Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 16:53

 

AVRIL 2010

 

Que faisons-nous durant ces mois d'hiver et de printemps où nous descendons vers le Sud , vous demandez-vous peut-être...

Simplement nous prenons le temps d'apprivoiser et de préparer notre bateau...

Pendant que Michel démonte les winchs, le bas-étai, vide les coffres du cockpit et les inventorie en triant, en sort le moteur de l'annexe, le démonte et essaye de le remonter, tente de comprendre le fonctionnement de  la barre à roue de secours, prend des contacts avec les différents corps de métier devant intervenir techniquement sur le bateau, pendant ce temps donc je gonfle l'annexe (qui n'a aucune fuite!), dévisse et nettoie les dorades (= les manches à air dans lesquelles saute Milou dans Tintin au Congo mais en plus petit!), je cuisine, remplis avec joie les coffres et soutes des provisions préparées durant cet hiver (blanquette, navarin d'agneau, osso-bucco, sauce bolo stérilisés et nos différentes confitures maison), en dresse l'inventaire sur l'ordi...

Pendant ce temps les jours passent à toute vitesse...

Voici par exemple le contenu de notre journée d'hier 14 avril.

Après notre petit déjeuner, comme nous n'avons plus de pain et que le mécanicien vient travailler sur le moteur du bateau (entretien et vérification que tout est ok), je pars à pieds aux Salins chez le boulanger. Balade tonique sous le soleil et le ciel bleu. Elle débute dans le port "forêt de mâts",DSC00277 zigzague parmi les engins déjà à l'oeuvre pour sortir ou mettre à l'eau l'un ou l'autre bateau. Sortie, je longe la mer. Au loin je peux admirer les "îles d'Or": devant moi Port Cros, à l'ouest Porquerolles et à l'est l'île du Levant...

Puis retour et continuation de la balade vers Ayguade car aujourd'hui c'est jour de marché. J'aime l'ambiance des marchés du sud, tous mes sens y sont en alerte: l'odorat avec le parfum des différents produits, la vue avec tous ces étals rivalisant de couleurs, l'ouïe avec l'accent chantant des maraîchers qui ont toujours quelque chose à vous dire, le goût avec toutes les bonnes choses offertes à déguster, le toucher avec la caresse du vent et du soleil sur ma peau...

Matinée qui sent le printemps qui arrive : sur le chemin respiration de l'odeur poivrée des glycines qui couvrent les clôtures, observé haut dans le ciel le vol haut d'un martinet (=oiseau de la même famille que l'hirondelle mais plus gros que celle-ci) de retour de sa migration vers l'Afrique, admiré 3 jolis papillons blancs folâtrant dans les arbres, entendu et puis vu une cane suivie de ses 11 canetons . Et puis au pied d'un banal poteau électrique, perdu entre cailloux et poussières mais bien droit et déjà fleuri un coquelicot, une de mes fleurs préférées qui symbolise pour moi l'humilité et la simplicité (2 des valeurs de vie que je partage avec Michel). Fleur qui me renvoie à l'adolescence, à la période des examens de juin, au trajet en tram entre Frameries et Cuesmes durant lequel je pouvais admirer un énorme champ de blé dans lequel fleurissaient tant de coquelicots...Et chaque fois que j'en vois un, c'est d'abord ce souvenir qui me vient à l'esprit, une de mes "madeleines"...

Arrivée à Ayguade : les terrasses sont pleines, au marché gourmand  les étals débordent de tomates, asperges et fraises et joie de choisir "la tomate" qui parmi toutes celles- ci nous régalera ce midi.

Et il est quasi midi, c'est déjà la route du retour, le sac est plus lourd mais le chemin tout aussi agréable, je rentre au bateau et le mécanicien nous quitte pour aller dîner.

Pour nous ce sera une tomate coeur de boeuf (celle choisie au marché avec amour) semblable à celles de papa mais quand même pas comme celles de papa ( il y manque l'amour généreux avec lequel il les cultive) , une coeur de boeuf tranchée et garnie de mozzarella bufflonne arrosée d'un filet d'huile d'olive ail et basilic du Partegal et vinaigre balsamique et parsemée de quelques brisures de basilic. Un régal avec le pain au levain acheté ce matin, accompagné par des radis et du "broussin" de chèvre.

Régal pour les yeux et pour le palais...

Oui, ça y est :le printemps est là, il y a du vent mais il fait beau...

Ensuite, préparation de la soupe de courgettes: joie de les laver, de sentir leur peau lisse, nettoyage du persil offert ce matin par le maraîcher:" non, ma bonne dame, le persil je le vends pas, j'en offre un peu à chaque client, je sais je suis perdant mais bon on se refait pas", nettoyage de la botte de radis achetée :" et avec les fanes...commence le maraîcher et moi de continuer "je fais de la soupe", lui "je vois que j'ai affaire à une connaisseuse..mes respects..." Tout cela, avec un accent succulent!

Ensuite en attendant le retour du mécanicien nous sommes sur le pont, Michel place des "protège" sur les haubans tandis que je dégonfle l'annexe et l'inonde de questions relatives aux voiles. En effet les jours passent et pour moi approche le jour J, celui du stage de voile où je me suis inscrite. Comment va-t-il se dérouler?  L'angoisse monte en moi même si je ne la montre pas . N'ai-je pas été trop présomptueuse? Sera-ce intéressant? N'aurai-je pas peur? Serons-nous nombreux? Apprendrai-je plus que tout ce que Michel m'a si patiemment enseigné? Que de questions!!! Comme j'admire sa connaissance , sa facilité de langage dans tout ce vocabulaire spécifique. Par contre je crois que j'oserai davantage avec un bateau qui n'est pas le nôtre, j'aurai moins peur de faire des " bêtises" par des manoeuvres inadéquates...

