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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:53

Le moussaillon monte en grade

 

Lors du récit de notre dernière tranche de vie, je vous avais quitté en vous faisant part de mes doutes, craintes, par rapport au stage de voile où je m’étais inscrite.

Voici donc pour vous en exclusivité le récit de cette semaine.

Samedi 17 avril

Levés tôt nous partons pour Bandol ( port situé sur la Méditerranée entre Cassis et Toulon ) car c’est là que moussaillon Framboise embarque.

Les explications pour le lieu du RV sont claires, nous trouvons le ponton, rencontrons d’autres néophytes, un peu paumés comme nous. Ils sont montés à bord d’un voilier sur lequel était déposé un carton portant simplement le nom de l’association organisant le stage “France Voiles Loisirs”. Patiemment, nous attendons en faisant connaissance (peut-être est-ce une tactique pour créer les premiers liens?) et une heure se passe....Et toujours aucun skipper à l’horizon. Pourtant le nom du bateau ne correspond pas à celui envoyé par courrier, et finalement à force d’arpenter les pontons nous trouvons le bon bateau pour notre embarquement, il était amarré par l’avant, nom et skipper invisibles. C’est ainsi que nous découvrons qu’il y a 2 groupes: les débutants (comme moi) et le 1er niveau de perfectionnement. Chacun embarque donc où il doit et je dis au revoir à mon homme. Dur, dur, car depuis septembre nous sommes toujours ensemble.P1060547

Voici la présentation de l’équipage: skipper: Gérard Provaux 

                                                 moussaillons : Michèle et Michel Constant

                                                                     Didier Souhami

                                                                     Françoise Wauthier. 

photos de l'équipage (manque le photographe. Le super emmitouflé est le skipper originaire de Marseille et hyper-frileux)P1060546

 

Nous serons donc 5 à partager cette semaine sur le Rio, Sun Fast de 32 pieds (= + ou – 9m 50), ce qui ne me change pas de l'Attalia de l'an dernier. Les cabines sont vite réparties, le couple Constant dans celle d'avant, Didier et moi dans la cabine arrière et Gérard dans le carré. Nous nous y installons.P1060662

 

Nous débutons notre initiation. A partir d’une liste type nous devons retrouver les différents éléments indispensables à la sécurité d’un bateau en notant les endroits où nous les avons découverts (ex: harnais de sécurité coffre 1 à bâbord...) et lorsque nous ne savons pas ce que c’est, nous posons la question.

Ensuite c’est le moment tant attendu, il est 16h03, nous appareillons pour découvrir le b.a. ba de la voile dans la baie de Bandol avec les termes adéquats: ex: écoute, drisse, pataras, border, choquer, mouiller...

Border une voile  = tirer sur celle-ci

Choquer une voile =lâcher celle-ci

Après 1h et demie de travail ( nous nous exerçons les uns après les autres),  nous rentrons au port pour effectuer l’avitaillement (= courses ). Ce sont évidemment les femmes qui s’y collent puisque elles ont tant d’idées pour les menus! Les autres équipiers sont tous français, parisiens ou marseillais pour le skipper.

Après avoir dévalisé le Super U (nous partons quand même 6 jours en mer), nous rentrons préparer le repas du soir qui se compose de poulet cuit, salade et chips!!! (c’est à ce genre de détails que l’on se rend compte que même si nous parlons la même langue, nous n’avons pas exactement les mêmes moeurs). Rassurez-vous, je suis sérieuse et je n’en mange pas. Trop salé! 

Ensuite soirée papote et nous nous couchons.

Ma nuit sera très mauvaise car Didier s’endort à peine couché (il bat mon record) et il ronfle, pas qu’un peu...De plus, je dors dans la couchette cercueil et je n’ai pas beaucoup d’espace, mais bon je m’habituerai vite!

 

Dimanche 18 avril

Les choses sérieuses commencent!!!

Après un petit-déjeuner copieux et la préparation du repas de midi, nous nettoyons le pont et quittons au moteur le port de Bandol à 9h55. 

