42

 

Visite de notre petit mousse et de deux de nos grands soleils.

 

Ce samedi 7 août, branle-bas de combat sur le pont et dans le carré : c’est aujourd’hui qu’arrivent nos Belges. Le moussaillon que je suis, est gâtée par ce très  beau cadeau d’anniversaire. 

Préparation de leur cabine, du repas ( soupe de courgettes, une quiche lorraine et une au chèvre (merci pour ta délicieuse recette Anne-Marie) accompagnées de salade verte) et les voilà déjà qui annoncent leur arrivée par gsm! Ils sont même en avance sur l’horaire prévu!DSC00751

Hier, nous avions demandé une place de port pour faciliter leur adaptation au bateau (il y bouge moins qu’au mouillage), et pour le transport des bagages (poussette, lit pliant...) mais business oblige, c’est le jour de rentrée  et de départ des bateaux de location et donc prorité à eux, nous devons donc rester au mouillage.

Nous allons les accueillir en annexe et nous nous retrouvons avec joie : deux mois et demi que nous nous sommes vus! Mathias n’a pas tellement grandi en taille mais bien au niveau de son langage (ses phrases sont complètes, il transforme la fin des mots pour le plaisir des sons) et de sa motricité, et nous le trouvons donc changé, il commence même à faire des blagues.DSC00759 Il enfile avec plaisir son gilet de sauvetage pour aller “dans le petit bateau” qui le conduira sur le grand. Il ne bouge pas, assis au fond de l’annexe. Une fois monté sur “le grand bateau”, il est inquiet car cela bouge mais comme ses parents, il s’habituera vite et la perspective de l’apéro et surtout de ses accompagnements le rassure. Comme toujours, il mange avec appétit et me dit “ Framboise, la soupe de toi, elle est bonne”.DSC00756  Découverte de notre intérieur, premières consignes (ne pas monter ou descendre seul l’échelle de la descente s'il n’y a pas d’adulte dans le cockpit ou dans le carré, descendre à l’envers, ne pas toucher à la barre à roue quand nous sommes en navigation ...) Joie des nouvelles à se raconter et à échanger en ayant tout son temps et c’est déjà pour notre petit mousse, le temps de la sieste qu’il fera sans problème dans la cabine de ses parents comme tous les autres jours de son séjour. 

Fin d’après-midi, une place de port s’est libérée (enfin pas vraiment: un titulaire est parti et le port reloue sa place; il n’y a pas de petit profit!) et nous nous amarrons à quai. C’est une grande première pour nous car depuis notre départ nous n’y sommes pas encore allés! Manoeuvre réussie, même si la pendille est un peu courte. Après avoir transbordé les bagages, pour les quelques jours du séjour, déplacement de la voiture dans le parking du ship (magasin de matériel et articles pour bateaux) où elle sera plus sécurisée qu’en pleine ville et où de plus c’est gratuit.

Nous terminons la journée en allant nous promener sur le port, manger au resto ( Mathias y est sage come une image) et déguster une glace (péché mignon du capitaine). 

Le mousse s’endort sans aucun problème dans son petit lit déplié dans le carré.

La météo annonce à nouveau un vent fort et nous resterons aussi au port ce dimanche, il vaut mieux y aller doucement... Mais. les activités ne manquent pas: petit déjeuner à l’aise, marché, repas de midi, sieste, découverte de la plage et puis l’incontournable glace et la journée est déjà terminée!

Lundi, après le petit déjeuner, Eole nous étant favorable, nous larguons les amarres: direction le Cap Nègre et la baie de la Cavalière. Matthieu qui n’a jamais navigué découvre le fonctionnement ( compas, anémomètre, speedo, grand-voile, génois...), les plaisirs de la voile et de ses côtés apaisants: “je me sens vraiment en vacances” et nous dit mieux comprendre notre plaisir à vivre de cette manière.DSC00775 Découverte aussi des contraintes : vannes, utilisation de l’eau...Il a acheté une canne à pêche avec entre autre une ligne de traîne qu’il inaugure...et  nous n’avons pas le temps de voir arriver un bateau à moteur qui file à plein régime en passant très près derrière nous et qui emporte sa ligne. Incroyable comme certains de ces bateaux sont peu respectueux des autres plaisanciers. Quant à Barbara, elle a déjà pratiqué la voile dans son enfance et adolescence et c’est avec plaisir qu’elle retrouve les sensations de ces époques.

Pour la première fois, Mathias fait sa sieste durant la navigation et cela sans problème, malgré les mouvements du bateau. Nous mouillons et puis en annexe, gagnons la jolie plage où dans l’eau le sable scintille (particules de mica?) et chacun s’adonne à ses activités préférées : tentative de remplir la mer avec du sable pour Mathias qui se fait vite une copine (activité récurrente chez tous les petits enfants depuis la nuit des temps...), farniente et baignade pour ses parents et nous. A un moment donné, à côté de nous, ceux que nous pensions être de simples vacanciers se dorant au soleil, nous révèlent leur véritable identité. Devinez?  Un indice: nous sommes au pied de la propriété de la famille de Carla Bruni. Que peuvent donc faire de simples vacanciers sortant soudain de leurs sacs à dos des appareils photos munis de pieds et téléobjectifs énormes si ce n’est traquer le scoop de leur vie, par exemple Nicolas roulant une pelle à un de ses gardes du corps...(Pourquoi pas?) Pour notre part, nous n’avons rien vu, mais peut-être qu’à l’occasion d’une séance chez le coiffeur et y lisant entre 2 soins “ Points de Vue” ou “Gala”, l ’une ou l’autre pourra nous dire ce que nous avons raté. 

Retour au bateau, où notre pêcheur monte une nouvelle ligne pour pêcher du bord et étonnement : très vite, cela mord. Les poissons s’accumulent, tous plus jolis les uns que les autres (vieilles, “mini” bars, sars,...) Avant le repas, ils sont remis à l’eau et puis, pour la première fois, contemplation du coucher de soleil avec Mathias, qui est émerveillé par toutes les couleurs qui l’accompagnent et qui est surtout fasciné par l’orange qui est pour l’instant sa couleur préférée (influence paternelle?). Dorénavant chaque soir après le souper, il réclamera de le voir avant d’aller faire dodo après avoir eu “ encore 5 minutes”. Joie de l’initier aux beautés de la nature et de partager avec lui ce plaisir quotidien dont nous ne nous lassons pas. Nous nous couchons quasi en même temps que notre petit bonhomme. Barbara et Matthieu sont étonnés d’être si fatigués en n’ayant quasiment rien fait : ils oublient les mouvements incessants du bateau qu’il faut sans cesse amortir et qui mettent nos muscles en activité permanente et le fait que nous soyons perpétuellement au grand air, air du large. Première nuit au mouillage qui, comme les suivantes, se déroule sans problème pour tout notre petit monde. Nous espérons que durant leur séjour ils auront pu récupérer une partie de la fatigue accumulée durant leur vie trépidante.

Mardi matin, nous allons faire quelques courses, pendant que la petite famille pêche et puis nous mettons le cap sur l’île de Porquerolles où nous mouillons dans la baie de l’Alycastre. Durant notre petite traversée, le chapeau de soleil de Barbara s’envole et cela donne lieu à un exercice de”repêchage” par épuisette interposée. Heureusement que nous avons un pêcheur doué à bord, mais par contre malchanceux, car la ligne à la traîne qu’il avait refaite, a de nouveau été emportée par un bateau à moteur trop proche et trop rapide pour avoir le temps de la rebobiner! Joie de naviguer, d’être au coeur de la nature, de redécouvrir les petits plaisirs qu’elle nous procure par les yeux d’un enfant (le vol d’une mouette, les poissons dans l’eau, le chant des cigales, le coucher du soleil...).DSC00758 Mathias commence à bien se déplacer dans et sur le bateau, et ce qu’il préfère, c’est évidemment grimper du carré vers le cockpit ou descendre, et il a bien intégré la règle lui interdisant d’y aller seul. Ainsi, après chaque repas, il quitte la table, se dirige vers la descente et nous dit:”on peut pas monter. Y’a pe’sonne en haut mais on peut s’asseoir “et il s’assied sur la deuxième marche. Cela va vite devenir un rituel comme demander s'il peut passer derrière la barre, et la toucher dès que nous sommes mouillés, ou le coucher de soleil qu’il réclame après le repas du soir avec évidemment “encore 5 minutes”

Mercredi, après être allés jusqu’au petit port du Niel (presqu’île de Giens) nous ferons le tour de l’île à notre rythme (sous génois, le vent est faible...)DSC00766 et notre petit mousse s’occupe dans le cockpit avec les pinces à linge et puis avec un bassin rempli d’eau dans lequel il met la tête, qu’il vide et que nous remplissons rapidement. C’est fou comme il a pu s’amuser (et se fatiguer!) à transvaser l’eau avec ses deux gobelets, son bassin et ses pinces! Le vent ayant encore changé de direction, c’est à la plage de la Badine que nous mouillons et passons la nuit. 