Retour du mécanicien, travail pour lui et Michel en bas, exil sur le pont pour moi avec un chouette bouquin, et puis c'est déjà le soir, la préparation du souper: ce soir: entrecôtes sauce au poivre vert, purée au céleri rave et salade. Une fois de plus, un régal!!

Voilà, une fois de plus la journée est déjà passée.

Comme vous voyez, nous ne nous ennuyons pas...

 

 

Repost 0
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:53

Le moussaillon monte en grade

 

Lors du récit de notre dernière tranche de vie, je vous avais quitté en vous faisant part de mes doutes, craintes, par rapport au stage de voile où je m’étais inscrite.

Voici donc pour vous en exclusivité le récit de cette semaine.

Samedi 17 avril

Levés tôt nous partons pour Bandol ( port situé sur la Méditerranée entre Cassis et Toulon ) car c’est là que moussaillon Framboise embarque.

Les explications pour le lieu du RV sont claires, nous trouvons le ponton, rencontrons d’autres néophytes, un peu paumés comme nous. Ils sont montés à bord d’un voilier sur lequel était déposé un carton portant simplement le nom de l’association organisant le stage “France Voiles Loisirs”. Patiemment, nous attendons en faisant connaissance (peut-être est-ce une tactique pour créer les premiers liens?) et une heure se passe....Et toujours aucun skipper à l’horizon. Pourtant le nom du bateau ne correspond pas à celui envoyé par courrier, et finalement à force d’arpenter les pontons nous trouvons le bon bateau pour notre embarquement, il était amarré par l’avant, nom et skipper invisibles. C’est ainsi que nous découvrons qu’il y a 2 groupes: les débutants (comme moi) et le 1er niveau de perfectionnement. Chacun embarque donc où il doit et je dis au revoir à mon homme. Dur, dur, car depuis septembre nous sommes toujours ensemble.P1060547

Voici la présentation de l’équipage: skipper: Gérard Provaux 

                                                 moussaillons : Michèle et Michel Constant

                                                                     Didier Souhami

                                                                     Françoise Wauthier. 

photos de l'équipage (manque le photographe. Le super emmitouflé est le skipper originaire de Marseille et hyper-frileux)P1060546

 

Nous serons donc 5 à partager cette semaine sur le Rio, Sun Fast de 32 pieds (= + ou – 9m 50), ce qui ne me change pas de l'Attalia de l'an dernier. Les cabines sont vite réparties, le couple Constant dans celle d'avant, Didier et moi dans la cabine arrière et Gérard dans le carré. Nous nous y installons.P1060662

 

Nous débutons notre initiation. A partir d’une liste type nous devons retrouver les différents éléments indispensables à la sécurité d’un bateau en notant les endroits où nous les avons découverts (ex: harnais de sécurité coffre 1 à bâbord...) et lorsque nous ne savons pas ce que c’est, nous posons la question.

Ensuite c’est le moment tant attendu, il est 16h03, nous appareillons pour découvrir le b.a. ba de la voile dans la baie de Bandol avec les termes adéquats: ex: écoute, drisse, pataras, border, choquer, mouiller...

Border une voile  = tirer sur celle-ci

Choquer une voile =lâcher celle-ci

Après 1h et demie de travail ( nous nous exerçons les uns après les autres),  nous rentrons au port pour effectuer l’avitaillement (= courses ). Ce sont évidemment les femmes qui s’y collent puisque elles ont tant d’idées pour les menus! Les autres équipiers sont tous français, parisiens ou marseillais pour le skipper.

Après avoir dévalisé le Super U (nous partons quand même 6 jours en mer), nous rentrons préparer le repas du soir qui se compose de poulet cuit, salade et chips!!! (c’est à ce genre de détails que l’on se rend compte que même si nous parlons la même langue, nous n’avons pas exactement les mêmes moeurs). Rassurez-vous, je suis sérieuse et je n’en mange pas. Trop salé! 

Ensuite soirée papote et nous nous couchons.

Ma nuit sera très mauvaise car Didier s’endort à peine couché (il bat mon record) et il ronfle, pas qu’un peu...De plus, je dors dans la couchette cercueil et je n’ai pas beaucoup d’espace, mais bon je m’habituerai vite!

 

Dimanche 18 avril

Les choses sérieuses commencent!!!

Après un petit-déjeuner copieux et la préparation du repas de midi, nous nettoyons le pont et quittons au moteur le port de Bandol à 9h55. 

Une fois celui-ci arrêté, nous apprenons à hisser la grand-voile. Manoeuvre répétée plusieurs fois jusqu’au moment où il n’y a plus d’erreur. Heureusement il n’y a pas trop de vent. Nous mettons le cap sur l’île de Porquerolles et nous barrons chacun à notre tour.

Après le passage de la balise des Magnons et de l’îlot de la Covelle, nous  choquons le foc.

A l’approche du Cap Sicié, nous apprenons à virer de bord, à nous rapprocher du vent (=naviguer au près). Impressionnant car parfois le bateau gîte (= penche) très fort. Le but de la manoeuvre est de nous faire prendre confiance et de bien sentir le vent. N’empêche, je ne suis pas toujours rassurée et parfois je crie comme dans les attractions à Walibi! 

A 13h 15, nous roulons le foc et amenons la grand-voile pour mouiller dans l’anse de Fabregas et pique-niquer, ce sera assez chahuté car il y a pas mal de clapot mais l’endroit est joli. Après une petite sieste, après avoir à nouveau hissé les voiles nous repartons vers Porquerolles où nous arriverons vers 18 h après avoir encore et encore barré.P1060535 C’est sous le fort de l’Alycastre, au bord de la plage du même nom que nous mouillerons. L’endroit est très sauvage, rien à voir avec l’été, nous sommes seuls, coucher de soleil magique. Préparation du repas: chipolatas, petits pois et carottes, et puis bien sûr le fromage! Ensuite, Gérard nous montre comment faire la vaisselle en mer: amener celle-ci dans le cockpit, prendre un seau d’ eau de mer et y ajouter du produit vaisselle, procéder au nettoyage, rincer avec de l’eau douce ( et laisser sécher sur le pont. Il n’y a plus qu’à ranger!!! Après notre 1ère journée au grand-air et au soleil nous sommes assez fatigués et il ne faudra pas nous bercer.