Une fois celui-ci arrêté, nous apprenons à hisser la grand-voile. Manoeuvre répétée plusieurs fois jusqu’au moment où il n’y a plus d’erreur. Heureusement il n’y a pas trop de vent. Nous mettons le cap sur l’île de Porquerolles et nous barrons chacun à notre tour.

Après le passage de la balise des Magnons et de l’îlot de la Covelle, nous  choquons le foc.

A l’approche du Cap Sicié, nous apprenons à virer de bord, à nous rapprocher du vent (=naviguer au près). Impressionnant car parfois le bateau gîte (= penche) très fort. Le but de la manoeuvre est de nous faire prendre confiance et de bien sentir le vent. N’empêche, je ne suis pas toujours rassurée et parfois je crie comme dans les attractions à Walibi! 

A 13h 15, nous roulons le foc et amenons la grand-voile pour mouiller dans l’anse de Fabregas et pique-niquer, ce sera assez chahuté car il y a pas mal de clapot mais l’endroit est joli. Après une petite sieste, après avoir à nouveau hissé les voiles nous repartons vers Porquerolles où nous arriverons vers 18 h après avoir encore et encore barré.P1060535 C’est sous le fort de l’Alycastre, au bord de la plage du même nom que nous mouillerons. L’endroit est très sauvage, rien à voir avec l’été, nous sommes seuls, coucher de soleil magique. Préparation du repas: chipolatas, petits pois et carottes, et puis bien sûr le fromage! Ensuite, Gérard nous montre comment faire la vaisselle en mer: amener celle-ci dans le cockpit, prendre un seau d’ eau de mer et y ajouter du produit vaisselle, procéder au nettoyage, rincer avec de l’eau douce ( et laisser sécher sur le pont. Il n’y a plus qu’à ranger!!! Après notre 1ère journée au grand-air et au soleil nous sommes assez fatigués et il ne faudra pas nous bercer.

 

Lundi 19 avril

Notre nuit n’a pas été très bonne. A 4 h, Mickey (surnom donné à Michel le mari de Michèle) a bouché les chiottes. Il n’a pas suivi les conseils pratiques de Gérard de ne pas y jeter le papier et conclusion à 7 h celui-ci débouche la 1ère chiotte de sa saison. Inutile de dire que l’humeur s’en ressent!

Après le petit déjeuner, la préparation de la salade de midi, nous levons l ’ancre sans moteur, cap sur l’île de Port-Cros, réserve naturelle, un des 7 parcs nationaux français, où les amoureux de la nature et des oiseaux sont comblés: située sur les itinéraires migrateurs entre l'Europe et l'Afrique c'est une étape de prédilection pour plus de 120 espèces d'oiseaux migrateurs dont une trentaine sont nicheuses .

Le vent est à l’ouest de force 3 à 4 et nous naviguons au grand largue (vent reçu de ¾ arrière), allure beaucoup plus agréable qu’au près. Nous prenons un ris c’est à dire que nous diminuons la voile d’une partie de sa surface, exercice que nous faisons chacun notre tour et cela me demande de l’équilibre pour ne pas passer par dessus bord . Nous virons encore et encore de bord face au vent. C’est là que les paroles de “ Santiano” “ Pare à virer, les gars faut y aller” prennent tout leur sens puisque nous répétons maintes et maintes fois cette phrase. Parés à virer? Parés répondent les équipiers, je vire dit le barreur et parfois je suis pertubée par ce changement de cap : je ne sais plus très bien où je suis. De plus, vous savez que ma latéralisation n’est toujours pas acquise alors quand le skipper dit bâbord, je dois traduire gauche et puis seulement trouver où est ma gauche, ce qui parfois prend plus de temps que nécessaire. Si en plus, je vous dis que la barre franche me donne l’impression de fonctionner à l’envers (pour virer à tribord il faut pousser la barre à bâbord), vous imaginez la surchauffe de mes neurones qui traduisent toutes les informations reçues dans le langage populaire! Mais bon, je me concentre et commence à me détendre car il paraît que l’on commence à voir mes dents quand je barre selon mes équipiers. Mais fin de journée, je suis crevée! 