Le lendemain matin, la petite famille va y faire un tour tandis que nous préparons le repas, et en milieu d’après-midi, nous mettons le cap sur Hyères car à nouveau, changement et renforcement du vent. Pas de place pour nous au port et donc, déception compréhensive de Barbara et Matthieu, qui souhaitaient terminer leur séjour en nous offrant un resto. Mais aller au port en annexe, c’est courir le risque d’être trempés et si c’est un moindre mal pour nous, pour le petit mousse, c’est plus embêtant. Déjà la dernière nuit à bord pour eux. 

Et c’est le moment de transférer les bagages, toujours pas de possibilité au port, même au quai d’accueil, et c’est avec le coeur gros que nous nous quittons,  car une fois installé dans son siège voiture Mathias me demande “ Framboise, tu vas bientôt revenir? ”avec un petit air triste. Nous regardons avec un petit pincement au coeur la voiture s’éloigner. Instant d’émotion, mais nous sommes riches des  moments vécus et partagés...Expérience à refaire...

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:47

 

 

10ème semaine....

Nous vous avons quitté après notre retour à “ la civilisation “ et la reprise des activités communes à tous : lessive, coiffeur, courses...Cela peut sembler incroyable, mais toutes ces activités via les transports en commun prennent du temps...

Ce dimanche 1er août, nous levons l’ancre et mettons le cap sur l’île des Embiez ( île de Paul Ricard face à Sanary et Six-Fours-Les Plages ), nous  mouillons face à celle-ci en milieu d’après-midi et partons en annexe en repérage pour trouver le meilleur endroit où l’amarrer et voir les heures de navette pour la terre ferme. Pourquoi l’île des Embiez?

Les acheteurs de l’Attalia ont une place de port sur celle-ci et ont donc demandé que celui-ci soit ramené le 2 août de La Seyne Sur Mer où il était au port à sec. Nous partons donc de l’île avec eux, le courtier nous prend en voiture à l’arrivée de la navette et nous conduit à la Seyne Sur Mer où le bateau sera remis à l’eau et puis skippé par nous jusqu’aux Embiez. Cette traversée servira en même temps d’essai en mer et leur permettra de prendre le bateau en main en notre compagnie et donc d’entrevoir les différentes subtilités de maniement du bateau, et nous pourrons repartir de là.

Tout au long de la journée, il y aura des couacs....Cela a commencé la nuit avec le vent qui s’est levé violemment par deux fois (les rafales sont montées jusqu’à 27 Nds) et donc beaucoup d’animation dans le mouillage, car un certain nombre de bateaux mal mouillés et donc chassant, ont démémagé en catastrophe, dans la nuit, le vent, la mer agitée...Nous montons donc la garde sur le pont pour éviter les abordages, ce qui raccourcit notre temps de sommeil.

Levés tôt, nous nous présentons au guichet pour l’achat de notre ticket de traversée et nous nous prenons déjà la tête avec la vendeuse car il n’y a que des tickets A/R, or nous n’avons besoin que d’un aller puisque nous repartons en bateau et de plus ce n’est pas donné: 12,5€ pour cinq minutes de traversée...Finalement nous arriverons à un arrangement avec le “contrôleur” de la navette qui nous prendra un A/R pour deux, ce que nous avions proposé à miss futt-futt. D’ailleurs, est-il légal de vendre exclusivement des tickets A/R? La navette ne respecte pas l’horaire prévu (normalement 9h10, nous sommes là à 8h50 et la voyons filer sous notre nez ) mais à quelque chose malheur est bon puisque cela nous permet de faire connaissance avec les acheteurs de l’Attalia qui ont la même surprise que nous à propos du respect des horaires. Ce sont des personnes sympas et de plus, la dame est née à Anvaing en Belgique, elle est donc presque “pays” avec le captain...Quelques minutes après, nous sommes récupérés par notre “chauffeur “ et amenés à La Seyne où évidemment le bateau sera mis à l’eau avec une heure et demie de retard. Michel commence à stresser car la météo annoncée n’est pas bonne au delà du Cap Sicié (les gens du coin l’appellent le Cap Horn de la Méditérranée mais chacun connaît le talent des gens du sud pour enjoliver les choses...) et nous devons après le convoyage, rentrer sur Hyères (23M et demi). Nous avons le vent de face et le trajet se fait au moteur mais tout se déroule sans problème.

Arrivés aux Embiez, nous nous mettons même à couple du Centurion pour aller chercher un pavillon belge aux nouveaux proprios, afin qu’ils ne soient pas pris en défaut par les douanes françaises puisque la lettre de pavillon n’a pas encore été radiée. Il est 15h et le mouillage est bien rempli. Nous rentrons dans le port et le capitaine amène l’Attalia “ à bon port”. Mission accomplie, reste à terminer les formalités de la vente avec le courtier. Celles-ci se déroulent sans problème et après le verre de l’amitié, bu en vitesse car le temps change, nous repartons en annexe vers le mouillage où il ne reste que notre bateau !!

Il est 17h, la mer est déjà houleuse et le grain est sur nous. Nous relevons l’ancre par 20N et plus, et repartons vers Hyères endossant pour la première fois, nos vestes de quart. DSC00750Oui, il pleut...Une fois sortis de la baie et l’île contournée, la mer se calme un peu, la pluie s’arrête et nous repartons vers notre mouillage d’Hyères où nous arrivons juste à la tombée de la nuit (21h30) après avoir parcouru 23M et demi et avoir eu des pointes de 8,25N dans la rade d’Hyères sous génois seul. Cette sensation de vitesse dans le vent est grisante. Nous sommes fatigués mais contents. Et là, horreur, le capitaine regarde son chèque de banque et se rend compte qu’il y a deux fautes d’orthographe dans son nom et donc que probablement, il ne pourra pas l’encaisser. Même s'il avait découvert ces fautes lors de la signature, cela n’aurait rien changé car c’est un chèque bancaire certifié et seule la banque  émettrice peut le modifier, or elle se trouve à Louvres (Paris). La France prepétue un  système bancaire quelque peu archaïque car les virements bancaires,  ils ne connaissent pas....

Le lendemain matin, cela se vérifie et cela va nous entraîner dans des coups de fil, des déplacements en ville pour nous rendre à l’agence du Crédit Agricole, puis à la poste, de là à la papeterie, car la poste n’accepte que des enveloppes rectangulaires pour envoyer les recommandés (tout cela bien sûr après de longues minutes d’attente : d’abord pour avoir le document à compléter, ensuite pour le rendre complété et l’envoyer). J’ai rarement vu le capitaine s’énerver mais là je crois bien qu’il était prêt à employer un langage quelque peu "imagé"! En fait, il faut d’abord renvoyer le chèque bancaire certifié à la banque émettrice, et puis seulement l’argent sera versé sur compte.Hyères

Enfin, ce sont de petits ennuis et de toute façon, nous n’aurions pas pu naviguer car il y a de nouveau des vents forts et le Cross Med demande aux plaisanciers d’être très prudents vu les conditions météo. C’est la première fois que nous entendons cela, cette saison.

Rien de plus pour cette semaine où nous arrivent samedi Matthieu, Barbara et notre petit Mathias qui vont vivre avec nous quelques jours et surtout nous sommes impatients de les retrouver et de découvrir les réactions de Mathias sur le bateau. Peut-être de futurs moussaillons?

 

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:09

 

Semaines 7, 8 et 9.

Lors de notre dernier envoi, nous étions dans la baie d’Ajaccio et nous avions l’intention de descendre davantage vers le sud. Pourtant, comme vous le lirez, nous avons navigué de manière “errante” durant ces jours car Eole a été très capricieux et ne l’oublions pas, c’est le premier membre de notre équipage! Nous avons imité la procession d’Echternach, c'est à dire trois pas en avant, deux pas en arrière...et donc pour nous trois milles en avant, deux milles en arr!ère...