 

Lundi 19 avril

Notre nuit n’a pas été très bonne. A 4 h, Mickey (surnom donné à Michel le mari de Michèle) a bouché les chiottes. Il n’a pas suivi les conseils pratiques de Gérard de ne pas y jeter le papier et conclusion à 7 h celui-ci débouche la 1ère chiotte de sa saison. Inutile de dire que l’humeur s’en ressent!

Après le petit déjeuner, la préparation de la salade de midi, nous levons l ’ancre sans moteur, cap sur l’île de Port-Cros, réserve naturelle, un des 7 parcs nationaux français, où les amoureux de la nature et des oiseaux sont comblés: située sur les itinéraires migrateurs entre l'Europe et l'Afrique c'est une étape de prédilection pour plus de 120 espèces d'oiseaux migrateurs dont une trentaine sont nicheuses .

Le vent est à l’ouest de force 3 à 4 et nous naviguons au grand largue (vent reçu de ¾ arrière), allure beaucoup plus agréable qu’au près. Nous prenons un ris c’est à dire que nous diminuons la voile d’une partie de sa surface, exercice que nous faisons chacun notre tour et cela me demande de l’équilibre pour ne pas passer par dessus bord . Nous virons encore et encore de bord face au vent. C’est là que les paroles de “ Santiano” “ Pare à virer, les gars faut y aller” prennent tout leur sens puisque nous répétons maintes et maintes fois cette phrase. Parés à virer? Parés répondent les équipiers, je vire dit le barreur et parfois je suis pertubée par ce changement de cap : je ne sais plus très bien où je suis. De plus, vous savez que ma latéralisation n’est toujours pas acquise alors quand le skipper dit bâbord, je dois traduire gauche et puis seulement trouver où est ma gauche, ce qui parfois prend plus de temps que nécessaire. Si en plus, je vous dis que la barre franche me donne l’impression de fonctionner à l’envers (pour virer à tribord il faut pousser la barre à bâbord), vous imaginez la surchauffe de mes neurones qui traduisent toutes les informations reçues dans le langage populaire! Mais bon, je me concentre et commence à me détendre car il paraît que l’on commence à voir mes dents quand je barre selon mes équipiers. Mais fin de journée, je suis crevée! 

Après le passage du Bagaud, nous mouillons dans l'anse de Port-Man pour notre repas, le vent se lève, passe à force 5 à 6, est trop fort pour repartir et donc jusqu'à + ou -16h Gérard nous occupe avec de la théorie sur les balises et les noeuds.

Il existe des balises cardinales càd des balises concernant les points cardinaux par secteur. Il y a aussi des balises latérales qui indiquent de quel côté entrer dans un port: en Europe lorsque l'on rentre dans un port on laisse à tribord la balise verte  et à bâbord la balise rouge .                                                                                                                   

Dans l'hémisphère sud, c'est l'inverse.

Chacun notre tour nous apprenons les noeuds de chaise, cabestan, demi-clé, de capucin et nous nous entraînons les refaisant inlassablement encore et encore.

 

Finalement, vers 16h30, le vent mollit un peu et nous pouvons appareiller, nous effectuons des virements multiples, apprenant encore et toujours à barrer au près et surtout au près serré. Gérard me conseille de moins réfléchir et de laisser aller mes sens: c'est avec mes oreilles que je dois sentir le vent; sa réflexion m'en rappelle une autre, celle d'Ingrid qui m'a appris à nager et qui m'a dit elle aussi que j'étais trop intellectuelle, que je ne me laissais pas suffisamment aller, que je n'étais pas assez instinctive.P1060552

C'est vers 18 h que nous mouillons pour la nuit sur bouée dans le port de Port Cros; Celui-ci n'est pas profond, + ou - 2m d'eau en bordure du ponton et notre bateau a 1,95 m de tirant d'eau (nous frotterons d'ailleurs sur le fond et le bateau s'en sortira car nous le faisons tous pencher d'un côté), c'est pour cela que nous mouillons sur bouée car là il y a un peu plus de profondeur. Après un bon repas (des pâtes!) nous nous couchons fatigués par le vent et le soleil.

 

 

                          Le joli petit port de Port Cros 

MARDI 20 avril

La mer est belle et superbe, couverte de brume signe de beau temps.

A 8h45, nous quittons Port Cros pendant que Gérard, nostalgique de l'éducation reçue dans un collège privé nous chante des cantiques.

Aujourd'hui, les prévisions météo étaient fausses car elles annonçaient du vent et à 13h nous n'avions parcouru que 12 milles( un mille =1852m), mais bon vu le vent nous avons fait ce que nous avons pu ! Nous dînons dans la splendide baie du Langoustier à l'île de Porquerolles et puis nous rentrons direction le port de Bandol où trahis par la météo nous parcourons les 6 derniers milles au moteur. Vent à 0 noeud...Gérard en profite pour nous initier au positionnement, relevé des cartes à l'aide d'un compas de relèvement et de la règle de Cras. Il explique au 1er moussaillon qui s'exerce et puis doit lui-même l'expliquer au second et ainsi de suite. je ne suis pas mécontente de moi, je n'ai pas perdu toutes mes capacités pédagogiques car lorsqu'à mon tour j'explique à Mickey, il comprend et sait réaliser son exercice..

Aujourd'hui, le proverbe du jour était: "pour barrer bien, barrer plein" (proverbe breton)..