Après le passage du Bagaud, nous mouillons dans l'anse de Port-Man pour notre repas, le vent se lève, passe à force 5 à 6, est trop fort pour repartir et donc jusqu'à + ou -16h Gérard nous occupe avec de la théorie sur les balises et les noeuds.

Il existe des balises cardinales càd des balises concernant les points cardinaux par secteur. Il y a aussi des balises latérales qui indiquent de quel côté entrer dans un port: en Europe lorsque l'on rentre dans un port on laisse à tribord la balise verte  et à bâbord la balise rouge .                                                                                                                   

Dans l'hémisphère sud, c'est l'inverse.

Chacun notre tour nous apprenons les noeuds de chaise, cabestan, demi-clé, de capucin et nous nous entraînons les refaisant inlassablement encore et encore.

 

Finalement, vers 16h30, le vent mollit un peu et nous pouvons appareiller, nous effectuons des virements multiples, apprenant encore et toujours à barrer au près et surtout au près serré. Gérard me conseille de moins réfléchir et de laisser aller mes sens: c'est avec mes oreilles que je dois sentir le vent; sa réflexion m'en rappelle une autre, celle d'Ingrid qui m'a appris à nager et qui m'a dit elle aussi que j'étais trop intellectuelle, que je ne me laissais pas suffisamment aller, que je n'étais pas assez instinctive.P1060552

C'est vers 18 h que nous mouillons pour la nuit sur bouée dans le port de Port Cros; Celui-ci n'est pas profond, + ou - 2m d'eau en bordure du ponton et notre bateau a 1,95 m de tirant d'eau (nous frotterons d'ailleurs sur le fond et le bateau s'en sortira car nous le faisons tous pencher d'un côté), c'est pour cela que nous mouillons sur bouée car là il y a un peu plus de profondeur. Après un bon repas (des pâtes!) nous nous couchons fatigués par le vent et le soleil.

 

 

                          Le joli petit port de Port Cros 

MARDI 20 avril

La mer est belle et superbe, couverte de brume signe de beau temps.

A 8h45, nous quittons Port Cros pendant que Gérard, nostalgique de l'éducation reçue dans un collège privé nous chante des cantiques.

Aujourd'hui, les prévisions météo étaient fausses car elles annonçaient du vent et à 13h nous n'avions parcouru que 12 milles( un mille =1852m), mais bon vu le vent nous avons fait ce que nous avons pu ! Nous dînons dans la splendide baie du Langoustier à l'île de Porquerolles et puis nous rentrons direction le port de Bandol où trahis par la météo nous parcourons les 6 derniers milles au moteur. Vent à 0 noeud...Gérard en profite pour nous initier au positionnement, relevé des cartes à l'aide d'un compas de relèvement et de la règle de Cras. Il explique au 1er moussaillon qui s'exerce et puis doit lui-même l'expliquer au second et ainsi de suite. je ne suis pas mécontente de moi, je n'ai pas perdu toutes mes capacités pédagogiques car lorsqu'à mon tour j'explique à Mickey, il comprend et sait réaliser son exercice..

Aujourd'hui, le proverbe du jour était: "pour barrer bien, barrer plein" (proverbe breton)..

 

MERCREDI 21 avril

 

Nous sommes réveillés aux aurores par notre skipper qui ne tient pas en place mais nous lui pardonnons car il est allé nous chercher croissants, pains au chocolat et baguettes craquantes. Le temps est superbe et nous allons prendre une bonne douche au port (850 m entre notre bateau et les sanitaires, il ne faut donc pas être pressé! )

Nous appareillons à 10 h et prenons le cap de Marseille. Sur terre, c'est là que Gérard habite et donc tout au long de cette journée il ajoutera à ses compétences celle de guide touristique avec ses commentaires perso sans oublier son côté hâbleur et galéjeur digne de tout marseillais qui se respecte !