Après avoir quitté l’anse Sainte-Barbe le dimanche 11 juillet, nous irons jusqu’à Porto-Pollo, petite station balnéaire familiale où nous passerons deux chouettes journées, y faisant nos courses et trouvant un cyber-café pour l’envoi du mail 6. Le lundi soir, nous aurons même droit à un autre concert de polyphonies corses car un resto sur la plage a invité un groupe et le vent porte sur le mouillage.Porto Pollo

Mardi, nous mettons le cap sur Senetosa, et nous mouillerons dans la baie de Mortoli...mouillage superbe, dans une mer calme, en bordure d’une longue plage quasi déserte car peu accessible par la terre, l’eau est chaude (28°) et cela entraîne l’apparition des méduses. Michel porte encore sur le bras la trace du contact avec une représentante de l’espèce la plus urticante. Nous y vivrons une superbe nuit, sous un ciel parfaitement étoilé et non pollué par les lumières de la civilisation. Au petit-déjeuner, en regardant vers le large, je suis étonnée par le fait que pas mal de bateaux “dansent”, alors que nous sommes sur une eau parfaitement plate. Une fois que nous aurons levé l’ancre et quitté la baie, je comprendrai vite : nous descendons et sommes quasi dans les Bouches de Bonifacio et celles-ci ont tendance à canaliser et renforcer la force des vents de telle sorte qu’un force 4 sympathique sur la côte corse ou sarde se transforme en un désagréable force 5 ou 6. C’est ce que nous vivrons et surtout ce qui est désagréable, c’est la mer hachée, courte et qui se creuse très vite. Nous irons jusqu’aux îlots rocheux “Les Moines” et puis nous ferons demi-tour : direction Campomoro : cela nous permettra d’admirer une fois encore cette côte sauvage et déchiquetée où alternent criques et pointes rocheuses. C’est une toute petite bourgade qui a su préserver un caractère familial et pittoresque : peu de constructions, pas de marina, pas de béton...juste une mer émeraude, quelques barques et un important mouillage au pied de la tour génoise.

Le lendemain jeudi, nous remettons le cap sur Porto-Pollo pour y faire l’avitaillement car à Campomoro,il n'y a rien ou quasiment rien...et puis les glaces y sont si bonnes: mandarine, limoncello....

Comme nous avons tous deux été séduits par le Cap Corse qui, de tout ce séjour, restera notre coup de coeur, que les vents sont forts ou contraires vers le sud, nous décidons de remonter et nous faisons route vers Calvi : ce seront deux jours de navigation superbe, bercé par la mer et le vent dans les voiles, avec le cadeau de la vue des falaises de Piana, des rochers de Scandola et de l’île de Gargallo.Scandola

A Calvi, nous mouillons dans la baie de la Revellata, endroit que nous commençons à connaître mais où nous ne nous lassons pas d’admirer le coucher du soleil. Là, Eole nous joue encore un tour et il nous y bloque, mais bon, il y a plus moche comme environnement! Et puis, dans un mouillage, il y a toujours à voir : ainsi, par exemple, nous observons les yachts voisins où pour 6 personnes à bord (4 adultes et 2 enfants), il y a 4 membres d’équipage, 1 cuisinier et 2 nurses... L'équipage frotte et astique, le cuisinier attend et doit sans doute réchauffer souvent car la table est mise, les proprios à côté et puis, plouf de nouveau un petit plongeon et donc douche, séchage. Idem pour les enfants, qui sont en pyjama et qui replongent...Nous resterons “bloqués “3 jours (vents de 4 à 6 et parfois  7 sur la Balagne et le Cap) et le lundi, Eole change de direction (Est)et nous devons dégager en catastrophe. Peu avant cela, nous avons encore eu droit à un exercice impressionnant des Canadairs qui passent carrément dans le mouillage et donc parmi les voiliers, pour écoper. Au passage de la Revellata, comme nous redescendons vers le Sud et prenons la mer de travers, une déferlante nous rince des pieds à la tête, mais bon, le capitaine avait prévenu, j’ai ri et pas crié (progrès!). Comme il fait bon, cela rafraîchit! Nous allons nous abriter dans la baie de Cravoni et au passage, nous pouvons réadmirer Scandola et Gargallo: semblables et différents à chaque fois, car vus à différents moments de la journée et donc éclairés différemment.Baie de Cravoni Sans ce coup de vent, probablement nous ne nous serions jamais arrêtés à Cravoni et pourtant quel bel endroit sauvage : une belle plage de galets, où sur les doigts d’une main, se comptent les vacanciers, derrière une plaine et dans le fond, les montagnes. 

Enfin, le 20, Eole accepte enfin de cesser ses caprices et de faire partie de notre équipage et après une semaine d’aller-retour, nous pouvons enfin réaliser nos envies, et mettre le cap sur le “doigt “ de la Corse. Ce sera une journée magnifique : peu après notre départ de Cravoni, à peine à un demi- mille des côtes, un superbe dauphin solitaire (? Car normalement ils vivent en groupe), d’au moins 2 m de long, vient nous faire son numéro à la proue du voilier : il passe de tribord à babord, plonge, saute, recommence maintes et maintes fois et puis, sans raison apparente, nous abandonne, mais quel superbe cadeau! La navigation est agréable, le vent nous pousse et la mer est calme. Et après avoir parcouru en 12 h, les 51,78M qui nous séparaient de Centuri, nous y mouillons enfin, heureux de retrouver cette marine de poupée.Centuri Le lendemain, nous nous reposons, flânons dans ce joli port et puis coup de théâtre: l’Attalia ayant trouvé acquéreur (ce qui est rare en cette période de crise), nous apprenons par le courtier que la transaction doit se faire le 2 août, mais sur le continent, des documents doivent s’échanger et dans cette très belle région, pas de cyber-café, donc nous devons rentrer. La météo annonçant un gros coup de vent sur le Golfe du Lion et puis sur la Corse et donc le Cap, nous choisissons de traverser le lendemain jeudi. La traversée sera belle, sans vent (!!) avec à bonne distance de Manéa, le spectacle d’un groupe de baleines nous faisant le cadeau d’un ballet de queues et de geysers en fin d’après-midi : impressionnant!! La nuit, lorsque je suis de quart, j’entends pas loin du bateau, à plusieurs reprises, de forts ptchou, ptchou... et je vois la mer se soulever et une masse sombre arrondie en sortir et puis jaillit un superbe geyser!! Magique sous la clarté argentée de la pleine lune mais je l’avoue flippant!! J’assiste, fascinée quatre fois à ce spectacle d’une baleine respirant et puis, même si il n’y a rien à faire, je vais éveiller Michel qui, avec son bon sens me dit: “ que veux-tu que je fasse avec ma tapette à mouches? “. Et puis, la baleine nous quitte et donc, c’est bien vrai ce que nous entendons régulièrement sur Radio Monaco, qui nous donne la météo marine en commençant par le code de bonne conduite des plaisanciers en présence de cétacés. Juste avant le coup de vent et la mer agitée, nous arrivons en milieu de matinée dans la baie d’Agay (à côté de St Raphaël), où nous savons que se trouve Fernand, un ami et ancien collègue du capitaine. Nous passerons de bons moments avec lui et Annette durant deux jours, et ils nous emmèneront au marché de Fréjus et au supermarché où nous ferons pas mal de provisions. Ce qui peut vous paraître banal, nous avons apprécié à sa juste valeur de faire des courses en voiture. Merci Annette et Fernand!

Le vent soufflant toujours fort sur l’ouest de Provence (apparemment c’est la quinzaine du mistral!), le dimanche 25, nous mettons le cap sur les îles de Lérins face à Cannes. L’an dernier, déjà, nous y avions mouillé et avions été séduits par leur cadre enchanteur.Iles de Lérins Nous avons à nouveau visité l’île de St Honorat où se trouve un des plus anciens monastères du monde chrétien (Ivème S), et où règne un calme étonnant et une grande sérénité même en plein été. Ainsi, nous pourrons voir se balader sans crainte une perdrix et ses perdreaux, entendre les cigales, le vent.Moines travailleurs

Allant d’île en île, le mardi nous mettons le cap sur Porquerolles où nous mouillerons dans la baie d’Alycastre après avoir essayé pour la première fois l’envoi de la trinquette (2ème voile d’avant) qui nous fera gagner un peu de vitesse (1/2 noeud) ce qui n’est pas négligeable sur un parcours de 44,86M.

Ce mercredi, nous rentrons à Hyères, effectuons les différentes démarches pour la vente de l’Attalia et redécouvrons la “civilisation” et donc lessives, coiffeur, cyber-café...Alycastres

Voilà, ce 7ème épisode vous raconte en fait nos trois dernières semaines de croisière. Nous sommes désolés d’avoir attendu si longtemps mais bon, le rythme corse s’attrape vite... En fait, c’est ce qu’on raconte, mais nous n’avons aucune preuve de cela!

Au terme de ces 7 semaines de croisière je conclurai en disant:

J’aime quand Eole est avec nous, que Michel hisse la grand-voile pendant que je mets et garde Manéa bout au vent.

J’aime quand nous mouillons et que j’énonce la profondeur de l’eau :9m, 8,8m,7,5m..et qu’il mouille l’ancre tandis que je suis à la manoeuvre en suivant ses consignes.

J’aime cette complémentarité et nouvelle complicité qui s’installe entre nous dans les manoeuvres.