 

MERCREDI 21 avril

 

Nous sommes réveillés aux aurores par notre skipper qui ne tient pas en place mais nous lui pardonnons car il est allé nous chercher croissants, pains au chocolat et baguettes craquantes. Le temps est superbe et nous allons prendre une bonne douche au port (850 m entre notre bateau et les sanitaires, il ne faut donc pas être pressé! )

Nous appareillons à 10 h et prenons le cap de Marseille. Sur terre, c'est là que Gérard habite et donc tout au long de cette journée il ajoutera à ses compétences celle de guide touristique avec ses commentaires perso sans oublier son côté hâbleur et galéjeur digne de tout marseillais qui se respecte !

Nous doublons l'île de Bendor, la Ciotat, visitons les calanques de Cassis qui sont entourées d'une écharpe de brume, et apercevons de nombreux randonneurs les parcourant, quelques courageux s’exercent aussi à la varappe le long des falaises en surplomb sur la mer. Tous doivent avoir chaud car c’est de la pierre calcaire (et donc blanche) et elle doit donc réverbérer le soleil.  P1060601

 

                           P1060603

 

                                             Les calanques et leur eau couleur turquoise

 

Nous abordons la région marseillaise en longeant quelques îles : Riou (très réputée pour ses sites de plongée et où l’on trouve encore du corail rouge et de nombreuses épaves, c’est probablement près d’elle que Saint Exupéry s’est abîmé en mer : en 1988 un pêcheur a trouvé une gourmette à son nom sur le site) , îles de Tiboulen et Maïre, réputées pour leurs possibilités de pêche sous-marine. Une fois celles-ci franchies, nous sommes dans la rade de Marseille où nous voyons l’île du château d'If célèbre grâce à Alexandre Dumas qui y a emprisonné les héros de ses romans : le Masque de Fer et le Comte de Monte-Cristo, les îles du Frioul . Les plages bordent la ville et nous voyons de nombreux gamins plonger dans la mer du haut des rochers en se mettant au défi. Pour entrer dans le Vieux Port nous baissons les voiles, car Gérard veut me montrer le Quai des BelgesP1060632 : lieu du marché quotidien aux poissons typiques des fonds de roches tout proches : rascasses, rougets, girelles, gallinettes…y sont vendus à la criée avé l’assent et la « tchatche ». Il se situe au bout de la Canebière. Deux forts gardent l’entrée du port. Il nous commente les différents monuments que nous longeons, le fort Saint-Jean et celui de Saint Nicolas, nous expliquant qu’à la demande de Louis XIV, les canons ici n’avaient pas pour objectif principal de défendre la ville mais qu’ils étaient tournés vers elle et non vers la mer pour mieux maîtriser ses révoltes ! Tout au long de notre visite nous admirons Notre Dame de la Garde qui domine la ville et la garde si bien.P1060613 Autour du vieux port, beaucoup de terrasses et on peut se rendre d’une rive à l’autre de celui-ci par le célèbre « ferry-boat » qui a malheureusement été remplacé par un autre plus moderneP1060629

  .                                       

P1060624           P1060626                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           Ne pensez pas que nous n'avons fait que du tourisme, non, en parcourant ces 33 milles nous nous sommes encore et toujours exercé à barrer, hisser les voiles mais trahis une fois encore par le vent en fin de journée, nous avons terminé au moteur. C'est dans le port du Frioul que nous mouillerons sur bouée pour la nuit. La vue est magnifique: Notre -Dame de la Garde s'illumine dans le soleil couchant, nous sommes au calme, petit bout de paradis .Cette découverte rapide de la ville nous laisse un petit goût de trop peu, sûr je reviendrai et visiterai cette ville portuaire au riche passé et si bouillonnante de vie. Aux dires de Gérard ici les prix de l’immobilier ont grimpé, effet TGV, car beaucoup d’entreprises y ont délocalisé leurs bureaux parisiens.

 

Jeudi 22 avril

 

Une fois encore c’est à l’aube que notre « discret »skipper nous réveille : dès 6h30, il quitte notre emplacement de mouillage et nous promène dans le port comme si nous y arrivions pour ne pas avoir à payer notre emplacement. Cela nous vaut d’assister à un splendide lever de soleil.                                            Après 1h de ronds dans l’eau, à l’arrivée du personnel portuaire , nous nous amarrons à quai comme si nous arrivions uniquement pour prendre de l‘eau ( ne pas oublier que nous sommes à Marseille , le personnel ne travaille pas trop et leur devise pourrait être «  pas trop vite le matin et doucement le soir », sans oublier la sacro-sainte sieste !!!) P1060656Après un bon petit déjeuner et la préparation du repas de midi comme chaque jour, nous appareillons pour rentrer à Bandol, mais aujourd’hui ce sera moins rigolo car le vent est contraire et nous naviguerons toute le journée au près serré en tirant des bords, virant de bord car le vent change sans cesse et nous devons régulièrement nous éloigner vers le large pour avoir un peu de force venteuse, nous ne nous arrêtons pas pour dîner, barrons chacun à notre tour. Lorsque je suis à la barre et vire de bord il m’est arrivé « d’empanner » càd faire passer la bôme d'un bord sur l'autre pour virer de bord vent arrière

Si bien que le soir, mes équipiers évoquant le menu, parlerons de « filets de Françoise empannée ».

Ce retour a été dur, partis à 8h45 nous arriverons à Bandol à 19h30, après avoir parcouru 44 milles et demi càd une fois et demie la route de l’aller. Ceci est dû au fait que nous sommes obligés de tirer des bords pour avancer. Nous allongeons donc notre route et Gérard me dit que mes « sinusoïdes » s’améliorent, sont plus petits.

Nous sommes crevés à l’arrivée, fatigués par le vent et le soleil.

 

Vendredi 23 avril

Dernier jour de stage, aujourd’hui nous ferons uniquement des manœuvres au moteur dans le port, nous entrainant pour l’amarrage, la pompe à essence, la marche arrière.