Nous doublons l'île de Bendor, la Ciotat, visitons les calanques de Cassis qui sont entourées d'une écharpe de brume, et apercevons de nombreux randonneurs les parcourant, quelques courageux s’exercent aussi à la varappe le long des falaises en surplomb sur la mer. Tous doivent avoir chaud car c’est de la pierre calcaire (et donc blanche) et elle doit donc réverbérer le soleil.  P1060601

 

                           P1060603

 

                                             Les calanques et leur eau couleur turquoise

 

Nous abordons la région marseillaise en longeant quelques îles : Riou (très réputée pour ses sites de plongée et où l’on trouve encore du corail rouge et de nombreuses épaves, c’est probablement près d’elle que Saint Exupéry s’est abîmé en mer : en 1988 un pêcheur a trouvé une gourmette à son nom sur le site) , îles de Tiboulen et Maïre, réputées pour leurs possibilités de pêche sous-marine. Une fois celles-ci franchies, nous sommes dans la rade de Marseille où nous voyons l’île du château d'If célèbre grâce à Alexandre Dumas qui y a emprisonné les héros de ses romans : le Masque de Fer et le Comte de Monte-Cristo, les îles du Frioul . Les plages bordent la ville et nous voyons de nombreux gamins plonger dans la mer du haut des rochers en se mettant au défi. Pour entrer dans le Vieux Port nous baissons les voiles, car Gérard veut me montrer le Quai des BelgesP1060632 : lieu du marché quotidien aux poissons typiques des fonds de roches tout proches : rascasses, rougets, girelles, gallinettes…y sont vendus à la criée avé l’assent et la « tchatche ». Il se situe au bout de la Canebière. Deux forts gardent l’entrée du port. Il nous commente les différents monuments que nous longeons, le fort Saint-Jean et celui de Saint Nicolas, nous expliquant qu’à la demande de Louis XIV, les canons ici n’avaient pas pour objectif principal de défendre la ville mais qu’ils étaient tournés vers elle et non vers la mer pour mieux maîtriser ses révoltes ! Tout au long de notre visite nous admirons Notre Dame de la Garde qui domine la ville et la garde si bien.P1060613 Autour du vieux port, beaucoup de terrasses et on peut se rendre d’une rive à l’autre de celui-ci par le célèbre « ferry-boat » qui a malheureusement été remplacé par un autre plus moderneP1060629

  .                                       

P1060624           P1060626                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           Ne pensez pas que nous n'avons fait que du tourisme, non, en parcourant ces 33 milles nous nous sommes encore et toujours exercé à barrer, hisser les voiles mais trahis une fois encore par le vent en fin de journée, nous avons terminé au moteur. C'est dans le port du Frioul que nous mouillerons sur bouée pour la nuit. La vue est magnifique: Notre -Dame de la Garde s'illumine dans le soleil couchant, nous sommes au calme, petit bout de paradis .Cette découverte rapide de la ville nous laisse un petit goût de trop peu, sûr je reviendrai et visiterai cette ville portuaire au riche passé et si bouillonnante de vie. Aux dires de Gérard ici les prix de l’immobilier ont grimpé, effet TGV, car beaucoup d’entreprises y ont délocalisé leurs bureaux parisiens.

 

Jeudi 22 avril

 

Une fois encore c’est à l’aube que notre « discret »skipper nous réveille : dès 6h30, il quitte notre emplacement de mouillage et nous promène dans le port comme si nous y arrivions pour ne pas avoir à payer notre emplacement. Cela nous vaut d’assister à un splendide lever de soleil.                                            Après 1h de ronds dans l’eau, à l’arrivée du personnel portuaire , nous nous amarrons à quai comme si nous arrivions uniquement pour prendre de l‘eau ( ne pas oublier que nous sommes à Marseille , le personnel ne travaille pas trop et leur devise pourrait être «  pas trop vite le matin et doucement le soir », sans oublier la sacro-sainte sieste !!!) P1060656Après un bon petit déjeuner et la préparation du repas de midi comme chaque jour, nous appareillons pour rentrer à Bandol, mais aujourd’hui ce sera moins rigolo car le vent est contraire et nous naviguerons toute le journée au près serré en tirant des bords, virant de bord car le vent change sans cesse et nous devons régulièrement nous éloigner vers le large pour avoir un peu de force venteuse, nous ne nous arrêtons pas pour dîner, barrons chacun à notre tour. Lorsque je suis à la barre et vire de bord il m’est arrivé « d’empanner » càd faire passer la bôme d'un bord sur l'autre pour virer de bord vent arrière

Si bien que le soir, mes équipiers évoquant le menu, parlerons de « filets de Françoise empannée ».