J’aime quand il m’appelle pour admirer à ses côtés le show de “ Flipper” et tous les autres cadeaux que la nature nous a faits.

J’aime quand nous naviguons à la voile et que seuls les bruits du vent dans les voiles et de la mer nous entourent.

J’aime cette vie de simplicité où il est impossible de tricher avec soi et avec les autres.

J’aime quand le soir tombe, que nous regardons le coucher du soleil, semblable tous les jours et pourtant chaque jour différent puisque dans des endroits autres, que nous attendons l’apparition de la lune, que c’est au premier de nous deux qui apercevra Vénus, et que nous cherchons les étoiles et galaxies dans le ciel.

J’aime le soir quand la brise de terre se lève et qu’elle nous apporte ses parfums (jasmin, chèvrefeuille, pin, romarin...) et ses bruits (cigales...) 

J’aime la vie en bateau...

 

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:40

 

 

6ème SEMAINE.


Nous vous avons quitté le 1er juillet, premier jour de vacances ou presque pour de nombreux ami(e)s ou membres de la famille qui sont enseignants ou ont des enfants, alors à tous et toutes, profs nouveaux (Sandrine par ex), profs exercant ailleurs (Laura), profs étant en vacances à vie (Bruno, Jacqueline, Pierre, Albert...)  nous souhaitons d’excellentes vacances reposantes et revigorantes pour affronter avec un dynamisme renouvelé la rentrée de septembre. A tous les autres aussi, d’excellentes vacances !!!

Ce jeudi 1er juillet, il n’était pas nécessaire de quitter Manéa pour avoir du spectacle dans la baie de Calvi : le matin, trois Canadairs sont venus s’entraîner sur le plan d’eau : vol de reconnaissance à basse altitude et puis piqué sur l’eau en la rasant pour l’écoper dans les réservoirs et décollage à nouveau en piqué et puis larguage de celle-ci sur la baie sans arroser aucun des bateaux présents et rebelotte pour un exercice. Les pilotes sont époustouflants d’adresse et d’audace avec ces appareils qui semblent très maniables. L’après-midi, ce sont les paras de la Légion qui s’entraînaient: d’abord un vol de reconnaissance du transport de troupes et puis parachutage du chef : un parachute rouge, vol autour de la baie et puis trois parachutages successifs de quinze légionnaires (parachutes bruns ou beige). Très joli spectacle que toutes ces corolles qui s’ouvrent et descendent doucement vers le sol...

Mais ce qui nous a surtout occupé les deux jours suivants, c’est notre saga de l’été, à savoir l’épisode trois de Perkins & cie. En effet, Michel a remarqué après notre arrivée à Calvi que, si il n’y avait plus de fuite d’huile ou d’eau, la couleur de l’huile prélevée sur la jauge n ‘était pas très catho, donc problème-moteur et dans ces cas-là, à qui téléphone-t-il? Devinez? A Denis, son technicien préféré, qui est lui, sur le continent. Je gage que dès qu’il voit apparaître le numéro de Michel sur son téléphone, il se demande ce qu’il va encore lui arriver comme question ou problème à résoudre à distance!!! En tout cas avant notre départ, il avait dit au capitaine qu’à son retour il devait connaître son moteur par coeur et les yeux fermés, c’est sûr, ce sera fait!

En réalité, (du moins à ce qu’il apparait à l’heure où nous écrivons), de l’eau de mer s’est introduite dans le moteur par syphonnage, soit par absence de mise à l’air du système de refroidissement ( celui-ci semblait bouché effectivement lors du démontage) soit par le système d’échappement qui ne se serait pas vidé complètement lors d’une marche arrière “ musclée” par Françoise, et donc là aussi, possibilité pour l’eau de mer d’atteindre le moteur par syphonnage. Quelle est la véritable raison, mystère. En tout cas, depuis, plus d’eau dans l’huile (je touche du bois, la tête de Françoise!) et profitant de la vidange obligatoire, j’ai ajouté un produit sensé combattre les fuites d’huile (fabriqué en Belgique d’ailleurs) et celles-ci ont fortement diminué, persiste juste un petit suintement au joint de l’arbre à cames, (rien à voir avec une quelconque denrée illicite, pour les connaisseurs...) qui entraîne la pompe à eau de mer.

Relaté et apparemment solutionné, tout ceci paraît simple, mais il faut vous imaginer tout ce qu’il faut déménager et démonter avant d’atteindre le moteur: sur un bateau en effet tout l’espace est rationnalisé et occupé au max.

Enfin tout est bien qui finit bien...et nous avons terminé ces deux jours de travaux par l’avitaillement de notre bateau, ce qui l’air de rien nous a pris une demi- journée.DSC00559

Le dimanche 4 juillet, le vent nous étant contraire (nous souhaitons descendre la côte occidentale et le vent est d’ouest/ sud-ouest force 5 à 6 càd pour nous de face avec une mer houleuse et donc très désagréable), nous décidons de faire une excursion : aller en train de Calvi à Bastia (côte est) et donc traverser l’île de part en part (retenez bien 73 kms!!!). Toute une expédition qui sera colorée toute la journée par le rythme corse! 

Arrivés à la gare de Calvi vers 8h30 pour prendre notre billet, comme d’autres voyageurs, nous la trouvons encore fermée. Normalement, elle ouvre à 8h15, mais ce n’est qu’à 8h42 que nous verrons s’ouvrir les portes...Hé, pas trop vite le matin, hein...Il n’y a qu’un train pour Bastia à 9h le matin et beaucoup d’amateurs mais tout le monde trouvera place pour un voyage folklorique. D’abord train, puis à l’Ile Rousse, tout le monde est débarqué et doit embarquer dans un bus pour cause de travaux sur la voie entre cette ville et Ponte-Leccia, mais bon y aura-t-il suffisamment de places pour tous ? Pas  sûr...L’accompagnateur de train–bus compte les places restantes et quelques candidat(e)s au voyage depuis cette gare resteront sur le carreau! Départ et traversée de l’intérieur des terres, beaux paysages, route sinueuse et chauffeur habitué...mais arrivée à Ponte-Leccia avec ½ h de retard mais pas de souci, notre train nous attend puisqu’il n’y en a qu’un!! Finalement, c’est à midi que nous arriverons à Bastia...avec 40 minutes de retard...Trois heures de train et de bus pour effectuer...kms .Combien? Vous vous souvenez?

Après avoir pique-niqué sur la place Saint-Nicolas, en compagnie de la statue de Napoléon déguisé en empereur romain (à peine mégalo!), c’est en flânant par rues et ruelles que nous visiterons la ville, qui a des côtés italiens plus marqués encore que le reste de l’île (linge séchant aux balcons Bastia, ruelles étroites avec de nombreux escaliers, accent chantant, façades hautes et austères souvent décrépitesBastia et avec peu d’ouvertures, églises baroques où des fidèles allument des bougies...)Bastia Nous commençons par la vieille ville (Terra Vecchia) et le vieux port pour atteindre la citadelle et le quartier de Terra Nova. Tout est calme et nous sommes étonnés par le peu de monde présent, même si c’est dimanche mais peut-être justement sont-ils tous à la plage...

C’est une jolie ville qui a été la capitale de la Corse, jusqu’à ce que Napoléon transfère cet honneur à Ajaccio. Perdant son prestige et ses privilèges, elle a aussi petit à petit perdu son importance commerciale et industrielle. Elle a eu le triste privilège d’être la seule ville de Corse à être bombardée durant la seconde guerre mondiale. Actuellement grâce au développement de l’agriculture, dans les plaines et à l’essor du tourisme, elle retrouve un peu de sa prospérité passée.Bastia

Le seul et unique train pour notre retour était à 18h17, mais c’est à 18h22, après avoir fumé sa clope et terminé de bavarder avec son pote, que le machiniste nous a rejoints pour nous emmener dans un voyage pas triste. Pourquoi se presser et respecter les horaires? D’ailleurs, il est bien précisé sur les horaires que “ les correspondances avec les bateaux et avions ne sont pas garanties” et ce en français, anglais, allemand et italien, quatre précautions valent mieux qu’une. 