Après tous ces exercices, où Gérard brille encore par son côté provocateur ( petit exemple : je suis à la barre m’exerçant pour aller m’approvisionner en carburant, pompe située à l’entrée du port et à côté de la capitainerie, lieu de passage très fréquenté donc et je me concentre ) pendant ce temps donc Gérard pris d’un besoin urgent se déboutonne et pisse de l’arrière du bateau dans le port au vu et su de tous. Difficile d’être concentrée dans un cas pareil ! Ensuite nous bouclons nos sacs, nettoyons le bateau et le pont. Tous les moussaillons s’y mettent mais notre skipper vérifie et fignole tout derrière nous : il est même venu avec son époussette et son produit pour les bois!

Durant cette semaine nous avons parcouru plus de 150 milles à la voile, utilisé le moteur durant une dizaine d’heures, avons été gâtés par un temps splendide où le soleil était toujours au rendez-vous sauf vendredi où il a plu un peu, découvert des coins superbes sans la foule des touristes, vécu au rythme de la nature .

Pour ma part je me suis familiarisée avec les termes et éléments d’un voilier, j’ai expérimenté et je sens davantage les choses, le stage a été sportif et je perçois davantage ce qu'est un voilier et sa navigation. Je serai certainement plus apte à aider Michel à la manoeuvre cette année. Mais heureusement que l'an dernier, Michel m'a fait découvrir en douceur les charmes de ce genre de vie et qu'il n'a pas la même conception pure et dure de la voile comme notre skipper car je crois qu'alors je me serais encourue, ce qui aurait été dommage car c'est une vie qui, par son absence de monotonie, me plaît énormément.

 

 

 

Repost 0
11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 16:37

Manéa : le retour.

Nous avons laissé fin octobre 2009 Le Petit Prince avec ses collègues au port à sec du Gapeau, nous promettant bien de revenir en avant-saison, contrôler les travaux réalisés et surtout prendre d’autres contacts pour la suite des opérations. Décision est prise au cours de l’hiver, de descendre à Hyères fin février afin d’être bien «  dégagé «  du rush habituel du printemps sur les artisans dans le domaine nautique. Nous avons donc pris la route le lundi 22 février à 5h45 précisément.

Voyage sans problème et arrivée vers 18h au Gapeau où nous retrouvons Manéa qui n’a pas bougé d’un pouce. Eh oui, Manéa, car entretemps Le Petit Prince a changé de nom pour s’appeler du même nom que tous mes bateaux depuis bien longtemps (En fait depuis 1991, un first 30, premier Manéa du nom...)

Retrouvez un bateau après plusieurs mois, offre toujours son lot de surprises : on oublie certaines choses pourtant toute simples et évidentes. En 97, reprenant le bateau après 10 mois d'hivernage, nous avons navigué trois jours sans wc, le pensant bouché, alors que j'ai simplement oublié qu'il fallait ouvrir la vanne d'évacuation pour vider!

Aujourd'hui, c'est ce p... de 220 v qui ne fonctionne pas. Je vérifie le tableau électrique du port (très capricieux...), tout est correct, il y a du jus. Je me résous donc à démonter le tableau du bateau, et là, je vois ce bête disjoncteur qui est évidemment sur " off " : et la lumière fut! Anecdotique, mais quand cela se passe à la lueur des lampes de poche et sous une pluie diluvienne, on rigole moins! Quelques minutes plus tard, nouvelle coupure : là, c'est finalement un autre utilisateur dont l'installation est défaillante. Avec toute cette eau qui tombe, le disjoncteur général proteste! Reste à trouver le coupable, ce qui ne peut se faire qu'en débranchant toutes les prises jusqu'à trouver celle qui est responsable de la panne : une petite heure sous la pluie qui heureusement nous accorde un petit répit... Vive la plaisance!

Le lendemain matin, nous nous levons et sommes surpris en entrant dans le carré par une odeur d'égout particulièrement forte : sans doute les fonds qui se manifestent... Nous entamons un nettoyage général mais rien n'y fait : nous pensons alors que ce sont peut-être les fossés environnants qui, pleins d'eau, en sont la cause. Parfois, l'odeur disparaît puis réapparaît et nous essayons de relier le phénomène à la direction du vent, mais force est de constater que la relation n'est pas évidente.

Nous oublions momentanément ces désagréments pour nous occuper de ce pourquoi nous sommes venus à savoir, prendre des contacts pour faire effectuer les travaux que nous souhaitons réaliser à bord. Accessoirement, nous interrogeons les professionnels pour avoir leur avis sur l'origine du mal, Ce sera finalement l'électricien qui diagnostiquera le mal : deux des batteries de servitude sont en court-circuit et sont en train de bouillir ce qui génère cette odeur caractéristique d'oeufs pourris. Il décide de les isoler du reste du parc (deux sur les six). Nous fonctionnons maintenant avec seulement quatre batteries mais surtout je sais qu'il faudra les changer toutes ( elles doivent être de même technologie, puissance et âge ) et ça, ce n'était pas prévu dans les dépenses cette saison. Faudra s'y faire! rendez-vous est pris pour les changer pendant notre absence.

Tous les professionnels qui passent à bord ( motoriste, électricien, spécialiste du polyester, celui qui montera la cuve à eaux noires, obligatoire dans certaines zones de mouillage, spécialiste de l'inox pour le portique) ) nous promettent d'intervenir très rapidement : ils n'ont pas l'air " over-bookés " comme on aurait pu s'y attendre; peut-être un effet de la crise. Nous continuons aussi à inventorier le bateau, à ranger les différents volumes ad-hoc, et à démonter et nettoyer certains winchs qui, manifestement n'ont plus vu de graisse depuis belle lurette.

 

Parfois,nous nous octroyons des petites vacances dans nos vacances c'est à dire que nous visitons la région.

Ainsi nous sommes partis sur de petites routes bordées de (nous ne savions pas qu'il fleurissait sur un arbre si haut, nous imaginions plutôt un arbuste) admirer les "immanquables" du "Petit Futé" de Provence : l'abbaye du Thoronet et la Basilique Royale Sainte-Marie Madeleine à Saint Maximin.