Ce retour a été dur, partis à 8h45 nous arriverons à Bandol à 19h30, après avoir parcouru 44 milles et demi càd une fois et demie la route de l’aller. Ceci est dû au fait que nous sommes obligés de tirer des bords pour avancer. Nous allongeons donc notre route et Gérard me dit que mes « sinusoïdes » s’améliorent, sont plus petits.

Nous sommes crevés à l’arrivée, fatigués par le vent et le soleil.

 

Vendredi 23 avril

Dernier jour de stage, aujourd’hui nous ferons uniquement des manœuvres au moteur dans le port, nous entrainant pour l’amarrage, la pompe à essence, la marche arrière.

Après tous ces exercices, où Gérard brille encore par son côté provocateur ( petit exemple : je suis à la barre m’exerçant pour aller m’approvisionner en carburant, pompe située à l’entrée du port et à côté de la capitainerie, lieu de passage très fréquenté donc et je me concentre ) pendant ce temps donc Gérard pris d’un besoin urgent se déboutonne et pisse de l’arrière du bateau dans le port au vu et su de tous. Difficile d’être concentrée dans un cas pareil ! Ensuite nous bouclons nos sacs, nettoyons le bateau et le pont. Tous les moussaillons s’y mettent mais notre skipper vérifie et fignole tout derrière nous : il est même venu avec son époussette et son produit pour les bois!

Durant cette semaine nous avons parcouru plus de 150 milles à la voile, utilisé le moteur durant une dizaine d’heures, avons été gâtés par un temps splendide où le soleil était toujours au rendez-vous sauf vendredi où il a plu un peu, découvert des coins superbes sans la foule des touristes, vécu au rythme de la nature .

Pour ma part je me suis familiarisée avec les termes et éléments d’un voilier, j’ai expérimenté et je sens davantage les choses, le stage a été sportif et je perçois davantage ce qu'est un voilier et sa navigation. Je serai certainement plus apte à aider Michel à la manoeuvre cette année. Mais heureusement que l'an dernier, Michel m'a fait découvrir en douceur les charmes de ce genre de vie et qu'il n'a pas la même conception pure et dure de la voile comme notre skipper car je crois qu'alors je me serais encourue, ce qui aurait été dommage car c'est une vie qui, par son absence de monotonie, me plaît énormément.

 

 

 

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commentaires

Georges 27/05/2010 17:40


je vois que la pratique de la mer s'acquiert pour ce cher mousse devenue moussaillon aguerie,je vous souhaite un excellent voyage cela laisse rêveur à l'amoureux de la mer mais "à terre" que je
suis ! Ceci etant apres avoir amené ma fille sur un deriveur l'an dernier je suis à la recherche d'un 6 metres maisd pour naviguer uniquement en mer du nord et en bretagne, alors bon vent je
suivrai votre periple


Annette 26/05/2010 18:00


j'aime lire ce que tu écris au fil de ton périple, c'est passionnant
je vous souhaite bon voyage (bonne mer) à tous les deux, à bientôt
gros bisous
Annette


cécile 24/05/2010 21:46


Comme dirait le présentateur de Thalassa, non pas à la semaine prochaine, mais à très bientôt, et bon vent...
Bisous
Cécile et Pierre


Sandrine 24/05/2010 18:09


Coucou à tous les deux,
Voilà que je vais commencer à lire le blog.
Bisous et bon vent
Sandrine


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  • : Le blog de Manéa.over-blog.com
  • : Préparation et compte-rendu d'une retraite vagabonde autour du monde en voilier.
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Qui sommes-nous?