Si à l’aller, nous avions fait le trajet depuis Ponte-Leccia jusqu’à Bastia en train, au retour, l’inverse aurait été trop monotone, aussi sans crier gare(hi, hi, hi!) nous avons été débarqués à Casamozza pour embarquer dans un bus, mais lequel? Il y en a plusieurs sur le parking...Une anglaise, partie aux toilettes a failli être oubliée, elle courait derrière le bus! Direction Ponte-Leccia où, à nouveau arrêt, descente du chauffeur et de l’accompagnateur de train-bus, sans aucune explication. Et les passagers? Ils attendent...Et lorsque je demande ce qui se passe, il m’est répondu, “ rien, si on ne vous dit rien, c’est qu’il n’y a rien à vous dire”...En fait, ils attendent le train venant d’Ajaccio, (qui lui aussi a du retard) pour assurer l’unique correspondance à ses passagers. Ceux-ci sont souvent des randonneurs avec de gros sacs à dos, et la montée de certains dans le bus n’est pas triste! Il est vite plein comme un oeuf! Nous repartons vers Ile Rousse et là en pleine montagne sur une route sinueuse, sans aucun avertissement le chauffeur se range sur le côté, descend avec l’accompagnateur, et ils attendent. Quoi? Qui ? Mystère...Pas d’explication aux simples passagers que nous sommes, et les minutes passent. En fait, après plus ou moins huit minutes, arrive en trombe une moto, qui leur donne un colis que l’on a omis de leur remettre à Ponte-Leccia et l’accompagnateur de dire  “En tout cas, si il a oublié son cerveau dans le sable, il le retrouvera demain”. Et nous repartons avec déjà un certain retard sur l’horaire pour ne pas dire un retard certain et sans aucune excuse jusqu’à Ile Rousse, où nous retrouvons le train et c’est à un peu plus de 21 h que nous arriverons au terminus du voyage. Comme vous le constatez, nous en avons eu largement pour notre argent, même si le prix du billet n’est pas donné et à l’issue de celui-ci plusieurs observations : premièrement,le métier d’accompagnateur de train est facile: une seule voie ferrée, juste contrôler les billets, un aller-retour Bastia-Calvi et la journée est faite. Ensuite, les touristes ou et passagers doivent être conscients de l’honneur qui leur est fait en pouvant emprunter les Chemins de Fer Corse. Troisièmement, nous n’avons pas la même notion de la ponctualité ni du respect de l’horaire (il est là est juste pour donner un cadre)         et enfin, le prix du billet n’était pas pareil pour tous : nous, c’était tarif touristique avec -25% et d’autres passagers faisant le même trajet, ont payé le prix plein, je précise que je n’avais pas demandé de réduction et que certains ayant payé prix plein, étaient anglais, donc au moins autant touristes que nous. (C'est peut-être pour ça, me dit Michel...)

Après cette journée fatigante, nous dormons comme des bébés et c’est tôt, lundi matin que nous levons l’ancre pour mettre le cap sur Girolata.Girolata La mer est encore houleuse et le vent toujours pas avec nous et c’est donc essentiellement au moteur que nous longeons Marine d’Elbo, la réserve naturelle de Scandola, presqu’île désertique réputée pour ses décors montagneux sauvages et classée au patrimoine mondial de l’Unesco : falaises déchiquetées, flancs érodés, magie des couleurs avec de curieux trous appelés “tafoni” qui restent encore mystérieux. Nos yeux ne se lassant pas de contempler ces cadeaux de la nature même si parfois ils sont “embrumés” par la brume de chaleur montant de la mer et stagnant sur la terre à cause de la différence de température entre celle-ci et l’eau. C’est dans l’anse de Tuara que nous mouillerons, juste à côté de Girolata. C’est un endroit très sauvage où la plage appartient d’abord aux vaches qui ici regardent passer les bateaux à défaut de train et aux cochons-sangliers qui sont très familiers.DSC00591

Notre nuit sera difficile car nous sommes soumis à la houle et nous “roulons” beaucoup, aussi nous nous octroyons une journée de repos dans ce cadre enchanteur et sauvage.

Mercredi matin, après une nuit plus calme, nous levons l’ancre et mettons le cap sur Cargèse en longeant les calanches de Piana : à pics vertigineux de 300 m de haut de falaises de granit rougeCalanches de Piana (du porphyre) déchiquetées et ravagées par le temps, pour finir par le point le plus à l’ouest de l’île : “le Capo Rosso”, surmonté d’une tour génoise.DSC00621 Les endroits inaccessibles où celles-ci sont construites, sont à peine croyables!  Une fois encore, nous ne nous lassons pas de contempler et c’est heureux d’avoir une fois de plus été gâtés par la vision de toutes ces beautés que nous mouillons devant le petit port de Cargèse.Cargèse Le  village se trouve sur les hauteurs et sa visite se mérite : 1 km de grimpette rude, très rude même depuis le port. Il est surtout connu par ses deux églises : une catholique et une orthodoxe, comme on en trouve dans tous les villages grecs avec à l’intérieur, l’iconostase et les bougies brûlant devant les icônes.DSC00628 L’origine du village est grecque: chassés au 17ème S de leur pays par les Turcs, des Grecs ont demandé protection aux Génois et ceux-ci les ont installés en Corse, mais pas dans ce village. Comme ils ont très vite prospéré en plantant des vignes et des oliviers, ils ont excité la convoitise des Corses qui ont détruit leur village et finalement, on leur a donné Cargèse en compensation du premier village détruit. Peu à peu, les relations entre les deux communautés se sont améliorées, notamment par le biais des mariages mixtes. Actuellement, les vieilles rivalités sont oubliées, et les deux communautés vivent en harmonie : ainsi le culte est célébré en alternance dans les deux églises par le même officiant, qui est à la fois prêtre et archimandrite.

Après avoir vu apparaître Vénus comme chaque soir dans le ciel, cette fois, pour nous bercer, nous aurons droit à un concert de chants polyphoniques venant d’un petit resto face au port : moments magiques...Mouillage à CargèseC’est aussi le moment où la brise de mer disparaît et est remplacée par la brise de terre qui nous apporte différents parfums : citronnelle, jasmin,....nous embaument. Pour ma part, c’est ce qui me manque le plus en mer: les odeurs.

Autre curiosité pour nous aussi : ce n’est qu’à partir de Cargèse que nous avons entendu les cigales, auparavant, elles étaient aux abonnés absents, pourtant il faisait chaud. 

Vendredi matin, après notre petit déjeuner, nous assistons à la “chasse” puis la dérive d’un voilier qui n’était pas ancré correctement : spectaculaire. Le voilier voisin essaye de l’arrêter, Michel prévient via la VHF la capitainerie qui réagit très vite, mais ouf, les proprios arrivent et en sont quitte pour sans doute une belle frayeur! La solidarité des marins n’est donc pas un vain mot.

Nous levons l’ancre et mettons le cap sur le golfe d’Ajaccio où nous mouillons dans l’anse Sainte-BarbeAnse Ste Barbe (Ajaccio), et où nous connaîtrons une belle frayeur ce samedi midi : nous avons décidé  de lever l’ancre, à la table à cartes, je note dans le livre de bord les différents éléments qui doivent y figurer à chaque manoeuvre importante, Michel démarre le moteur et descend pour détacher la télécommande du guindeau, tout à coup il hurle et pour cause: nous sommes en train de frôler le voilier voisin. Que s’est-il passé? Mystère...Hier soir après avoir mouillé, nous avons vérifié les vitesses, le bateau était bien au point mort. Comment s’est-il mis en marche avant? L’avons-nous enclenchée par mégarde en la frôlant? Nous ne savons pas : en tout cas, plus de peur que de mal surtout pour les propriétaires de ce bateau qui ont vu arriver le nôtre très vite (il pèse 12 T) sur le leur sans pouvoir rien faire sinon crier. Mais, c’est sûr, notre bateau s’est déplacé et le davier a balafré le flanc de l’autre bateau sur un mètre. Cet incident aurait pu être un accident car peu de temps avant, la dame nageait autour de son bateau et aurait donc pu se retrouver coincée entre les deux. Erreur de notre part: personne n’était sur le pont, trois secondes d’inattention et voilà...Après un échange de coordonnées d’assurance, nous décidons de rester ici cet après-midi et ce soir, et nous commencerons par aller à la plage pour une baignade rafraîchissante (26,9° pour l’eau).

 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:28

 

LA CORSE/ LE RETOUR (5ème SEMAINE)

Lorsque nous vous avons quitté le dimanche 20 juin, c’était après avoir mis les gaz du moteur de l’annexe à fond pour pouvoir regagner à toute allure Manéa car l’orage était tout proche. C'est sous les premières gouttes que nous sommes remontés à bord.

Le lendemain lundi, nous attendons la visite du technicien moteur, avant de repartir à nous deux vers la Corse et le soir, après avoir fait le plein de carburant, nous flânons le long des quais pour écouter les différents groupes musicaux qui se produisent: c’est la fête de la musique.

Mardi 22 juin, branle-bas sur le pont, nos vacances commencent et nous allons à nouveau traverser vers la Corse.

Composition de l’équipage: Manéa

                                         Eole

                                         Le Capitaine

                                         Et son moussaillon

Cap sur la Corse!!  Il est 12h15!