Balade très bucolique et odorante sur des routes sinueuses parmi les vignobles et forêts de chênes liège où nous avons croisé peu de monde excepté à Saint Maximin où c'était le carnaval des enfants. Inutile de vous décrire les machines cracheuses de confettis, les drôles d'instruments de musique, les jolis costumes et grimages de tous ces bambins qui défilaient avec leurs maîtres et maîtresses eux aussi déguisés .

L'abbaye du Thoronet forme avec Senanque et Silvacane la trilogie des abbayes cisterciennes romanes provençales. CloîtreOn les appelle d'ailleurs "les 3 petites soeurs provençales", c'est, paraît-il, le site le plus visité du Var, pas en février en tout cas! Thoronet : CloîtreNous avons pu y flâner à notre guise, parmi quelques groupes scolaires en nous disant que oui, notre temps est bien passé, nous n'aurions plus assez de patience comme les profs accompagnants celles-ci pour tenter d'inculquer des rudiments de culture à certains...ChapiteauL'acoustique de l'abbatiale est exceptionnellement adaptée à la mise en valeur de la voix humaine et à la résonance du chant grégorien. Le son se transmet d'une extrémité à l'autre sans aucune déperdition ni déformation :  nous avons pu le constater: tout en se déplaçant le guide a entonné un chant grégorien et quelque soit l'endroit où il se tenait la mélodie nous parvenait identique. Rien de tel qu'une démonstration!Chapitre

La basilique Sainte Madeleine, elle, est le seul exemple de style gothique en Provence. Elle n'aura jamais de portail ni de clocher. La légende raconte que chassée de Jérusalem par la persécution avec son frère Lazare, sa soeur Marthe et ses compagnons, Marie-Madeleine participa à l'évangélisation de la Provence et se retira dans une grotte du massif de la Sainte-Baume où elle mourut dans les bras de saint Maximin, évêque d'Aix dans le village qui prit son nom.St Maximin :basilique La châsse contenant ses restes devint spontanément un lieu de pèlerinage intensif et Saint-Maximin fut alors une étape incontournable sur la route de Saint Jacques de Compostelle. La basilique atteint 29 m de haut pour une longueur de 81m .Nous avons pu y admirer un très riche mobilier Orgueset des stalles de choeur qui sont de toute beauté.

Le village de Saiont Maximin est un beau bourg provençal avec des petites rues étroites et un beau campanile.

 

Le 6 mars, n'ayant plus de tâches urgentes et étant les maîtres de notre emploi du temps nous décidons de reprendre la route vers le nord car la météo annonce une tempête de neige sur le sud. Dans la vallée du Rhône, elle nous effleurera et nous nous réjouirons d'avoir suivi notre intuition en regardant les infos à notre arrivée: la France du Sud est paralysée dans la neige, nous l'avons échappé belle ! Nous prévoyons de redescendre début avril pour concrétiser tous les contacts pris.

 

 

Repost 0
3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:07

L’AVENTURE RECOMMENCE!!!

Jeudi 8 octobre: la route

De bon matin (5h et demie! trop tôt pour des quasi pré-retraités, reconnaissez-le) nous nous levons, prêts à embarquer tous nos bagages et surtout notre envie de retrouver Manéa et de commencer les visites progammées pour trouver LE BATEAU, celui qui nous permettra, espérons-le de réaliser au moins une partie de nos rêves!

Depuis le 22 août, date de notre retour en Belgique, Michel s’est tout de suite mis à la recherche de ce bateau. Il en a passé des heures à en visiter virtuellement  plusieurs dizaines, probablement plus d’une centaine en tenant compte des critères qui nous semblent incontournables : grande capacité de rangements et de stockage, d’accueil pour nos nombreux enfants, manoeuvrable par un équipage réduit, qualité générale du bateau et équipement, sans oublier l’esthétique qui est aussi importante. De cette recherche,  il a finalement retenu ce qui correspondait le plus à nos attentes, a pris des contacts et donc nous roulerons probablement beaucoup sur les routes de la Côte d’Azur pour LE dénicher.

La route s’effectue sans problème et nous nous relayons au volant.  Sur l’autoroute, la circulation est très fluide, plus de camions que de voitures. Lorsque nous nous arrêtons sur l’un ou l’autre parking pour un arrêt pipi ou pour manger, nous sommes chaque fois frappés par l’âge moyen des touristes : des personnes souvent âgées, nous oublions que nous entrons dans cette catégorie mais heureusement nous savons qu’âgés n’est pas synonyme de vieux, Gilou et Esther, papy et mamy en sont des exemples vivants. Partis à 7h1/4, nous arrivons à Toulon à +ou- 18h45, Manéa nous attend fidèlement sur le ponton, rien n’a bougé depuis notre départ.

Fatigués mais heureux des retrouvailles, nous dégustons le délicieux ragoût d’agneau que nous avons préparé hier.

Vendredi 9 octobre : la visite.

Le lendemain, nous partons pour Hyères où nous avons rendez-vous pour visiter un bateau qui nous plait beaucoup, en fait une sorte de mythe, de rêve qu’on ose à peine faire tellement cela parait inaccessible : un Centurion 42 fabriqué par Wauquiez à Mouvaux près de Lille. C’est probablement le seul constructeur français avec peut-être Amel dont la qualité de construction peut rivaliser avec les productions scandinaves, Hallberg Rassy, X-yacht et autres Najad. Des bateaux dont la robustesse et la finition n’ont rien à voir avec la production de série, avec pour le Centurion une touche performance certaine en plus qui ne nous laisse pas indifférents mais qui nous pose question quand même : serons-nous capables  de le mener à deux facilement?