 

Nous nous appelons Françoise et Michel. Nous sommes belges et pré-retraités de l'enseignement tous les deux.

Nous habitons un petit village de la province de Hainaut, dans les Hauts-Pays pour ceux qui connaissent, tout près de la frontière française.

Après environ 35 ans d'enseignement chacun, nous avons décidé de vivre les quelques prochaines années à découvrir le monde en bateau, manière de vivre assez ascétique et où nous retrouvons les valeurs essentielles.

 

Françoise.

Elle n'avait jamais navigué auparavant. Elle ne nage pas très bien, n'aime pas  être dans l'eau (espérons que cela changera;;;)  mais aime être sur l'eau. Elle est cependant pleine de bonne volonté. 

Avant de me connaître, sa seule expérience du bateau en mer, se résumait à une visite des grottes près de Bonifacio, sur un " promène-couillons "(!) au cours de laquelle, elle fut copieusement malade! C'est vous dire si elle était anxieuse la première fois qu'elle est montée sur Manéa  en juillet 2009.

Mais, miracle, son mal de mer semble n'être qu'un mauvais souvenir.

Elle aime la nature, les voyages, la vie simple, lire, écouter de la musique, réfléchir et discuter sur la condition humaine, (elle était prof de philo!), cuisiner,  ses enfants et son petit-fils. En revanche, -mais elle fait de louables efforts pour s'améliorer- elle n'est pas toujours très ordonnée. Mais, sur le bateau, c'est nettement mieux qu'à terre... Chacun sait que sur un bateau,...Elle aime la solitude et la contemplation mais apprécie aussi d'être entourée par famille et amis.

Elle est affligée d'une difficulté chronique à reconnaître sa droite de sa gauche mais ça n'influe pas (enfin pas trop! ) sur son aptitude à barrer.

Elle apprend vite mais, -est-ce un manque de confiance en soi?-, elle a tendance à paniquer dans l'urgence et de ce fait, certaines manoeuvres n'ont pas toujours la fluidité qu'elles devraient avoir. Mais sans doute, suis-je un peu responsable là, moi aussi : assez pédagogue? ( gênant pour un ancien prof...)

Michel.

J'ai fait mes premières armes sur caravelle et puis vaurien en 1970 sur l'île de Batz en Bretagne. Mais, tout petit déjà, j'ai toujours été attiré par la mer et les bateaux. Pour ceux qui se souviennent, je pense que ce sont " les aventures du Capitaine Troy ", feuilleton télévisé des années soixante, qui m'ont donné le virus. Oui, j'entends encore le doux bruit de sa goélette, naviguant dans les mers du sud...

Cette première expérience fut complétée par quelques autres sur dériveur mais le véritable départ fut en 1977, quand j'effectuai un stage de croisière à Saint-Malo. Deuxième révélation : la vie en croisière me remplit d'aise : vivre, manger, dormir à bord, manoeuvrer,  faire la navigation, c'est tout ce que j'aime. J'ai su à cet instant, que je ne pourrais jamais plus me passer durablement de naviguer.

L'année suivante, location d'un  Flush Poker, toujours à Saint-Malo puis en 79, un embarquement pour la Corse. Expérience mitigée, car le patron est un peu " juste ", notamment dans la manoeuvre de son bateau et dans ses relations avec l'équipage : quelques équipiers débarqueront et nous  nous retrouverons seuls avec lui. Je devrai assumer, bien malgré moi, le rôle de skipper. Tout se passera bien cependant et nous rentrerons à Antibes sains et saufs! Est-ce cette première expérience d'embarquement qui a fait que je n'ai plus eu que des bateaux à moi par après? Peut-être, mais cela ne m'a pas empêché de prendre des équipiers à bord ensuite, et ça s'est toujours bien passé.

Recherche

Mes bateaux.

1986 : un corsaire complètement pourri baptisé " Boaf " et un laser pour rigoler dans les thermiques  du golfe de Valencia (5 à 6  chaque après-midi) 

1988 : kelt 620 " Hiva oa"

1991 : first 30 : Manéa  premier du nom.