Eole vient du nord Ouest et souffle parfois jusqu’à 20 N, nous sommes sous génois seul et nous avançons bien mais la mer est agitée et remue pas mal...J’ai même un peu mal au coeur!!DSC00477  Vers 20 h30, nos amis les dauphins reviennent escorter notre voilier et “cabriolent” tant et plus, vraiment cadeau!! Le moussaillon se couche tôt (21h) car il lui faudra prendre son quart vers 2h pour relayer le capitaine et il ne s’agira pas alors de dormir!! 

La nuit est calme, peu de bateaux rencontrés, mais la mer est encore plus houleuse que durant la journée et nous recevons quelques embruns même si nous sommes bien abrités dans le cockpit.

A 5h, le capitaine prend la relève et à 8h, nous entrons dans la baie de Calvi où nous sommes amarrés sur bouée à 8h40...Cette nuit, grâce à Eole, Manéa a fait des pointes à 8 N, ce qui explique la rapidité de notre traversée par rapport à la précédente (3h de moins). Nous déjeunons et puis, fatigués mais contents de nous, nous nous reposons avant de prendre une bonne douche revigorante.

La journée se passe dans le farniente, nous sommes en Corse, non? Et le soir nous allons mouiller dans l’anse d’Alga, à côté de Calvi.

Après une bonne nuit, nous vivons de plus en plus au rythme du soleil( coucher et lever tôt), nous mettons le cap sur l’Île Rousse. La météo n’annonce que du bon, c’est donc la période idéale pour partir découvrir le Cap Corse que nous ne connaissons ni l’un ni l’autreDSC00556. C’est le doigt de la Corse, un long doigt, tel un index pointé dans le bleu de la mer, indiquant nettement la direction du nord, comme s’il voulait désigner Gênes, son ancienne puissance tutélaire. Enlever ce doigt-là à la Corse, c’est la mutiler à tout jamais. Il est formé d’une échine rocheuse de 40 km de long et large de 12 à 15 km. Les montagnes couvertes de maquis dévalent dans la grande bleue. La mer est belle, le vent variable (càd quasi nul) et nous longeons les côtes de Balagne. A 12h40, nous mouillons devant L’Île Rousse pour notre pique-nique et c’est là que horreur, il semble y avoir un gros problème mécanique: le fond du moteur baigne dans la “mayonnaise”. Le capitaine qui est de nature inquiète, arrive à peine manger tant il envisage le pire : à priori, “mayonnaise” en rapport avec un moteur = mélange huile et eau et donc, la première idée qui vient à l’esprit : joint de culasse! DSC00483 Il démonte l’enveloppe du moteur et je suis sa petite main en lui passant essuie-tout, bouteilles pour récupérer et nettoyer, mais surtout en étant présente. Depuis quelques jours en plus, nous avions repéré un liquide jaunâtre dans la gate moteur ( bac en polyester sous le moteur destiné précisément à recueillir sans en mettre partout, les “émanations” style huile, eau de mer venant du presse étoupe, etc), mais nous pensions qu’il s’agissait du trop plein du circuit de refroidissement, celui-ci ayant été contrôlé et complèté précisément par le motoriste) Après 1 coup de fil au technicien , il explore les unes après les autres les différentes pistes suggérées et trouve l’une après l’autre différentes petites fuites. Il resserre également pas mal de vis et colliers de serrage, et après un essai ça y est, plus de fuite... Quant à l’huile, mystère... Le niveau contrôlé après plusieurs heures, ne semble pas baisser et de plus aucune fuite n’est détectée... Espérons que cette mayonnaise abondante ( 1,5l quand même...) n’est que le résultat des résidus laissés dans la gate par la vidange moteur, combiné au liquide de refroidissement peut-être particulièrement “efficace” dans ce mélange. Affaire à suivre et que nous suivons de près!

Nous relevons l’ancre et mettons le cap sur le désert des Agriates, morceau de nature à l’état brut, aujourd’hui espace le mieux protégé de Corse. Il n’y a rien ou presque rien : pas de villages habités, pas de maisons, seulement des vestiges de bergeries dont quelques-unes ont été retapées, aucune route mais seulement des pistes en piteux état avant d’arriver au paradis des plages de sable fin, 40 km de côtes magnifiques et intactes. Mais ce n’est pas un désert sans vie, car il y a de l’eau et donc un maquis très dense et des animaux en pagaille dont des vaches débonnaires assoupies sur les plages. C’est au bord d’une de celles-ci que nous mouillerons pour passer la nuit.

Le lendemain, vendredi, comme nous n’avons pas mouillé à l’endroit prévu, la plage de Saleccia,DSC00502 nous mettons le cap sur celle-ci dès le petit déjeuner terminé. La navigation sera courte car 2 M à peine nous en séparent. Longue d’1 km, couverte de sable blanc, elle est bordée par des dunes ,une pinède de pins d’Alep, unique en Corse et l’eau y a les couleurs d’un lagon tropical. D’ailleurs admirez la nage stylée du capitaine dans ces eaux turquoises!DSC00491  Notre journée se déroule au rythme corse, DSC00529 quoique le capitaine montre une fois de plus qu’il a des mains d‘or : après les avoir mises hier dans le cambouis, il les plonge aujourd’hui dans la farine pour nous concocter 2 délicieux pains. Il y a peu de monde mais nous avions oublié que nous ne sommes pas très loin de l’Italie et vers 17h, un 1er voilier avec à son bord quelques phénomènes “bruyants” arrive, suivi de 4 autres avec des équipages semblables s’interpellant d’un bateau à l’autre. Ils mouillent n’importe comment car ce qui compte pour eux c’est d’être “groupir”, et ne se soucient pas des remarques des autres plaisanciers. Nous ne sommes plus en vacances mais retournés dans le Borinage profond !

Finalement, pour pouvoir dormir l’esprit tranquille, c’est nous qui lèverons l’ancre et irons mouiller 200m plus loin et là nous profiterons pleinement de la beauté des lieux et du lever de la pleine lune. DSC00502

Relativement tôt samedi, nous levons l’ancre, cap toujours plus au Nord en arrondissant notre course et laissant à notre droite le golfe de Saint –Florent et sa ville. Probablement nous y arrêterons-nous à notre retour..

Nous quittons donc le désert des Agriates et mettons le cap sur le Cap Corse, et nous n’avons pas assez de nos yeux pour contempler, admirer ces montagnes escarpées qui tombent violemment dans les eaux transparentes de la Méditerranée, ces villages perchés fièrement sur des pitons rocheux (Nonza par ex) surveillant inlassablement l’horizon, avec les pieds dans l’eau quelques maisons aux murs de schiste qui sont leurs “annexes” maritimes, appelées ici marines, une ribambelle de ports de poupée. Sur notre route pourtant, soudain le paysage jusque-là couvert de végétation se dénude brutalement pour ne montrer que de la rocaille grise et les vestiges abandonnés, depuis 1966, d’une mine d’amiante et de ses bâtiments, étrange décor de friche industrielle,DSC00512 les terrasses régulières coupées dans la roche ressemblent à un temple inca transplanté sur les pentes corses, c’est Marine d’Albo. Peut-être parmi vous, certains assidus de “Thalassa” se souviennent-ils du reportage qui lui avait été consacré . 

 

Et puis, nous arrivons à Centuri, qui est le but de notre journée. Petit port de pêche authentique, replié sur lui-même comme pour se protéger du large, avec une poignée de vieilles maisons aux toits de serpentine verte (pierre de la région).DSC00513 Nous sommes conquis par le calme, la beauté des lieux qui ne sont pas encore déformés par la société de consommation et nous mouillons devant le port de pêche exigu qui ne peut accueillir que quelques petits bateaux.DSC00521 C’est un lieu interpellant car passé et avenir s’y côtoient de manière contrastée: ainsi sur les crêtes, un ancien moulin à vent restauré et des éoliennes se font face, il faut dire qu’ici le vent souffle fort! Et puis ici, dans ce lieu de bout du monde, les habitants n’ont pour vivre que la pêche et c’est ainsi que la mini poissonnerie est un projet cofinancé par l’Europe, ils ne sont donc pas dépendants des “gros”.

Après avoir mis facilement l’annexe à l’eau (Michel a monté un système de poulies qui nous permet de descendre ou monter annexe et moteur sans difficultés),  nous partons à la découverte et nous ramenons du poisson : du denti, pêché le matin même par 45m de fond et débité en darnes pour nous le soir par l’épouse du pêcheur, le tout en direct sur le port.DSC00517 Nous passons 2 nuits et 1 jour dans ce lieu magique...Et ce denti dégusté en papillote au souper était un régal!