Nous arrivons plus tôt que prévu et attendons impatiemment le courtier qui arrive enfin avec un bon quart d’heure de retard pour cause de crevaison. Il nous conduit à Port Gapeau, un port à sec à quelques kilomètres d’Hyères, où la “ bête” (12,90m) nous apparaît enfin : il est magnifique, en tout cas dehorsDSC01182. Pont en teck, accastillage à profusion, mât immense avec 2 barres de flèche, le tout en très bon état pour un bateau de 21 ans. DSC01186Vient ensuite le moment de descendre : il est dans un état proche du neuf : manifestement, ou il n’a pas beaucoup navigué, ou les propriétaires étaient très soigneuxDSC00215. En fait, les deux à la fois : l’horamètre indique 1472 h moteur et nous apprendrons par la suite que le propriétaire actuel depuis 2005 n’a pas fait 100 heures!

La cabine avant est claire et somptueuse avec un grand lit sur tribord et un cabinet de toilette particulier plus évidemment une penderie et des rangements à profusion. Le carré est immense avec une grande table décalée et en face une grande cuisine et une table à carte format grand aigle.centurion007 1614 La cabine arrière est grande également et possède aussi son cabinet de toilette particulier. Reste la question de le maitriser. Le propriétaire actuel a 65 ans et nous rassure :  c’est, selon lui,  un “ bateau facile “. D’ailleurs, il n’a pas l’air spécialement costaud et il le manoeuvrait tout seul la plupart du temps.

L’intérieur du bateau est beau et clair et le bois lui confère une grande chaleur, nous nous y sentons bien. Partout, sous le plancher “en teck de Birmanie”(une des seules phrases que le courtier connaissait de sa leçon!) une multitude de coffres....et donc de quoi pouvoir stocker pour nos voyages au long cours si nous l’acquérons.

Ce bateau s’appelle “Le Petit Prince” et son 1er propriétaire était un ostéopathe anversois. Ce nom est pour moi de bon augure car depuis toujours “Le Petit Prince” est un de mes livres favoris, espérons que nous saurons nous apprivoiser réciproquement même si c’est sûr, il changera de nom et s’appellera lui aussi Manéa.

Avant notre visite, le propriétaire actuel l’avait fait fait visiter à un autre amateur que nous avons croisé  sans y prendre garde.

Le courtier nous déconcerte, il est en retrait, c’est le vendeur qui parle (il nous dit même que le courtier n’y connaît rien!), sentiment que j’ai éprouvé au 1er contact : ce type, je ne le sens pas, ai-je dit à Michel, il n’est pas net! Probablement qu’inconsciemment je le compare à Mr Darey, courtier qui nous a vendu notre petit Manéa, et qui est un gars sérieux, qui connaît son job, est professionnel et qui plus est plein de charme, je l’avoue! 

Durant l’ échange sur des questions techniques entre Michel et Mr Genevois (le propriétaire), j’observe ce bateau et je m’y sens comme “un poisson dans l’eau” . Le propriétaire est manifestement affecté de vendre et naïvement,  je lui demande s’il compte arrêter la croisière. Il me répond qu’il devra racheter un autre bateau, plus petit (“ pour aller mouiller à Porquerolles...”) et c’est là que je lui dis que nous avons un Attalia à vendre et que peut-être, il lui conviendrait. Il répond de façon évasive que ça pourrait s’envisager, j’enchaine sur le un ton mi-plaisantin mi-sérieux ( pourquoi pas?) qu’on pourrait faire un échange et voilà-t-il pas que cet and... de courtier embraye à cent à l’heure avec en plus les violons : deux rêves qui se rencontrent, c’est magnifique, et patati et patata sous le regard vaguement attentif du vendeur. Celui-ci précise quand même qu’il faudrait voir l’Attalia mais, il est vrai, ne refuse pas catégoriquement le deal.(d’ailleurs il viendra voir le bateau quelques jours plus tard)

Le prix est correct, le bateau en état, nous achetons. Le courtier nous demande de le laisser seul avec le proprio. Quelques minutes plus tard, il redescend et nous propose un resto, pour finaliser l’opération.

Après avoir refusé d’en dire plus sur sa discussion avec le propriétaire avant la fin du repas, il nous apprend que l’Attalia est dans l’échange . Après les cafés, nous partons le voir  à Toulon, où après une visite sommaire, on rédige le compromis de vente. Michel s’inquiète quand même du fait que l’on puisse vendre un bateau contre une somme d’argent et un bateau qu’on n’a jamais vu! Il demande au courtier s’il a bien été mandaté pour agir dans ce sens par le propriétaire du Centurion. Réponse : yes! Bon, ok.

 

Samedi 10 octobre : “le salaire de la peur.”

S’en suivra un imbroglio digne des meilleurs épisodes de “Plus belle la vie”, où il s’avère que le proprio n’était pas d’accord du tout, qu’il n’avait pas mandaté le courtier pour négocier seul (celui-ci dira par après, qu’il avait été mandaté “moralement “ !), que le lendemain, nous recevions un coup de téléphone du vendeur vers 12h30 nous disant qu’il attendait un chèque de réservation vers 14h30 du gars que nous avions croisé en arrivant la veille et que si nous ne le prenions pas de vitesse, eh bien, c’est lui qui enlèverait l’affaire. Or, nous ne sommes pas à Toulon, le carnet  de chèques de Michel est dans le bateau, il faut donc passer le prendre,  donc revenir au port et ensuite se rendre chez le vendeur soit plus ou moins 60km tout cela dans les embouteillages de Toulon pour ceux qui connaissent. Course contre la montre que nous gagnerons d’une courte tête : un petit quart d’heure.

La semaine suivante : démarches et déménagements.

Elle se passe à transférer les fonds par internet ( logiciel grincheux : n’accepte pas certains caractères! Par exemple : °) Donc si vous indiquez ...N°2, il refuse. Mais sans vous dire pourquoi! Bref, prise de tête que notre correspondante à la banque en Belgique nous aide à résoudre, heureusement.