1994 : kelt 9m : Manéa toujours. (Vendu en 98, non remplacé alors)

2009 : attalia 32 : Manéa. (vendu en août 2010)

2010 ; centurion 42 : Manéa.

Archives

Manéa

Centurion 42 N° 32 du chantier Wauquier de 1988.

Acheté par un osthéopathe anversois, il semble l'avoir doté de toutes les options possibles et imaginables : trinquette sur enrouleur, génois maxi, génois lourd, chaussette à spi, spi, chauffage, frigoboat, hélice maxprop, pilote automatique, j'en oublie...

Vendu en 2005 à un Français originaire du Doubs, il n'a que peu navigué : le moteur ne totalise que 1472h. Ce dernier n'a malheureusement pas pu réaliser ce pourquoi il l'avait acheté : faire la même chose que nous! Chaque fois que nous le rencontrons, nous mesurons combien sa déception est grande...

Manéa  correspond à nos attentes : bon marcheur ( 108m2 au près), facile à manoeuvrer (accastillage bien dimensionné), peu gîtard, tirant d'eau réduit, et beaucoup d'espace et de rangements. Et en plus, il est beau. Et je vous assure que je ne suis pas le seul à le dire.DSC01504

Nous avons ajouté à son équipement un deuxième pilote, refait l'électronique entièrement, installé l'informatique, un portique, des panneaux solaires, un taud récupérateur d'eau (www.banik.org) et un bimini.


En voici les caractéristiques générales :

Longueur coque ....................12,86m

Longueur flottaison................ 10,12m

Largeur................................   4,06m

Déplacement........................11000Kgs

Lest plomb.............................4320Kgs

Tirant d’eau..............................1,74m

Tirant d’air................................19m

Grand voile................................36m2

Génois léger...............................72m2

Génois lourd...............................62m2

Spinnaker.................................165m2

Batteries service : 6x105Ah

Batterie moteur : 105Ah

Chargeur : 60A Cristec.

Panneaux solaires : 270W.

Gestionnaire de batterie BEPmarine

Eau : 750L

Gasoil : 260L (plus 80l jerrycans)

 DSC01498

       DSC01500           


Mais pourquoi partir?

Par Françoise

 

Depuis toujours l’un et l’autre, nous avons «  la bougeotte » et l’envie de voyager a toujours été présente en chacun de nous, même si parfois elle a été occultée par des tas d’autres « priorités ».

Pour ma part, j’ai toujours su qu’une fois  à la retraite,  je partirais à la découverte  du monde et des autres mais je n’avais jamais imaginé que cela se réaliserait en bateau, moi qui n’aime pas vraiment l’eau (du moins être dedans, sur elle, je me sens en totale confiance et cela est certainement dû à la grande prudence du capitaine !). Quant à Michel, il n’est vraiment lui-même que sur l’eau et il espérait ce retour depuis de nombreuses années.

Partir, mais pourquoi partons-nous ? Quelles sont nos motivations ?

Elles sont multiples :

Partir pour partager et tenter de vivre ensemble un rêve, celui de Michel dans lequel il m’a offert d’entrer si généreusement et qui est devenu celui de notre couple.

Partir en sachant prendre le temps, moi qui ai eu la sensation d’être un robot pendant des années : tout était programmé dans mes journées, aucun temps mort !

Partir pour aller à la rencontre de nous-mêmes, de l’autre, des autres.

Partir pour voir le monde, en prendre plein les yeux et tenter de vivre au rythme de la nature.

Partir pour rencontrer d’autres cultures, essayer de les comprendre en nous laissant interpeller par elles. 

Partir et essayer de vivre sans tomber dans les pièges de notre société de consommation : savoir retrouver l’essentiel qui est bien plus dans l’être que dans l’avoir et donc tenter de vivre la concrétisation du contenu de mes cours.

Partir parce que nous n’avons qu’une vie….

Partir pour essayer de changer notre vie, notre vision des choses grâce à toutes nos futures rencontres….

Partir en quête de rencontres humaines vraies avec l’envie de retrouver l’authentique.