Lundi matin, nous levons l’ancre et mettons le cap sur l’extrême nord de la Corse: l’île de la Giraglia,DSC00533 endroit mythique pour tous les marins car des vents violents y soufflent très souvent. Pour nous par contre, peu de vent et c’est au moteur que nous redescendrons vers St Florent où nous mouillerons en fin de journée devant le port de la ville. A nouveau, petit souci mécanique car le moteur que Michel dorlote avec amour présente une fois encore des signes de perte d’huile. Après avoir appelé le technicien moteur préféré de Michel, nous ne ferons rien car ici sur le port, la personne recommandée, ne semble pas très compétente... Inutile de faire pire que mieux...

Mardi visite et découverte de cette jolie petite ville en flânant sur ses places et dans ses ruelles, de sa citadelle (XvèmeS) et de sa cathédrale (roman pisan du XII ème Siècle) DSC00542pour finir par une dégustation de délicieuses glaces.

Ce mercredi cap sur Calvi, après avoir une fois de plus, reçu nos amis les douaniers. Douaniers et douanières d’ailleurs qui sont, ma foi, très relax : papiers du bateau, identité du skipper, tout cela semble bien être une volonté de “faire du chiffre” (de contrôle...) .Le vent est peu collaborant et adopte le long rythme de la sieste corse mais bon nous y arriverons...

Arrivés vers 19h30 face à Calvi, nous mouillons dans une jolie petite anse et ce matin, nous mettons le cap sur le mouillage organisé sur corps mort ou bouée ( un peu comme la pêche aux canards mais en plus grand!) face au port car nous devons avitailler le bateau si nous voulons manger du frais et surtout trouver un cyber-café pour vous envoyer de nos nouvelles et voir si vous nous avez aussi écrit. Nous vous quittons donc et à bientôt... 

 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 14:54

4ème semaine.

 

Nous vous avons quitté après avoir mouillé le samedi 12 juin dans le port d'Hyères, endroit où il fallait se trouver ce WE car l'aéronavale française y a fêté dimanche son centenaire et cela a donné lieu à de nombreuses démonstrations de prestige qui, que l'on soit pour ou contre l'armée étaient admirables par leur audace.DSC00475

Le spectacle et la démonstration de force étaient à la fois sur la mer :porte-avions français (Le Charles de Gaulle) et américain (le Truman), croiseurs et autres navires de guerre étaient là pour le "décor" dans la rade d'Hyères et dans les airs: parade des avions d'antan (ex: le Blériot),  show de la patrouille de France dans les Super Etendards ( figures acrobatiques époustouflantes de coordination, jeu de fumées..), démonstration de la maniabilité des Mirages qui se fendent de piqués de plus en plus impressionnants puis passent à ras du sol dans un bruit assourdissant mais personne ne s'en plaint tellement on est impressionné par la maîtrise des pilotes, Rafales, hélicos...et cerise sur le gâteau tous hallucinent quand un Airbus A380, en provenance du salon aéronautique de Berlin et rentrant à Toulouse, traverse spécialement et lentement l'espace aérien hyérois pour célébrer l'anniversaire.

Sur notre voilier, nous étions aux 1ères loges et pas trop incommodés par le bruit. Il paraît qu'il y a eu 60.000 spectateurs sur la base, les plages avoisinantes.. .En tout cas cela valait le coup! Nous n'avons pas fait de photos, tellement c'était rapide mais Michel a filmé quelques chouettes moments que nous vous montrerons à notre retour, promis!

 

Le lundi 14 est pour nous un grand jour car ça y est le vent (SW :13 N)) est avec nous et à 9h 55 nous embarquons Claude, l'ancien propriétaire du bateau, qui va faire avec nous la traversée vers la Corse. Il est un peu, beaucoup maladroit (il veut très souvent aller très vite) et à peine avons-nous relevé l'ancre, commencé à hisser la grand-voile qu'en moulinant sur le winch il laisse tomber à l'eau la manivelle de celui-ci, mais bon "jamais 2 sans 3" et c'est sa 3ème gaffe, nous espérons donc en être quitte avec celles-ci . La traversée se déroule sans problème et j'en profite pleinement me souvenant d'une phrase de mon amie Marie qui me conseillait de profiter à fond de toutes les 1ères fois et ce 14 juin est pour moi un concentré de 1ère fois: 1ère navigation en haute-mer,  1ère nuit en navigation et cadeau de Poséïdon à 18h30 des bandes de dauphins escortent notre voilier et jouent à la pointe de son étrave, y font des cabrioles, sautent: moments magiques!! Ca y est, je suis des leurs! De tous ces instants cadeaux, je profite à fond....La nuit sera plus dure à vivre pour moi: 1er quart (moment où un membre de l'équipage veille pour éviter tout souci avec le vent et les autres bateaux qui croiseraient notre route), de minuit à 5h c'est long...et puis il fait froid!!! Heureusement nous avons des vêtements chauds mais c'est surtout à la tête que j'ai froid et je me réjouis d'avoir ma cagoule! Mais je ne suis pas seule, Trevor ( vous vous souvenez? Qui est-ce?) est là lui aussi et pour ne pas réveiller celui qui dormait dans le carré en y allumant il nous a fallu un certain temps pour retrouver nos marques en changeant de cap car le vent avait tourné. Termes élégants pour parler d'un joli cafouillage mais comme il faisait noir personne ne nous a vus, vous êtes les seuls à le savoir, ne le répétez pas! Mais bon, c'est de l'histoire ancienne... A 5 h, j'ai été heureuse d'être remplacée et de pouvoir rejoindre Morphée et lorsque je me suis réveillée, magique: la pointe et le phare de la Revellata étaient visibles, nous étions proches de Calvi où nous avons mouillé dans la baie face à la citadelle et vieille ville.  Nous avons parcouru 124,45 Milles en 24 h dont 4h et demi au moteur, nous sommes contents de notre traversée et Michel est de plus en plus en harmonie avec Manéa. Je suis vraiment heureuse de le sentir dans son élément, toujours occupé à perfectionner l'un ou l'autre point du bateau.

 

Durant 2 jours nous avons visité, flâné dans cette jolie cité corseDSC00468 qui se dresse au-dessus des terres et de la mer et semble imprenable avec ses remparts taillés à même la roche. Sa devise est "Civitas Calvi semper fidelis" par fidélité des citoyens de Calvi à Gênes qui a toujours protégé ceux-ci notamment contre les français mais finalement, c'est grâce aux anglais et à Nelson (c'est ici qu'il a perdu son oeil droit ) en particulier que Paoli ,revenu de son exil à Londres, a recouvré son pouvoir en Corse.DSC00447 Les étroites ruelles pavées sont parcourues à toute vitesse par les véhicules de la Légion Etrangère qui est basée ici. Nous avons même assisté en direct à plusieurs exercices de parachutage. Ici c'est sûr, nous sommes déjà dans le sud: indolence et nonchalance sont même sans doute contagieuses... Mercredi soir avant de regagner Manéa, nous avons écouté un chouette concert de jazz sur le port (2 des musiciens étaient belges et en se présentant ont dit" venir de la Belgique, du moins ce qu'il en reste...".)DSC00464

 

Jeudi matin nous profitons d'une bonne fenêtre météo pour ramener notre Claude sur le continent. En effet, dès vendredi la météo annonce avis de grand frais et même de tempête sur le Roussillon, la Provence et la Corse...Nous levons l'ancre à 11h mais le vent n'est pas très fort et nous devrons naviguer davantage au moteur. Tout se passe sans problème et ma 2ème nuit se déroule mieux que la 1ère.DSC00470 (Quart de veille plus court), nuit magique baignée par la lune, les étoiles et en particulier Casiopée et une superbe voie lactée. (Bruno, j'ai bien pensé à toi cette nuit-là et à toutes les explications que tu nous donnais sur les étoiles lorsque nous revenions de nos feux de camp à Orval!!). A 11h30, nous débarquons Claude face à la capitainerie d'Hyères et ça y est Michel se sent enfin sur SON bateau. Nous avons été contents de son accompagnement, d'ailleurs nous le lui avions demandé, mais parfois nous avons eu le sentiment d'être un équipage au service du skipper...

 

Samedi a été le jour de la lessive mensuelle à la laverie et puis les courses en transports en commun et puis ça y est la journée est déjà passée! Nous l'avons vécue en pensée avec la Belgique car c'est aujourd'hui qu'Elsa et Antoine pendent leur crémaillère entourés par tous les membres de leurs familles et amis nous excepté because la distance...Le soir, Claude est venu nous chercher en voiture pour aller souper chez lui. Devinez ce qu'il nous avait préparé ? Des frites!!! Je lui avais dit que cela faisait 4 semaines que nous n'en avions pas mangé, alors il nous en préparé lui-même: des " maison "...

 

Dimanche, journée repos et marché sur le port avec un retour au pas de course car l'orage est là, nous n'avons que le temps de sauter dans l'annexe pour regagner Manéa! Le soir, d'autres belges venant mouiller près de nous nous dirons qu'ils étaient à Porquerolles au moment de celui-ci et que le vent y a soufflé à 60 N, 3 voiliers ont même dû être sauvés par la SNSM...