Nous effectuons aussi l’inventaire complet de tout ce qu’il y a à bord, ainsi que des rangements un peu plus rationnels(hum!) et, suprême plaisir, nous passons nos premières nuits à bord.DSC01173

Nous contactons une société d’électronique et un spécialiste du grément car nous savons que le bateau ne sera pas assuré tous risques sans contrôle de celui-ci. Or il s’avère que le contrôle n’est pas possible ou plutôt qu’il coûterait aussi cher que le remplacement complet. La société d’électonique ne peut rien faire au sec car ils ne peuvent grimper au mât pour des questions d’assurance. Donc obligation de demâter. Nous décidons de faire faire les travaux et de profiter ainsi d’un moment de creux dans le planning des deux intervenants. N’ayant plus grand’chose à faire sur place, nous décidons de remonter fin du mois. En attendant, nous avons repéré à l’office du tourisme que c’est la semaine de la randonnée varoise et donc nous allons en profiter pour découvrir de la terre ce coin de la Côte d’Azur.

Nous convoyons notre Attalia  du port de Toulon vers la Seyne/Mer où il sera hiverné au sec et mis en vente. Gros coup de blues pour moi car sur ce bateau, j’ai vraiment été heureuse  et puisque Manéa signifie “bien dans sa tête” avec moi, il a bien illustré son nom.  Avant cela, il nous faut le vider, déménager dans le Centurion son contenu, et incroyable, comment  avons-nous pu y stocker tant de choses? Il  nous faudra plusieurs trajets en voiture .

La semaine se déroule rapidement et nous arrivons à la semaine de la randonnée.

Ouf, nous pourrons un peu profiter de notre congé, et dire qu’en Belgique notre entourage nous imagine les doigts de pied en éventail!

 

La semaine de la randonnée varoise :du 17 au 24 octobre

 

Nous avons de la chance, il fait beau depuis le début de ce mois.

Je ne connais pas Saint-Trop et Michel souhaite me le faire découvrir. Nous partons donc par l’arrière–pays, traversons le massif des Maures composé de forêts de pins parasols  et comme les routes sont très sinueuses et  escarpées, le sommet de ceux-ci  nous fait penser à des touffes de gros bouquets de brocolis. Etrange de voir de la terre ce que nous avons découvert cet été de la mer (ex : la plage de Pampelonne)

A Saint-Tropez,  pas trop de monde, nous admirons quelques yachts mais surtout des superbes voiliers avec tout leur équipage occupé à astiquer le pont et les cuivres.

L’après-midi touche à sa fin et nous décidons de rentrer : une seule route pour sortir de la ville, ça bouchonne et pas un peu, des habitués nous dépassent à vélo.

Qu’est-ce que cela doit donner en été!!!

Ce jeudi nous nous sommes inscrits à Toulon pour une visite guidée de la ville. Au point de rendez-vous, nous ne pouvons nous empêcher d’être encore et toujours étonnés par tous ces hommes et femmes aux cheveux gris ou blancs ayant eu la même idée que nous. Rien à faire, sentiment que nous ne voyons qu’une partie de la population, nous oublions que les autres travaillent pour payer notre retraite.

Visite très intéréssante à la découverte des différentes fontaines, attention attirée sur les particularités des immeubles (verrières au sommets des immeubles pour y apporter davantage de lumière, ouvertures au-dessus des portes pour l’air...) explication de la signification du nom des rues...

Le samedi 25 ce sont les salins d’Hyères que nous allons visiter et découvrir et plus particulièrement “ la levée St Nicolas”.

Nous sommes en pleine nature et admirons les colonies de flamants roses, les hérons qui soit picorent la vase à la recherche de nourriture (pour les flamants des petites crevettes qui vont leur donner leur couleur ) soit qui décollent et volent en groupe ce qui donne lieu à de superbes chorégraphies.DSC01159DSC01165

Le guide nous explique l’histoire, l’intérêt et le rôle des salins, leur fonctionnement et les dangers qui les guettent. Nous ne voyons pas la matinée passer et nous ramenons de superbes photos .DSC01163

Ce dimanche c’est dans l’arrière-pays au moulin du Partégal (www.moulindupartegal@wanadoo.fr)  que nous nous rendons. C’est la période de la récolte des olives et nous assistons à l’arrivée de particuliers apportant leur récolte afin d’en obtenir de l’huile. Nous en goûtons différentes  et découvrons toutes les nuances  subtiles de celle-ci : fruitée, amère, douce...   Tout autour de ce moulin une splendide oliveraie avec des arbres sans doute centenaires ayant des troncs nous faisant penser à des personnages de contes de fée ou de BD.DSC01190

La région d’Hyères est caractérisée par l’importance de la culture des fleurs (le long des routes des pépinières, des serres et des champs de fleurs, en bordure de l’autoroute un marché aux fleurs pour les grossistes) et celle des fruits et légumes : beaucoup de fermes ont un magasin en bord de route et c’est ainsi que Michel fera une cure de figues violettes durant tout ce mois (1 euro le kilo et cueillies mûres à point, pas de celles qui mûrissent durant le transport!)   Nous terminerons donc notre journée en découvrant Solliès-Pont,  ville où la figue a son A.O.C.

Après quelques derniers rangements, nous décidons de rentrer en Belgique en prenant le chemin des écoliers, à savoir par la route Napoléon via Gap et Grenoble. L’automne pare de toutes ses couleurs les arbres qui couvrent les massifs montagneux que nous traversons. Nous connaissons cette saison en Belgique mais c’est la première fois que nous en profitons hors de chez nous : nous  n’avons pas assez de nos yeux pour admirer les jaunes, oranges, rouilles, bruns, lie-de-vin qui habillent les arbres! Et tout ça sous un superbe ciel bleu!

Michel me fait d’ailleurs remarquer que je le distrais copieusement par mes exclamations enthousiastes : la sortie de route nous guette! L’intention est louable mais le danger réel. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à la maison des couleurs plein la tête...

 

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
  • Contact

Profil

  • manéa

Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…