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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 18:19

 

 

La Gomera : l’île ronde : 5ème escale aux Canaries

 


Après le Sud de Tenerife et ses gigantesques villages de vacances, énormes pompes à fric, ne laissant guère de place aux cultures canarienne et espagnole mais plutôt allemande et anglaise (il suffit de parcourir les rayons d’un supermercado pour s’en rendre compte : multitude de saucisses et gelly’s de toutes les couleurs), le 28 février au matin, nous levons l’ancre et partons vers une des plus petites îles canariennes : La Gomera.

C’est une île ronde qui a 25km de diamètre, 24.000 habitants vivant dans 6 villages, 2 routes principales (pas possible de se perdre) et qui vit principalement de l’agriculture : bananes et fruits tropicaux et multiples petites  terrasses et jardins permettant aux insulaires de vivre en autarcie.

Une fois de plus, cette île est marquée par l’empreinte de Christophe Colomb puisque c’est ici que vivait sa maîtresse : Beatriz  de Bobadilla et qu’il y embarqua l’eau pour sa traversée. Selon le folklore local, il aurait « baptisé » l’Amérique avec celle puisée dans un de ses puits. Lieu mythique donc pour tous ceux qui se préparent à «  La traversée « en suivant la route ouverte par Colomb il y a 520ans.

Ile où on ne peut arriver que par bateau ou par petit avion de ligne intérieure à la capacité limitée et donc de ce fait très préservée du tourisme.

Après un début de traversée au moteur, le vent se lève assez vite et c’est sous génois et trinquette que nous parcourons les 23 Milles nous séparant de Tenerife.

Le dépaysement est total, nous mouillons dans une baie sauvage, entourés non plus par des buildings mais par des falaises impressionnantes où la roche a été sculptée par l’érosion.DSC03502 

Que dire ? Nous y vivrons d’abord 6 jours dans des mouillages superbes et plus sauvages les uns que les autres, entourés par des falaises rudes et escarpées, bercés par le chant de la mer ramenant les galets sur la plage, quasiment hors du monde et du temps.

Comment se passent nos journées ? Elles filent toutes plus vite les unes que les autres : lecture sur le pont sous la caresse du soleil, vie quotidienne (préparation des repas, confection du pain, entretien du bateau, échanges avec l’équipage de Tavéac…) et observations : goélands plongeant sans raison sur l’eau et puis nous apercevons des dauphins qui sont là, près de nous, dans la baie. C’est apparemment leur lieu de vie car nous les repérerons 3 fois au même endroit, à des moments différents,                                                                                    

 Un soir, c’est apparemment un chant d’oiseau mélodieux et strident qui nous captive. Cherchant son origine, nous découvrons à flanc de falaise un berger ramenant ses moutons et en portant même un sur les épaules. En fait c’est lui qui émet ce langage qu’ici on appelle le silbo.                                                      

 Sentiment aussi de remonter dans le temps et de nous retrouver à la période de la préhistoire lorsque nos ancêtres vivaient dans des grottes. En effet, dans certaines falaises, l’érosion a creusé des grottes et le matin nous voyons en sortir des hommes et femmes nus, vivant la journée au bord de l’eau. Le soir, ce sont des feux qui illuminent la nuit à différentes hauteurs des falaises.                                          

Ile à l’atmosphère très particulière donc qui nous a offert ces cadeaux sans prix.

Après ce bain de nature, nous prenons la direction de l’unique port de l’île, celui de sa capitale San Sebastian où nous laisserons Manéa pour pouvoir découvrir La Gomera de l’intérieur.

San Sebastian est une petite ville agréable, aux places ombragées et qui se parcourt aisément à pieds.

Nous louons une voiture et le premier jour nous sillonnerons la route de droite et le second celle de gauche.

Elles ont en commun de grimper rapidement et d’avoir de nombreux virages.  Plus ça monte, plus la végétation devient exubérante et luxuriante en raison de l’humidité ambiante apportée par les alizés. Les troncs sont envahis par la mousse, les fougères sont géantes, les lauriers atteignent une hauteur de 10m.*  Sur la route, nous rencontrons parfois des mers de nuages formés par les alizés se heurtant aux crêtes. Nous nous arrêtons régulièrement aux nombreux « mirador » (= point de vue) prévus et contemplons. Ile tout en montagnes russes forgées par les volcans et sculptées par l’érosion .DSC03560

Dans le sud, région la plus ensoleillée, alternent montagnes brûlées vallées de bananeraies luxuriantes, côtes rocheuses austères et plages de sable noir.

La plus impressionnante de ces vallées est celle de Valle Gran Rey : ravin aux allures d’amphithéâtre où au fur et à mesure de la descente dans le canyon, les falaises arides laissent place à de nombreuses petites  terrasses verdoyantes  parmi lesquelles s’éparpillent des habitations d’un blanc immaculé et ce barranco se termine par une palmeraie exubérante. C’est là, que Jacques observera les seaux qui récoltent le suc de palme avec lequel les insulaires fabriquent le « miel de palma » qui est en fait la sève de palmier récoltée et puis chauffée, un peu comme le sirop d’érable.

Après ces 4 jours passés à bon escient au port (un coup de vent est passé ) nous repartons à nouveau pour ces mouillages dont nous ne nous lassons pas. Celui situé à la sortie de Valle Gran Rey est impressionnant par la majesté de ses falaises. Dans le petit port règne une atmosphère bon enfant, les vieux pêcheurs passent leur journée à jouer aux dés mais surtout il y a beaucoup d’hippies et de « baba-cool » jeunes ou plus âgés.

Le soir, cela nous amène à des réflexions plus philosophiques sur les besoins, le fait d’être marginal, la liberté des choix, la solidarité, la responsabilité…Nous ne vous « tannerons » pas avec celles-ci mais si vous le souhaitez nous les partagerons avec vous lors de notre retour ou par mail interposé.

Demain, nous avons quitté cette belle île préservée, (pour combien de temps encore?), pour voguer vers notre dernière escale aux Canaries : l’île de Palma.

Nous n’irons pas à El Hierro, la plus petite des Canaries car depuis octobre 2011, un volcan naît dans la mer face à elle et la navigation y est très déconseillée si pas interdite certains jours.

En route donc pour la dernière découverte avant de prendre le chemin du retour.

 

A bientôt

 

* A l’heure où nous publions ces notes, tout ou presque est hélas, parti en fumée

 

  La Gomera

 

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Published by manéa - dans 2011
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  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…