Partir parce que nous avons envie de faire partie de la tribu de ceux qui vivent leurs rêves plutôt que de celle de ceux qui rêvent leur vie.

Nous avons choisi de partir et choisir c’est renoncer : nous renonçons effectivement à une série de choses qui font souvent le sel de la vie pour beaucoup d’autres : ne pas voir grandir semaine après semaine nos petits-enfants, vivre après coup et à distance des événements importants : une grossesse, une naissance, un projet de mariage, des fêtes de famille : Noël…être présent au quotidien auprès de nos parents qui vieillissent mais bon, si nous ne le faisons pas maintenant alors que nous sommes encore en bonne santé, quand le ferons-nous ? Nous sommes en effet la génération « sandwich » coincée entre nos parents, nos enfants et petits-enfants et puis, pour ma part durant plus de 30 ans, j’ai tout consacré et donné à mes enfants : temps, argent…Il est donc juste maintenant de penser à moi, à nous, même si certain(e)s peuvent trouver cela égoïste. Nous sommes conscients de ces renoncements et ils sont le « côté plus sombre » du défi que nous nous sommes fixé, largement compensés par les nombreuses découvertes et rencontres que nous ferons dans notre vie de bourlingueurs.

Nous vidons la maison pour la mettre en location et cela aussi, ce n'est pas toujours facile : se retrouver face à ses souvenirs,  les trier,  penser que certains auxquels on tient particulièrement, plairont aux enfants et puis  non, ils n’en ont rien à faire. Enfin, l’avantage sera pour eux de n’avoir quasi plus rien à vider lorsque nous serons disparus. … Et puis, nous ne vous embêterons pas en parlant de l’administration de notre pays, des heures passées au téléphone,  sachez simplement que dans tous les domaines elle est à la hauteur de sa réputation et que,si certains fonctionnaires ne sont pas capables de sortir du cadre, nous en avons quand même rencontré quelques sympas…Ouf…

Mais où et par où partir ?

Nous ne sommes pas de grands originaux et donc aux alentours du 20 septembre, après la mise à l’eau de Manéa notre route sera classique : aux saisons les plus propices, nous tenterons de suivre  les alizés (nous sommes un peu frileux et aimons la chaleur) mais pour cela nous devrons d’abord sortir de la Méditerranée  par Gibraltar (donc d’ Hyères cap sur les Baléares et puis Gibraltar) et puis à nous l’Atlantique !!! Première grande escale de notre vie de bourlingueurs : Madère, et puis peut-être la découverte de L’Afrique du Nord par le Maroc mais ce qui est certain c’est que tout cet hiver nous naviguerons dans l’archipel des Canaries et que nous n’aurons sans doute pas trop de temps pour en découvrir les sept îles. Ensuite retour au pays pour quelques mois après avoir mis Manéa au sec….

En septembre 2012 retour vers les Canaries pour retrouver notre complice et descendre la côte africaine pour visiter le Sénégal et surtout la Casamance que l’on dit si belle, si authentique encore…Le Cap Vert ( ?) et puis, LA TRAVERSEE !!! fin 2012, début 2O13…et cap sur le Brésil, pays immense dont nous rêvons depuis si longtemps. Ensuite le Vénézuela avec les îles des San Blas, des Testigos et le Costa Rica pays où l’armée a été supprimée et où la majorité des budgets est consacrée en priorité  à l’éducation, la santé et à la préservation de la nature : le pays tout entier est en effet une immense réserve naturelle…Ce petit pays d’Amérique Centrale  devrait servir d’exemple à bien d’autres pays du monde.

Et puis  petites et grandes Antilles …Tant d’îles aux noms mythiques : Grenadines, Martinique… 

Tout cela est promesse de dépaysement, quelques années se seront écoulées et nous serons toujours dans l’Atlantique. Et ensuite me direz-vous ? Oserons-nous rejoindre le Pacifique pour atteindre les îles aux noms enchanteurs et prometteurs : les Marquises, l’archipel des Tuamotu, la Polynésie…..Mais ne faisons pas trop de pronostics, tous les marins vous diront que cela attire le mauvais œil…