 

Voilà, nous vous quittons, nous repartons vers la Corse à 2 pour pouvoir y flâner et la découvrir à notre rythme et selon nos coups de coeur...

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:35

 DU 06 JUIN AU 12 JUIN.

 

Nous vous avons laissé hier avec la mise à l'eau de Manéa. Nous venons d'y passer notre 1ére nuit sur l'eau après une si longue attente et elle a été très bonne , nous n'avons même pas été bercés par le roulis car le bateau est très large.

Ce dimanche nous vaquons donc à nos différentes tâches, essentiellement ménagères pour moi ( épluchage et cuisson des légumes pour la préparation d'un fricot de pois: nostalgie du pays) et plus techniques pour Michel: le nettoyage du dernier winch. DSC00412 Celui-ci, comme les précédents lui a demandé 5h!! Ainsi la liste de tout ce qui devait être réalisé comme travaux sur le bateau est terminée. Incroyable car en général lorsque l'on fait des listes  on n'en réalise pas le 1/3 du 1/4! Autre tâche pour moi: la rédaction de notre mail hebdomadaire. Nous en profitons pour remercier ceux et celles qui nous répondent en nous donnant de leurs nouvelles.


Vers midi, surprise!!!!! En ouvrant le frigo, je découvre qu'il est à moitié rempli d'eau et que nos différentes provisions y baignent, de plus Michel la goûte et elle est salée!! Il y a donc un problème de communication avec nos vannes, celle de l'arrivée d'eau de mer est ouverte, or elle coïncide avec la pompe du frigo. Nous en sommes donc quitte pour vider et nettoyer le frigo et bien sûr fermer la vanne responsable. Heureusement ce qui "nage", ce sont des produits emballés sous vide et donc rien n'est perdu et puis nous avons repéré à temps cet oubli!


C'est le jour de notre rv chez Mac Do pour vous envoyer notre courriel et vers 17h nous partons courageusement  sous un ciel plombé et  une lourde chaleur pour chercher le bus qui nous conduira à Hyères. Nous devons marcher + ou - 1,5 km jusqu'à l'arrêt de bus , il fait chaud et je propose à Michel de faire du stop, envie de renouer avec les habitudes de ma jeunesse?? (lors de ma 2ème licence ma faculté a été transférée de Louvain à Louvain-La -Neuve et kotant toujours à Leuven, je faisais régulièrement du stop entre les 2), nostalgie? Michel est sceptique et pourtant à peine 200m après le port, une Audi décapotable conduite par un gentlemen muet s'arrête et nous embarque jusqu'au centre d'Hyères. Mon capitaine est persuadé que la vision de mes jambes y est pour beaucoup! Au retour, nous ratons le dernier bus à 1 ou 2 ' près. Nous sortons donc de la ville à pieds jusqu'au 1er rond-point allant dans notre direction et nous recommençons à faire du stop et là c'est une automobiliste qui s'arrête, comme quoi ce ne sont pas uniquement mes "appâts" qui sont des déclencheurs d'arrêt, et cette gentille dame nous ramènera quasiment sur notre bateau car elle nous avoue être curieuse. C'est sûr nous recommencerons l'expérience.

 

Lundi matin à 9h tapantes, arrivée du technicien électronicien qui vient terminer son travail en grimpant en tête de mât pour installer l'anémomètre, DSC00415travail toujours très impressionnant que de le voir se balancer en haut du mât dans sa chaise de calfat.

Pour ma part, je suis de planton devant la capitainerie du port qui est fermée aujourd'hui car je vous rappelle que nous attendons toujours notre 2ème sésame ( la nouvelle carte bancaire du capitaine) pour pouvoir larguer les amarres et c'est en piquant un sprint derrière sa camionnette que je course le facteur qui traverse le port à toute allure. Mais rien pour nous aujourd'hui!. Déception car pendant mon attente inutile, Michel et le technicien sont partis en mer pour calibrer le pilote automatique. Dorénavant pour vous parler de lui, je dirai Trevor. Michel a en effet pour coutume de baptiser ses pilotes automatiques d'un prénom anglais parce qu'il trouve que barrer est un travail de subalterne et qu'il a tendance à mésestimer ( le mot est faible!) les habitants de la perfide Albion. Il faut dire, qu'ayant fait ses classes à Saint-Malo, ceci explique sans doute un peu cela. Pourtant, c'est moi qui l'ai baptisé Trevor en souvenir d'un anglais sympa, joyeux luron, amateur de bonne chère ( donc appréciant modérément la cuisine anglaise lui préférant la française et la mienne) et musicien extraordinaire, rencontré durant mes vacances en Bretagne. J'éprouve un petit pincement au coeur de n'être pas de la 1ère sortie en mer de Manéa,DSC00424mais c'est aussi cela être moussaillon et puis que ne ferai-je pas pour plaire à mon capitaine?L'après-midi c'est le technicien moteur qui arrive pour vérifier si tout fonctionne bien et si le presse-étoupe ne laisse pas passer d'eau. Tout est ok et donc nous prévoyons de larguer les amarres ce mardi en compagnie de Claude (l'ex-propriétaire du bateau) mais il y a un hic: Eole qui est l'un des membres les plus actifs de notre équipage, n'en fait qu'à sa tête et souffle beaucoup trop fort. C'est un avis de grand frais (vent de 7 à 8/ échelle de Beaufort) qui est annoncé par le Cross Med (météo marine). ce serait donc trop risqué que de traverser vers la Corse. Après discussions, il est décidé que ce mardi nous irons vers Porquerolles pour découvrir et apprendre à manier le bateau et que le soir nous reviendrons mouiller à  l'anse de Léoube qui est un bon abri par vent d'est. Ce sera une très belle journée, le bateau est très agréable à manier et il avance bien avec ses voiles, la barre à roue est plus facile à manier qu'une barre franche et elle est douce. DSC00430Après y avoir mouillé, nous dînons à la plage de la Courtade. Nous sommes en juin et il y a peu de bateaux, ensuite Claude veut nous faire une démonstration des manoeuvres de port et de la facilité avec laquelle le bateau se range à quai en marche arrière mais il est un peu "rouf-rouf" càd qu'il agit très précipitamment. Nous n'avons pas le temps de sortir les pare-battages qu'il est déjà quasiment au ponton et frôle de très près le bateau voisin qui ne comprend rien à notre manoeuvre sinon qu'il risque quelques dégats à cause de ce bateau belge un peu fou ( même s'il est barré par un français, mais cela il ne peut pas le deviner...) Bref, encore de jolies histoires belges qui risquent d'agrémenter les longues soirées d'hiver, dans les carrés!

Après avoir eu très chaud, nous reprenons la direction de la pointe de Léoube pour y mouiller en étant protégé de la colère d'Eole. Nous ne serons pas seuls durant ces 60 h d'isolement, d'autres voiliers ont pris la même initiative mais personne n'ose mettre son annexe à l'eau: chacun chez soi. Nos nuits ont été bonnes et nos journées se sont passées à bouquiner, papoter, travailler..oui, oui, Michel en a même profité pour nous pétrir et cuire du bon pain frais, DSC00435  et le croirez-vous, le temps est passé très vite ....

 

Nous voilà donc déjà vendredi matin et là, il faut y aller, le vent a faibli. Nous mettons donc le cap sur l'île de Port-Cros, où nous dînerons au port. Avec son fortin juché en haut d'un rocher à l'entrée, ses quelques maisons serrées le long d'un quai frangé de palmiers et sa végétation luxuriante qui couvre les pentes de l'île, il évoque un peu un repaire de pirates. Nous y passons un agréable moment et puis nous prenons la route du retour. Comme nous sommes bien près de la bucolique pointe de Léoube, c'est là que nous mouillerons une fois encore. DSC00433


Ce matin, comme 2 grands, Michel et moi avons manoeuvré seuls, certes en prenant notre temps mais nous avons réussi à relever l'ancre sans problème et puis à prendre la direction d'Hyères où nous avons mouillé face au port, lui au mouillage et moi à la barre. Cet après-midi en annexe, nous irons jusqu'à celui-ci et puis bus pour les courses et notre rv chez Mac Do car lundi c'est probable, les conditions météo seront optimales pour traverser vers la Corse: vent d'ouest portant. Finalement ce n'est pas si mal car demain c'est l'anniversaire des 100 ans de l'aéronavale et un grand meeting aérien avec déploiement de la flotte navale est prévu dans la rade.


Voilà, nous espérons que vous prenez toujours plaisir à lire nos tranches de vie.

Dernières nouvelles : c'est plutôt du vent d'est (encore!) qui est annoncé. Alors...

 

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Published by manéa - dans Croisière 2010
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…